D'ANGLETERRE, RICHARD WESTON
Londres, i3 juillet 1629.
Le roy d'Espagne ayant faict offre, par monsieur Rubens, son secrétaire du conseil privé au Pays-Bas, d'une suspension d'armes par la signature de la sérénissime infante donna Isabel, autorisée par la signature de Sadicte Majesté, et le roy, mon maistre, n'ayant trouvé convenable, pour quelques raisons fondées en Testât présent de ses affaires, d'accepter ladicte offre, et ayant ledict Rubens faict des autres ouvertures en vertu de ses instructions, tendantes à un traicté de paix entre les deux roys, l'on n'a pas trouvé bon de renvoyer ledict Rubens sans luy bailler quelque response qui puisse servir à l'avancement d'une affaire si bonne, utile et nécessaire au bien publicq des deux couronnes et de toute la chrestienté.
Il se déclare doncques que ledict Rubens ayant asseuré, par ses instructions suffisamment exhibées et approuvées, la bonne intention du roy d'Espagne, son maistre, à contracter une parfaicte paix et amitié perpétuelle avecq le roy de la Grande-Bretagne, qui de sa part est porté, de la mesme affection et bonne volonté, à faire ledict accord durable et inviolable à jamais, et voyant que les intérestz et différens touchants les deux couronnes en leur particulier ne sont pas de si grande considération, lesquels pourroyent estre aucunement vuidez et accommodez, mais que la plus grande difficulté sera au regard de ses parens et amys, ausquels, outre l'obligation de sang et de nature, le roy mon maistre se trouve obligé et engagé par traictez et confédérations trèsestroites à ne négliger pas leurs intérestz, et que partant ne les pouvoit abandonner, sa foy, honneur et conscience sauve, ne faire aucun traicté avec le roy d'Espagne à leur désavantage et exclusion ; et puisque le roy catholique ne peut aucunement disposer des choses d'autruy et qui ne sont pas en son pouvoir, mais bien promet toutesfois de faire tous ses devoirs et bons offices qu'il pourra avec l'empereur et le ducq de
Bavière pour le contentement et satisfaction des parents de Sa Majesté i3 juillet 1629.
touchant le Palatinat, le roy mon maistre n a pas voulu mancquer
d'envoyer son ambassadeur en Espagne, faisant ledict roy catholique le
mesme envers luy. Aussy il sest trouvé très-nécessaire que le roy
d'Espagne procure, pour l'avancement de l'affaire, que l'empereur et le
ducq de Bavière envoyent pareillement leurs ambassadeurs en Espagne,
avecq pouvoirs requis pour accommoder promptement ce différent, avecq
l'intervention de touts les intéressés à Madrid. Mais, considérant que
ceste négociation, non obstant touts les devoirs qu'on pourra faire pour
la diligenter, requiert temps et commodité compétente à la grandeur
d'icelle, le roy mon maistre déclaire, par cette lettre, sa volonté royale
de ne faire la susdite paix sans estre asseuré, à tous événements, que
le roy d'Espagne luy délivrera les places qu'il tient en sa main par
ses garnisons au Palatinat, et estant esmeu du seul respect de ne
retarder pas le bien publicq, et seulement pour anticiper le fruit que ceste
paix pourroit apporter présentement aux intérestz des deux couronnes,
déclare que la promessse et foy royalle que le roy d'Espagne luy donnera,
qu'en cas que ledict roy, par son intercession, autorité et employ de
touts ses bons offices, ne pourroit réduyre l'empereur et le duc de Bavière
à la raison qu'eux deux trouveront raisonnable sur le subject du Palatinat,
au contentement de ses parens, de luy délivrer les places susdictes qu'il
tient au Palatinat, sera un des grands et principaux motifs à induire
une bonne et prompte paix entre les deux couronnes.
De quoy ledict sieur Rubens pourra donner part au roy son maistre. Et pendant qu'il se donnera ordre pour l'expédition des ambassadeurs d'un costé et d'autre, et pour oster au roy d'Espagne tout ombrage que luy pourroit rendre la paix faicte entre le roy de la Grande- Bretagne et celluy de France, le roy mon maistre promet, de sa part et sur sa foy royale, de ne faire, durant ce traicté. aucune ligue avec
la France contre et au préjudice de l'Espagne.
Weston.
Original chiffré en partie et déchiffré, aux Archives de Simancas, Secretaria de Estado, leg. 2519.
Publié par Gachard, op. cit. p. Sog.
DCVl
,8 juillet 1629 SIR ISAAC WAKE AU SECRÉTAIRE LORD DORCHESTER.
Right Honorable my singuler good Lord :
This Treaty of Spayne being now divulged both by y^ Venetian Amb'^ in England, and by y® open treating of Rubens in England, His Highness is of opinion that it will not be fit to conceale any longer from y^ French Ministers y* w"^*' they do already knowe ; and therfore for feare least they should quarrel w*^ him for his employing himselfe therein, he hath resolved to confesse it unto them freely & to let them know that y® Spanyards having desyred him, a yeare since & more, to médiate a peace betwixt y^ two Crownes, he had their request employed some Ministers of his, whose offices having found gratious acceptance of his Ma*^® he had been incouraged to pursiie y^ negotiation, at w*'*' y*' French could not justly formalize, in regard y* it was begunne long before any misunderstandings (w*"*" hâve since risen) betwixt France & Spayne were thought uppon.
Most humble & most obedient Servant