ANTICIPATION DE L'OFFICE
La ville de Sctsoferrato , dans le diocèse deNocera, a la plus grande partie de ses habitants dans la plaine, tandis que les autres occupetii une colline sur le sommet de laquelle est une église dédiée à S. Piojio. Douze chanoines desservent alternativement cette église. Bien que la (ollégialc ne soit distante que de trois cents pas de la partie la pluir' commode de la ville, occupée par la plupart des habitants, toulelois' l'accès en est assez difficile, surtout pendant l'hiver. Car la colline sur laquelle elle est bâtie, est entourée de toutes parts par les Apennins. C'est chose fort dure, pendant l'hiver, de gravir la colline et de passer la plus grande partie de la matinée dans l'église. Ajoutez que les chanoines sont assez occupés avec l'exercice du ministère. Ils passent leur matinée dans le confessionnal; la longueur de l'office du chœur neleiir laisse que peu de temps à cet effet, surtout pendant l'hiver, où les matinées sont fort courtes. A ces causes, ils ont demandé la faculté de réciter matines et laudes le soir après vêpres et complies du jour précédent , depuis le premier novembre jusqu'au mardi de la Semaine Sainte , et ensuite jusqu'à la veille de saint Marc et aux Rogations. La demande a été appuyée par le vicaire capitulaire d'abord, ensuite parle nouvel évêque.
La discipline de l'Eglise universelle est sans doute, que les heures canoniques soient récitées en temps voulu dans les cathédrales et les collégiales ; les heures matutinales se disent le matin , et les heures vcspertinales se récitent le soir. La dérogation à cette discipline louable ne se fait pas sacs une cause grave (Fagnan, deConsnetud. cap. cousuetnd. num. li. S. C. inCingnlana du 29 mars 1817 etCrti'^« du 24 mars 1832). Lorsqu'il y a pourtant quelque i:iison de nécessité, la S. C. n'a pas
— 547 ~ 1 hahitiule tle refuser lindiiU de réciter les heures canoniques à ni! :\iUri*. luonieut. Elle a pour pratique de renvoyer la question aux ordinaires . ainsi que le prouvent des exemples en assez grand nombre qu'on peut voir, pour ce qui regarde l'anticipation de matines et de laudes, dans les causes Abulen. du 25 janvier 17î)0; Cincjulana du 29 mars 1817 ; Pisaiiren. du 29 avril; Casalen. et Massuncn., du 14 décembre 1822; Annecit'ii. du 15 mars 1841.
Ces induits ne sont pourtant pas toujours de la même nature. Lorsijiu' le motif de la concession est perpéiiicl comme la vivacité de l'air, lin- Icmpérie du site , l'aspérité de la situation , ou bien la longueur de l'office du matin comparativement à la brièveté des matinées , alors l'induit est accordé sans que la durée en soit limitée. Si le motif est momentané et transitoire , comme le petit nombre des capitulaires , la mauvaise santé de quelques-uns d'entre eux , ou bien la nécessité d'entendre les confessions , dans ce cas la faculté est ordinairement limitée à cinq ans ou à dix ans. Comme cet induit d'anticiper matines et laudes après complies de la veille est le plus souvent accordé pour le temps (le l'hiver , on a coutume d'ajouter la clause dummodo elapsa sit hoyu tertia post meridiem.
Cela posé, on verra quelle réponse mérite la demande des chanoines. L'une des raisons alléguées parait perpétuelle. La rigueur de l'hiver , le site de l'église collégiale, les longueurs du service du matin sont des motifs perpétuels. L'autre raison tirée de la nécessité d'entendre l«'s confessions, peut cesser d'exister. La réponse a été non expcdire.