‹ Correspondance de Rubens et documents épistolaires concernant sa vie et ses œuvresChapitre 17 sur 104 · LE SECRÉTAIRE SIR JOHN COKE A JACQUES HAN · texte numérisé non relu

LE SECRÉTAIRE SIR JOHN COKE A JACQUES HAN

La vôtre du vingt-deux mai de votre calendrier me parvint le second juin du nôtre. J'ai été heureux de la recevoir, parce qu'elle m'accuse la réception de deux de mes lettres envoyées suivant votre nouvel arrangement. Avant la réception de cette lettre, je n'ai pas osé écrire, mais j'ai fait écrire par mon neveu par différentes voies, dans l'espoir que si l'une des lettres ne parvenait pas, une autre serait plus heureuse. Je dois vous avouer qu'en ce moment je suis fort embarrassé pour trouver de l'argent qui à cette Cour n'a jamais été aussi rare depuis tout un siècle. En effet, le roi et tout son entourage sont dans un extrême besoin, et je dois par conséquent vous prier de faire le plus de hâte possible pour m'aider. Croyez bien que s'il n'y avait pas de raison sérieuse, je n'insisterais pas dans ces circonstanceâ si importantes pour vous de me procurer de l'argent. La semaine avant la Pentecôte, il est arrivé ici un homme envoyé par la Reine-Mère de France pour voir notre reine après ses fausses couches. Ce monsieur vanta beaucoup les exploits de son maître en Italie où, nous assure-t^-il, il donnerait tant à faire au roi d'Espagne que celui-ci ne serait point en état de s'occuper du siège de Bois-le-Duc. Il nous fit entendre bien d'autres bravades encore, d'où nous conclûmes que l'Espagne et la France ne sont pas en fort bons termes. Partant de là, notre parti français insiste beaucoup pour que des ambassadeurs soient envoyés le plus tôt possible, afin de conclure la paix entre la France et l'Angleterre, ce que nos courtisans écossais et un très grand nombre parmi les Anglais préféreraient à une paix avec l'Espagne. Parmi eux, il n'y en a pas qui joue mieux le rôle de fourbe que votre dévoué serviteur le comte de Carlisle qui rapporte tout ce qu'il pense de défavorable au sujet de l'Espagne à ses amis de France en les assurant que de ce côté tous les Lords sont partisans des Espagnols, tandis qu'en réalité il n'y a que la reine et les Français en France qui soient quelque peu jaloux de lui. Quant à moi, je ne doute pas que Rubens ne vous informe que nul ne semble plus heureux de son arrivée ici que Carli'sle.

Dans peu de jours. Sir Thomas Edmondes partira comme ambassadeur pour la France et Monsieur de Châteauneuf arrivera ici de France*. Notre

grand Comte, considérant que les fatigues du voyage lui donnaient la fièvre iSjnmiôag. Tarrêta en route ; en conséquence de quoi, le grand ambassadeur qui devait arriver de France s'est arrêté aussi.

Dans ses lettres, Tabbé de Scaglia nous blâme d^avoir si brusquement conclu la paix avec la France, qui, comme il nous écrit, cherche à faire la paix avec TEspagne, ce que nous pourrions empêcher. Mais le duc de Savoie lui-même a écrit une lettre très bienveillante au trésorier sans dire un mot de cette affaire. Le Lundi de la Pentecôte, Sir Harry Vane et le jeune Weston sont retournés ici de La Haye, laissant la sœur du roi et son mari bien préparés à la paix avec TEspagne. Mais les Hollandais sont si prétentieux qu'ils prêteront peu Toreille à tout discours en faveur de la paix entre TEpagne et nous.

Sir Thomas Roe est parti comme ambassadeur auprès du roi de Danemark; il s'est arrêté principalement par le manque d'argent et pour s'informer s'il est vrai que ce souverain a fait la paix avec l'empereur, comme le bruit a couru ici. Cette nouvelle nous a causé une grande frayeur, puisque, si elle était fondée, nous aurions fort à craindre qu'il ne tombe sur nos vaisseaux anglais et écossais qui par l'Elbe font le commerce avec les parties septentrionales de l'Allemagne et ne cherche ainsi à rentrer dans les sommes que nous lui avons empruntées et pour les dommages que nous lui avons causés en l'engageant dans cette malheureuse guerre. S'il faisait pareille chose, nos marchands devraient chercher quelqu'autre voie pour leur commerce, chose qui serait longue à faire, à moins qu'une paix ne soit conclue avec la maison d'Autriche ou du moins avec l'Espagne.

Le mardi de notre semaine de Pentecôte, le peintre Rubens est arrivé à Londres et alla loger chez un de ses amis familiers nommé Gerbier, un homme bien connu chez vous. Nous apprenons qu'il porte le titre de Secrétaire du Conseil privé; mais ce que cela signifie nous ne le comprenons pas fort bien. Le roi, ayant été informé que Rubens arrivait mardi soir, donna ordre de le mander avant le mercredi matin à Greenwich où Sa Majesté réside. Rubens y alla conformément à cette invitation et fut conduit en présence du roi qui le reçut fort gracieusement et lui accorda toute une audience bienveillante. En se cjuittant, il exprima le désir que Rubens allât à Londres et mît le Lord Trésorier au courant de ce qu'il avait dit à Sa Majesté. Comme il quittait le roi, Carlisle s'entretint avec lui de fort bonne grâce et l'invita, je pense, à dîner. Mais j'apprends que Rubens et Carlisle ne se sont pas occupés d'affaires, car le roi lui a recommandé de n'en parler qu'avec le Lord Trésorier. Dans l'après-midi, Rubens se rendit auprès de ce dernier et eut avec lui le même entretien que celui qu'il avait eu dans la matinée avec

i5 juin 1629. le roi. Il remit à Sa Seigneurie une lettre fort aimable d'Olivarez de la part duquel il a apporté une autre lettre à l'adresse du Chancelier de l'Échiquier, Sir Francis Cottington ; mais en la remettant à celui-ci, il ne dit mot de sa mission. Le jour suivant, qui était jeudi, le Lord Trésorier se rendit au palais. Aussitôt que le Lord Trésorier fut arrivé, le roi envoya chercher le Lord Sénéchal Pembroke, avec lequel il avait auparavant traité de l'affaire. Avec ces deux, le roi tint conseil longuement, mais rien de définitif ne fut conclu si ce n'est que Cottington serait appelé à s'occuper de l'affaire. Vendredi, le Secrétaire Carleton organisa une fête en l'honneur de Rubens où il se rendit avec le fils aîné du Lord Trésorier et avec Sir Harry Vane. Le jour suivant, Rubens dîna chez le Lord Trésorier, avec lequel il s'entretint longtemps après le dîner. Dimanche, le dernier jour de mai de notre calendrier, le Lord Trésorier et Cottington allèrent à la Cour, où il fut résolu que Monsieur Rubens se rencontrerait avec eux deux et avec Mylord Pembroke à la maison du Lord Trésorier à Londres, où Rubens se rendit et passa avec eux plus d'une heure. Il fut reconduit à sa voiture par le chancelier Cottington.

Je laisse à Rubens lui-même le soin de répondre aux questions contenues dans votre dernière et dans votre première lettre. J'assure que l'on n'a point fait d'exception pour sa personne comme vous pourriez le croire par la réception qu'on lui a faite. Mais on remarque que ce qu'il apporte est moins important que ce que promettait d'abord sa lettre à Sir Francis Cottington. Quelle sera la réponse qu'on fera à ses propositions, le moment n'est pas venu d'en juger, mais je trouve que ceux qui ont à s'occuper de l'affaire sont plus disposés à conclure un traité de paix qu'un armistice. Vous voyez par le petit nombre de ceux qui traitent l'affaire, combien peu d'amis vous avez à notre Cour et sur l'un des trois qui sont nommés l'on ne peut pas compter. Il n'y a guère en fait d'hommes bienveillants que Dorset, et Arundel; mais ce dernier est devenu si bourru et si mécontent qu'il ne se soucie d'aucune affaire. Le seul homme en qui vous pouvez espérer est Cottington à qui Rubens peut s'adresser. C'est un homme sage et honnête que le roi tient en haute estime.

Londres, notre cinq de juin.

Je vous prie de m'accuser réception de la présente le plus vite qu'il vous sera possible. Je vous baise les mains.

COMMENTAIRE

Cette lettre fort intéresssante a été découverte dans les papiers du Secrétaire Sir John Coke à Melbourne Hall, Derby. Elle consiste en 5 feuillets dont quatre sont couverts sur les deux côtés d'écriture à l'encre noire. Elle est

écrite en chiffres et entre les lignes le déchiffrement lettre par lettre est écrite ^5 juin 1629.

très clairement à l'encre rouge. Le cinquième feuillet sert de couverture et

on y lit : Copia. Au Sieur Jaques Han merchand au Anvers. A Tintérieur de la

couverture on lit : A Mons « Mons » Daniville à Liège. En tête, à côté du mot

Copia, se trouve écrit de la main de Thonorable George Lamb June S\iS juin de

notre calendrier] 162g. Une copie de la lettre avec les diverses annotations

m'a été fort gracieusement transmise par M. Noël Sainsbury.

Celui qui a écrit la lettre, était en relation avec les principaux personnages de la Cour de Londres. Il est remarquablement bien informé, mais sa position est subalterne, puisqu'il demande à être aidé pécuniairement. La lettre porte deux adresses : l'une du Sieur Jacques Han, marchand à Anvers, l'autre de Monsieur Damville à Liège. Ce sont là deux noms inconnus, mais il est clair que la dépêche était destinée à un homme politique influent. Le destinataire n'était pas Anglais, puisque la lettre oppose son calendrier à celui qu'on suit en Angleterre. Il est un des correspondants de Rubens, puisque l'auteur de la lettre lui annonce que le peintre-diplomate l'informera plus amplement. Il a un intérêt personnel ou représente quelqu'un qui a un intérêt personnel dans les affaires qui se traitent entre l'Angleterre et l'Espagne ; on lui désigne Cottington comme le seul homme en qui il peut espérer, on lui prouve qu'il a peu d'amis à la Cour d'Angleterre. Ce n'est pas un souverain ou un prince étranger; le texte de la lettre prouve à l'évidence que ce n'est ni le roi d'Espagne, ni le roi de Danemark, ni le comte palatin qui est le destinataire de la lettre. Il est d'un pays où Gerbier est bien connu, c'est-à-dire de la Hollande ou des Pays-Bas Espagnols. Ce n'est pas un agent du premier de ces pays avec lesquels Rubens n'est pas en correspondance. Il faut donc admettre que le destinataire réside aux Pays-Bas espagnols, comme l'indique d'ailleurs la double adresse : Anvers et Liège. On ne se figure pas un particulier réunissant ces titres, ayant un intérêt personnel dans les négociations engagées entre l'Espagne et l'Angleterre et étant en correspondance suivie avec un agent politique à Londres auquel il fournit de l'argent. La seule hypothèse admissible, c'est que la lettre est adressée par le secrétaire Coke, agissant comme agent secret de l'Infante à Londres, à un- personnage chargé de recevoir sa correspondance et de la transmettre à l'archiduchesse. Le fait que la lettre traduite en Espagnol fut envoyée à Madrid justifie pleinement cette supposition. Nous en trouvons encore la confirmation dans un billet que Pedro de San Juan écrivit le 9 juillet 1629 au comte-duc d'Olivarez et dans lequel il lui annonça l'envoi de certains avis que Tlnfante avait reçus de l'Angleterre. Nul doute qu'il ne s'agisse ici de la dépêche que nous venons de reproduire. Ce billet est ainsi conçu :

i5 iuin 1639. « Su Alteza ha recivido los avisos de Inglaterra que van aqui que me

ha mandado los embie à V. S. para que dee quenta de lo que contienen à

S. M. y donde convenga que dando yo tan servicio de V. S. como piden mis

obligaciones. Guarde nuestro seftor a V. S. como sus servidores desseamos.

De Bruselas a 9 de Julio 1629. Pedro de San Juan. »

Archivo gênerai de Simancas. Secretaria de Estado. Legajo 2043, fol. 168 al lyS.

Son Altesse (Flnfante) a reçu les avis d'Angleterre qui sont joints à cette lettre et qu'elle m'a ordonné de vous envoyer pour rendre compte de leur contenu à S. M. et à ceux qu'il convient. Je vous demande ce service comme mon devoir m'y oblige. Que Notre Seigneur vous garde comme tous vos serviteurs le désirent.

De Bruxelles, le 9 de juillet 1629. Pedro de San Juan.

L'auteur de la lettre parle de la paix entre l'Angleterre et la France comme devant encore être conclue, quoiqu'elle eût été signée le 24 avril. Il faut entendre ses paroles dans le sens que la paix signée n'avait pas encore été jurée par les deux pays ; cela ne se fît qu'au mois de septembre suivant.

Sir Thomas Edmondes de Devon fut créé chevalier par le roi Jacques I le 20 mai i6o3. Il fut ambassadeur en France de 1610 à 1617 et de 1629 à i63o.

Charles de l'Atibespiney Marquis de Chateauneuf, ambassadeur français en Angleterre en 1629.

Le Comte de Carlisle, qui devait se rendre en Espagne, prétexta des fièvres pour ne pas se mettre en voyage.

Sir Harry Vane, naquit en i589; il fut crée chevalier par Jacques I en 1612 et nommé membre du Conseil privé. Il fut chargé à diverses reprises de missions spéciales : en mai 1625, il fut envoyé à la reine de Bohême ; en Hollande, il fut envoyé comme ambassadeur extraordinaire en février 1629 ; il retourna à Londres au mois de mai suivant et reprit le chemin de La Haye au mois d'octobre. Il quitta la Hollande au mois de mars i63i. Il fut ensuite envoyé comme ambassadeur en Suède ; au mois de février 1640, il fut créé secrétaire d'État. Il mourut en 1654.

Le jeune Weston, probablement le fils de Sir Richard Weston, grand trésorier d'Angleterre.

La sœur du roi et son mari : le comte palatin et sa femme, sœur de Charles I.

Sir Thomas Roe fut nommé ambassadeur auprès du grand Mogol le

29 décembre 1614 et reçut les pouvoirs nécessaires pour traiter avec la Perse i5 juin 1629

le 4 février 1617. Ses lettres de créance auprès du sultan sont datées du

6 septembre 1621 ; il quitta Constantinople le 4 juin 1628. Il fut accrédité

comme ambassadeur extraordinaire auprès des Etats-Généraux le 28 juin 1629.

La même année, il fut accrédité auprès d'un roi, comme il est dit dans la

présente lettre. D'après Sainsbury (i), il faudrait entendre par là le roi de

Suède ; d'après ce qui en est dit dans notre lettre, il s'agirait plutôt du roi

de Danemark. En juillet 1641, il fut nommé ambassadeur à la Cour de

l'empereur. Il mourut le 6 novembre 1644.

La lettre fournit les dates exactes de l'arrivée de Rubens et de ses premières entrevues avec le roi et ses ministres. Il arriva à Londres le mardi de la Pentecôte, le 5 juin (style ancien le 26 mai); il fut reçu par le roi le 6 juin; le 7 juin, il revit le roi avec deux de ses ministres ; le 8 juin, Cottington organisa une fête en son honneur.

William Herbert, Comte de Pembroke et de Montgommery, lord Chamberlain, favori de Jacques I, mort en i63o.

Nous trouvons la confirmation de plusieurs faits mentionnés dans cette lettre dans les dépêches ultérieures de Barozzi au duc de Savoie qui en outre complètent le récit de ce que fit Rubens les premiers jours après son arrivée à Londres. Dans sa dépêche du 10 juin 1629, Barozzi raconte que dans la deuxième audience que Charles I accorda à Rubens, il lui annonça qu'il avait désigné trois commissaires avec lesquels il pourrait négocier en toute liberté : lord Richard Weston, le comte de Pembroke et Sir Francis Cottington. Dans sa dépêche du i3 juin, il raconte que Rubens aurait souhaité qu'à ces commissaires fût adjoint le comte de Carlisle, dont il savait les bonnes dispositions pour l'Espagne, et qu'il en parla à Cottington. Ce dernier lui dit qu'il regrettait, comme lui, l'exclusion de Carlisle, mais qu'on n'avait pu le nommer, non que sa personne ne fût très agréable au roi, mais parce que sa femme le gouvernait trop et qu'apprenant par lui quelque chose de la négociation, elle l'aurait découvert à des personnes auxquelles il convenait que cela restât caché.

Dans ses conférences avec les commissaires royaux, Rubens exposa les points sur lesquels il était chargé de négocier. Tout d'abord les ministres anglais rejetèrent la suspension d'armes proposée par lui, en l'assurant toutefois que leur désir était de conclure la paix en aussi peu de temps qu'il en faudrait pour se mettre d'accord sur une cessation d'hostilités. A l'égard du Palatinat, ils lui déclarèrent que le roi n'entendait pas demander à l'Espagne des choses impossibles, mais que l'offre toute simple de démarches qui seraient faites par

(i) Noël Sainsbury, op. cit. pp. 280 et 384.

i5 juin 1629. le roi Philippe auprès, de Tempereur ne pouvait pas le contenter. Charles I, en recevant Barozzi, prouva que ses ministres n'avaient fait qu'interpréter la pensée du monarque. Celui-ci dit à l'envoyé du duc de Savoie que les moyens mis en avant par le Cabinet de Madrid pouvaient bien être des artifices pour tirer les choses en longueur ; qu'il ne prétendait pas que l'Espagne fît la guerre à l'empereur ni à d'autres princes pour avoir le Palatinat ; qu'il demandait seulement qu'elle disposât l'empereur à promettre la restitution de la partie de ce pays qui était en son pouvoir ; que l'Espagne avait auprès de la Cour de. Vienne un tel crédit qu'elle obtiendrait indubitablement cette promesse, et que lorsque Sa Majesté Impériale l'aurait faite, il était certain, tant il avait confiance en elle, qu'elle n'y manquerait pas. (i)

DXCIIl 21 juin 1629. DUDLEY CARLETON AU SECRÉTAIRE L^ DORCHESTER.

Hagh, June —, 1629.

Right Hon&^'' my very singular good U

Joachimi hath written hither that although Rubens be come, he hath brought w"^ him no letter of credence, nor the lest thing authenticall or substanstiall ; and yet that there are great ones, that mainetaine him in countenance, and will needes make some thing out of no thing. But if this be so, I do wonder at a letter I hâve had from S'" Henry Vane of the second of this présent, wherein he gives me notice, that Rubens being arrived, he doth think he should be hère againe w^^'in a moneth or six wreekes at the furthest. I will hope y' L^' next will give me some light of those misteries w*'*' the Mynisters of the K. of Denmark catch hold of, and alleage for reason of their shutting up a peace so secrettly w'^ the Emp' that his Ma*^ had began a Treaty w*** Spaine, and likelyhood would make a peace before them.

Y' U* most devoted servant

DuDLEY CaRLETON.

(i) Gachard, op. cit. pp. 127-128.

From the Hagh the ii*^ of June 1629. ai juin 1629

London. Public Record Office, Holland igo.

Publié par NoÈL Sainsbury, op. cit. p. i3i.

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