‹ Correspondance de Rubens et documents épistolaires concernant sa vie et ses œuvresChapitre 30 sur 104 · COTTINGTON AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ · texte numérisé non relu

COTTINGTON AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ

Monsieur Rubens m'a remis aujourd'hui votre lettre du 2 de ce mois et je remercie vivement Votre Excellence pour cette marque de faveur. J'avoue que je ne mérite pas une si grande distinction, quoique le désir et la volonté de servir Sa Majesté Catholique et Votre Excellence me paraissent donner quelque titre à votre bonne opinion.

Par les dépêches de Monsieur Rubens, Votre Excellence verra ce qui a été négocié ici, et je dirai seulement que le fait de l'avoir envoyé ici a été fort approuvé, parce qu'il n'est pas seulement fort habile et adroit pour traiter les affaires, mais il a su encore gagner' l'estime de tout le monde et spécialement du roi mon maître.

Par la lettre qu'a écrite le grand-trésorier. Votre Excellence apprendra que mon voyage a déjà été fixé au mois prochain. Je suis toujours résolu à débarquer à Lisbonne. Les Français sont irrités d'apprendre que je me rends en Espagne et il ne serait donc pas sur pour moi de traverser la France. En débarquant, je me hâterai d'aller saluer Votre Excellence et vous prie de me préparer des passe-ports pour Elves et Badajoz.

Votre Excellence verra encore par la lettre du trésorier combien peu de temps je pourrai rester à Madrid et, en vérité, je pense que pour le bien de .... et pour le service de Sa Majesté Catholique, je serai de plus d'utilité ici, comme Votre Excellence le trouvera également quand je lui aurai parlé.

Ce qu'il y a de plus important, Votre Excellence le trouvera dans la lettre de Monsieur Rubens et je ne vous en entretiendrai donc pas plus longtemps dans la présente.

Que Notre Seigneur garde Votre Excellence comme votre serviteur le désire.

De Londres, le 20 juillet 1629. Style nouveau.

François Cottington.

DCIX RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ. 22 juuiet 1629.

Excellentissimo Signor :

Questa serve solamente per accompagnar le due incluse del gran tresorero et del signor Cotinton, délie quali V. Ex.* cognoscera la buona dispositione di questi signori. 11 Cotinton si va disponendo al viaggio che spaventa grandemente la faction francesa, il cui embaxator fa ogni sforzo per impedire questa andata et négocia strettamente sopra una liga offensiva y defensiva fra Francia et Inglaterra contra Spagna, ô per dir meglio contra la casa de Austria, como gia ho piu volte avisato à V. Ex.* L ambasciator di Francia conferisce del suo negocio con sey commissarii, che sono gli conti di Carleil et de Hollanda, il Mayorduomo mayor Pembrocq, che sin adesso non e comparso, et il gran tresoriero, il gran marischal Conte de Arundel et il secretario de Stato Carlethon, che lui ha proposto che questo Re debba congiungere le sue forze con quelle del Re suo signore per la recuperaçione del Palatinato et per liberar TAllemagna délia oppressione délia casa d'Austria, délia quale viene usurpato Timperio tiranicamente con pergiudiçio de tutti gli Re et Principi cattolici e protestanti d'Europa, corne si sa publicamente et se ne parla nelle piazze et strade di Londra. Ma dipoi ha comminciato a rimostrare per Tinstruttion dalcuni grandi de questa corte, e particolarmente come ho inteso da buona parte del conde de Holanda, la nécessita che ha il Re d'Ingliterra de convoccare el Parlamento, senza il quale S. M. restara sempre in mala correspondenza con gli suoi sudditi ne havera giamai danari ne forze per poter assistere gli suoi amici ne offendere gli nimici ; ma la sua intentione non si funda nella utilita del Re d'Inghilterra ; ma perche cognosce potersi per quella via conciliare la benevolencia del populo e divertire infallibilmente la paz con Spagna. Ma pare odioso et impertinente à molti che un ministro de un nimico apena reconciliato si voglia intromettere di gia nelle cose intestine et domestiche de questo Regno. Lautore perô di questo consiglio, come dissi il conde de Holanda, persona populare e capo de puritani, de quali consiste quasi il corpo del Parlamento, il cui disigno proprio è di ruynar per mezzo del Parlamento

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22 juillet 1629. il gran tresoriero, il quai e di fattion contraria e non potrebbe in tal caso mantenersi per esser odiosissimo à gli parlamentary, nô per altro sino che lo sospettano per catolico. Mi pare esser certo judicio che il conde de Holanda sia contrario a Spagna, che il Rey col quale lui priva tanto non gli hà sin adesso comunicato le propositione contenute nel papelo, del quale spero V. Ex.* havera ricevuto la copia mandata gli il i3 de Julio per via de Brusselles, il qualo é stato pero consultato col conde carlil oltra il Weston et il Cotinton, et ancora col Pembrucq con grandissima secretezza, de maniera che il Rey non mi permise di communicar queste sue propositione ne manco il papelo sudetto col Barroizzi, Agente di Savoya. Gia saviçina tanto il giorno destinato per la partenza del Cotinton, per la quale non si fa piu instanza considerando la brevita del termino. Come credo V. Ex.* vedera nelle lettere incluse di questi signori, che la risposta si potrà rimettere al suo arrivo in Spagna per tratarne con maturita et in forma compétente alla gravita del negocio. E questo e quanto poso dire a V. Ex.* toccante il negocio. Hora sara bene advertirla délia condicione de questa corte, ove e da notare in primis che tutti questi signori principali fanno una vita molto splendida e grandissimi gasti de maniera che la mayor parte è fuori de modo indebitate, trà quali sono li primi il conde Carlil, et il conde de Holanda, che col buon trattamento délia lor tavola si mantengono il cortegio e seguito délia nobilta, sendo il splendore e libéral ita di grandissima consideracione in questa corte ; ni intendo de parlar solo di questi modi molti altri signori é ministri li quali havendo la mayor parte poca intrata da sustentarse, sono sforzati a buscarsi la vita como possono, et per çio qui si vendeno gli negoçi publici et privati a dinari contanti. Et ho di buona parte che il Cardinal di Richeliu e liberalissimo et molto prattico a guadagnar amici di questa maniera, como V. Ex.* vedera per Taviso che va qui giunto. Questa; fu scritta inanci larrivo del despacho de V. Ex.* per accompagnar le due incluse.

Et si tiene per certo che in aquesto modo se face la paz con Francia et si faranno délie altre cose se no m'inganno che potra servire à V. Ex.* daviso, alla quale humilmente bacio gli piedi di V. Ex.*

Humilissimo servitore

PlETRO PaUOLO RuBENS.

Di Londra il 22 di Giulio 1629.

Autographe aux Archives de Simancas. 22 juillet 1629.

Publié par G. Cruzada Villaamil, op. cit. p. 162, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. 275.

TRADUCTION

RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ

Excellence.

La présente sert uniquement pour accompagner les deux lettres incluses du grand-trésorier et de Monsieur Cottington, par lesquelles Votre Excellence apprendra la bonne disposition de ces Seigneurs. Cottington se prépare au voyage qui épouvante grandement la faction française. L'ambassadeur de France fait tous ses efforts pour empêcher ce voyage et négocie vivement en vue d'une ligue offensive et défensive entre la France et l'Angleterre contre l'Espagne, ou, pour mieux dire, contre la maison d'Autriche, comme j'en ai déjà plus d'une fois avisé Votre Excellence. L'ambassadeur de France confère sur ces négociations avec six commissaires, qui sont les comtes de Carlisle et de Hollande, le premier majordome Pembroke, qui jusqu'à présent n'a pas encore comparu, le grand- maréchal comte d'Arundel et le secrétaire d'État Carleton, qui lui a fait entendre que le roi de France devrait joindre ses forces à celles du roi d'Angleterre pour récupérer le Palatinat et pour délivrer l'Allemagne de l'oppression de la maison d'Autriche, qui a usurpé un pouvoir tyrannique au grand préjudice des rois et princes catholiques et protestants de l'Europe, comme tout le monde le sait et comme on le dit ouvertement dans les lieux publics et dans les rues de Londres. Mais depuis lors il a commencé pour l'instruction de quelques Seigneurs de cette Cour et spécialement, comme je l'ai entendu, pour celle du comte de Holland, à démontrer la nécessité pour le roi d'Angleterre de convoquer le parlement. Aussi longtemps que le roi ne prendra pas cette mesure, dit l'ambassadeur, il ne s'entendra pas bien avec ses propres sujets et n'aura ni l'argent, ni les forces nécessaires pour assister ses amis et pour attaquer ses ennemis. Mais son intention n'est pas de rendre service au roi d'Angleterre, mais bien de se concilier la faveur du peuple et de faire échouer immanquablement la paix avec l'Espagne, Mais bien des gens regardent comme une chose odieuse et impertinente que le ministre d'un souverain ennemi fraîchement reconcilié veuille intervenir aussitôt dans les affaires intérieures et domestiques de ce royaume. L'auteur de ce conseil, comme dit le comte de Holland, est un homme populaire, le chef des puritains,

22 juillet 1629. qui constituent pour ainsi dire eux seuls le parlement, et son but réel est de ruiner au moyen du parlement le grand-trésorier, qui appartient au parti opposé et qui dans le cas d'une alliance avec la France ne pourrait se maintenir comme étant fort odieux aux parlementaires, uniquement parce qu'on le soupçonne d'être catholique. Il me paraît certain que le comte de HoUand est contraire à l'Espagne, parce que le roi, auprès duquel il est en faveur, ne lui a pas encore jusqu'ici communiqué les propositions contenues dans le document, dont j'espère que Votre Excellence aura reçu la copie envoyée le i3 juillet par Bruxelles. Il a été délibéré sur ces propositions avec Carlisle, Weston et Cottington et encore avec Pembroke, mais cela s'est fait dans le plus grand secret, de manière que le roi ne m'a pas permis de communiquer ces propositions et encore moins le document susdit à Barozzi, agent de Savoie. Déjà s'approche le jour fixé pour le départ de Cottington, pour lequel on ne fait plus d'instances vu la courte distance du terme ; comme Votre Excellence le verra, je crois, par les lettres ci-jointes de ces Seigneurs, la réponse pourra être retardée jusqu'à son arrivée en Espagne, afin de traiter cette affaire avec maturité et dans la forme exigée par sa gravité. Voilà ce que je puis dire à Votre Excellence touchant cette affaire. A présent, il sera bon de vous avertir de l'état des choses dans cette Cour, au sujet duquel il convient de noter en premier lieu que tous les principaux Seigneurs mènent une vie somptueuse et font de grosses dépenses, de manière que la plupart d'entre eux sont extrêmement endettés. Parmi ceux-ci se trouvent en premier lieu le comte de Carlisle et le comte de HoUand, qui par le train de leur table conservent leur entourage et leur suite parmi la noblesse, le faste et la libéralité étant grandement considérés à cette Cour. Je n'entends pas parler de tant d'autres Seigneurs et ministres, qui pour la plupart ayant peu de revenus pour soutenir leur rang sont forcés de pourvoir à leurs besoins comme ils peuvent, et voilà pourquoi les intérêts publics et privés se vendent ici à deniers comptants. Et je tiens de bonne part que le Cardinal de Richelieu est fort libéral et fort entendu à gagner des partisans de cette manière, comme Votre Excellence le verra par l'avis ci-joint. Celui-ci fut écrit avant l'arrivée de la dépêche de Votre Excellence et pour accompagner les deux lettres y jointes.

On regarde comme certain que de cette manière la paix se conclura avec la France et qu'il se fera encore d'autres choses, si je ne me trompe, qui pourront servir d'avertissement à Votre Excellence. Sur quoi, je baise humblement les pieds de Votre Excellence.

Votre très humble serviteur De Londres, le 22 juillet 162g. Pierre-Paul Rubens.

DCX RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ. 22 juillet 1629.

Excellentissimo Signer:

Ho riçevuto il despacçhio di V. Ex/ del 2 di Julio e visto Tordine chella me da, al quale io non penso d'haber contravenuto, sendomi governato puntualmente secondo la instruttion che V. Ex/ mi diede al mio partir de Madrid. Sa il signor Idio e questi signori e particolarmente il gran tresoriero et il Signor Cotinton mi saranno fede di non haver giamai proposto ne dato occasione a questo Re ne a gli suoi ministri de far alcuna apertura d'alcun altro trattato che de un suspension de armi ; ma si come ho avisato V. Ex/ il Rey mi fece chiamar espressamente a Gruenwyts et mi propose le condiçioni, gia avisa te col mio despacçho di 3o de Gunio et 2 de Gulio, e dicendo io che si dovevano rimettere queste cose a gli embaxador, mi rispose che la mia instruttione essibita a Veston era bastante per intendere gli sui discorsi e darne aviso dove conveniva por guadagnar tempo, mentre che gli embaxador si metterebbono al ordine d'una parte e d altra. Io non ho dato alcun indiçio al Rey se le sue proposicione sarebbono trovate buone o maie, acettate ô ricusate in Spagna, ma solamente promeso di darne parte a V. Ex/ sotto condiçione che fra tanto che durarebbe il tratato con Spagna non farebbe alcuna liga con Francia contra Spagna : e questo ho fatto con ordine délia Serenissima Infanta che mi spedi un espresso per çio a Duynkercque, et era ben necessario per il sforzo grande che fa lembaxador de Francia, et per altra via ancora il cardenal Richeliu, come V. Ex/' vedra nel papel qui incluso. Ho pero insistito sempre sopra tuto che s inviasse quanto prima persona autorisata in Spagna, la qui nominacione era rimessa quasi in obliccione al mio arrivo, non obstante che il Cotinton havesse scritto a V. Ex/ che partirebbe subito, che fu solamente per il dubbio che si haveva qui che il negocio si fosse traversato colla paz de Francia. Ho procurato con buona assistenza del Barotzi — sa bene il Signor Barrozzi quante diligenze si sono fatto e quante difificulta superate per ottener questa nominacione in questa congiuntura délia venuta del embaxador de Francia — e ottenuto la

22 juillet 1629. nominatione délia persona et il giorno che doverà partire, di che ho avisato V. Ex.* con lettere de 2 de Julio ; e po faccendo mi instanza il Re d^Inghilterra, si corne ho scrito piu volte a V, Ex.*, per haver risposta sopra le sue propositone, prima délia partenza del Cotinton, ho portato il negoçio de maniera avanti soto pretesto di volerle in scritto prima d'avisarle a V. Ex.*, che non ci e piu tempo per mezzo ad aspettar la risposta, et mi sono adoperato de maniera che per quel la causa la partenza non sara differita de un giorno, come V. Ex.* vedera dalle lettere del gran tresoriero et del signor Cotinton, il quale me disse Taltieri che andarebbe per mare e pensava disenbarcar piu tosto a Lisboa che a la Coruna, per alcune raggioni che mi allegava, no parendogli piu lunga Tuna strada che Taltra e gia se e concertato il naivo e fatte le polizze de cambio ; ma ben penso, che la infinità de gli suoi negocii lo potrebbono ritardar de qualque giorno sendo lui in tutte le materie di stato e hacienda, si non in apparenza çerto in sostanza et effecto, la prima persona de questa corte ; dico per çio, che nissuna altra cosa lo ritardarà si non sono le sue occupationi délie quali temo non potrà sbregarsi cosi presto come il Veston mi disse, che perô parera in pochi giorni et aquesto io non posso far davantaggio di quello si e fatto. Ben parera strano perô al Re d'Engletera si il quel mentre non viene la nominacione de la persona che doverà venir in Inghilterra. Yo non penso d'haver impiegato maie il tempo che sono stato qui, ni d'haver exceduto in niente gli termini délia mia commissione, ma d'haver servito al Rey nostro signor col zelo e giudiçio che conveniva alla grandezza del negocio che mi fu confidato. Ricordasi V. Ex.*, di gracia, che la instruttion chella mi diede contiene questi articoli : ch'io doveva assicurar al Re d'Inghiltera che S. M. cattolica tiene la misma buona volontad al accomodamento che tiene S. M., etcetera; et che siempre que el Re de Inglaterra embiare a Espaua persona aiitorizada para traiar de la paz ernbiara el Rey mtestro sehor otra persona a Ingalaferra, etcetera, a gli quali duoi punti mi pare de haver sodisfatto puntualmente.

E, toccante a los intereses de los parientes y amigos del Rey dingalaterra, que se harà de parte de Su Majestad catôlica con el emperador y el duque de Bavier los oficios que pudiere : io Tho fatto in termini generali et ho rifferito a V. Ex.* fidelmente la risposta del Re d'Inghilterra como io era obligato de fare con tutte le particolarita

aile quali lui venne dal suo propio motivo nella quale si il Re 22 juillet 1629.

d'Inghilterra si e obligato a qualque cosa di sua parolla et in scrito con

intiera nostra liberta, io non penso esser ni da nascere inconveniente

alcuno. Por che per çio non si ritardarà di un giorno la partenza del

signor Cotinton et per quanto che V. Ex.* mi incarga nella medesima

instruttion, que procure de desviar en quanto pudiere los conziertos que

se platicaren alli con Francia; io penso d'haver sodisfatto intieramente.

Non farô mencion del negocio de Mons. de Soubisa poiche cessa totalmente con la paz del Rey de Francia con Hugonotti.

Ho avisato ancora V. Ex.* corne mi incargava de fare de tutto quello che pervenuto diligentemente inquirendo alla mia noticia, ne mi ricordo d'haverli rifferitto qualque cosa falsa temerariamente creduta ne cosa fuori de proposito.

Con che havendo sodisfato a gli ordini che il Re nostro signor e V. Ex.*" mi fecerô Thonore di darmi, la supplico sia servi ta de trovar buono ch'io mi retiri à casa mia, al cui interesse perferirô sempre il servicio de S. M. : ma videndo che qui non occorre altro per adesso saria dannosa a me magior dilacione. Intendo pero di fermarmi qui ancora quel poco di tempo ch'il Re d'inghilterra giudicharia esser necessario per poter render conto a V. Ex.* de quanto negociarebbe seco Tembaxador de Francia, si come ha gia dato mi parte di sua bocca propria délie prime sue propositioni, e continua di fare per via del signor Cotinton : e fra tanto supplico V. Ex."" sia servita di farmi saper la sua volunta per potermi retirare, salva la sua buona gracia, quanto prima in fiandra : et in quel mentre mi raccomando humilisimamente nella sua benevolenza et de verissimo cuore e col debito rispetto le bacio y piedi di V. Ex.*" humilissimo e devotissimo servitore

PlETRO PaUOLO RuBENS.

Di Londra il 22 di Julio 1629.

L'i agente di Savoya mi ha detto che il signor don Francisco Çapata viene per Ambasciatore in Inglaterra, et supplico V. Ex.* mi faccia sapere de çerto per poter ne dar parte dove con viene.

Ho dato al signor Cotinton la carta di V. Ex.* che la lesse in presenza mia et si maravigliava che fosse stato aspettato cosi de repente in Spagna, ne si ricordava d'haver scrito de quella maniera, ma io

22 juillet 1629. credo che allora si scrisse qualque cosa piu di quello si pensava temendo che la paz con Francia causasse qualque alteracione nella buona inclinacione di Spagna alla paz con Inglaterra, corne il Re d'Inglaterra propio mi confessé. Certo e che al mio arrivo si stava irresoluto se lui doveva andare o alcun altro et si andava friddamente alla risolutione, e si non fossero stati spintida me e del Barozzi forse non se sarebbe nominato ancora alcuno, et il Cotinton ancora. Pur considerando nel buon stato che le cose sono adesso et che sopra le cose avisate da me, colle mie preçedenti, V. Ex/ o il signor abbatte Scaglia potrebbono scrivere a questi signori non sapendo la disposicion présente alcuna cosa che potrebbe alterarla, io credo che V. Ex.* mi dara licenza et havera per bene che, considerando del contenuto di quelle che si scrivevanno a me, quasi quello se potranno inferire le altre, io ne disponga secondo che mi parera piu a proposito de ricapitarle o ritenerle appresso di me per maggior sicurezza del negocio, sin che V. Ex.* havera ricevuto questa et havera ordinato di novo quello giudichara doversi fare. Il meglio sarebbe et il piu sicuro mandarmi quelle lettere soto il sigillo volante.

Yo sarei stato de parer de ritenere quelle che il signor Abbate ha scritto al Rey et altri molti signori con questo dispachio del 3 di Julio, ma havendole veduto il signor Barozzi non stava piu in mia mano di retenerle.

Certo e che si non fanno danno non possono ridurre il negocio in meglior stato di quello che sta adesso.

Autographe aux Archives de Simancas. PubHé par G. Cruzada Villaamil, op. cit. p. 168, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. 281.

TRADUCTION

RUBENS AU COMTE-DUC D^OLIVAREZ

Excellence.

J'ai reçu la dépêche de Votre Excellence du 2 juillet et vu Tordre qu'elle me donne et auquel je ne crois pas avoir contrevenu, m'étant conduit ponctuellement selon l'instruction que Votre Excellence me donna à mon départ de Madrid. Dieu et les seigneurs, et particulièrement le grand-trésorier et Monsieur

Cottington me seront témoins que je n*ai jamais proposé au Roi ni à ses 22 juillet 1629. rninistres de faire aucune ouverture d'aucun traité, sinon d'une suspension d'armes. Mais, comme j'en ai informé Votre Excellence, le roi m'a fait appeler expressément à Greenwich et m'a proposé les conditions, que j'ai déjà mentionnées dans ma dépêche du 3o juin et du 2 juillet. Je lui ai dit que ces affaires devaient se traiter avec l'ambassadeur ; il me répondit que mes instructions remises à Weston étaient suffisantes pour entendre ses communications et d'en informer qui de droit pour gagner du temps, en attendant que les ambassadeurs se mettent en règle de part et d'autre. Je n'ai donné aucun renseignement au roi sur la question de savoir si ses propositions seraient bien ou mal reçues, acceptées ou refusées en Espagne ; je lui ai seulement promis d'en faire part à Votre Excellence, à condition que tant que dureraient les négociations avec l'Espagne, il ne contracterait aucune alliance avec la France contre l'Espagne. J'ai agi ainsi sur l'ordre de la Sérénissime Infante qui m'a expédié un exprès à Dunkerque pour me l'enjoindre, et cela était bien nécessaire, vu le grand effort que fait l'ambassadeur de France et d'autre part également le Cardinal de Richelieu, comme Votre Excellence le verra par le document ci-joint. J'ai toujours insisté pour qu'on envoie le plus tôt possible en Espagne une personne autorisée ; mais la nomination d'un ministre a été pour ainsi dire remise en oubli à mon arrivée, nonobstant que Monsieur Cottington eût écrit à Votre Excellence qu'il partirait sans retard, ce qui se faisait seulement parce qu'on craignait ici que la négociation ne fût contrariée par la paix avec la France. Je suis parvenu avec l'assistance de Monsieur Barozzi — et Monsieur Barozzi sait bien quelle diligence j'ai faite et combien de difficultés j'ai surmontées pour obtenir cette nomination au moment de l'arrivée de l'ambassadeur de France — à obtenir la nomination de l'envoyé et à faire fixer le jour de son départ, ce dont j'ai averti Votre Excellence par les lettres du 2 juillet. Et puis, le roi d'Angleterre insistant auprès de moi, comme je l'ai écrit plusieurs fois à Votre Excellence, pour obtenir une réponse à ses propositions avant le départ de Cottington, j'ai fait avancer les négociations sous prétexte que je voulais avoir ces propositions par écrit avant d'en entretenir Votre Excellence, de façon qu'il ne reste plus de temps pour attendre la réponse et je me suis arrangé de façon que tout cela ne fera pas différer d'un jour le départ de l'ambassadeur. Comme Votre Excellence le verra par les lettres du grand trésorier et de Cottington, qui me dit avant-hier qu'il irait par mer et préférait débarquer à Lisbonne plutôt qu'à La Corogne, pour certaines raisons qu'il me communiqua. Il croit que la route n'est pas plus longue de l'un port que de l'autre, il a déjà arrêté le navire et fait les contrats de change. Je pense cependant que le nombre infini de ses occupations

22 juillet 1629. pourraient bien retarder son départ de quelques jours, puisque dans toutes les affaires politiques et matérielles il est, sinon ouvertement, du moins effectivement la première personne de cette Cour. Je dis donc que rien ne retardera son départ si ce n'est ses occupations, dont je crains qu'il ne pourra se débarrasser aussi rapidement, comme Weston me Ta dit. Tout ceci d'ailleurs sera décidé dans quelques jours et je ne puis rien y faire de plus que ce que j'y ai fait. Mais il paraîtra étrange au roi d'Angleterre si dans l'intervalle la personne qui doit venir en Angleterre n'était pas désignée. Je ne pense pas avoir mal employé mon temps depuis que je suis ici, ni avoir excédé en rien les termes de ma commission; mais je crois avoir servi le roi notre Seigneur avec le zèle et la prudence qui convenaient à une négociation de l'importance de celle qu'on m'a confiée. Que Votre Excellence se rappelle, de grâce, ces deux articles contenus dans l'instruction qu'elle me donna, selon lesquels je devais assurer le roi d'Angleterre que Sa Majesté Catholique avait la même volonté que lui de parvenir à un accommodement et que « lorsqu'il enverrait en Espagne une personne autorisée à traiter de la paix, Sa Majesté Catholique, à son tour, en enverrait une en Angleterre », or, il me parait que j'ai satisfait ponctuellement à ces deux points.

Et (c quant aux intérêts des parents et amis du roi d'Angleterre, Sa Majesté Catholique, l'empereur et le duc de Bavière feront ce qu'ils pourront. » J'ai parlé dans ce sens en termes généraux au roi d'Angleterre et j'ai rapporté fidèlement sa réponse à Votre Excellence, comme j'étais obligé de le faire en y ajoutant tous les détails que le roi y ajoutait de son propre mouvement. Si lui s'est engagé par ses paroles et par écrit à faire quelque chose, pleine liberté nous est laissée ; je ne crois pas que de ceci naisse ou puisse naître quelqu'inconvénient. Puisque le départ de lord Cottington n'en sera pas retardé d'un jour et que Votre Excellence me charge dans la même instruction « d'empêcher autant que possible l'accord qui pourrait se conclure entre l'Angleterre et la France, » je crois avoir entièrement rempli mon devoir..

Je ne parlerai pas de l'affaire de Monsieur Soubise, puisqu'elle disparaît complètement par la paix conclue entre le roi de France et les Huguenots.

J'ai en outre avisé Votre Excellence comme elle m'avait chargé de le faire de tout ce qui était parvenu à ma connaissance à la suite des informations prises avec soin et je ne me rappelle pas avoir rapporté à Votre Excellence quelque nouvelle fausse à laquelle j'aurais cru témérairement ni aucune chose hors de propos.

Ayant donc exécuté les ordres que le roi notre Seigneur et Votre Excellence m'ont fait l'honneur de me donner, je la supplie de trouver bon que je retourne chez moi, non que je ne préfère toujours à mes intérêts le service

de Sa Majesté : mais, voyant que pour le moment il n'y a rien à faire ici, 22 juillet 1629.

je trouve qu'un plus long séjour m'y serait dommageable. Je compte toutefois

y rester encore le peu de temps que le roi d'Angleterre jugera nécessaire pour

que je puisse rendre compte à Votre Excellence de ce que Sa Majesté négociera

avec l'ambassadeur de France : déjà elle m'a fait part de sa propre bouche,

des premières propositions de celui-ci et elle continuera de le faire par l'entremise

de Cottington, Et sur ce je supplie Votre Excellence d'avoir la bonté de me

faire connaître sa volonté sur mon désir de retourner en Flandre le plus tôt

qu'il sera possible et qu'elle le trouvera bon. En attendant, je me recommande

humblement à sa bienveillance et de tout cœur et avec tout le respect dû je

baise les pieds de Votre Excellence, dont je suis le très humble et très dévoué

serviteur

Pierre-Paul Rubens.

Londres, le 22 juillet 1629.

L'agent de Savoie m'a dit que don Francisco Zapata vient en Angleterre comme Ambassadeur, je supplie Votre Excellence de me faire savoir ce qu'il y en a au juste, pour que je puisse en donner connaissance là où il convient.

J'ai communiqué à Sir Cottington la lettre de Votre Excellence ; il Ta lue en ma présence et s'étonnait qu'il fût attendu si tôt en Espagne. Il ne se rappelait pas avoir écrit en ce sens ; mais je crois qu'il a écrit quelque chose de plus qu'il ne pensait, craignant que la paix avec la France n'altérât en quelque manière le penchant de l'Espagne pour la paix avec l'Angleterre, comme le roi d'Angleterre lui-même me l'a avoué. Il est certain qu'à mon arrivée il était indécis sur le point de savoir s'il devait aller lui ou un autre; on ne se pressait pas de prendre une résolution et si moi et Barozzi nous n'y avions poussé, peut-être que personne n'aurait encore été nommé, Cottington pas plus qu'un autre. Mais, considérant dans quel bon état les affaires sont actuellement et que sur les choses sur lesquelles je vous ai renseigné par mes précédentes lettres, Votre Excellence ou Monsieur l'abbé Scaglia pourraient écrire à ces messieurs, qui ne sont pas au courant de la disposition présente, l'une ou l'autre chose qui pourrait l'altérer, je crois que Votre Excellence m'autorisera et trouvera bon que, considérant le contenu des lettres qu'elle m'a écrites, d'où l'on pourrait inférer celui des autres, je décide d'après ce qui me paraît le plus à propos de les envoyer ou de les retenir en ma possession pour plus de sûreté, dès que Votre Excellence aura reçu la présente et aura ordonné de nouveau ce qu'elle jugera devoir être fait. Le mieux serait et le plus sûr de m'envoyer ces lettres sous le sceau volant.

J'aurais désiré retenir celles que l'abbé Scaglia a écrites au roi et à

22 juillet 1 629- beaucoup d'autres Seigneurs avec la dépêche du 3 juillet, mais Monsieur de Barozzi les ayant vues, il ne m'est plus possible de les garder devers moi. Il est certain que si elles ne peuvent faire du mal, elles ne peuvent rendre Tétat de la négociation meilleur qu'il ne Test actuellement.

COMMENTAIRE

Cette lettre prouve que Rubens avait reçu d'Olivarez une missive critiquant sa manière de faire. Olivarez était de caractère soupçonneux. Lui et les grands seigneurs de Madrid voyaient de mauvais œil le rôle important que l'artiste jouait dans ces négociations. Selon eux, il ne devait que sonder le terrain, faire des propositions de nature à amener un armistice, un état provisoire ; toute démarche de sa part qui pouvait entraîner une paix définitive leur paraissait une usurpation. Ajoutez à cela que leur politique en ce moment était de tergiverser, qu'ils voulaient se réserver la double solution de se liguer avec la France contre l'Angleterre, ou bien de se reconcilier avec ce dernier pays et d'enlever ainsi à la Hollande son plus puissant allié. Ce calcul devait leur faire désapprouver toute démarche tendant à brusquer les choses. Rubens, au contraire, de concert avec l'archiduchesse, désirait la paix et portait en lui la conviction que sa conclusion était un bienfait pour son pays aussi bien que pour l'Angleterre : tout acte du roi Charles qu'il parvenait à provoquer et qui menait à son but était pour lui un triomphe. De cette différence de points de vue devait naître le froissement que trahit la présente lettre.

DCXI 22 juillet 1629. RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ.

Excellentissùno Signor :

Non posso tralasçiar d avisar a V. Ex.'" quello che il signor Cotinton mi ha dette in gran confidenza toccante un ingles Furston venne qua per la posta gli giorni passati mandato del Cardenal de Richeliu il quale porto al gran tresoriero un papel di questo tenore ; che stante lamicitia présente voleva dar signali délia sua sincerita e realta si corne del Rey de Francia suo senor al Re de Inglaterra con advertirlo

de gli inganni delU espanoli, che cerchavano, sotto il pretesto di una 22 juillet 1629

paz de tradir e ruynarlo ofiferendo li délie cose che non volevano ne

potevano mantener giamai, poi che la restitucione del Palatinato che il

Re de Espana promette, non sta nella sua mano ma dépende del consenso

di tutto Timperio e particolarmente del Duque de Baviera col quale il

Re de Francia puo piu assai, in vertu délia stretta amiçitia seco che

non il Rey de Espana del quale egli e disgustatissimo che pero stando

risoluto il Rey de Francia di attaccar il Rey de Espana da tutte le

bande et di marchiar in persona verso Litacia (ritalia) in socorro de

gli suoi confederati fra quale nomina il Duque de Savoya, a battere

le genti cessarea e quelli che borrebbono opporsi, sendosi conçertato col

olandesi di fare nel medesimo tempo altretanto del canto suo, et che

lui faria ancora marchiar una altra armata verso la franche conte de

Borgona, no dimandava altro del Re de Inglaterra si non lassistenza

de una armata navale per infestar in compania de gli olandesi la

Espana ; che si il Re de Inglaterra voleva lasciar di fare la infâme

paz con Espana il Re de Francia gli mandarebbe carta blanca per

domandar tutto quello che fosse in poter suo di conzederli, che il Rey

de Francia mandava a la Reyna de Inglaterra sua so relia de amar e

rispettar il Rey suo marito come conveniva. Bisogna notar chel Re de

Inglaterra sta inamoratissimo de la Reyna su mujer et che ella po

assai appresso di S. M. et ella e grandemente contraria a Espana. Et

in fine assicurava che per remetere la sorella di S. M. nel Palatinato

valerebbe piu la forza et amiçitia del Re de Francia che del Re de

Espana, quando pur havesse intention de farlo, la quale non ho giamai

avuto per il passato ni l'havera per Thavenire ; che il Re suo senor

non haveva fatto la paz con suoi Ribelli per altra causa che per poter

assistere a gli suoi amici e far con tutte le sue forze la guerra a Espana.

Et in fine ofiferiva una grossa somma de dinero al gran tresoriero in

capitale o in pensione come piu voleva. E strano che costui haveva

ordine di non communicar questo papel col embaxador di Francia che

sta qui, comme mi dise Cotinton, il quai diede subito questo papel al

signor Cotinton, che le porto subito al Rey, che non face altro que

ridersi e disse che ben cognosceva gli inganni e tradimento del Cardenal

de Richeliu et che farebbe piu tosto liga con Espana contra la Francia

che altrimenti. Questo scrito me ha rivelato il senor Cotinton con

22 juillet lôag, tanto incarico de silencio che apena mi volse concedere licensa di darne aviso a V. Ex.* E non havendo altro bacio a V. Ex.* con humilissima reverenza gli piedi et di novo mi raccomando nella sua buona gracia.

Di vostra Excellenza, humillissimo servitore,

PlETRO PaUOLO RuBENS.

Di Londra il 22 de Julio 1629.

Copie aux Archives de Simancas.

Publié par Cruzada Villaamil, op. cit. p. 178, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. 277.

TRADUCTION

RUBENS AU COMTE-DUC D^OLIVAREZ

Excellence.

Je ne puis négliger d'informer Votre Excellence de ce que Sir Cottington m'a dit en grande confidence touchant un Anglais, nommé Furston, qui est venu ici par la poste ces jours derniers, envoyé par le Cardinal de Richelieu, et qui a apporté au grand-trésorier un document de la teneur suivante : vu l'amitié qui liait les deux souverains, il voulait donner des témoignages de la sincérité et de la réalité de cette amitié de sa part et de la part de son maître, le roi de France, envers le roi d'Angleterre en l'avertissant des fourberies des Espagnols, qui cherchaient sous le prétexte d'une paix à conclure à le trahir et à le ruiner, en lui faisant des offres qu'ils ne voulaient et ne pouvaient jamais tenir; d'ailleurs la restitution du. Palatinat que le roi d'Espagne promet ne dépend pas de lui, mais du consentement de tout l'empire et spécialement du duc de Bavière, sur lequel le roi de France a plus d'influence en vertu de l'étroite amitié qui lie les deux princes, que le roi d'Espagne qui lui est extrêmement antipathique ; cependant comme le roi de France est résolu d'attaquer le roi d'Espagne de tous côtés et de marcher en personne contre l'Italie au service de ses alliés, parmi lesquels il nomme le duc de Savoie, pour combattre les troupes impériales et celles qui voudraient s'opposer à lui, comme il s'est entendu avec les Hollandais qui de leur côté feraient en même temps la même chose, et que lui ferait encore marcher une autre armée contre la Franche-Comté, il ne demandait au roi d'Angleterre que l'assistance d'une flotte pour ravager les côtes de l'Espagne de concert avec

les Hollandais ; si le roi d'Angleterre voulait ne pas conclure la paix 22 juUlet 1639.

infâme avec T Espagne, le roi de France lui enverrait carte blanche pour lui

demander tout ce qu'il serait en son pouvoir de lui accorder ; le roi de

France avait enjoint à sa sœur, la reine d'Angleterre, de respecter son mari

comme c'était son devoir. Il est à remarquer que le roi d'Angleterre est

extrêmement amoureux de la reine sa femme, qu'elle a beaucoup d'influence

sur lui et est grandement opposée à l'Espagne, Et à la fin, il assura que

pour rétablir la sœur de Sa Majesté dans le Palatinat la puissance et l'amitié

du roi de France valaient plus que celles du roi d'Espagne, quand même ce

dernier aurait l'intention de le faire, laquelle il n'a jamais eue dans le passé

et n'aura jamais dans l'avenir ; que le roi son maître n'avait fait la paix avec

les rebelles que pour pouvoir aider ses amis et tourner toutes ses forces contre

l'Espagne. Et enfin il offrait une grosse somme d'argent au grand-trésorier en

capital ou sous forme de pension, comme il le préférerait. Il est étrange que

cet envoyé avait ordre de ne pas communiquer ce document à l'ambassadeur

de France qui réside ici, d'après ce que Cottington m'a dit, mais qu'il le

remit à Cottington qui le porta immédiatement au roi, qui se contenta d'en

rire et dit qu'il connaissait bien les ruses et la déloyauté du cardinal de

Richelieu et qu'il ferait plutôt une alliance avec l'Espagne contre la France

qu'autre chose. L'existence de cet écrit m'a été révélée par Sir Cottington en

me recommandant le silence d'une façon si absolue qu'il voulut à peine me

donner l'auorisation -d'en informer Votre Excellence. Et n'ayant rien d'autre

à vous communiquer, je baise les pieds de Votre Excellence avec un très

humble respect et me recommande de nouveau dans sa bonne grâce.

De Votre Excellence le très humble serviteur Pierre-Paul Rubens.

De Londres, le 22 juillet 1629.

DCXIl RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ. 22 juillet 1629.

Excellentissimo Sigftor :

Spero che a V. Ex.* saranno capitate tutte le mie lettere scrite de Londra il i5 et 3o de Giunio et il primo et 6 de Giulio per lequale restara intieramente informata di tutto quello ch'io poteva dirgli toccante

22 juuièt 1629. il negocio, che si confirma sin adesso nel medesimo stato : solo aggiungerô che vedendo io tanta instabilità et diversità de parère fra questi ministri e temendo qualque mutatione per il sforzo che farebbe lembassator de Francia, pensé risolverme de domandar al Rey che mi desse en scritto tutto quello che S. M. mi haveva detto de bocca sua propia il che finalmente non senza molta difficulta ho ottenuto, scrito con ordine et a nome del Rey, ma parlando in persona del gran tresoriero et firmato de sua mano, de che mando a V. Ex.* la copia in zyffera, non parendomi raggione de arrisigar el originale con un corriero che potrebbe esser svaliggiato in qualque parte ; basta che io lo tengo en mano e ben vero ch'el Rey non ha voluto meterlo cosi chiaro in scrito come me lo dice di bocca, pur si V. Ex.'' considerarà ben il senso délie parolle, che in apparenza apportano qualque ambiguità, trovarà la sostanza esser la medessima, de che mi rimetto alla sagacita y prudenza de V. Ex.* Desidera pero S. M. d'haver qualque risposta sopra questo, inanci la partenza del signor Cotinton, per che venga piu particolarmente instrutto, sendo la sua intentione de venire solamente in Espana per far questa paz, anticipata sopra la promessa di S. M. cattolica, che potendo o non potendo persuader et indurre TEmperador et il duque de Baviera alla restitutione del Palatinato rendera in ogni caso il Re d'Inglaterra le piazze che tiene en il Palatinato, al fine de la conferenza che si tendra a Madrid, colla intervencione de gli embaxatori del Emperador e del Duque de Baviera, nella che resta determinata per il primo de Agosto, secondo il stilo vechio, ma secondo il stilo novo sara il dezimo. Potria esser, pero, che vinesse differito per la tardanza de la risposta de Espana, come il Rey de Inglaterra me ha detto quale non potra tratenersi il signor Cotinton como lui et il gran tresoriero mi dicono ; il quali mi hanno promesso de scrivere a V. Ex.* Mi disse pero il Re de Inglaterra il ii de Giulio ch'io dovessi avisar V. Ex.* che lui si confide nella generosità sua e discretione piu di quello farebbe col Cardinal de Richeliu, al quale no darebbe giamai un tal papello in mano per che lo communicharebbe subito alla parte contraria per farne il suo profitto, che questa sua propositione deve in tutti modi esser tenuta secretissima per ogni, verso de che se ri mette alla prudenza e buon giudicio de V. Ex.* Certo e che quando S. M. cattolica si risolvesse a far la paz sopra questo piede, saria neçessario che le condicioni

sopradette fosero concertate secretamente senza publicarle, per non aajuiUet 1629,

offendere Timperator et il Duque de Baviera. Mi disse di piu il Re de

Inglaterra ch'el embaxator de Francia non si era lasciato ancora intendere

particolarmente sopra gli punti principali délia sua commissione, per che

il principal suggieto délia sua seconda audienza fu sopra le cose de

Alemania, et che gli haveva dato comissary per tratar con essi ; che

pero la sua negociacione quai ella si fosse non impedirebbe giamai alcun

punto contenuto in questa scrittura : mi protestô ancora di non haver

avuto alcuna parte nella pace fatta fra il Re de Francia et Hugonotti

et che non credeva che questa dovesse alterar de niente il nostro negocio.

Yo gli dissi che V. Ex/ mi aveva assicurato colla sua lettera de ii de

Giunio, de la quai lettera io diedi subito che Thebbi parte al medesimo

Subise, la provisione per lasistenza de Subissa et che io Thaveva in

pronto. Mi rispose d'haverlo inteso et che per lobligo che haveva a

quel partito stimava molto questa pronteza e buona volunta de S. M.

catolica, ben che lor stessi si erano resi incapaci di questo et ogni altro

sussidio. Non si presta fede qui aquel articulo délia sudetta pace che

si debbono demolire tutte le fortificationi nove e vechie de tutte le citta

e piazze de gli Hugonoti : ma che Tresmes, Montauban e Chartres

resteranno nel modo che sono fortificate adesso in mano de gli Ugonotti,

per la lor sicurtà. Io non me stendo sopra le particolarita de questa

pace sapendo V. Ex.* esser meglio e piu tosto avisata di me per il

signor Marchese di Mirabel et altri che sono vicini. Strano e che

monsignor de Soubise non ha alcun aviso del ducca de Rohan, suo

fratello, de questo accordo, nel quale si dice lui esser compreso et che

havera in Hollanda il regimento de monsignor de Haulterive, fratello

de questo ambasciator Chasteauneuf. Yo non ho scrito ad alcun altro

che a V. Ex.* ne fato menttione de questo papelo, havendo mi prohibito

il Re de Inglaterra di darne parte al senor Barozzi agente di Savoya,

et per questa causa io non ardisco di mentionnarlo tanpoco nella mia

lettera al abate Scaglia, il quale perô non bisogna mettere in dififidenza,

ma bastarà communicarli la sostanza senza parlar del papelo de che

mi rimetto pero alla prudenza de V. Ex.* che non ha de bisogna d alcun

mio povero consiglio ; alla quale humilmente bacciando gli piedi mi

raccomando in gracia come se desidera de vivere et morire.

23 juillet 1629. Di vostra Excellenza devotissimo et humilissimo servitore,

PlETRO PaUOLO RuBENS.

Di Londra il 22 de Giulio 1629.

Questo Re parti colla Reyna il 11 de Giulio de Groenytz a far il suo Annuo progresso, nel quale se discostara poco di Londra et ritornara sia pochi giorni a Gruenytz et una o doi volte a Londra.

A cette lettre était joint le billet suivant :

Non posso lasciar de dire. a V. Ex.* che Tambasciator de Francia disse publicamente che il Re suo signor non haveva alcuna question sua particolare col Re de Spagna ma solo per Tinteresso et protettione de gli suoi confederati che sono il Papa, la Signoria de Venecia, il Ducca de Mantua et il Ducca de Savoya.

Intendo che gli fa ogni gran sforzo per impedire landata del signor Cotinton yn Spagna et che sopra questo negocio scretamente col gran tresoriero, il quale mi haveva promesso insieme col signor 8i (i) di mandarmi hoggi le lor lettere a V. Ex.% ma non essendo comparse sino adesso non mi ha parso necessario per questo detener il dispaccio potendosi mandare colla prossima occasione che sara fra otto giorni.

Copie aux Archives de Simancas.

Publié par Cruzada Villaamil, op. cit. p. 182, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. 278.

TRADUCTION

RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ

Excellence.

J'espère que Votre Excellence aura reçu toutes mes lettres écrites de Londres le 1 5 et le 3o juin, le premier et le 6 juillet, par lesquelles elle aura été complètement informée de tout ce que je pouvais dire touchant la négociation qui, jusqu'à ce moment, est restée dans le même état. J'ajouterai seulement que, voyant l'instabilité et la variation dans les idées des ministres et craignant quelque changement par suite des efforts que ferait l'ambassadeur de France, je me décidai à demander au roi de me donner par écrit tout ce que Sa

(i) Cottington.

Majesté m'avait dit oralement, ce que j'ai enfin obtenu non sans beaucoup de 22 juillet 1629.

difficultés. La pièce est faite par ordre et au nom du roi, mais c'est le

grand-trésorier qui l'a rédigée et signée de sa main. Je vous en envoie une

copie chiffrée, ne voulant pas risquer de confier l'original à un courrier qui

pourrait être dévalisé en route ; il suffit que je l'aie en main. Il est vrai que

le roi n'a pas voulu s'exprimer aussi clairement par écrit qu'il l'a fait oralement

quand il m'a parlé ; mais, si Votre Excellence veut bien faire attention au

sens des paroles, qui en apparence présentent quelqu'ambiguité, il trouvera

qu'en substance les deux versions sont pareilles. Je m'en remets pour en juger

à la sagacité et à la prudence de Votre Excellence. Sa Majesté désire avoir

quelque réponse, avant le départ de Cottington, pour que celui-ci emporte des

instructions plus précises. Le seul motif de son départ pour l'Espagne est de

conclure la paix; et on escompte ici la promesse du roi d'Espagne par laquelle

celui-ci s'est engagé, qu'il puisse ou ne puisse pas persuader et amener l'empereur

et le duc de Bavière à restituer le Palatinat, à rendre en tout cas au roi

d'Angleterre les places qu'il détient dans le Palatinat, à la fin de la Conférence

qui se tiendra à Madrid, avec l'intervention des ambassadeurs de l'empereur

et du duc de Bavière. Le départ de Cottington resté fixé au prernier août

selon le vieux style, mais selon le nouveau ce sera le dix ; cependant il se

pourrait qu'il fût retardé par la réponse attendue d'Espagne, comme le roi

d'Angleterre me l'a dit. Cette attente ne pourra pas empêcher Sir Cottington

de partir, comme lui-même et le grand-trésorier me l'ont dit. Ceux-ci m'ont

promis d'écrire à Votre Excellence. Le 11 juillet, le roi d'Angleterre m'a dit

que je devais informer Votre Excellence qu'il se confie à votre générosité et

à votre discrétion plus qu'il ne le ferait pour le cardinal de Richelieu, auquel

jamais il ne remettrait pareil document, parce qu'il le communiquerait aussitôt

à la partie adverse pour en faire son profit ; il a ajouté que sa proposition

devait en tout cas être tenue entièrement secrète, et qu'à cet effet il s'en

remettait à la prudence et à la sagesse de Votre Excellence. Il est certain

que si Sa Majesté Catholique se résolvait à faire la paix sur ce pied, il serait

nécessaire que les conditions susdites fussent discutées secrètement sans les

livrer à la publicité pour ne pas offenser l'empereur et le duc de Bavière.

Le roi d'Angleterre me dit en outre que l'ambassadeur de France ne s'était

pas encore prononcé spécialement sur les points principaux de sa commission,

parce que le principal sujet de sa seconde audience étaient les affaires

d'Allemagne et que lui avait nommé des commissaires pour traiter avec eux,

mais que de son côté nulle négociation ne changerait jamais rien à aucun

des points contenus dans sa déclaration écrite. Il protesta encore que d'aucune

façon il n'avait eu la main dans la paix faite par le roi de France avec les

32 juillet 1629. Huguenots et qu'il croyait que celle-ci ne devait influencer en rien sur notre négociation. Je lui dis que Votre Excellence m'avait garanti par sa lettre du II juin, dont j'ai fait part à M. Soubise aussitôt que je l'eus reçue, le subside accordé à M. Soubise et que j'avais ce subside à ma disposition. Il me répondit qu'il le savait et que par l'obligation qu'il en devait il prisait très haut cette promptitude et cette bienveillance de Sa Majesté Catholique, quoique lui-même fût resté incapable d'accorder ce subside ou quelqu'autre. On n'ajoute pas foi ici à cet article de la susdite paix aux termes duquel toutes les fortifications anciennes ou nouvelles de toutes les villes et places fortes des Huguenots devraient être démolies, mais que trois d'entre elles, Tresmes, Montauban et Chartres resteraient fortifiées comme elles sont maintenant entre les mains des Huguenots pour garantir leur sécurité. Je ne m'étends pas sur les particularités de cette paix, sachant que Votre Excellence est plus complètement et plus tôt informée par le marquis de Mirabel et d'autres qui sont plus rapprochés, que par moi. Il est étrange que Monsieur de Soubise n'a aucun avis du duc de Rohan, son frère, sur cet accord, dans lequel, dit-on, il est compris et puisqu'il commandera en Hollande le régiment de Monsieur de Hauterive, le frère de l'Ambassadeur Chasteauneuf. Je n'ai écrit à personne d'autre qu'à Votre Excellence ni fait mention de ce document, le roi d'Angleterre m'ayant défendu d'en donner connaissance à Monsieur Barozzi, l'agent de Savoie; c'est pourquoi je ne me permets point de le mentionner dans ma lettre à l'abbé de Scaglia. Il est vrai qu'il ne faut pas susciter la défiance de celui-ci, mais qu'il suffira de lui communiquer la substance des propositions sans lui communiquer le document. Sur ce point, je m'en remets à la prudence de Votre Excellence qui n'a pas besoin de mon pauvre conseil. Je lui baise humblement les pieds et me recommande à sa bonne grâce dans laquelle je je désire vivre et mourir.

De Votre Excellence le très dévoué et très humble serviteur Londres, le 22 juillet 1629. Pierre-Paul Rubens.

Le roi et la reine sont partis de Greenwich le 11 juillet pour faire leur tournée annuelle, au cours de laquelle ils s'éloigneront peu de Londres et retourneront dans quelques jours à Greenwich et rentreront une ou deux fois à Londres.

A cette lettre était joint le billet suivant :

Je ne veux pas omettre de dire à Votre Excellence que l'ambassadeur de France a dit publiquement que le roi, son maître, n'avait aucune affaire particulière à traiter avec le roi d'Espagne, si ce n'est dans l'intérêt et pour la protection de ses confédérés qui sont le pape, la Seigneurie de Ve^iise, le duc de Mantoue et le duc de Savoie.

J'apprends qu'il fait tous ses efforts pour empêcher le voyage de Sir 22 juillet 1629. Cottington en Espagne et que là-dessus il négocie avec le grand-trésorier, qui m'a promis ainsi que Sir Cottington de m'envoyer aujourd'hui ses lettres à Votre Excellence, mais, comme ils n'ont pas encore donné de leurs nouvelles, il ne m'a pas paru nécessaire pour cela de détenir la dépêche, que je pourrai vous envoyer à la première occasion, qui sera endéans les huit jours.

L'écrit remis par Weston au nom du roi Charles a été publié plus haut sous la date du i3 juillet et à la page 108.

DCXIII

La Junta que se haze en el Aposento del Conde-Duque, sobre las materias 24 juillet 1629. de Inglaterra, en Madrid a 24 de Julio de 162g. Con las cartas que ha escrito al Conde Duque Pedro Pablo Rubens.

Senor.

Como V. M'^ fue servido de mandarlo se juntaron con el Conde Duque en su aposento el Marques de los Balbases, el Conde de Onate, el Padre Confesor Don Juan de Villela y el Marques de Leganes y vieron las inclusas cartas de Pedro Pablo Rubens para el Conde Duque de San Lucar, en que da quenta de lo que se offrecia en la materia de conciertos con Inglaterra y lo que en razon desto havia passado con aquel Rey y sus ministros y se voto como se signe.

El marques de los Balbases, que el Conde Duque responda a Rubens como V, M^ ha dado orden a su Alteza para que déclare la persona que abra de yr por Embaxador de V. M^ al Rey de Inglaterra y que en sabiendo que aya partido Continton para venir aca, partira tambien la dicha persona para Inglaterra, que V. M^ en conformidad de lo que dessea el Rey de la Gran Bretana hara officios con el Emperador y Duque de Baviera para que embien persona aqui a asistir al Tratado que se abra de hazer, que Rubens en llegando la persona que embia V, M'^ despues de haverle dado quenta de todo lo que ha passado con aquel Rey y con sus miuistros se podra bolver y dar a su Alteza de la Senora Infanta relaçion de todo.

El Conde Duque de San Lucar, que se conforma con el Marques de los Balbases, en lo que se ha de escrivir a Rubens remitiendose a lo que se le ha escrito ultimamente, advirtiendole que no diga alla que ha escrito en lo que le propusieron de que embiasen aca personas El Emperador y Baviera, pues esto lo remitieron al despacho que ha de venir y parecele al Conde

34 juillet lôag. que se remitan al Marques de Aytona y Conde de Castro las propuestas de Priaus y Richilieu y las cartas de Rubens todas para que digan al Emperador y al Duque de Baviera que es necessario tomar en estas cossas medio para que se acomoden sin que sea todo el dano nuestro y la guerra entera llueva sobre nosotros, y que de una manera o de otra es menester ajustar la liga del Imperio no pudiendo V, M'^ sobre llevar tantas guerras y con tantos enemigos por las causas solas del Imperio, governandose en este punto con Baviera conforme alla les parexiere mejor pues conocen el umor y lo que mas le ha de mober, y entiendan si querran embiar aqui personas con comission, pero sin preguntarlo formalmente hasta que se vea en lo que para lo de Inglaterra solo con el motibo que daran para esto la misma carta de Rubens y estar atentos a lo que ellos mismos diran, o insinuaràn, y podria se les dezir que quiza el Rey de Inglaterra se contentara con solo aquellas plazas que dicho Rey entrego )'' que no se puede negar tomado en todo rigor que el negarles esto como se les niega siempre las da aparente causa de sentimiento contra nosotros particularmente y nosotros no se lo podemos concéder, por que si tomasen pie alli ingleses séria perjudicialisimo y que assi conviene atajarlo todo y que el Emperador y el Duque de Baviera se dispongan a ver en que forma podriamos juntos salir destos empreflos y guerras, pues qualquiera cossa se puede hazer por salir deste negocio de una vez, y dexarle en estado que se puedan quietar los parciales del Palatino, remitiendo el negocio al Marques de Aytona para governalle como le pareciere para que todas estas gueras no nos caygan a cuestas.

El Conde de Oftate, que se conforma con lo que viene votado afladiendo que en lo que se escriviere a Rubens se le de alguna mas esperanza de que en los tratados que aqui huviere hara V. M. conocer al Rey de la Gran Bretafta quan desinteresadamente trata este negocio de su parte y los buenos officios que ha hecho y hara con el Emperador aquien principalmente toca este negocio por lo quai V. M. hasta saber su voluntad, y que en el tratado que aqui se tuviere se vea la intencion del Emperador y del Imperio no puede ablar en esto con la claridad y précision que El Rey y sus ministros piden, esto a fin de que el Rey se resuelba a embiar aca su Embaxador sin que Rubens difficulté ni facilite la materia, sino ordenenandole que se contenga en los limites precisos de lo que El Conde Duque le respondiere.

Al Emperador por medio de los Embaxadores de V. M^ se le de noticia muy particular de lo que escrive Rubens y de lo que V. M^ agora le manda responder, representando a su M** cess* que V. M** ha oydo las platicas de acomodamiento con el Rey de Inglaterra que ha propuesto aqui un Embaxador del Duque de Saboya sabiendo las que Francia trae con aquella

Gorona en perjiucio de la cassa de Austria, y desseando si fuesse possible que 34 juillet 1629.

il Emperador y V. M^ tengan en esta occasion este enemigo menos y introducir

este tratado para asentar las cosas si es possible y concluir la paz y sino lo

fuere que de comun acuerdo con su M"^ Cess* Duque *de Baviera y liga

catolica se de forma para proseguir la guerra como conviene, y que en

sabiendo que El Rey de Inglaterra embia a esta Corte embaxador le embie

Su M^ Cess* o comisiones âl ordinario con instruciones particulares para

tratar de la paz, y si esta no se concluyere ajustar la forma de continuar

la guerra y porque sino viene el Embaxador esta sera cierta convendra que

su M^ Cess"" en qualquier casso embie comissiones para conceitar la forma de

proseguirla por via de union liga, o en la forma que su M*^ Cess"* con acuerdo

del Duque de Baviera y liga catolica hablare partidos mas convinientes, que

con acuerdo de su M** Cess*" acompafiando el aviso que le embiare al Duque

de Baviera se le vaya a dar Jaques Bruneau en nombre de V. M'^ de todo

proponiendole lo mismo que al Emperador y pidiendole embie persona instruida

suficientemente para que de comun acuerdo se puedan ajustar estas cossas

per via de composicion, o se de forma como proseguir la guerra y si El

Duque de Baviera difficultare el embiar persona publica a esto, se la puede

dar intencion que la embie sécréta, representandole que V. M^ no pasara de

buena gana con este tratado adelante sin saber en el la opinion y voluntad

del Duque no solo por el interes que en el tiene su casa, sino tambien por

lo mucho que V. M, estima su valor y prudencia, y tambien porque si la

paz no se concluiese y se huviese de llegar à la guerra es conviniente y

necesario que esta se disponga y se haga de comun acuerdo.

El Padre Confesor, que a Rubens se le apruebe lo que ha tratado con el Re)^ de Inglaterra y le pareçe que en particular si se ofreciese la platica del casamiento del Palatino con los de Baviera, como de su parte se los podria representar por possible y conviniente y en lo que toca a franquendal le podria ablar en la misma conformidad, offreciendose la platica, pero ablando como de suyo.

Conformase con el Conde Duque cerca de escrivir a los Embaxadores de Alemania remitiendolo todo a su discrecion conforme el tiempo y las ocasîones lo pidieren.

Tambien se conforma en que se escriva a la Sefiora Infante que déclara la yda de Don Carlos Coloma a Inglaterra en la forme que va votado.

Don Juan de Villela que se conforma con el Conde Duque y con el Marques de los Balbases, y que se podria representar al Emperador y al Duque de Baviera que queriende céder V. M^ la parte que tiene del Palatinato cl Rey de Inglaterra hara liga offensiba y deffensiba con V. M^ cossa que

24 juillet 1629. estava tambien a V. M^ y sus regnos, y que estos beneficios los dexa V. M^ por El Emperador que alla vean lo que en esto se les offreçe.

El Marques de Leganes que se conforma con el Marques de los Balbases y lo anadido por el Conde Duque, y que tiene por conviniente que se escriba a Rubens este atento a procurar diestramente atrasar la negociacion del Embaxador de francia, y de hazer en esto quanto se pueda.

V. M<^ lo mandara ver y provar lo que mas convenga a su servicio. En Madrid a 24 de Julio 1629.

Va con solo mi senal por mas brevedad = Hay una rubrica.

Al maigen hay el decielo sigt*^ :

« A Alemana se escrive como pareze y se embien las cartas de Rubens que conviniere y embiense los motibos y consideraciones de los votos del Conde Duque y Conde de Onate y de los demas diziendo al Marques de Aytona y Conde de Castro que goviernen este negocio conforme les pareziere a los que tienen conocimiento mas individual del Duque de Babiera en que sera gran voto et de Bruneo que sera el instrumento mejor para tratar con el Duque despues que se huviere acordado lo que se huviere de tratar empezando le todo por el Emperador y sus ministros y diziendo al Marques que mi fin es que esta guerra no me caiga aquestas solo y para paz y para guerra siendo siempre conveniente dilatar la guerra pareze que séria buen medio que embiassen comisarios aqui si Ingalaterra embia Embaxador. A Rubens escriba el Conde Duque que me remito a lo que se le escrivio con el otro despacho y que deziendo el que no ha dado quenta desto despacho que aora ha llegado no tiene que responder mas de las generalidades y lo que se le escrivio ultimamente y que se espéra que el Emperador y el Duque de Babiera embiaran personas aqui, partido que sea de Ingaleterra el Embaxador que han seîialado para acha y como a mi Tia se le he avisado que embie a Don Carlos Coloma luego que haya partido Cotinton y llegado Don Carlos se podra venir Rubens el quai ira avisando siempre de todo quanto entendiere alli mientras se distuviere en Londres y a mi Tia quanto supiere offreze Francia contra el Emperador y Babiera para que lo avise a los Embaxadores de Alemana = Hay una rubrica ==.

Archivo gênerai de Simancas. Secretaria de Estado. Leg. N° 2043, f" 36.

TRADUCTION. 24 juillet 1629.

Compte-rendu du Conseil d'État qui s'est tenu à Madrid le 24 juillet 1629 dans les appartements du Comte-duc concernant les affaires d'Angleterre. Avec les lettres que Pierre- Paul Rubens a écrites au Comte-duc.

Stre.

Comme il a plu à V. M. d'ordonner, le Conseil d'État s'est tenu dans les appartements du Comte-duc où se réunirent avec lui le marquis de los Balbases, le comte de Oftate, le père confesseur don Juan de Villela et le marquis de Léganès. Ils prirent connaissance des lettres ci-jointes de Pierre-Paul Rubens adressées au comte-duc de San Lucar, dans lesquelles il rend compte de ce qui est arrivé par rapport à l'entente avec l'Angleterre et ce qui dans cette négociation s'est passé entre le monarque de ce pays et ses ministres et ils ont opiné comme suit :

Le marquis de los Balbases est d'avis que le Comte réponde à Rubens, comme V. M. a donné ordre à Son Altesse, qu'elle aura à désigner la personne qui se rendra comme ambassadeur de V. M. auprès du Roi d'xAngleterre et lorsqu'elle aura entendu que Cottington est parti pour Madrid, cette personne partira aussi pour l'Angleterre. En outre il est d'avis que V. M., conformément au désir du roi de la Grande Bretagne, interviendra auprès de l'empereur et du duc de Bavière pour qu'ils envoient quelqu'un à Madrid pour assister à la conclusion du traité qui devra se faire. A l'arrivée de la personne qu'envoie V. M. et, après lui avoir rendu compte de tout ce qui s'est passé entre lui, ce monarque et ses ministres, Rubens pourra retourner et rendre compte de tout à son x\ltesse Madame l'Infante.

Le Comte-duc de San Lucar dit qu'il se conforme à l'avis du marquis de los Balbases sur ce qu'il y a lieu d'écrire à Rubens; il s'en rapporte à ce qui lui a été écrit en dernier lieu ; on le préviendra de ne pas parler à Londres de ce qu'il a écrit touchant la proposition de faire envoyer ici des délégués par l'empereur et par le duc de Bavière, attendu qu'on lui a ordonné de se conformer à la dépêche qui suivra. Le comte-duc est d'avis de remettre au marquis d'Aytona et au comte de Castro les propositions de Préaux et de Richelieu ainsi que toutes les lettres de Rubens, afin qu'ils disent à l'empereur et au duc de Bavière qu'il est nécessaire de prendre dans ces affaires des mesures pour qu'ils se mettent d'accord sans que tout le dommage en retombe sur nous et pour que nous n'ayons pas seuls à supporter la guerre; en outre, que de l'une manière ou de l'autre il est nécessaire de régler la ligue de l'empire, puisque V. M. ne saurait seule faire des guerres si nombreuses contre tant

24 juillet 1629. d'ennemis pour des causes qui intéressent l'empire seul et il désire que Tempereur s'arrange sur ce point avec la Bavière, conformément à ce qui leur paraît le plus avantageux. Puisqu'ils connaissent la disposition d'esprit et les motifs qui pourraient en outre les faire agir, ils décideront s'ils veulent envoyer ici des personnes commissionnées; mais on ne le leur demandera pas formellement avant qu'on ne voie clair en ce qui concerne l'Angleterre. Ils ne feront valoir que les raisons données dans ladite lettre de Rubens et ils feront attention à ce qu'ils diront et insinueront, et on .pourrait leur dire que peut-être le roi d'Angleterre se contenterait uniquement des places qu'il nous a livrées et que prise en toute rigueur on ne peut rejeter cette proposition, parce qu'en lui refusant ces villes ce serait comme si on l'avait toujours rejetée et ce serait donner une cause apparente d'animosité particulièrement contre nous. Nous ne pouvons consentir à cela, parce que si les Anglais prenaient pied là, ce serait fort préjudiciable. Il faut empêcher tout cela et il convient que l'empereur et le duc de Bavière tâchent de voir de quelle manière nous pouvons tous ensemble sortir de ces embarras et de ces guerres, car on doit faire quelque chose afin de sortir d'un coup de ces difficultés et pour les terminer d'une manière qui pourrait apaiser les différends du Palatinat en remettant la négociation au marquis d'Aytona pour qu'il la mène à sa convenance, afin que toutes ces guerres ne nous tombent sur le dos.

Le comte de Onate dit qu'il se conforme à l'opinion qui vient d'être émise, ajoutant que dans la lettre qui sera écrite à Rubens il faut donner un peu plus d'espoir dans les traités qui seraient faits ici. Votre Majesté fera savoir au Roi de la Grande Bretagne avec quel désintéressement il traite cette affaire et les bons offices qu'il lui a rendus et rendra encore auprès de l'empereur qui est le principal intéressé dans cette affaire. Aussi longtemps que Votre Majesté ne connaît pas la volonté et l'intention de l'empereur et de l'empire touchant ce traité, il ne peut parler avec la clarté et la précision que le Roi et ses ministres désirent; c'est pour cela que le roi doit se résoudre à envoyer là-bas son ambassadeur sans que Rubens facilite la chose ou la rende plus difficile; il faut seulement lui donner l'ordre de se tenir dans les limites précises que le comte- duc lui prescrira.

Que, par l'entremise des ambassadeurs, V. M. veuille donner à l'empereur notification toute particulière de ce que Rubens écrit et de ce qu'aujourd'hui Votre Majesté lui ordonne de répondre, en représentant à S. M. Impériale que V. M. a appris les négociations concernant un accommodement avec le Roi d'Angleterre qu'a proposées ici un ambassadeur du duc de Savoie et qu'il connaît celles dont la France s'occupe avec ladite Couronne au préjudice de la maison d'Autriche. Votre Majesté fera connaître son désir que, s'il est possible, l'empereur et V. M. aient dans cette occurence cet ennemi en moins

et que ce traité soit conclu pour s'entendre sur cette affaire, si c'est possible, et 24 juillet 1629.

pour conclure la paix. Faute de quoi, on ferait en sorte que, de commun accord

avec S. M. Impériale, le duc de Bavière et la ligue catholique, on se mette

en état de continuer la guerre comme il convient. Il faut encore que Sa

Majesté impériale, sachant que le roi d'Angleterre envoie à cette Cour un

ambassadeur, en envoie un autre ou qu'elle donne des instructions particulières

à son représentant ordinaire pour traiter de la paix. Dans le cas où elle ne

se conclurait pas, il faudrait s'entendre sur la façon dont la guerre se

continuerait et, comme celle-ci serait certaine si l'ambassadeur n'arrivait pas, il

conviendra que S. M. Impériale envoie en tout cas des pouvoirs pour concerter

de quelle manière la guerre se continuerait par le moyen d'une union, d'une

ligue ou de la façon que S. M. Impériale, de concert avec le duc de Bavière

et la ligue catholique, déclareront être la plus convenable. D'accord avec S. M.

Impériale et en même temps que l'avis qui en sera donné au duc de Bavière,

on enverrait à celui-ci Jacques Bruneau, au nom de V. M., pour lui proposer

entièrement la même chose qu'à l'Empereur et pour lui demander d'envoyer

une personne pourvue de pouvoirs suffisants afin de régler ces affaires de

commun accord par voie d'arrangement ou pour s'entendre sur la manière, de

continuer la guerre. Si le duc de Bavière s'oppose à envoyer une personne

officielle, on peut lui suggérer d'envoyer un agent secret. Il faut faire ressortir

que Votre Majesté ne s'engagera pas volontiers dans ce traité sans connaître

la volonté et l'opinion du Duc, non seulement à cause de l'intérêt que Sa

Maison a dans cette affaire, mais encore à cause du grand prix que Votre

Majesté attache à la valeur et à la prudence du Duc, et parce que si la paix

ne se conclut pas et qu'on en arrive à la guerre, elle doit être préparée

et conduite de commun accord.

Le Père confesseur dit qu'il approuve ce que Rubens a négocié avec le roi d'Angleterre et il lui semble surtout que, si l'on venait à toucher la question du mariage entre la fille du Palatin et le frère du duc de Bavière, Rubens pourrait le représenter comme possible et convenable. Quant à la question de Frankenthal, il pourrait en parler dans le même sens, si l'on venait à en parler, mais toujours comme s'il n'exprimait qu'une opinion personnelle.

Il se rallie à l'opinion du Comte-duc d'écrire aux ambassadeurs d'Allemagne. Il s'en remet entièrement à sa discrétion quant au temps et aux circonstances qui l'exigeront.

Il se rallie également à l'idée d'écrire à l'Infante qu'elle annonce le départ pour l'Angleterre de don Carlos Coloma dans la forme recommandée.

Don Juan de Villela déclare se conformer à l'opinion du Comte-duc et du Marquis de los Balbases et croit que l'on pourrait remontrer à l'empereur

24 juillet 1629. et au duc de Bavière que Votre Majesté désirant céder la partie du Palatinat qu'elle occupe, le roi d'Angleterre conclura avec Votre Majesté une ligue offensive et défensive, chose qui serait favorable à Votre Majesté et à ses pays ; on ajouterait que Votre Majesté se désiste de ces avantages par considération pour l'empereur, qui peut voir ainsi quels sacrifices on lui fait.

Le marquis de Léganès dit qu'il se rallie à l'opinion du marquis de los Balbases et à ce que le Comte-duc y a ajouté. Il croit convenable d'écrire à Rubens de faire le possible pour traîner en longueur, d'une manière habile, les négociations de l'ambassadeur de France et de faire dans cette affaire tout ce qui sera possible.

V. M. ordonnera de voir et d'essayer ce qui conviendra le mieux à son service.

Revêtu de ma seule signature pour plus de concision. Il y a un paraphe.

Madrid, le 24 juillet 1629.

En marge se trouve le décret suivant :

Écrire à l'Allemagne comme il a été décidé et envoyer les lettres de Rubens qu'il conviendra ; envoyer aussi les motifs et les considérations des votes du comte-duc, du comte d'Onate et des autres, en recommandant au marquis d'Aytona et au comte de Castro de conduire cette affaire comme il semble le plus favorable à ceux qui connaissent plus personnellement le duc de Bavière, dont l'avis sera le plus important, et dire que Bruneau sera le meilleur instrument pour traiter avec le duc, après qu'on sera tombé d'accord sur les points à traiter. Il faudra commencer le tout par l'empereur et ses ministres et dire au marquis d'Aytona que mon désir est que cette guerre ne tombe pas sur mes seules épaules et que tant pour la paix que pour la guerre, vu qu'il convient toujours de différer celle-ci, il me semble que le mieux serait que l'Allemagne envoie des commissaires, si l'Angleterre nous envoie un ambassadeur.

Que le comte-duc écrive à Rubens que je m'en remets à ce qui lui a été écrit dans la dépêche précédente et que puisqu'il dit qu'il n'a pas rendu compte de cette dépêche qui lui est parvenue, aujourd'hui, il ne peut se prononcer davantage sur les questions générales ni sur ce qui lui a été écrit dernièrement; le comte-duc ajoutera que l'on espère que l'empereur et le duc de Bavière enverront ici des agents dès que l'ambassadeur d'Angleterre désigné pour venir ici sera parti ; comme il en a été avisé par ma Tante, don Carlos Coloma sera envoyé dès que Cottington sera parti et dès que don Carlos sera arrivé, Rubens pourra revenenir. Celui-ci donnera toujours avis de tout ce qu'il entendra pendant son séjour à Londres. Il écrira à ma Tante tout ce qu'il saura au sujet de ce que la France offre son amitié contre l'empereur et le duc de Bavière pour qu'elle en avise les ambassadeurs d'Allemagne.

DCXIV

Copia de junta sobre lo que contienen dos cartas de la Infanta y Pedro 24 juillet 1639. de San Juan acerca de la negociacion de Rubens en Inglaterra. Madrid 24 Julio 1629.

Sefior.

Los de la Junta que tratan de las materias que tocan a la paz de Inglatera han visto como V. M. fue servido de mandailo las très inclusas cartas, una de la senora Infante en que dize el estado en que le aviso Rubens que dava el tratado de conciertos con aquel Rey que en suma es dessear que se restituya al Palatino con effecto su estado. (i) Otra avisos que embia Pedro de San Juan de Inglaterra en que se dize que corria con espaciô alli esta materia. (2) Otra de Jaques Bruneau que da quenta que el duque de Baviera le havia dicho que Francia y Inglaterra estan de acuerdo de hazer restituir al Palatino sus estados con exercito poderoso (3) y se voto en todo corne se signe.

El Marques de los Balbases que ha entendido que el Re de Inglaterra havia nombrado a Continton para venir aqui, y le parece que se puede escrivir a su Alteza que siendo cierto este nombramiento déclare que por la parte de V. M. yra alla Don Carlos Coloma al quai podra su Alteza encaminar quando sepa que Cotinton aya partido para aca y no antes.

En lo que toca a las pretenciones de restituir al Palatino, cosa clara es que no lo puede hacer V. M. sin consentimiento del emperador y del Duque de Baviera, y assi abra difficultad en concertar esto con Inglaterra, pero con todo eso no se pierde nada, que pasen adelante las platicas, pues mientras la negociacion esta en pie alguna vez se abre camino por donde no se ha pensado, pero bien sera- yr con recato de no darles esperanzas en lo del Palatino, pero pasarse siempre con palabras générales en lo que toca a este punto.

El conde de Onate y D. Juan de Villela, que se remiten a lo que han votado acerca desta materia en otra consulta de la datta desta.

El marques de Selbes que el particular de la paz de inglaterra conforme a lo que escrive su Alteza le aviza Rubens juzga el Marques que ha alterado mucho la resolucion que tenian tomada en Inglaterra y agora parece la altéra

(i) Lettre du 10 juillet 1629.

{2] Lettre du i5 juin 1629.

l3) Lettre non retrouvée.

24 juillet 1629. con la novedad de la restitucion del Palatinato. La dilacion d'esté négocie, el ruin estado en que se han puesto despues aca con los sucesos que ha tenido el Rey de francia en lombardia, el estado en que se halla Bolduque ha afloxado esta causa para querer aventaxar su partido el Ingles con la quai correra hasta veer el fin desta causa, que quai fuere los movera a la conclusion de lo tratado, en que por ningun casso se deve admit ir la pretension de la restitucion y espéra en Dios que los buenos sucesos que con su ayuda han de tener las armas de V. M. en Italia y flandes los ha de obligar a venir a rrogar lo que agora pretenden ser rogados.

El Padre confesor que en lo de la paz de Inglatera le parece que no se puede atar firmemente lo que toca al Palatinado aunque no sea mas de la parte que V. M. alli possee, porque si en esto se tomase firme resolucion sin dar quenta al emperador y Duque de Baviera parece que tendrian justa razon de queja, y estando los tiempos con tantas dependencias como tienen podrian encaminar algunas cosas y desencaminar otras que a V. M. le estuviezen bien, y assi le parece convendria dar quenta al emperador y a Baviera y tambien al Rey de Inglaterra para que todos embiase sus embaxadores con plenarios poderes para poder assentar lo tocante a este punto, los quales si se conviniesen en el, convendria que V. M. no se discordase por lo que por su parte le tocase, con lo quai da bastante satisfacion a todas las partes y no quedava a ninguna délia, justa razon para poderse quejar de V. M. ni al de Inglaterra para dexar de hazer las pazes que dize dessea y pues difficulta hazer suspension de armas le parece que en esto no se hagan con el mas instancias.

El marques de Leganes, que la paz de Inglaterra sin mezclar otros particulares es efFecto que por muchas razones se deve dessear y en que se podia venir y ajustar con muy certos lances, mas haviendo de entrar en ella el ajustamiento de los negocios del Palatino y la restitucion de sus estados juzga no ser materia que puede V. M. por si solo- componerla y acabar por la parte grande que en ella tiene Su M. O por ser contra quien conspiro y ser el su senor natural sin las mezclas que ay despues en materias de estado, assi con su dicha M. C* como con el Duque de Baviera impedimentos bastantes para que no se pueda encaminar el fin desto por las manos de Rubens, sino por las de personas muy grandes y en mucho tiempo, mas con todo juzga no es bien se rompa la platica sino que se vaya caminando en ella, sino empenandoles en ella lo mas que se pueda.

El Marques de Santa Cruz que juzga que el pedir la restitucion del Palatinado es por este camino es querer dar largas al negocio de la paz que trata Rubens pues sin tocar en este articulo han tratado hasta aqui de hazer

la paz y si bien juzga que conviene que no se rompa este tratado le parece 34 juiUet 1639.

al marques que los buenos sucesos que tuvieren en Italia las armas de V. M.

seran la causa principal para que se concluya y mas si se hiziesse la tregua

con olandeses y paz en Italia con condiciones de reputacion pues los ingleses

no querran quedar solos en guerra con V. M. que mandara lo que mas fuere

servido. En Madrid a 24 de Julio de 1629.

Archivo gênerai de Simancas. Secretaria de Estado. Legajo 2043, fol. 168 à 175.

TRADUCTION

Compte-rendu du Conseil d'Etat sur le contenu de deux lettres de l'Infante et de Pedro de San Juan concernant la négociation de Rubens en Angleterre. Madrid, le 24 juillet 1629.

Sire.

Les membres du Conseil d'État qui traitent les questions touchant la paix avec l'Angleterre ont pris connaissance, conformément au désir de V. M., des trois lettres ci-jointes, l'une de Madame l'Infante, dans laquelle elle fait connaître des avis reçus de Rubens sur l'état du traité avec le roi d'Angleterre et qui tend à faire restituer au comte Palatin ses états ; la seconde contenant les avis envoyés d'Angleterre par Pedro de San Juan, dans laquelle il dit que cette affaire fait là-bas l'objet de toutes les conversations; la troisième de Jacques Bruneau avisant que le duc de Bavière lui a dit que la France et l'Angleterre sont d'accord pour faire restituer au Palatin ses états au moyen d'une puissante armée. Il a été voté là-dessus comme suit :

Le marquis de los Balbases dit avoir appris que le roi d'Angleterre avait désigné lord Cottington pour se rendre à Madrid. Il est d'avis qu'on pourrait écrire à S. A. que cette nomination étant certaine, don Carlos Coloma ira à Londres de la part de V. M. ; Son Altesse pourra lui donner ordre de partir quand elle saura que Cottington est parti pour Madrid et non avant.

En ce qui touche le désir de restituer ses états au comte Palatin, il est I évident que V. M. ne peut le faire sans le consentement de l'empereur et du

duc de Bavière, et ainsi il y aura de la difficulté à s'entendre la-dessus avec l'Angleterre. Il croit que malgré tout cela on ne perdra rien à continuer les négociations, car une fois qu'elles sont entamées, il se pourrait qu'on découvre un biais quelconque auquel on n'avait pas pensé auparavant; mais il faudra s'avancer avec prudence pour ne rien faire espérer en ce qui regarde le Palatinat et se contenter toujours de paroles générales en ce qui touche ce point.

Le comte d'Onate et Don Juan de Villela disent qu'ils s'en réfèrent à

24 juillet t629 ce qu'ils ont voté au sujet de cette affaire dans une autre réunion qui a eu lieu- aujourd'hui.

Le marquis de Selbes dit au sujet de ia paix, selon ce qu'écrit Son Altesse, d'après les informations de Rubens, qu'il estime que les intentions de l'Angleterre se sont fortement modifiées et que, à présent, les intentions se modifient de nouveau par la question de la restitution du Palatinat. Le retard subi par cette affaire, le triste état auquel nous sommes réduits par les succès que le roi de France à remportés en Lombardie, l'état dans lequel se trouve Bois-le-Duc ont diminué l'empressement de l'Angleterre à réaliser ses projets, et l'Angleterre, pour favoriser le Palatin qu'elle soutiendra jusqu'à la fin, quelle qu'elle soit, produira ses prétentions à la restitution lors de la conclusion du traité dans lequel on ne pourra d'aucune façon les admettre. Il espère que les bons succès que, avec l'aide de Dieu, les armées de V. M. remporteront en Italie et en Flandre forceront les Anglais à venir nous demander ce que maintenant ils ont la prétention que nous allions leur demander.

Le Père confesseur dit : pour ce qui regarde la paix de l'Angleterre, il lui semble que l'on ne peut pas la relier à celle du Palatinat, bien que V. M, n'y ait pas grand intérêt, parce que si on s'arrête à une résolution définitive sans en rendre compte à l'empereur et au duc de Bavière, ils auraient un juste motif de se plaindre et, puisque les temps sont tellement troublés, ils pourraient faire avancer certaines choses et en retarder d'autres qui pourraient être avantageuses à V. M. et ainsi il lui paraît qu'il conviendrait de rendre compte à l'empereur, au duc de Bavière et aussi au roi d'Angleterre pour que tous envoient leurs ambassadeurs avec pleins pouvoirs, afin de pouvoir s'entendre sur ce qui touche le Palatinat. Si ceux-ci se mettaient d'accord, il conviendrait que V. M. ne se sépare pas d'eux pour ce qui la regarde et ainsi elle donnera une satisfaction suffisante à toutes les parties et il ne restera à aucune d'elles un juste motif de se plaindre de V. M.. L'Angleterre, de son côté, ne pourra pas refuser de faire la paix qu'elle dit désirer et quant à la difficulté de conclure une suspension d'armes, il lui paraît qu'il n'y faut pas trop insister.

Le marquis de Léganès dit que la paix avec l'Angleterre sans y mêler d'autres affaires doit être désirée pour plusieurs raisons et que l'on y peut arriver de plusieurs manières certaines. Mais comme on doit y faire entrer le règlement de l'affaire du Palatin et la restitution de ses états, il juge que c'est là une affaire que V. M. ne peut pas arranger et terjuiner à elle seule à cause de la grande part que S. M. impériale y a, puisque c'est contre elle que le Palatin a conspiré et en outre parce qu'elle est le seigneur naturel du pays.

Sans parler des intrigues qui peuvent surgir en matière d'État, tant avec 24 juillet 1629.

S. M. impériale qu'avec le duc de Bavière, il y a des empêchements suffisants

pour que Ton ne puisse confier la conclusion de cette affaire aux mains de

Rubens, mais il faut la remettre à des personnes de rang plus élevé et y

consacrer plus de temps. Il juge avant tout qu'il ne conviendrait pas de rompre

cette négociation, mais qu'il faut la continuer sans s'y engager plus qu'il ne

faut.

Le marquis de Santa-Cruz dit qu'il juge que la demande de la restitution du Palatinat de cette manière est de nature à faire traîner l'affaire de la paix que traite Rubens. Jusqu'ici l'on a essayé de faire la paix sans toucher à ce point et selon lui, il convient de ne pas rompre cette négociation. Il est d'avis que les succès que remporteront les armes de S. M. en Italie seront la cause principale pour la faire conclure. Et surtout, si la trêve avec les Hollandais et la paix en Italie se concluent à des conditions honorables, les Anglais ne voudront pas faire seuls la guerre contre V. M. qui ordonnera alors ce qui lui plaira le mieux.

Madrid, le 24 juillet 1629.

DCXV RUBENS A PIERRE DUPUY. s août 1629.

Molto illîts'^' sig"" mio osser'*'^

Il veder tanta varieta de paesi e corti in si poco tempo mi sarebbe stato piu proprio et utile nella mia gioventù che nella eta présente perche il corpo sarebbe più robusto per tolerar gli disaggi délia posta e r animo colla esperienza et uso de diversissime nationi si poteria rendere idoneo per \ avenire a cose maggiori, ma adesso io consumo le forze corporali che da se vanno declinando ne mi resta tempo da cavar il frutto di tante fatiche, nisi ut, cum hoc resciero doctior moriar. Fra tanto mi vado consolando, e compensando col solo diletto de bei spettacoli che mi rappresenta la mia peregrinacione tra quali questa isola mi pare un theatro degno délia curiosita dogni galanthuomo non solo per lamenita del paese e bellezza délia nacione e splendore e nitore del culto esteriore che mi pare estremo come di un populo riccho e lussuriante in alta pace, ma ancora per la quantita incredibile di pitture

8 août 1629. eccellenti statue et inscrittioni antiche che si ritrovono in questa corte. Non faro mentione de marmoribus Arundelianis de quali V S mi diede la prima noticia e confesso che non ho visto cosa al mondo piu rara per conto d' Antiquita, quam fœdus ictum inter Smyrnenses et Magnesios cum duobus earumdem civitatum decretis et victoriis Publii Citharœdi. Mi dispiace chel Seldino al quale habbiamo ï obbligo délia publicatione e del commentario s aparté dalla contemplatione et immisçet se turbis politicis che mi pare professione tanto aliéna del nobilissimo suo genio et essattissima dottrina, che manco deve accusar la fortuna se per contumacia populare, provocando régis indignantis iram Tha gettato in una carcere con altri parlamentarij . lo penso di trattenermi qui poco con desiderio di respirar qualq. tempo in casa mia che veramente ha di bisogno délia mia presenza perche al mio ritorno di Spagna mi fermai soli tre o quattro giorni in Anversa. Ho riçevuto una lettera qui del sig'^ Peyresco del 2 di junio colla quale si lamenta molto di questa mia diversione dal dissegno chio mi haveva proposto di riveder al mio ritorno di Spagna V Italia et de camino la sua Provenza che desidero di poter fare ancor chè fosse solo per goder per qualq. giorni délia beatissima sua conversatione. Supplico V S sia servita di fargli capitare questa inclusa la quale e la prima doppo un silencio quasi di un anno intiero. Con che faccendo fine baccio a V S et al sig"" suo fratello con ogni affetto le mani et di verissimo cuore mi raccomando nella lor buona gracia.

De V. S^ Molto Illus^^^ Servitor affect""^

PlETRO PaUOLO RuBENS.

Di Londra, il 8 d'Agosto 1629.

Au bas de la première page se trouve écrit de la main de Rubens :

Monsieur du Puy.

Autographe à la Bibliothèque nationale de Paris.

Publié par E. Cachet, op. cit. p. 228, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. i85.

TRADUCTION. 8 août 1629-

RUBENS A PIERRE DUPUY

Monsieur.

Si j'avais dans ma jeunesse visité en aussi peu de temps des contrées et des cours si différentes, cela m'aurait été alors bien plus utile qu'à l'âge où je suis. Mon corps serait un peu plus robuste pour endurer les incommodités de la poste, et mon esprit, par l'expérience et la connaissance des peuples les plus divers, aurait pu se rendre capable de plus grandes choses dans l'avenir. Au lieu que mon corps consume aujourd'hui ce qui lui reste de forces, et que je n'aurai plus le temps de jouir du fruit de tant de fatigues. Je n'y aurai gagné que de pouvoir mourir plus savant.

Pourtant je me console en songeant avec délices à toutes les belles choses que j'ai rencontrées sur ma route. Cette île, par exemple, me semble un théâtre tout à fait digne de la curiosité d'un homme de goût, non seulement à cause de l'agrément du pays et de la beauté de la nation, non seulement à cause de l'apparence extérieure qui m'a paru d'une recherche extrême, et qui annonce un peuple riche et heureux au sein de la paix, mais encore par la quantité incroyable d'excellents tableaux, de statues et d'inscriptions antiques, qui se trouvent dans cette cour. Je ne vous parlerai pas des marbres d'Arundel, dont vous m'avez donné connaissance le premier. Je n'ai rien vu au monde, je le confesse, de plus rare, pour ce qui concerne l'antiquité, que le traité entre ceux de Smyrne et ceux de Magnésie, avec les décrets de ces deux cités et le récit des victoires de Publius Citharcedus. Je regrette beaucoup que Selden, à qui nous devons cette publication ainsi que le commentaire, ait abandonné l'étude pour se mêler aux dissensions politiques. C'est là une détermination qui s'accorde si peu avec la noblesse de son génie et avec ses connaissances profondes, qu'il ne doit pas en vouloir à la fortune, si dans les troubles populaires qui provoquent la colère d'un monarque indigné, elle l'a précipité • dans un cachot avec les autres membres du parlement.

Je compte séjourner ici quelque temps, malgré le désir que j'ai de pouvoir enfin respirer dans ma maison, qui a bien besoin de ma présence, car je ne me suis arrêté à Anvers que trois ou quatre jours en revenant d'Espagne. J'ai reçu de M. Peiresc, en date du 2 juin, une lettre dans laquelle il se plaint bien fort de ce que j'ai changé le projet que j'avais formé de revoir l'Italie à mon retour et de revenir par sa Provence. Je le désire bien vivement encore, ne fût-ce que pour jouir pendant quelques jours du charme de sa société.

8 août 1629. Veuillez avoir l'obligeance de lui transmettre la lettre ci-incluse; c'est la première que je lui écrive, après un silence de presque une année entière. Sur ce je termine en vous saluant affectueusement vous et votre frère et en me recommandant de tout cœur à vos bonnes grâces.

De Votre Seigneurie le très affectionné serviteur Pierre-Paul Rubens.

Londres, le 8 août 1629.

COMMENTAIRE

Selden et les marbres d'Armidel. Thomas Howard, Comte d'Arundel, fut le premier et le plus célèbre des collectionneurs de marbres antiques en Angleterre. Il passa plusieurs années sur le continent pour étudier les arts et, revenu dans sa patrie, il fut chargé par Jacques I de la direction des constructions royales. Dans le cours de ses voyages, il avait recueilli mainte œuvre d'art. Plus tard, il chargea les hommes les plus compétents d'enrichir ses collections et acquit ainsi d'inestimables trésors en peintures, dessins, pierres gravées et surtout en sculptures et inscriptions antiques. Edward Norgate, le peintre, et John Evelyn, l'érudit, firent pour lui d'heureux achats en Italie. William Petty recueillit à Paros et à Delos un grand nombre de sculptures et d'inscriptions, qui malheureusement se perdirent dans un naufrage. Néanmoins, le duc reçut en 1627 une grande quantité de marbres antiques, connus sous le nom de « Marbres d'Arundel, » qui avaient été achetés par William Petty et John Evelyn en Italie, en Grèce et en Asie Mineure, collection qu'il réunit dans sa maison à Londres et dans son jardin de Lambeth et qui comprenait Zy statues, 128 bustes, 25o marbres avec des inscriptions, sans compter les sarcophages, les autels, les fragments de diverse nature et les pierres gravées. En 1629, Jean Selden publia la description des marbres à inscriptions sous le titre de Marmora Arundeliana, sive saxa grœcè incisa^ ex venerandis priscœ Orientis gloriœ riideribus, atispiciis et impensis Thomœ, Coniitis Anmdelliœ, etc. Accedtint Inscriptwnes aliqtiot veteres. (Londini, J. Bilius, in-40).

Jean Selden naquit le 16 décembre i584, à Salvington, dans le comté de Sussex. Il publia de nombreux ouvrages d'histoire, de jurisprudence et d'archéologie anglaises et hébraïques et mérita ainsi le titre de « la Gloire de de l'Angleterre, » qui lui fut décerné par Hugo Grotius. Dans un de ses ouvrages Mare clatcsuvty il chercha à réfuter le Ma7'e liber iim du savant hollandais. Selden mourut le 3o novembre 1654. Ses œuvres complètes furent publiées en 1726 par David 'Wilkins, en 3 volumes in-folio. Selden s'occupa de politique durant une grande partie de sa vie et bon nombre de ses ouvrages y sont consacrés.

En 1618, il attaqua vigoureusement la doctrine du droit divin des dîmes. Il s août 1629. composa une dissertation sur les privilèges des barons et un traité sur les fonctions judiciaires du parlement. En février 1624, il fut élu député au parlement pour le bourg de Lancaster; plus tard, il fut élu par le Wiltshire; en 1628, il fut de nouveau élu par le comté de Lancaster. Il fit partie du comité chargé de dresser Tacte d'accusation contre le duc de Buckingham.

En 1629, il fut arrêté pour avoir défendu Tillégalité des droits de tonnage établis par le roi sans le consentement du parlement et se trouvait encore en prison quand Rubens se trouvait à Londres, comme il est dit dans la lettre suivante. En 1640, il fut élu député d'Oxford et ne cessa de jouer un rôle important à la maison des communes; mais à aucune époque de sa vie il ne justifia les regrets exprimés par Rubens et ne renonça à Tétude ; d'année en année et jusqu'aux approches de la mort, il publia des ouvrages sur des sujets divers, mais témoignant tous d'études approfondies.

Arundel ne jouit pas jusqu'à la fin de sa vie des trésors artistiques recueillis par lui. En 1642, il dut quitter sa patrie, à cause de la guerre civile qui venait d'éclater et ne put emporter que ses pierres gravées et ses tableaux qui furent transportés à Anvers ; il s'établit à Padoue où il mourut en 1646. Son fils aîné, le duc de Norfolk, hérita des marbres avec inscriptions et les laissa à son fils Henri Howard, Comte d' Arundel, plus tard sixième duc de Norfolk. En 1667, celui-ci en fit don à l'Université d'Oxford qui depuis lors les possède. Les statues tombèrent en partage au second fils d' Arundel, le comte de Stafford. Elles furent confisquées par le gouvernement de Cromwell et une partie en fut achetée par l'ambassadeur espagnol don Alonzo de Cardenas. Ce qui en resta fat vendu en 1678 lorsqu'on traça des rues à travers Arundel House et ses jardins. Les plus importantes de celles qui se trouvaient dans la maison furent achetées par le comte de Pembroke pour son château à Wilton, où elles se trouvent encore. Les statues qui ornaient les jardins furent achetées par Lord Lamster, le père du premier comte de Pomfret, pour son parc de Easton- Neston. En I755, la comtesse de Pomfret les offrit également à l'Université d'Oxford. Les pierres gravées devinrent la propriété des Marlborough et le restèrent jusqu'à la dispersion des collections de Blenheim.

Lettre de Peiresc à Riibens du 2 juin 162g. Voir plus haut (pages 52, 53) ce que Peiresc écrit à Dupuy au sujet de ce changement du projet de Rubens et voir, sous le N^ DCXVI et sous la date du 9 août 1629, la réponse de Rubens à la lettre de Peiresc. Cette dernière ne nous a pas été conservée.

DCXVI 9aoûti629. RUBENS A PEIRESC.

Molto ill''' sig"" mio osser'*'\

Se mi fosse leçito di disporre délie cose mie à mio modo et sponte mea componere curas, io gia mi sarei trovato, ô mi troverei adesso con V. S. ma non sô quai genio buono ô malo mi tira a traverso contra il filo degli mei dissegni in parti molto diverse. E ben vero ch' io riçevo qualche gusto in queste mie peregrinationi di veder tante varieta de paesi et multorum hominum mores et urbes. Certo in quest' isola io non trovo la barbarie che si presuponerebbe dal suo clima tanto remoto dalle eleganze italiche, ansi confesso che per conto di pitture excellenti délie mani de maestri délia prima classe, non ho giamai veduto una si gran massa insieme, come nella casa real et del gia ducca di Buckingam et appresso il conde d* Arundel una infinita di statue antiche et inscrittioni graeche et latine le quali V. S. havera vedute essendo publicate per Joannem Seldenum è commentate per eumdem assai dottamente secondo il valore di quel virtuoso e politissimo ingegno. Il cui trattato de Diis Syris, V. S. avéra veduto stampato di nuovo, recensitum iterum et auctius, ma io vorrei che si limitasse negli termini de la vita contemplativa sensa intricarsi nelle rumori politichi per gli quali sta preso con alcuni al tri accusati di contumacia contra il Re nel ultimo Parlamento. E qui ancora il cavaglier Cottone gran antiquario et insigne in varie scienzie et dottrine, et il secretario Bozuel (i) de quali V. S. deve haver essatta noticia ansi correspondensa con essi come r ha con tutti gli galanthuomini del mondo. Quest* ultimo mi disse gli giorni passati d'haver et mi promese di communicar il supplemento d'alcune lacune nella editione délia storia anechdota de Procopio toccante le libidini di Theodora tralasciate forse per modestia e pudore del Allemanno e ritrovate poi e cavate del M. S. nel Vaticano. Di Spagna non posso dire a V. S. gran cose benche non vi mancano huomini dotti sed plerumq. severioris Minervae & more Theologorum

fi) Dans la lettre du i5 juin 1628, le nom du secrétaire Bozuel s'écrit Bossuel (évidemment Boswell).

admodum superciliosi. Ho visto la Bibliotheca di San Lorenzo, ma 9 août 1629,

visto sola^®. E pero venuto in Fiandra un certo cavagliero chiamato

Don Francisco Bravo, il quale ha fatto cavar copia di una inftnita de

M. S. et mi ha detto a Madrit d'haver trovato piu di sessanta libri

de padri antichi non veduti ne cognosciuti per il passato, e penso che

habbia qualq. cosa sub prelo in ofificina Plantiniana. Il famosiss° filosofo

Drebbel non ho visto si non d' incontro parlandosi tre o quattrp parolle

di camino ancora per star lui fuori in campagna alquanto discosto di

Londra costui e tra quelle cose come dice il Maschiavello che di lontano

nella opinione degli huomini paiono maggiori che d' appresso, poiche

mi dicono qui non essersi veduto da lui in tanti anni altro effetto che

di quel canon optico che stando à perpendiculo aggrandisce fuori di

modo gli oggietti che se gli pongono sotto. E quel moto perpetuo nel

anello di vetro che veramente e una bagatella. Fece ancora per il

soccorso délia Rochella alcune machine et ingegni che non fecero effetto

alcuno. Pur io non voglio credere alla fama publica à pregiudicio di

un uomo tanta illus^® ma vederlo in casa sua y pratticarlo se sara

possibile familliarmente. Io non mi ricordo d'haver visto una Physionomia

piu stravagante che la sua et nescio quod admirandum in homine

pannoso elucet neque enim crassa lacerna ut solet in re tenui deridiculum

facit. Io spero di poter ben presto colla buona gracia de superiori

ritirarmi à casa mia, nella quale al mio ritorno di Madrit mi fermai

quattro giorni non intieri che richercha grandem^^ doppo una si longa

absenza la mia presenza. Non sono pero fuori di speranza di compyr

il mio voto del viaggio Italico ansi mi cresce la voglia d' hora in hora.

E protesto che se la fortuna non me Io permette non vivero ne moriro

giamai contento. E sassicuri V. S., che o nel andar o nel tornare

ma più tosto nel andare venerô a far riverenza à V. S., nella sua

benedetta Provenza. Che sara la maggior félicita che mi possa accadere

in questo mondo. Se io sapessi chel mio ritratto fosse ancora in Anversa

io Io farei ritenere per aprir la cassa et vedere se sendo stato rinchiuso

tanto tempo in una cassa senza veder V aria, non sia guasto, et si come

suole accadere agli colori freschi ingialdito di maniera che non parirà

più quello che fu. Il remedio pero, se arrivarà cosi mal trattato, sarà

di metterlo più volte al sole che sa macerare questa ridundanza del

oglio che causa questa mutanza, e si per intervalli torna ad imbrunirse

9 août 1629. bisogna di novo esporlo ai raggi solari che sono V unico antidoto contra questo morbo cardiaco. E non avendo altro per adesso bacio le mani a V. S. con ogni afifetto et di verissimo cuore mi raccommando nella sua buona gracia et in quella del gentilissimo sig. di Valavez ofiferendo ad ambiduoi Thumiliss^ servicio gli resto in eterno

Humilissimo & afifectuo™° Servit*^

PlETRO PaUOLO RuBENS.

Non posso lasciar di raccomandar ogni volta chio scrivo in clientelam il mio amiciss^ Mons'' de Pichery (i), che si loda in estremo délia gentilezza di V. S.

La sua gentilissima de 2 di giunio mi ha dato la vita.

Di Londra, il 9 d'Agosto 1629.

Au dos de la ^^^ page : L""^ de M'^ Rubeus a

M^ de Peiresc du 9 Aoust de Londres 1629.

Copie à la Bibliothèque nationale de Paris, Collection du Puy, M. S. 714. Publié par E. Cachet, op. cit. p. 232, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. 187.

TRADUCTION

RUBENS A PEIRESC

Monsieur.

S'il m'était permis de disposer mes affaires selon mon goût et d'arranger à ma guise mes occupations, il y a longtemps que je serais allé auprès de vous, ou bien j'y serais à l'heure qu'il est. Mais je ne sais quel génie bon ou mauvais, dérangeant toujours le fil de mes projets, me pousse dans des directions toutes contraires. Il est bien vrai que je goûte quelque plaisir à voir dans mon pèlerinage tant de pays variés, tant de villes et tant de peuples de mœurs différentes. Certes je suis loin de trouver dans cette île la barbarie que le climat pourrait y faire supposer, si éloignée qu'elle est de la délicieuse Italie; et il faut même l'avouer, sous le rapport de la peinture, je n'ai jamais vu nulle part une aussi grande quantité de tableaux de maîtres, que dans le palais du roi d'Angleterre et dans la galerie du feu duc de Buckingham. Le comte

(I) Mons'^ Picqiiery, parent de Rubens, était le frère de Nicolas Picquery, le futur beau-frère du peintre; il était établi à Marseille comme négociant. {Voir j)lus haut IV, pp. 353, 392, 415 .

d'Arundel possède une infinité de statues antiques et d'inscriptions grecques 9 août 1629.

et latines, que vous aurez vues, puisqu'elles se trouvent publiées par Jean

Selden et fort savamment commentées par le même auteur, ainsi qu'on avait

le droit de l'attendre de son talent si puissant et si cultivé. Vous aurez sans

doute vu son traité De Dits Syris, qu'on vient de réimprimer revu et augmenté.

Mais je voudrais bien qu'il se renfermât dans les bornes de la science, sans

aller se mêler à tous ces désordres politiques qui l'ont privé de sa liberté,

ainsi que plusieurs autres membres du parlement, accusés d'avoir offensé le roi

dans la dernière session du Parlement.

Il y a encore ici le cavalier Cotton, qui est un grand antiquaire, fort remarquable par la variété de ses connaissances, et puis le secrétaire Boswell, tous personnages que vous devez parfaitement connaître et avec lesquels vous êtes même probablement en correspondance, comme vous l'êtes avec tous les hommes distingués du monde. Ce dernier m'a fait part, ces jours passés, qu'il avait à sa disposition et qu'il me communiquerait même le supplément de plusieurs lacunes de l'histoire anecdotique de Procope touchant les débauches de Theodora, passages omis dans l'édition d'AUemannus, par modestie et par pudeur sans doute, et que l'on a retrouvés depuis et extraits d'un manuscrit du Vatican.

Je ne saurais vous dire beaucoup de choses de l'Espagne, quoique les savants n'y manquent certainement point, mais en général ils professent une doctrine trop sévère et selon l'habitude des théologiens ils sont trop maussades. J'ai vu la bibliothèque de San Lorenzo, mais je n'ai fait que la voir. Il est bien vrai qu'un chevalier, nommé Don Francisco Bravo, est venu naguères en Flandre, et qu'il a fait prendre copie d'un grand nombre de manuscrits. A Madrid, où je l'ai vu, il m'a assuré qu'il avait trouvé plus de soixante livres des anciens Pères, jusqu'ici restés inconnus. Je crois qu'il a quelque chose sous presse chez les Plantins.

Je n'ai vu le très fameux philosophe Drebbel que dans la rue, et je n'ai échangé avec lui que trois ou quatre paroles en chemin. Il est encore à la campagne, dans un endroit assez éloigné de Londres. C'est une de ces choses dont parle Machiavel, et qui dans l'opinion vulgaire paraissent beaucoup plus grandes de loin que de près. On m'assure en effet que, depuis tant d'années, il n'a produit rien d'autre que cet instrument d'optique, dont le canon est perpendiculaire, et qui agrandit démesurément les objets qu'on place au-dessous, et puis le mouvement perpétuel de l'anneau de verre, qui n'est en vérité qu'une bagatelle. Il a construit aussi pour secourir La Rochelle plusieurs machines et engins qui sont demeurés sans effet. Je ne veux pourtant point me fier à la renommée, au préjudice d'un homme aussi célèbre, mais je le

Q août 1629. verrai dans son intérieur, et je causerai familièrement avec lui, si c'est possible. Je ne me rappelle pas avoir jamais vu de physionomie plus extravagante que la sienne ; il y a dans cet homme mal vêtu et dans ses vêtements grossiers, je ne sais quoi qui vous étonne, et qui rendrait ridicule un autre que lui.

Je compte, avec la permission de mes supérieurs, pouvoir bientôt me retirer au logis, où je ne me suis pas arrêté quatre jours entiers, en revenant de Madrid. Après une si longue absence, il doit désirer ma présence bien ardemment. Je n'ai point perdu l'espoir d'accomplir mon pèlerinage en Italie; mon désir ne fait même que s'accroître d'heure en heure, et je vous assure que si la fortune ne me le permet pas, je ne saurai vivre ni mourir content. Vous pouvez être sûr qu'en allant et en revenant, mais plutôt en allant, je viendrai vous présenter mes civilités dans votre fortunée Provence, et ce sera le plus grand bonheur qui puisse m'arriver en ce monde.

Si je savais que mon portrait fût encore à Anvers, je le ferais retenir, pour qu'on ouvre la caisse, afin de voir s'il n'a point été gâté, après un aussi long espace de temps passé dans une caisse, sans être exposé à l'air, et si, comme cela arrive souvent aux couleurs fraîches, il n'a point pris un ton jaune qui lui aurait fait perdre tout son premier effet. Le remède pourtant, si cela est arrivé, ce sera de l'exposer à plusieurs reprises au soleil, dont les rayons savent réprimer cette superfîuité de l'huile qui cause ce changement, et si par moment il tourne encore au brun, il faudra de nouveau l'exposer au soleil. La chaleur, voilà le remède unique à cette grave maladie.

Et n'ayant rien d'autre pour aujourd'hui, je vous salue bien affectueusement et me recommande aux bonnes grâces de M. de Valavès et vous offre à tous deux l'expression de mon éternel dévouement.

Pierre-Paul Rubens.

Je ne puis m'empêcher toutes les fois que je vous écris, de recommander en votre patronage, mon excellent ami M. de Picquery qui se loue si fort de vos procédés à son égard.

Votre aimable lettre du 2 juin dernier m'a rempli de joie.

Londres, le 9 août 1629.

COMMENTAIRE

La présente lettre répond à celle que Peiresc adressa d'Aix à Rubens, le 2 juin 1629, et qui ne nous a pas été conservée. Nous savons seulement que Peiresc y exprimait son regret de n'avoir pas reçu la visite de son ami lorsque celui-ci retourna de Madrid dans sa patrie.

Les collections du roi d'Angleterre, du duc de Buckingham, du duc d'Arundel. 9 août 1629. Charles I devint propriétaire de la collection modeste qu'avait formée son frère aîné Henri, prince de Galles, qui mourut en 1612, avant d'avoir atteint Tâge de 19 ans. Charles n'en avait en ce moment que 12. Ce ne fut que plus tard, vers 1620, qu'il commença à collectionner des œuvres d'art. Nous avons vu plus haut (Tome II, p. 277) qu'en 1621 il possédait déjà un tableau de Rubens : Judith et Holopherne, et que Lord Danvers insistait auprès de Rubens pour qu'il en fît un second destiné à être offert au prince. Dans la même lettre, Lord Danvers atteste que ce dernier possédait en ce momenf mainte œuvre excellente des meilleurs maîtres de la chrétienté. En i623, au cours de son voyage en Espagne, Charles recueillit un grand nombre de tableaux de valeur. Philippe III lui fit don de la Vénus du Pardo, que le jeune prince avait beaucoup admirée. Peu après, il obtint de Rubens un portrait du peintre exécuté de sa propre main, et possédait des tableaux de Quentin Massijs, de Holbein, du Titien, d'Antonio Moro et d'autres. En 1628, il acheta la coUectien célèbre entre toutes du duc de Mantoue et Rubens doit avoir vu à Londres cette acquisition d'une importance exceptionnelle. Ce fut sur les conseils et par l'intervention de Rubens que le roi Charles I acheta les cartons des Actes des Apôtres de Raphaël. Rubens lui-même peignit pour lui le tableau allégorique : Minerve protégeant la Paix contre la Guerre, actuellement à la National Gallery de Londres {Œuvre de Rubens. N^ 825) et le Saint Georges dans un paysage, actuellement à Buckingham Palace [Œuvre de Rubens. N^ 435). En i635, il peignit les plafonds de Whitehall, dont probablement la commande lui fut faite par le roi lors de son séjour à Londres. Nous ne pousserons pas plus loin l'histoire de la formation de la galerie de Charles I. Tout le monde sait qu'à partir de i632 jusqu'à la fin de la vie du peintre. Van Dyck exécuta pour lui de nombreux portraits. Un livre intéressant, The Picture Gallery of Charles I par Claude Philips, donne sur l'histoire de cette galerie tous les détails désirables. Rappelons seulement qu'après la mort de l'infortuné monarque ses tableaux furent vendus par ordre du Parlement à l'exception de quelques pièces qui pouvaient servir à la décoration de Hampton Court, la résidence de Cromwell. C'est à cette décision que l'Angleterre doit la conservation du Triomphe de Jules César par Mantegna et des cartons des Actes des Apôtres par Raphaël. La vente se fit de i65o à i653. Parmi les acquéreurs de tableaux figurent en première ligne l'archiduc Léopold-Guillaume, alors gouverneur des Pays-Bas espagnols et le roi Philippe IV, qui fit acheter nombre de chefs-d'œuvre par son ambassadeur Don Alonzo de Cardenas. La collection de Charles I comprenait, en œuvres de Rubens, outre son portrait, la Paix et la Guerre et le Saint Georges dans un paysage.

9 août i62q. mentionnés plus haut, Daniel dans la fosse aux Lions, appartenant actuellement au duc de Hamilton {Œuvre de Rubens. N^ i3o).

La collection du duc de Buckingham aussi était merveilleusement riche. A la mort du duc, une partie des tableaux avaient été achetés par Charles I et par le comte de Northumberland. Ce qui en restait fut envoyé à Anvers où résidait alors le fils du duc de Buckingham et y fut vendu à son profit en 1649. Le catalogue des tableaux, figurant à cette vente, a été conservé et publié par Brian Fairfax, (Londres, 1758). II comprend entre autres 19 œuvres du Titien, 17 du Tintoret, 21 du Bassan, 2 de Jules Romain, 2 de Giorgione, i3 de Paul Veronèse, 8 de Palma, 3 du Guide, i3 de Rubens, 2 de Léonard da Vinci, 2 du Corrège, 3 de Raphaël, i d'Albert Durer, i de Michel Ange, 8 de Holbein, i de Quentin Massys, 6 d'Antonio Moro, 6 de Guillaume Key.

De Diis Syris de Selden. Le traité De Diis Syris syntagniata fut pubié par Selden en 1617 et venait d'être réimprimé en Hollande en 1627. Il fut encore réédité à Leipzig en 1662 et en 1680.

Cotton, Robert Bruce Cotton, né à Denton, le 22 janvier i570, mort à Westminster, le 6 mai i63i. Il possédait une bibliothèque riche surtout en manuscrits anciens, relatifs spécialement à l'histoire de l'Angleterre. Rubens ne se trompait pas en supposant que Peiresc connaissait le savant anglais. En effet, Gassendi, dans la Vie de Peiresc (p. 121) rapporte que celui-ci fit la connaissance de Cotton à Londres en 1606, il l'appelle inter curiosos, optimeqiie animatos conspictms. Rien ne prouve cependant que les deux savants aient entretenu une correspondance.

Boswell. Sir William Boswell. Voir plus haut p. 48. Peiresc le connaissait bien et était en correspondance avec lui.

Procope. L'édition des Anecdotes de Procope, dont il est question ici, parut à Lyon en i623 par les soins de Nie. AUemannus. Une édition subséquente plus complète parut dans la collection des historiens byzantins, à Paris, en 1662.

Bravo. Franciscus Bravo de Acuna, chevalier de Calatrava, orateur et philologue distingué. Il écrivit De Origine et Progressu ordinis Calatravensis,

Drebbel (Corneille) naquit à Alkmaar en 1572. Dans sa jeunesse, il fut l'élève du graveur Hubert Goltzius et exécuta lui-même quelques gravures. Mais, de bonne heure, il s'occupa avec prédilection de la physique et de ses applications pratiques. Il ambitionna l'honneur de toutes sortes de découvertes et d'inventions. En 1604, il se rendit en Angleterre et sut se faire accorder une pension par Jacques I, qui s'amusait de ses études et de ses rêveries. L'empereur Rudolphe II l'appela à Prague, où Drebbel se rendit, mais n'eut pas grand succès. En 1619, il revint en Angleterre ; l'année suivante, il retourna à Prague où, il assista au siège de la ville. Il revint encore en

Angleterre où il mourut en 1634. Il s'attribua plusieurs inventions : un appareil 9 août 1629.

réalisant le mouvement perpétuel, un bateau sous-marin, le microscope, le

télescope, le thermomètre et bien d'autres encore. On fit beaucoup de bruit

autour de ses découvertes vraies ou fausses, mais peu de tout cela est resté

à Tactif du personnage excentrique que Rubens rencontra à Londres. Nous

ne savons si le peintre donna suite à son projet de revoir Drebbel ; en tout

cas il n'en parle plus. Nous avons déjà traité plus au long du mouvement

perpétuel dans les commentaires sur la lettre de Rubens du 18 janvier i625,

commentaire fourni d'abord par Ch. Ruelens dans son livre P.-P. Rtibens,

Documents et Lettres, 1877, p. 33.

Le portrait de Rubens. Dès l'année 1627, Rubens avait promis son portrait peint de sa main à son ami Peiresc. Il en avait annoncé le prochain envoi, mais en partant pour Londres, l'expédition ne s'était pas encore faite. Ce ne fut qu'en juillet i63o qu'il arriva à Aix en Provence. (Voir plus haut p. i3).

DCXVII PEIRESC A DUPUY. n août 1629.

Mais pour les nouvelles M^ Valois dict que Tempereur occupe et fortifie non seulement la Valteline, mais tous les Grisons, excepté fort peu de chose, que la paix d'Italie est meshuy achevée d'exécuter, mais il y a là un gros os à ronger dans cez Grisons. Que Monseigneur le Cardinal a mandé à M'^ le Mareschal de Créquy qu au moindre advis qu'il aura de luy, il luy. envoyera sur le champ 3o mille hommes pour s'en faire à croire. Que le duc de Savoye s'est entremis fort avant par son ambassadeur, pour commancer un traicté de paix entre l'Angleterre et l'Espagne; qu'un ecclésiastique envoyé pour cet effect vers la Royne d'Angleterre par l'Infante, avec afiforce reliques, ayant sallûé le Roy d'Angleterre, estant dans un batteau pour aller salluer la Royne d'Angleterre, accompagné du dict Ambassadeur de Savoye et d'un seigneur Anglois, le batteau se renversa soubs le pont de Londres^ et ce pauvre prebstre se noya, les autres estant eschappez comme ils peurent. Mais que M'' Rubens y est allé à mesmes fins, et y est tous

iSg

II août 1629. les jours mené en carosse par le conte de Carlile, et qu'on en est venu si avant que le premier jour de ce moys il debvoit partir d'Espagne un ambassadeur et d'Angleterre un autre pour aller sur les lieux vérifier si les propositions faictes sans charge seront advouées, mais que le dict Ambassadeur d'Angleterre en Savoye disoit que si le Roy vouloit, il romproit bien tost tout ce traicté en sa naisçance. Voila des nouvelles de bien loingtain païs pour venir d'un lieu assiégé comme celuy ci et interdict comme M^ nostre Gouverneur vouldroit faire de tous secours et raffraischissements.

Ph. Tamizey de Larroque, Lettres de Peiresc aux frères Dupuy, Tome II, p. 1 57-1 58. Paris, Imprimerie Nationale, 1888.

COMMENTAIRE

Voir pour Tépisode du prêtre noyé sous le pont de Londres la lettre de Lord Dorchester à Sir Isaac Wake (page 91). Nous notons que Rubens ne se trouvait pas dans le bateau chaviré, contrairement à ce que dit Gachard {Histoire politique et diplomatique de Pierre-Paul Rubens, p. 142).

DCXVIII "^^û^^^29 PEIRESC A DE VRIES.

Monsieitr.

Au reste, je n'avois pas laissé d escripre à M. Rubens, dès que je fus adverty de son passage et des bons offices qu'il vous avoit rendus, dont je le remerciay fort affectueusement et le suppliay de continuer. Mais il ne s'est pas arresté aux Pays-Bas, à ce qu on m'a mande ; aussy n'ai-je point eu de responce de mes lettres. Mais si tost qu'il sera de retour chez luy, je m'asseure qu'il nous donnera de ses nouvelles et vous pouvez croire que je luy escripray pour vous, selon vos intentions, en sorte que vous en verrez des effects. Car je crois avoir assez de crédit sur la bonté de son naturel pour le faire agir partout

C^SAR-ALEXANDRE SCAGLIA Gravé d'après van Dyck par Paul Pontius

où je le désireray avec raison, comme sera vostre affaire, que je trouve n août 1629. très juste et très honorable et glorieuse pour luy et pour moy, puisque vous avez si bien faict et jette de la poudre aux yeux de T Envie si à propos. Quant à M^ de S* Ambroise je congnois son humeur de longue main et sçais la peine que ferez à sa confiance en faveur de Rubens.

. . . Pour Tautre proposition que vous faisiez du costé d'Espagne, vous pourriez l'essayer quelque jour, mais je ne vous en oserois pas promettre une issue fort à vostre goust, encores que, certainement, ce Roy-Jà ayme la peinture, lui qui prend la peine d'aller voir travailler M. Rubens une fois le jour; mais hors d'une prise de réputation, vous verriez qu'on vous tiendroit tost après comme une charge. Vous voulez bien que je vous en dise mon sentiment avec le bien.

De Peiresc.

D'Aix, le II Aoust 1629.

Bibliothèque de Carpentras.

Publié par M. C. Ruelens dans le Bulletin Rubens^ I, pp. 182 et 184, sous la date erronée du 4 août 1629.

DCXIX LE MARQUIS DE MIRABEL AU COMTE-DUC D^OLIVAREZ. i3ao«t,629.

Ex'*''' SeFior :

Este gentil hombre que para de Inglaterra va con tanta priesa que no e podido detenerle, y assi solo dire a V E el aver reçivido sus despachos de 25 de julio, a los quales y a los de su M^ respondere en la primera ocasion.

Por lo que he entendido de Ruvens pareze que el Embaxador de este Rey que esta en Inglaterra haze los offiçios que siempre se pueden esperar de esta gente para que aquel Rey açepte los offiçios que le haze para que entre en la liga offensiva y defensiva contra su M^ offreçiendo desde luego la rotura declarada de parte de su Amo. Tambien puede

i3 août 1629. ser que adelanten los Ingleses esto par obligar a mayor brevedad y mejores partidos en la Paz con S. M"^.

Por la relacion inclùsa veera V. E. lo tratado con el Duque de Orliens de lo quai se servira V. E. de mandarme avisar la voluntad de su M"^ que yo yre continuando la buena correspondencia, fomentando los designios del Duque segun la orden de S. M"^ que viendole aora inclinado a lo de lorena, le dexo en estos propositos conformandome con lo que Su M^ manda.

La Reyna cristianissima Infante esta con salud (a dios gracias) y en S^ Ger"" con el Rey, el Cardenal de Richiliu esta todavia en Lenguadoc que aun no sean compuesto los cosas de Montai ban.

El pliego que remito a V. E. es del Secretario Juan de Necolalde en que dara quenta a V. E. del estado que tienen las cosas de flandes espero en Dios que muy presto yran nuevas de algun buen effecto hecho por las Armas de su M"^ en lo que trae entremanos el conde Henrique, guarde Dios a V. E. como deseo de Paris a i3 de Agosto 1629.

Ex"'^ Senor besa los manos a V. E. su mayor servidor = El Marques de Mirabel = Rubrica. =

Copie. Archive gênerai de Simancas. Secretaria de Estado. Leg. 2043, p. 81.

TRADUCTION

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