‹ Correspondance de Renouvier et SecrétanChapitre 91 sur 96 · LXXIV. — M. Renouvier à Aï, Secrétan · texte numérisé non relu

LXXIV. — M. Renouvier à Aï, Secrétan

La Verdelle, 3/9 89.

Cher ami,

Tous mes remerciements pour votre aimable lettre. J'espère bien vous embrasser encore une fois Tannée prochaine si les fêtes de l'université de ma ville natale doivent vous ramener dans le midi. Ma santé n'est, il est vrai, pas aussi brillante que la vôtre, — et tant s'en faut, mais on espère toujours : c'est la vie. Mon état de surdité, ma fatigue aussi du larynx se sont fort aggravés depuis votre passage.

J'ai parfaitement le sentiment de mon devoir et de ma dette vis-à-vis de Civilisation et de Croyance, liy entre même du remords. Le nouvel ouvrage que vous m'annoncez me décidera à me libérer! Laissez-moi seulement finir mon étude sur Victor Hugo que j'ai malheureusement conçue sur des proportions trop vastes.

Combien je vous félicite d'avoir conservé le goût des études vivantes comme celles auxquelles vous vous livrez maintenant! j'ai aperçu tout à l'heure en ouvrant la revue Ribot un article dont le titre et les premières lignes me promettent une lecture attrayante.

Mon ami Adrien Autemps, mon photographe amateur, n'est guère content. Il a été trompé sur le temps de pose, que la blancheur de votre belle barbe aurait voulu plus court. Vous recevrez prochainement des épreuves.

Rappelez-moi, je vous prie, au bon souvenir de ceux ou celles des

vôtres qui se souviennent encore de moi et des aimables accueils

que j'ai reçus chez vous.

A vous de cœur.

Ch. Renouvier.

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