‹ Correspondance de Rubens et documents épistolaires concernant sa vie et ses œuvresChapitre 13 sur 104 · LE ROI CHARLES I A JOHN MENNES · texte numérisé non relu

LE ROI CHARLES I A JOHN MENNES

Charles R.

Comme le Marquis de Ville a été employé ici par notre cousin, le duc de Lorraine, pour des affaires d'importance spéciale et qu'il retourne actuellement

(i) Lettre de Tlnfante Isabelle à Philippe IV du 5 juin 1629 citée par Gachard op. cit. p. 121-122.

3o mai 1629. auprès du duc son maître en passant par les Flandres, Notre volonté et bon plaisir est que, eu égard au danger que présente la mer, vous le transportiez à Dunkerque ou au fort de Mardyke où vous aurez soin de le débarquer sain et sauf avec sa suite et ses bagages, comme vous jugerez qu'il conviendra le mieux pour votre vaisseau. Ayant fait cela, vous aurez à attendre la sortie du même port de la personne qui vous sera désignée par le porteur de la présente et de la conduire le plus rapidement possible dans notre royaume avec ses domestiques et ses bagages. Et pour ce faire, ceci vous servira de garantie. Donné sous notre sceau à notre château de Greenwich le 20^ jour de mai dans la cinquième année de notre règne.

A notre fidèle et bien aimé Monsieur John Mince (Menues), capitaine de notre vaisseau L'Aventure,

COMMENTAIRE

Le John Mince, auquel cette lettre du roi est adressée, est le capitaine de V Aventure, dont il est question plus loin, et la personne qu'il avait à transporter de Dunkerque en Angleterre est Rubens. Par une lettre adressée par John Menues aux Lords Commissaires de la Haute Cour de l'Amirauté, le 25 mai (4 juin), que nous publions plus loin, John Mennes leur apprend que le 2 juin il débarqua le marquis de Ville à Dunkerque et que le lendemain il transporta Rubens de Dunkerque à Douvres.

DLXXXVIIl

2 juin 1629. PEIRESC A PIERRE DU PU Y.

Monsieur.

Vostre despesche du XI may, arrivée fort bien conditionnée avec les livres et papiers qu'il vous avoit pieu d y mettre, m'a apporté une bien agréable nouvelle, comme vous dictes, d'entendre que M"" Rubens fut de retour sain et sauve d'un grand voyage, mais j'en suis bien demeure mortifié me voyant frustré de l'espérance que j'avois conceûe de le voir icy et de le gouverner quelques jours, pour y apprendre mille bonnes choses que je me promettois de pouvoir apprendre de luy en luy exposant

mes petites curiositez. Je ne doubte poinct qu'il nayt retenu quelque 2 juin 1639.

griffonnement de cez vieilles figures Persiennes, dont j ay veu un peu

de description dans une lettre missive imprimée in 8^ d'un certain

nommé Figuera, si je ne me trompe, que M'^ Bignon me monstra

autres foys. S'il fust passé par icy, nous eussions peu voir cela entre

ses mains. Le sieur Léger m avoit parlé, ce me semble, d'une source

de fontaine ou de petite rivière, dont la montagne est quasi toute taillée

et figurée d'une infinité de belles figures, et si ce n'est luy, il fault

que je l'aye ouy racconter à quelqu'autre de ceux qui ont faict ce voyage.

C'est sans doubte que dans ce païs là, qui ont autresfois esté si puissants,

il fault qu'il y soit demeuré de belles vestiges de leur grandeur. Et

semble que le terrain de cez païs là ne soit pas si corrosif que celuy

de deçà, car les médailles et figurés de bronze qu'on apporte de tout

ce Levant ne sont quasi poinct rouillées, ne les marbres rongez de l'air.

C'est pour quoy ce qui n'a esté brisé volontairement, se doibt estre

beaucoup mieux conservé que parmy nous. Et le deffault d'habitation

a empesché de ruiner une infinité de choses qui seroient dépéries par

l'usage comme nous voyons advenir tous les jours de pardeçà. Il fauldra

laisser un peu recognoistre M. Rubens, et puis le sonder sur ce qu'il

en aura peu observer, et mesmes pour les thiares et habillements des

princes et déitez de cez païs là. Je vous r'envoye sa lettre avec mille

remercîments, vous estant bien redevable de la communication et à luy

de la continuation de ses bonnes grâces. Je n'ay pas receu son portraict,

car l'interdiction du commerce l'a enclavé quelque part, et possible

dans Anvers mesmes, comme les livres que vous avez à moy, et les

autres portraicts qu'il vous plaict me garder.

Ph. Tamizey de Larroque, Lettres de Peiresc aux frères Dupuy, Tome II, p. 107-Î08.

PEIRESC A RUBENS. 2 juin 1629.

Le 2 juin 1629, Peiresc écrivit une lettre à Rubens, que nous trouvons annotée dans ses Petits Mémoires sous la date du 3 juin : « Pour Anvers : à M. Rubens avec lettre du S. Vris ». La minute ne se trouve pas à Carpentras. La lettre de Peiresc fut remise au peintre à Londres. Rubens y répondit le 9 août : « La sua gentilissima de 2 di giunio mi ha dato la vita. »

DLXXXIX 4 juin 1629. JOHN MENNES A LA COUR DE UAMIRAUTE,

Right honorable.

ties

May it please your good Lordshippes. On the receipt of his Ma'

order for the transportation of the Marquis de Ville I set saile for

Dunkerke and on the 23 of this présent I landed him, the next day

I received on board a gentleman whoe is coming toward his Ma*^®

whome y* night I landed at Dover. The time I continewed in the road

I employed one of my company to prie into their actions whose verified

intelligence assured me of the povertie of that towne, ail the shippes

of the Kinges of Spaine being there in harbour and the people full of

faction for want of pay. There are riding before the towne 9 Hollanders

the Admirall of Holland the cheife commander but they purpose shortly

to remove for there is noe expectation of the shippes coming out of

Dunkirke, the shipp called the Peter and Andrew w^^ theis latly tooke

from our marchants is fitting for the sea and they hâve leid out 38

pièces of brass to put into her, this being ail the présent affords in ail

humilitie I rest

Your Lordshippes most humble servant

John Mennes.

Dover the 25 May 1629.

Adresse : To thc Hght honorablc

Y® Lordes Commissioners for the high Court of Admiraltie.

Communiqué par NoÊL Sainsbury.

TRADUCTION

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