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DCXXXI

i5 septembre 1629. RUBENS A GEVARTIUS.

Myn Heere I

UE. maeckt professie van my altyt te prevenieren ende te overwinnen met courtoysie, sonder te willen acht nemen op myne fauten ende cortheyt, in UE. te eeren ende dienen naer myne obligatie. Toch Godt is bekendt dat ick alleenlyck manquere in wtterlyke demonstratien, maer niet aende estime ende innerlycke devotie, die ick UE. toedraeghe ghelyck ik met der daet sal bewysen als UE. my sal eenighe occasie tôt synen dienste voorwenden daer ick seer naer ben verlangende. Ick hope dat mynen sone te minsten in dese myne obligatie tôt UE.waerts sal mynen erfghenaem wesen, ghelyck hy oock een groote part deelachtich is in

(i) Myn heer Petro Paulo Rubens is noch al in Enghelandt : hier wedergecomen zynde, sal niet laten U. L. groctenis te doen (Archives du Musée Plan tin- Moretus, Copie de lettres i625-i635, p. 93).

(2) Mons' Rubbens blijft noch in Enghelandt (Ibid. p. 99).

(3) M' Reubens ist den lesten van Engeland gekomen dot U. L. seer groeten (Ibid. p. 1161. Les minutes de lettres citées ici sont écrites de la main d*un commis; la dernière est d'une main différente de celle des autres.

UE. faveur ende sculdich is aen UE. goede instructie het beste deel i5 septembre 1629.

van hem selven. Ick sal hem te meer achten om dat UE. hem estimeert,

wyens jugement ghewichtigher is als het myne ; toch ick hebbe altyts

in hem ghemerckt seer goede wille. My is seer lief dat hy nu beter is

Godt lof ende ick bedancke UE. grootelycx voor de goede tydinghe

ende voor de eere ende consolatie, die UE. hem ghegeven heeft met

syne visites, gheduerende syn sieckte. Hy is jonck (si natura ordïnem

servet) om voor ons te gaan, Godt gheve hem leven om wel te leven,

neque enim quam diu, sed quant bene agattir fabula refert. Ick vreese

te vermaenen van het verlie^ van UE. lieve huysvrouwe, welck myn

devoir was terstont te doene, ende nu sal wesen niet anders, quam

extortum et intempestivum officium et importuna doloris tui refricatio :

cum juvanda sit potius oblivio prœteritorum quam interpellanda. Nam

si qtia solatia a philosophia speranda sunt, abunde domi tibi super est

unde petas. Ad Antoninum tuum te ablego, cujus e divite pertu, tanquam

promuscondus , amicis etiam quod distribuas habes. Unum hoc miser andum

solatii genus addam, quod in ea tempora incedimus, quibus ut expeditior

quisque sine sarcinulis ad Jiatandum ita et ad vivendum est. Ick en

wete niet wat segghen van onze publique saecken, als fatis imputare

(ne Deos et homines accusem) het verlies van Wesel ende al wat

daer wt sal volgen. De Hollanders die hebben nu ghelyck haer te

laeten duncken te wesen Populus Electus, ende aen Godt te seggen :

Nos autem poptdus tuus et oves pascuœ ttice, want het schynt te syn

eenen slach van de Goddelycke Providencie, quœ certe laborat apud

imperitos quoties bonœ causœ secus quid accidit. Ick vreese dat het

den Bosch oock niet lange meer sal connen wthouden, hoewel nog

sommighe hope hebben in de waeteren die beginnén van boven te vallen,

maer ick meyne dat dit water-volck daer 00k al in versien heeft. Ick

verlanghe seer naer myn wedercomste, toch met eenen schroom van te

comen in sulcken quaeden congiunture, maer en sal daerom niet eenen

dach dilayeren, soo haest als Don Carlos Coloma alhier sal ghearriveert

wesen, welck haest wesen sal, mits den ambassadeur die van hier moet

gaen naer Spagnien op syn vertreck staet, ende meynt binnen 14 daeghen,

ten lanchsten, de reyse aen te nemen, ende den selfden dach moet ik

eenen expressen expedieren aen Don Carlos, die stracx sal vertrecken

herwarts. Ick wete wel dat UE. grootelyck gheincommodeert is door

i5 septembre 1629. de langhc absciîtie van myn swaeger Brandt, te meer dat mynheer de

Pape oock soo ick hoore van cant is, waer door allen den last op UE^

hais meest aencompt. Ick schaeme my te seggen non ptitavi, toch het

is waer naer aile apparentie die moghelyck was te imagineren en

behoorde dese saecke niet meer als twee maenden aen te loopen, ende

ick soude hem niet gheyrne om soo luttel tyts dat resteert voor 't huys

senden, welck nochtans soude gheschieden om UE. te soulaggeren (hoewel

syn gheselschap my aenghenaem is ende syne assistencie nootsaeckelyck),

ten waere dat hy soude peryckel loopen om in de Hollanders handen

te vallen, die heel starck syn in het Canal* waer in versien wordt door

de conduicte van een desen coninckx orloogh schijp, welck om synen

persoon alleen niet en soude ghesonden worden. Daerom bidde ick UE.

believe een weynich te pacienteren, en mits UE. het meeste ghedaen

heeft om mynent willen, noch dit weynich wthouden waer voor ick my

verobligere voor my selven, als ook voor monfreer Brandt, danckbaere

te wesen, ende UE. wederom te dienen in aile andere als ook dierghelyke

occasien, blyvende voor altyts

Myn Heere

UE. gheaffectioneerde ende

verobligeerde dienaer

Petro Pauolo Rubens.

P. S. Mon frère Brandt ghebiedt hem seer in UE. goede gracie

wt ganscher harten.

Wt Londen den i5 September 1629.

Autographe à la Bibliothèque royale de Bruxelles, II, 627. Copie. Ibidem MoLS, 5786, p. 107. Idem Nelis.

Publié par E. Cachet, op. cit. p. 238, et par Ad. Rdsenberg, op. cit. p, 189. Un fragment imprimé dans Smit & van Grimbergen : Historische Levensbeschrijving van P.-P. Rubens, p. 447.

TRADUCTION

RUBENS A GEVARTIUS.

Monsieur.

Vous avez Thabitude de me prévenir toujours, et de me surpasser en courtoisie sans vouloir faire attention à mes fautes ni au peu d'empressement

que je mets à vous honorer et â vous servir comme je le devrais. Dieu sait i5 septembre 1629.

pourtant que je manque seulement à votre égard dans les démonstrations

extérieures, et que j'ai toujours pour vous la même estime et la même affection

cordiale, ainsi que je vous le prouverai par des faits, dès que vous me procurerez

pour vous servir une occasion que j'attends avec impatience. J'espère au moins

que mon fils, qui a eu aussi une grande part à vos faveurs, et qui doit à la

bonne instruction que vous lui avez donnée, la meilleure partie de lui-même,

sera mon héritier et s'acquittera de toutes mes obligations envers vous. J'aurai

pour lui d'autant plus d'estime que vous lui en montrerez davantage, car votre

jugement a plus de poids en cela que le mien. Pourtant j'ai toujours trouvé

en lui de la bonne volonté. Il m'est très agréable d'apprendre que, grâce à Dieu,

il se porte mieux maintenant, et je vous remercie infiniment de cette bonne

nouvelle, ainsi que de l'honneur et de la consolation que vous lui avez apportés

en le visitant pendant sa maladie. Il est jeune, et si la nature suit son cours,

il ne mourra pas avant nous. Dieu veuille lui accorder de vivre honorablement !

Car, comme dit la fable, il n'importe pas de vivre longtemps, mais de bien

vivre.

Je crains de vous rappeler la perte de votre chère compagne ; j'aurais dû le faire immédiatement, et maintenant ce ne sera plus autre chose qu'un devoir d'obligation très intempestif et un renouvellement importun de votre douleur, puisqu'il vaut mieux engager à oublier qu'à rappeler sans cesse le passé. Si l'on doit espérer de la philosophie quelque consolation, il vous en reste une source abondante dans votre intérieur. Je vous renvoie au riche trésor de votre Antoninus, où vous avez, en conservateur libéral, de quoi distribuer même à vos amis. Je n'ajouterai plus que ce pauvre genre de consolation, c'est que nous sommes à uije époque, où la vie n'est possible qu'en se débarrassant de tout ce qui accable, ainsi que fait le navigateur, lorsque dans la tempête il s'apprête à nager.

Je ne sais que dire à propos des affaires publiques, sinon d'imputer au destin (pour ne pas en accuser les Dieux et les hommes) la perte de Wesel et tout ce qui s'en suivra. Les Hollandais ont maintenant raison de s'imaginer être le peuple élu, et de dire à Dieu : « Nous sommes votre peuple et les brebis de votre troupeau. » Car il semble que ce soit un coup de la Providence divine, qui, en vérité, vient en aide à l'inexpérience, toutes les fois qu'il arrive malheur à une bonne cause.

Je crains que Bois-le-Duc ne puisse pas non plus tenir longtemps, bien que plusieurs aient encore espoir dans les pluies qui commencent à tomber. Je pense, quant à moi, que ce peuple aquatique aura pris ses précautions à cet égard. J'aspire beaucoup après mon retour, et je crains cependant de revenir

i5 septembre 1629. dans d'aussi mauvaises conjonctures. Néanmoins je ne resterai pas un jour de plus, aussitôt que Don Carlos Coloma sera venu ici, et ce sera bientôt, puisque l'ambassadeur qui doit partir d'ici pour l'Espagne, est sur le point de partir; il compte se mettre en route dans quinze jours au plus tard, et je dois expédier ce jour-là même un exprès à Don Carlos, qui partira immédiatement pour Londres. Je sais bien que vous êtes fortement gêné par la longue absence de mon beau-frère Brandt, d'autant plus que M. De Pape s'est aussi absenté, à ce que j'apprends, ce qui fait retomber sur vous tout le poids des affaires. J'ai honte de devoir avouer que je n'y avais pas pensé; il est vrai que, d'après toutes les apparences et d'après tout ce qu'il était possible de s'imaginer, ces affaires ne devaient pas se prolonger au delà de deux mois ; et pour le peu de temps qui restait, je n'aurais pas aimé de renvoyer mon beau-frère à la maison. Je l'aurais fait pourtant afin de vous soulager (quoique sa compagnie me soit agréable et son assistance nécessaire), s'il n'avait eu à craindre de tomber entre les mains des Hollandais, qui ont de grandes forces dans le canal; car le navire de guerre du roi d'Angleterre, qui est destiné à nous faire passer au milieu d'eux, ne mettrait pas à la voile pour lui seul. C'est pourquoi je vous prie de patienter un peu et, puisque vous avez déjà tant fait par amitié pour moi, de vouloir bien encore supporter ceci.

Je m'oblige, tant en mon nom qu'en celui de mon frère Brandt, à vous en être reconnaissant, et je vous promets de vous servir encore dans toute autre ou dans semblable occasion, restant pour toujours

Monsieur Votre affectionné et obligé serviteur Pierre-Paul Rubens.

P, S. Mon beau-frère Brandt se recommande de tout son cœur à vos bonnes grâces.

Londres, le i5 septembre 1629.

COMMENTAIRE

Mon fils. Le fils aîné de Rubens, Albert, que le père avait confié à son ami pendant ses voyages diplomatiques.

La femme de Gevartius. Gevartius avait épousé, le 14 mai lôaS, Marie Haecx de Schott.

Votre Antoninus. Gevartius s'est beaucoup occupé des écrits de Marc-Aurèle, il en laissa un commentaire : Commentaritis in M. Aurelii Antonini T&v e/ç eoLvrov lib. XII, qui n'était pas publié au moment de sa mort. J.-B. Steenberg, conseiller à la Haute Cour de Malines, qui s'était chargé de la publication, en fut empêché par la mort.

Wesel et Bois-le-Duc. Comme nous Favons vu plus haut, Wesel fut pris i5 septembre 1629. par les Hollandais le 19 août 1629; Bois-le-Duc se rendit le i3 septembre.

Brant. Henri Brant, le frère d'Isabelle Brant, accompagna Rubens dans son voyage en Angleterre. Il avait succédé, en 1622, à son père Jean Brant comme greffier de la ville d'Anvers. Il était donc le collègue de Gevartius et son absence devait allourdir la besogne de ce dernier. Il mourut le 25 mai 1634.

De Pape. Jean De Pape, nommé greffier de la ville d'Anvers en 1619.

DCXXXII RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ. ai septembre 1629.

Excellentissinio mio signore :

Ho ricevuto il 14 di questo mese il dispacçho de V. Ex.* del 23 del passato che mi ha animato grandemente al servicio de S. M. vedendo che V. Ex."" resta al quanto sodisfatta del modo che ho tenuto nella mia negoçiatione in questa corte, che non tanto si deve attribuire ad alcuna mia suffiçenza quanto alla bonta e generosa inclinacione di V. Ex.* a stimar ogni minimo altrui talento. Non mancarô di far quanto potrô per servir à suo tempo V. Ex.* nel particolar de Don Gualtero Aston, ma bisognarà che si facçia con grandissimo secreto per non offendere e truncar ogni speranza al conde Carlille, che tuttavia aspira a quel boccone, ne habbiamo altro per tenerlo in buona alena. Del resto non veggo cosa che possa impedire la cosa sudetta, si non che il detto Don Gualtero e tenuto qui in concetto d'essere de poco valore nella occasione che si tratava de diversi seggietti a questo effetto, et ho sentito dire una volta ad un gran ministro, che V. Ex.* era troppo fina per lui et sen era sempre trovato bene, potendo disporne a suo modo. Spero, perô, che per mezzo del gran tresoriero si potra negociar questo. Gli giorni passati il figliolo del sudetto Haston sposato la sua figliola, e fu da notare che la cerimonia de persone tanto eminenti si fece al uso catholico per mano de sacerdoti. Mi parve bene di veder il Re, che venne laltrhieri per un giorno solo à Londra, con dargli parte che

21 september 1629. V. Ex/ mi havcva avisato la ricevuta del papel, et aspetava ogni hora aviso (in conformita che si scrisse d'ordine di S. M., che il signor Don Francisco Cotington partirebbe il primo d'Agosto) del suo arrivo a Lisboa, de maniera che sarebbe stato una impertinenza grande di dar alcuna risposta sopra il papel, per il mio mezzo a S. M. dovendo, secondo il nostro aviso, pochi giorni dipoi giungere costi lambasciatore de S. M. et che io non aveva fatto alcuna instanza per tal risposta, come S. M. mi haveva commandato di fare, per che il detto papel mi fu consignato piu de i5 giorni doppo la speditione del coriero che portava la nominacione del Ambasciatore e del giorno prefisso ala sua partenza, che non mi pareva convenire di revocar indubbio, con qualque nova condicione non compresa nella prima advertenza, che con raggione habberebbe dato gran ombraggio e sospetto di qualque novita o repentimento a V. Ex/ Délia quai escusa, il Re restô intieramente sodisfatto et approvô che non era raggion di fare daltra maniera et mi promise di far partire il signor Cotinton fra pochi giorni, e mostrô di esser poco contento di tanta dilacione, attribuendola più tosto a particolar affari del signor Cotinton che al suo consenso, sia secondo che vado penetrando il signor gran tresoriero si trova imbarazzato con questa partenza del maggior suo assistente, et aveva da spiannar molti intrichi seco, per conto délie lor carghi che sono quasi annessi insieme. Et io, considerando le cose accadute in quel mentre, giudico che questa sua dimora sia stata non solamente utilissima ma necessaria per la conservatione del nostro negocio, il quale e stato combattu to délia parte contraria terribilmente, come dirô a V. Ex/ con maggior particolarità a parte. Successe ancora un caso gli giorni passati che mi turbo grandemente, che fu chel gran tesorero mi disse apertamente che non conveniva che Cotinton sen andasse prima che vinesse la resposta sopra il papel : et passando oltra a discorrere sopra il contenuto de quello, volse sostener con gran pertinacia che Tintentione di S. M. non era di far la paz con Espana sopra la promessa de S. M. catholica per anticipatione, ma solamente al fine délia negociatione de Madrid, et non ostante che si vedesse et essaminasse il papel in sua presenza. Et il Cotinton sentisse meco non fu altro remedio se non che il Cotinton andasse in persona a trovar il Re che stava in campagna per intendere la sua mente, il quai diede la sentenza in favor de Rubens claramente,

et si maravigliava donde fosse venuto questo dubbio in testa a quel ai septembre 1629.

suo ministro, che se era sempre mostrato bene affetto al negocio. lo

vidi allora, prima che S. M. si fosse dechiarata, il Cotinton in pena

e dubitassimo che questa novita fosse per instinto del embaxator de

Francia, che perô non fu vero, sendo certissimo che sin adesso non sia

venuto a lui alcuna noticia del papel, ma piu tosto se mosse del disgusto

ch'ebbe de vedersi privo per alcun tempo délia assistenza del Cotinton,

sopra la quale lui funda è si riposa totalmente. Ma dipoi pare che si

sia acquidtato e disposto totalmente a procurar il buon successo del

negocio, soto condicione, pero, che il Cotinton sia constretto di fermarsi

poco in Espana, come gia ho scritto a V. Ex.^, de maniera che havendo

fatto la sua proposta in conformita del papel al instante del primo suo

arrivo e non venendo accettata subito da V. Ex.*, debba liçençiarse

quanto prima e ritornar con le medesime nave che lo averebbono

levato Lisboa, le quali si dovevano lui in quel mentre a questo effeto;

a che ebbe il embajador de Francia per gagliardissimo coadiutore, che

vedendo de non poter impedire la jornada del Cotinton procurava di

guastar il negocio per la maniera di meterlo in opéra, offerendo, caso

che il Cotinton ritornasse presto, di mantener fra tanto in vigore le

offerte Rey de Francia, a che io mi sono opposto gagliardamente

protestando che questo modo tanto 1 imita to e ristretto à tempo preçiso,

era più proprio per denunçiar la guerra che a trattar pace, et che si

buttaria à perdere questo negocio per la manifattura ; et in somma,

mediante il valore e privanza del Cotinton si e ottenuto che nelle sue

instrucione si rrimeta il tempo a la sua discrecione y prudenza, con

questa clausula. che S. M. se confide in lui che procurara colla maggior

brevità che possibile sarà, senza perjuidicio del negocio, di penetrar gli

senzi et intention di Spana per disenganar S. M. quanto prima o per

concludere la paz in conformita délie condicioni gia avisate, délie quali

sara difficil cosa secondo Tistesso Cotinton mi affirma alterar niente ;

ma ben se aggiungeranno délie consequenze assai favorevoli di questo

tratto, piu particolarmente aparté come ho gia avisato a V. Ex.*

toccante di far liga con Espana contra Francia et di abandonnar

olandesi, faccendo il Re de Inglaterra un argumento fundato in ogni

raggione che ben si trova obligato in vertu délie considerationi rinovate

e ristrite maggiormente ultimamente per il Duque de Boquingam, de

21 septembre 1629. dar loFO assistenza contra sopressione di Spana : ma caso che S. M. catholica si contenta di far con essi alcun accordo in forma di tregua ô Paz, secondo Tequita e raggione e salva la lor subsistenza et che essi non vogliano accettarli con intentione in veçe délia sua conservatione far guerra ofïensiva al suo Rey, si trova sciolto e libero dogni obligo délie sudette confederacione.

Il Principe palatino si e rimesso totalmente al arbitrio di S. M. et si ha stipulato qui una summissione a S. M. cessarea nella meglior forma che si e potuto imaginare, che il Continton levarà seco. Si e Domenica ultimamente passata, che fu il i6 de Setembre, à Windisore jurata e ratificata da questo Re la pace con Francia, restando ancora d'aggiustar alcune cavillacioni de non poco momento. Il bancheto fu assai lauto, mangiando L'Ambasciatore col Re e Regina alla medesima tavola, ma in luoco assai remoto; ma fu lapparato assai ordinario senza credenza o alcun altro Real splendore. Il 17 venue nova che gli Francesi havevano preso sette navi Inglesi. Di queste sette navi scappo una molto malttratata, che ha portato questo aviso, sotto Tisola di San Cristofifano verso la Virginia, ricamente cargate, non ostante che ivi fosse gia intimata e publicata la pace fra le due corone, che çio non ostante gli francesi si siano per forza inpadroniti de quel isola. Il General de francesi se chiama monsignor de Cusacq et ha sei navi di guerre del Re et sei altri con provisioni de guerra e viveri ; la quai possideva in dono di S. M. il Conde Carleil che per çio si trova irritato de maniera contra francesi che ha quasi perduto il rispeto al Ambasciatore, videndo d'esser cosi mal ricompensato per le carezze fattegli tutto il tempo del suo seggiorno in questa corte. Si tiene questo esser fatto non a caso da parti colari, ma con dissegno et spressa commissione del Cardenal de Richelieu, che ha causato in tutti generalmente una grandissima alteracione tanto piu che venue la nova il giorno siguiente délia ratificatione délia pace. Sei giorni sono che parti il signor Barozzi, il Secretario et Agente del Ducca de Savoya in questa corte, verso Torino per la via de Brusselles, e dissimulando meco la sua ultima negociatione, volse délie mie lettere a S. A. per testimonio del suo buon zelo con che si a affaticato nella materia di questa paz, che non ho voluto recursali, havendo pero dato un poco de luce a S. A. colle mie preçedenti. Il signor Abbate Scaglia mi fa

instanza con lettere de Barcellona e Nizza de procurar che Re de ^^ septembre 163^

Inglaterra ricerchî il Duque suo signore di remandarlo in Espana quanto

prima, per intravenire al trattato con qualita et potere al pari del

Cotinton, ma il Cotinton non vuole compagno, et S. M., considerando

quanto sia diversa la mente del Duque di quello lui si persuade, non

se ne cura piu del uno che del altro, che, per esser particolar sua vertu

la constanza et eguanimita, odia et abhorrisce grandemente la qualita

contrarie ; di maniera che per le cose gia avisate a V. Ex.* questo

Duque non haveva piu credito appresso de S. M. E arrivato in questa

corte un Ambasciatore del Ducca de Nevers che si chiama il Conte

Francisco de Dondolara et e di casa Gonzaga, che deve passar ancora

in Danimarca et Suetia. Costui non porta altro che querele lamenti et

esclamocioni contra S. M. cesaria e S. M. catholica, per che il suo

signore non po per la lor collusione et violenza (come parla) ottener

rinvestitura de gli suoi stati. Il Soubise ha ratificato la sua pace col

Re di Francia in mano di questo Ambasciatore, con che finisco e bacio

a V. Ex.* con humilissima riverenza gli piedi.

Di vostra Excellenza, humillissimo servitore,

PlETRO PaUOLO RuBENS.

Di Londra il 21 di Setembre 1629.

Copie aux Archives de Simancas. Estado. heg. 2519, f. 3i. Publié par G. Cruzada Villaamil, op. cit. p. 224, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. 297.

TRADUCTION

RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ

Excellence.

J'ai reçu le 14 de ce mois la dépêche de Votre Excellence du 23 du mois passé qui m'a grandement encouragé à servir Sa Majesté en me prouvant que Votre Excellence reste jusqu'à présent satisfaite de la manière dont j'ai conduit les négociations auprès de cette Cour. Je n'attribue pas tant votre approbation à mes capacités personnelles qu'à la bonté et aux dispositions généreuses de Votre Excellence à apprécier jusqu'au moindre talent d'autrui. Je ne manquerai pas de faire tout ce qu'il me sera possible pour servir à

21 septembre 1629. l'occasion Votre Excellence, spécialement dans Taffaire de Sir Walter Haston, mais cela doit se faire dans le plus grand secret, pour ne pas blesser ou désespérer le comte Carlisle, qui aspire toujours à cette bonne aubaine et pour le tenir ainsi en haleine. D'ailleurs je ne vois pas ce qui pourrait faire manquer cette affaire, sinon que Sir Walter fût gardé ici parce qu'il ne serait pas à la hauteur dans une circonstance où tant d'intérêts divers étaient en jeu. Moi-même j'ai entendu dire un jour par un grand ministre que Votre Excellence était trop fine pour lui et que toujours elle avait eu beau jeu avec lui parce qu'elle faisait de lui à sa guise. J'espère cependant que, par l'intermédiaire du grandtrésorier, cela pourra s'arranger. Ces jours derniers, le fils de cet Haston a fiancé sa fille, et on a remarqué que la cérémonie entre tant de personnes de si haute qualité s'est célébrée selon le rite catholique et par des prêtres.

J'ai cru bien faire en allant trouver le roi qui avant-hier est venu à Londres pour une journée seulement, pour l'informer que Votre Excellence m'a accusé la réception de l'écrit et attendait à tout instant l'avis de l'arrivée de Sir Cottington à Lisbonne, conformément à ce qu'on lui avait écrit par ordre de Sa Majesté, notamment que cet ambassadeur partirait le premier août. J'ai cru que ce serait tout à fait déplacé de donner à Sa Majesté une réponse à son écrit par mon intermédiaire, lorsque peu de jours après l'ambassadeur du roi d'Espagne devait arriver ici. J'ajoutai que je n'avais nullement insisté pour obtenir cette réponse, comme Sa Majesté m'avait recommandé de faire, parce que l'écrit m'avait été remis plus de quinze jours après l'envoi du courrier qui annonçait la nomination de l'ambassadeur et le jour fixé pour son départ. Il ne me paraissait pas convenable de révoquer en doute ces nouvelles, en transmettant quelque nouvelle condition non comprise dans le premier avis, ce qui, à juste titre, aurait donné fortement ombrage à Votre Excellence et lui aurait fait soupçonner quelque changement d'avis ou quelque regret. Le roi se montra entièrement satisfait de cette explication et fut d'accord qu'il n'y avait pas de raisons pour faire autrement ; il me promit de faire partir sir Cottington dans quelques jours et se montra mécontent d'un si long retard qu'il attribua plutôt aux affaires particulières de sir Cottington qu'à son propre consentement.

D'après ce que j'en découvre, le grand-trésorier se trouve embarrassé par le départ du meilleur de ses collaborateurs et désirait terminer avec lui plusieurs affaires compliquées ressortissantes à leurs charges qui sont pour ainsi dire intimement unies l'une à l'autre.

Et moi, réfléchissant aux événements survenus dans l'intervalle, il me semble que ce retard n'a pas été seulement très utile, mais nécessaire pour la bonne marche de notre négociation, qui a été en butte à de terribles

attaques du parti adverse, comme je le dirai à Votre Excellence plus en détail 21 septembre 1629. dans une lettre particulière.

Ces jours derniers, il est encore survenu un incident qui m'a fortement troublé, c'est que le grand-trésorier me dit ouvertemement qu'il n'était pas convenable que Cottington s'en allât avant que la réponse à l'écrit ne fût arrivée ; et continuant à discourir sur le contenu de cet écrit, il soutint obstinément que l'intention de Sa Majesté n'était pas de faire la paix avec l'Espagne en se fondant sur la promesse de S. M. Catholique faite avant les pourparlers, mais seulement à la fin de la négociation de Madrid et cela nonobstant que j'avais vu et examiné l'écrit en sa présence. Et Cottington fut de mon avis qu'il n'y avait pas d'autre remède que d'aller trouver lui-même le roi qui se trouvait à la campagne pour connaître son intention. Sa Majesté se prononça ouvertement en faveur de Rubens et se demanda tout étonnée d'où ce doute pouvait venir à l'esprit de son ministre qui toujours s'était montré favorable au traité. Je vis alors avant que S. M. se fût déclarée que Cottington était fort en peine et nous soupçonnions que ce revirement est causé à l'instigation de l'ambassadeur de France ; ce qui pourtant n'était pas vrai puisqu'il est certain que jusqu'à présent celui-ci n'a pas eu la moindre connaissance de l'écrit, mais que plutôt il provient du déplaisir qu'a le grand-trésorier d'être privé po.ur quelque temps de l'assistance de Cottington sur lequel il se fondait et se reposait entièrement. Mais il paraît que depuis lors il s'est complètement apaisé et se montre disposé à contribuer à la réussite de la négociation, à condition toutefois que Cottington sera tenu de ne rester que peu de temps en Espagne, comme je l'ai déjà écrit à Votre Excellence, de manière que, après avoir fait ces propositions conformément à l'écrit, immédiatement après son arrivée, il devait prendre congé le plus tôt possible, si ses propositions venaient à ne pas être admises et partir par les mêmes navires qui l'avaient amené et qu'il aurait laissés à Lisbonne pour l'y attendre.

L'ambassadeur de France se montre son déterminé collaborateur ; voyant qu'il ne pouvait empêcher le voyage de Cottington, il fit en sorte de gâter la mission par la manière dont elle serait organisée et offrit, dans le cas où Cottington reviendrait à bref délai, de maintenir les conditions offertes par le roi de France. Je m'y suis opposé énergiquement en protestant que cette manière de limiter et de restreindre le temps des pourparlers était plus propre à déclarer la guerre qu'à traiter de la paix et qu'on s'efforçait à faire échouer la négociation par des artifices ; en somme eu égard au talent de Cottington et à la faveur dont il jouissait, j'ai obtenu que dans ses instructions la question du temps soit laissée à sa discrétion et à sa prudence avec cette

31 septembre 1629. clause que S. M. se fie à lui pour arranger l'affaire dans le plus bref délai possible, sans préjudice de la négociation et qu'il ait à pénétrer les projets et les intentions de l'Espagne pour détromper S. M. le plus tôt possible ou pour conclure la paix aux conditions déjà communiquées, auxquelles il sera difficile de changer quoi que ce soit, d'après ce que Cottington lui-même affirme. Mais de ce traité découleront des conséquences très favorables, plus spécialement, comme j'en ai déjà informé Votre Excellence, concernant l'alliance à faire avec l'Espagne contre la France et l'occasion d'abandonner les Hollandais à leur sort. Le roi d'Angleterre alléguerait comme un argument fondé en tous points qu'il se trouve bien obligé, en vertu des considérations renouvelées et résumées en grande partie et en dernier lieu par le duc de Buckingham, à assister les Hollandais contre l'oppression de l'Espagne, mais dans le cas où S. M. catholique consentirait à faire avec eux un accommodement en forme de trêve ou de paix équitable et raisonnable qui sauvegarderait leur existence et si eux ne voulaient pas l'accepter et que, au lieu de combattre pour défendre leur indépendance, ils voulaient déclarer une guerre offensive à leur roi, l'Angleterre se trouverait dégagée et libre de toute obligation envers les Provinces-Unies.

Le Prince palatin s'est soumis entièrement à l'arbitrage de S. M. et sa soumission à l'empereur a été signée ici ; elle a été rédigée dans la meilleure forme qui puisse s'imaginer et Cottington l'emportera avec lui.

Dimanche dernier, le 16 septembre, le roi a juré et ratifié à Windsor la paix avec la France ; il ne reste plus que quelques détails d'une certaine importance à arranger. Le banquet fut très somptueux, l'ambassadeur était assis à la même table que le Roi et la Reine, mais à une assez grande distance de L. M. L'apparat n'avait rien d'extraordinaire, il n'y eut ni vaisselle ni aucun autre luxe royal. Le 17 arriva la nouvelle que les Français avaient capturé sept navires anglais richement chargés ; de ces sept navires un seul, fort endommagé, parvint à échapper et à en apporter la nouvelle. Cette prise eut lieu près de l'île de Saint Christophe, du côté de la Virginie. Quoique dans ces parages la paix entre les deux couronnes eût déjà été signifiée et publiée, les Français se sont emparés de force de cette île. Le Général français s'appelle Monseigneur de Cussac, il a le commandement de six navires de guerre de la marine royale et de six autres transportant les provisions de guerre et les vivres. Cette île avait été donnnée par S. M. au comte de Carlisle, qui de cette manière se trouve tellement irrité contre les Français qu'il a été sur le point de manquer de respect à leur ambassadeur en se voyant si mal récompensé de toute l'amitié qu'il lui avait faite pendant son séjour. On croit que ceci s'est fait non pas par des particuliers et par hasard, mais

à dessein et sur Tordre exprès du Cardinal de Richelieu et le fait a causé une «i septembre 1629. dispute générale et d'autant plus vive que la nouvelle en arriva le jour après la ratification de la paix.

Il y a six jours, M. Barozzi, secrétaire et agent du duc de Savoie auprès de cette Cour, est retourné à Turin par la voie de Bruxelles et en me cachant sa dernière négociation. Il me demanda des lettres à son Altesse pour témoigner du zèle qu'il a déployé pour favoriser le traité de paix en préparation; je n'ai pas voulu les lui refuser, mais par mes lettres précédentes, j'avais mis S. A. quelque peu au courant de ce qu'il avait fait.

L'abbé Scaglia me prie par ses lettres de Barcelone et de Nice de faire en sorte que le roi d'Angleterre recommande au duc son souverain de le renvoyer en Espagne le plus tôt possible pour intervenir dans le traité avec les mêmes qualités et pouvoirs que Cottington. Mais Cottington ne veut pas de collègue et Sa Majesté, considérant combien l'esprit du duc diffère de celui de l'abbé, ne se soucie pas plus de l'un que de l'autre et, comme ses qualités à lui sont la constance et l'égalité d'âme, il hait et abhorre vivement les défauts contraires, de manière que pour les raisons que j'ai déjà fait connaître à V. E., le duc de Savoie ne jouit d'aucun crédit auprès de S. M.

Il est arrivé dans cette Cour un ambassadeur du duc de Nevers qui s'appelle le comte François de Dondolara ; il est de la maison de Gonzague et doit passer encore en Danemark et en Suède. Il ne fait entendre que des plaintes, des lamentations et des exclamations contre l'empereur et contre le roi d'Espagne, parce que par leur collusion et par leurs violences, comme il l'appelle, son maître ne parvient pas à obtenir l'investiture de ses États.

Soubise a ratifié sa paix avec le roi de France entre les mains de l'ambassadeur de ce pays.

Sur ce, je finis en baisant humblement les pieds de Votre Excellence.

De Votre Excellence le très humble serviteur, Pierre-Paul Rubens.

Londres, le 21 septembre 1629.

COMMENTAIRE

Sir Walter Haston. La mission, que Rubens était chargé de remplir concernant Sir Walter Haston, est expliquée dans le rapport de la junte du 20 août 1629. On y décida de charger Rubens d'obtenir, par des démarches secrètes, qu'au lieu de Cottington ce fût Sir Walter qui fût envoyé à Madrid. Au témoignage de Rubens, Olivarez regardait Haston comme un adversaire peu redoutable. On se rappelle que Rubens dévoila dans une de ses précédentes lettres l'intrigue

21 septembre 1629. par laquelle le comte de Carlisle espérait se faire nommer à Madrid à la place de Cottington. La nomination de Haston aurait donc causé une grande déception à Carlisle.

La paix jurée à Wifidsor. La paix jurée le 16 septembre 1629 par Charles I fut également jurée le même jour par Louis XIII à Fontainebleau, elle avait été signée le 24 avril précédent. Après la prise de La Rochelle, Charles I fut obligé d'abandonner les Huguenots à leur sort. Son intervention n'avait servi à rien, il n'y avait recueilli que défaites et honte. La France, de son côté, n'avait aucun motif pour continuer la guerre dont elle s'était tirée à son honneur.

Barozzi. Barozzi avait vécu sur un pied de la plus grande intimité avec Rubens dans les premiers temps du séjour de celui-ci à Londres. Ils se voyaient tous les jours et Rubens allait entendre tous les matins la messe dans la maison de l'envoyé du duc de Savoie, (i) On a pu remarquer que Barozzi était toujours informé de tout ce que Rubens faisait immédiatement après l'événement. Cette intimité se refroidit après le changement de politique du duc de Savoie.

Le duc de Nevers. Charles, fils de Charles II, comte de Nevers, épousa, le 24 décembre 1627, Marie, fille du duc François IV de Mantoue, et nièce du duc Vincent de Gonzague. Par suite de ce mariage, il devint duc de Mantoue. L'empereur et le duc de Savoie s'opposèrent fortement à son entrée en possession du duché. Il fut soutenu par la France qui réussit à le faire triompher. Les derniers obstacles furent levés par le traité de Quierasque conclu le 19 juin i63i.

DCXXXITI 21 septembre 1629. RUBENS AU COMTE-DUC D^OLIVAREZ.

Excellentissimo Signore :

La dilacione del Signor Cotinton e stata de gran vantaggio al négocie non solo per risistere e dissipar gli machinamenti de francesi, ma per rimeterlo in molto meglior stato di quello che fu al principio, et mi ha fatto sempre Thonore de communicar meco intrinsecamente

(i) Questo è la libertà colla quale Rubens mi parla, avendo occasione di viderci ogni giorno a causa délia messa ch*egli viene a sentire nella caméra mia. (Lettre de Barozzi au duc de Savoie du 2 juillet 1629. Citée par Gachard, op. cit. p. 168.)

tutti gli suoi concetti et servirsi ancor de gli mei. Certo que V. Ex* 21 septembre 162Q.

si deve confiar totalmente nella sua sincerita e buona fede, che non

potria essere maggiore se lui fosse consigliero di stato del Rey nuestro

senor. E jurado servidor de V. Ex* et mi assicura sopro la sainte

délia sua anima, si V. Ex* gli vorra prestar fede che questa paz se

farà con gran vantaggio del Re nostro signor e con onore e gusto de

V. Ex% perche si e ridotto il negocio a buon signo poco à poco,

rimostrando al Rey de Inglaterra pin volte di commun nostro parère,

che gli istessi Embaxator de Francia et Holanda dicono non esser

fundato in alcuna raggion verisimile di credere, chel Re nostro signor

voglia comprar una paz simplice con Inglaterra colla restituçione del

Palatinato, et si alleganno sopra cio le sequenti raggionni : che avendo

S. M. fatto la paz con Francia e sendosi accommodate le cose fra

TEmperador et il Re de Dinamarca e volendo S. M. continuar le

sue confederacioni con Holandesi, no potra servi re la paz de Espana

et Inglaterra ad altro che a rimettere il commercio tra gli sudditi délie

due corone, che tanto importa a Tuna quanto laltra ; et toccante al

Palatinato, non ostante che da principio no si pigliasse con intentione

di retenerlo et le promesse fatte di poi piu volte di renderlo, eser stata

giustificata poi la presa e retencione di quello con la guerra seguente,

mossa et intenta ta da gli istessi Inglesi sotto il titolo e pretesto del

Palatino à Espana in virtù délia quale si poteva, si non era stato gia

fatto, conquistar giustamente di novo, e colla medesima raggione e

legge de guerra ritenerlo, che perçio, considerando che nelle negocii de

stato se deve sempre per arrivar alla sua intentione conpensar quid ami

quo e far con qualque notabil vantaggio per Espana il contrapeso délia

bilancia, dritto et uguale, et poi che non manchano giustissimi scappatorii

per annular a suo tempo la paz con Francia, si doveva risolvere S. M.

a dar al Cottinton un ordine secreto di ofïerire al Re nostro signor di

far seco liga ofïensiva contra Francia, et che doveva parimente offerire

de intromettere la sua autorita con ogni equita per indurgli a Olandesi

qualque raggionevol accordo con S. M. catolica, et quando non potesse

ridurgli alla raggione, doveva obligarse S. M. abbandonarli totalmente,

o per maggior encarico de assistere il Rey nostro signore contra essi,

poiche la lor potenza et insolenza cresce de manera per mare e per

terra che se rendono formidabili a tutti Re e principi de Europa, che

ai septembre 1629 doverebbono per la sua conservatione propria conspirar ad abbasarli e sopra tutti doveva haver aprehensione délie lor forze la Ingalaterra, essendo piu vicina et opportuna alla lor inimici, e per esser gli Holandesi di gran longa superiori a lui in forze maritime, de maniera che quasi sta a lor discretione de rendersene un giorno padrone colla intelligenza de Puritani, che tutti stanno a la devocione delli HoUandesi e malissime contenti e quasi alborotati contra S. M., e fanno la maggior parte del Regno : colli quali discorsi si e avanzato tanto che il signor Cottinton assicura chelle cose passeranno bene, se farà creduto da V. Ex/ et che portarâ absoluto poder, caso che S. M. catholica non voglia far solamente la paz in superficie ma stringere col Rey de Inglaterra un nodo de vera amicitia e rendere communi gli interessi délie lor corone, di fare una liga tra Espana et Ingalaterra offensiva et defensiva contra Francia, nel modo e sotto le condicioni che il Cotinton giudicarà convenire al servicio del suo Re. E toccante le suo instrucioni non voleva S. M. particolarisarle ma solamente con una parolla raccommandarli la sua reputatione a far questa paz a la mano ; et che nel particolar de gli Holandesi non sara difficulta nissuna nel modo che si e dichiarato di sopra : et per çio mi dice il signor Cotinton che arrivando a la presenza de V. Ex.* parlara in due manere diverse, délie quali Tuna sara in qualita de Embaxator de Inglaterra et Taltra come consigliero di stato del Rey nostro signore e servitor fidelissimo de V. Ex.% et gli rimostrara claramente tutte le utilita e buone consequenze che si potra'nno sacar di questa paz e liga chel Rey suo signore desidera, si facera colla maggior strettezza et unione che possibil sia délie lor forze et animi, indissolubilmente, et al incontro farà toccar colla mano à V. Ex.* gli gran inconvenienti che nasceranno si il Rey de Ingalaterra sara contra sua voglia sforzato a congiungersi con Francia et Holandesi et il Rey de Suecia et altri Principi de Alemania, fra quale se deve computar il Duque de Baviera et in Italia y Veneciani, il Ducca de Nevers e molti altri, che non ostante che dissimulanno per adesso scopriranno a tempo, venendosi a rottura la lor mala intentione contra Espana. Che ne anco non si deve fidar piu del Duque de Savoya che de alcun altro, e soppra tutto si deve far caso che il Rey de Inglaterra tiene sospesa a gran fatica e con malevolenza de gli suoi sudditi, la unione .délie compagnie délie Indie de Ingalaterra con quelle de Holanda, le

quale unité insieme saranno potentissime et andando congiuntamente a 21 septembre 1629.

danni del Rey de Espana faranno cattevissimi effeti. Sopra diche prime

grandemente il Cardenal de Richeliu col papel che va qui giunto e

questo Embaxador de Francia non tratta quasi d'altra materia che

questa ; il quale, non havendo potuto ottenere alcuna délie cose avisate

colle mie precedenti, propone adesso una liga defensiva de Francia y

Ingalaterra solamente; ma si e representato a S. M. che questa include

insensibilemente anco la offensiva, per che, caso che venesse per le cose

de Italia o per altra cagione rottura fra Francia y Espana, sarebbe

ancora con quel pretesto la Inglaterra sforzata de venire per quella

diffesa de Francia alla offesa de Espana. E venuto a tal impudenza

questo Embaxator de Francia che per rabbia perde il rispetto devuto

a gli Re e parla de maniera che fa danno a la causa del suo signore,

e dice tutto quello che gli pare possa impedire o dififerire la jornada

del Cottinton, ben che del altro canto vuole parère de acçelerarla, et

fu per qualque suo dissigno tre giorno sono a dire al Re ch'egli haveva

avisi certissimi da Brusselas che non ostante che il Cottinton sen andasse

in Espana, non percio venerebbe in ça Don Carlos Colonna : e del

altro canto disse a la Regina che il Cottinton dififeriva maliciosamente

per intell igenza con Espana la sua partenza, per guadagnar tempo e

far perdere fra tanto le buone occasioni che se ofïeriscono.

Gli infelici successi délia guerra di Fiandra causano una insolenza insofïribile nelli animi délia fattion contraria, ma per dire il vero questo Rey ne sente una grandissima afflittione, si come ancora il gran tesoriero et il senor Cottinton sene dolgono con tutto il cuore e la nova venuta adesso de la perdita de Bolducq a causato un pianto publico de catholici, che sono infini ti in questo Regno, che veramente hanno un grandissimo zelo, ne possono dissimular il suo cordoglio essendo tanto afïettionati a Espana como se fossero vassalli di S. M. catholica ; de maniera che bisogna confortargli con sparger voze che queste perdite irritaranno il Re de Spagna de sorte que impiegara tutte le sue forze et quelle del imperatore per vindicarsene, et, poiche le cose d'Italia se vanno accommodando per via de trattato, che il marchese Spinola calara alla prima vita prosima con tutte le sue provisioni et, forze in fiandra, et il ducca de Jutlandt da parte del imperatore, et forse S. M. catholica in persona, come in minor occasioni haveva determinato di

21 septembre 1629. farc pcF il passato ; che per facilitar questo bisogna pregar il signor

Idio de felicitar il parto délia Reyna nostra signora con un ftgluol

maschio ; colle quali speranze restano al quanto appagati.

Monsieur de Montagne va in Francia per congratular a quel Re

il suo felice ritorno et di sotto mano per operar che la Duchessa de

Chevreuse sia rimissa nel suo loco in corte, e potria essere che fusse

venuto ancora a questo effetto un gentilhuomo del Ducca de Lorrcna

che con stupore dogniuno non sia portato lettere del marches Ville al

conde d'Ollande ne a Gerbier, ma viene indrissato al conde Carlille.

E non avendo piu cosa de momento bacio di novo gli piedi a V. Ex.*

et gli resto

Humilissimo servitore

Di Londra il 21 di Setembro 1629.

Autographe de Rubens aux Archives de Simancas. Estado. Leg. 2519, f. 32. Publié par Cruzada Villaamil, op. cit. p. 234, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. 3oo. Traduit en partie par Cachard, op cit. pp. 172-174.

TRADUCTION

RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ

Excelleiice,

Le retard apporté au départ de Sir Cottington a été d'un -grand avantage pour la négociation, non seulement parce qu'il a permis de résister aux machinations des Français et de les réduire à néant, mais encore pour améliorer les conditions dans lesquelles les pourparlers avaient lieu au commencement. Il m'a toujours fait l'honneur de me communiquer au grand complet tous ses projets et d'utiliser les miens.

Votre Excellence doit certainement avoir toute confiance dans la sincérité et la bonne foi de Cottington, lesquelles ne sauraient être plus grandes, s'il était conseiller du roi notre seigneur et serviteur juré de Votre Excellence. Il m'assure, sur le salut de son âme, que, si Votre Excellence veut le croire, la paix se conclura au grand avantage du roi notre seigneur et à l'honneur et satisfaction de Votre Excellence. L'affaire a été peu à peu amenée à de bons termes par les représentations qui, de notre commun avis, ont été différentes fois faites à Sa Majesté Britannique au sujet de ce que les ambassadeurs français

et Hollandais eux-mêmes disent du peu de vraisemblance qu'il y a que le roi 21 septembre 1629. notre seigneur veuille acheter une simple paix avec elle au prix de la restitution du Palatinat. Et là-dessus on a allégué les raisons suivantes : que Sa Majesté Britannique ayant traité avec la France, l'empereur et le roi de Danemark s'étant arrangés (i), et Sa Majesté voulant continuer sa confédération avec les Provinces-Unies, la paix entre l'Espagne et l'Angleterre ne pourra servir qu'au rétablissement du commerce entre les sujets des deux couronnes, lequel importe autant aux uns qu'aux autres. A l'égard du Palatinat, bien que dans le principe l'Espagne ne l'ait point pris avec l'intention de le garder, et qu'elle ait plusieurs fois promis de le rendre, on considère que la prise et la détention en ont été justifiées -depuis par la guerre que les Anglais ont faite à l'Espagne à cause et sous le prétexte du Palatinat. En vertu de ce principe, l'Espagne pourrait toujours conquérir cette contrée si elle ne l'avait déjà fait ou par la même loi de la guerre la garder si elle l'avait conquise. En conséquence, et comme dans les affaires d'Etat il faut toujours, pour parvenir à ses fins, compenser quid cum quo ; qu'il convient donc de rendre, par quelque notable avantage pour l'Espagne, le contre-poids de la balance égal, et puisque de très justes prétextes ne manqueront pas pour annuler en son temps la paix de France, Sa Majesté Britannique devrait donner à Cottington un ordre secret d'offrir au roi notre seigneur de faire avec lui une ligue offensive contre cette dernière, de lui offrir également d'employer son autorité pour induire les Hollandais à quelque accord raisonnable avec l'Espagne, et, s'ils s'y refusaient, de les abandonner entièrement, même d'aider le roi notre seigneur contre eux, puisque leur puissance par mer et par terre et leur insolence croissent de telle sorte qu'ils se rendent formidables à tous les rois et princes de l'Europe et que ceux-ci, dans l'intérêt de leur propre conservation, doivent s'entendre pour les abaisser. L'Angleterre surtout a des motifs de les craindre, étant leur plus proche voisine et la plus exposée à leurs injures, et leurs forces maritimes étant de beaucoup supérieures aux siennes, de manière qu'il dépend presque d'eux de se rendre un jour les maîtres du royaume avec l'aide des puritains, qui tous sont à leur dévotion, qui se montrent on ne peut plus mécontents du roi et, pour ainsi dire, en révolte contre lui, et qui forment la majeure partie de la nation. Ces discours ont fait une telle impression sur le roi, que Cottington ne doute pas que les choses n'aillent au mieux si Votre Excellence veut ajouter foi à ses paroles. Il sera porteur d'un pouvoir absolu (pour le cas que Sa Majesté Catholique soit disposée, non seulement à faire la paix, mais encore à former avec le roi d'Angleterre les nœuds d'une véritable amitié et à rendre

(i) Par le traité conclu à Lubeck le 12/22 mai 1629. (Du Mont, Corps diplomatique^ t. V, partie II, p. 584).

21 septembre 1629. communs les intérêts des deux États) de conclure une ligue offensive et défensive des deux couronnes contre la France de la manière et sous les conditions que Cottington croira convenir au service de son roi. Quant à ses instructions, Sa Majesté Britannique ne particularisera rien; elle se bornera à lui recommander, en un mot, le soin de sa réputation dans les conditions de la paix. En ce qui concerne les Hollandais, il n'y aura aucune difficulté à obtenir ce qui est déclaré ci-dessus.

Cottington m'a dit, à ce propos, que lorsqu'il se trouvera avec Votre Excellence, il vous parlera de deux façons différentes : Tune en qualité d'ambassadeur d'Angleterre, l'autre comme s'il était conseiller d'État du roi notre seigneur et serviteur très fidèle de Votre Excellence, D'une part, il exposera clairement à Votre Excellence tous les avantages qui se pourront retirer de cette paix et de cette ligue, si, comme le roi son maître le désire, elle se fait de manière à produire la plus étroite union possible, et une union indissoluble, des forces et des sentiments des deux souverains. De l'autre, il fera toucher au doigt à Votre Excellence les grands inconvénients qu'il y aurait à craindre si le roi d'Angleterre se voyait forcé de s'allier avec la France, les Hollandais, le roi de Suède et les princes d'Allemagne (le duc de Bavière y compris), et en Italie avec les Vénitiens, le duc de Nevers et plusieurs autres qui, quoiqu'ils la dissimulent en ce moment, découvriraient à temps leur mauvaise intention contre l'Espagne, en cas de rupture de cette couronne avec l'Angleterre. Il ne faut se fier au duc de Savoie pas plus qu'à aucun autre ; surtout il faut faire état que Sa Majesté Britannique tient en suspens, à grand'peine et au mécontentement de ses sujets, l'union des compagnies des Indes d'Angleterre avec celles de Hollande, lesquelles, si cette union venait à s'accomplir, seraient très puissantes et causeraient les plus grands dommages à la monarchie espagnole.

Tout cela contrarie vivement le Cardinal de Richelieu, ainsi que l'écrit que je joins à ma lettre, et l'ambassadeur de France ne parle pour ainsi dire pas d'autre chose. Ce dernier, n'ayant pu obtenir aucune des choses qu'il désirait et que je vous ai signalées dans mes lettres précédentes, propose à présent une ligue défensive entre la France et l'Angleterre seules. Mais on a fait observer à Sa Majesté que pareille alliance amènerait insensiblement une ligue offensive, puisque si, à cause des affaires de l'Italie ou pour une autre raison, une rupture venait à se produire entre la France et l'Espagne, dans cet arrangement l'Angleterre serait forcée pour défendre la France de prendre l'offensive contre l'Espagne. Cet ambassadeur de France en est venu à une impudence telle qu'il oublie dans sa rage le respect dû aux tètes couronnées et qu'il parle de manière à nuire à la cause même de son maître,

Il débite tout ce qui lui paraît pouvoir empêcher ou retarder le voyage de ^i septembre 1639.

Cottington, quoique, d'un autre côté, il fasse montre de vouloir hâter ce

voyage. Il y a trois jours, il alla dire au roi qu'il avait des avis certains

de Bruxelles que, Cottington allât-il en Espagne, don Carlos Coloma ne viendrait

pas à Londres. A la reine il a tenu des propos différents, lui donnant à

entendre que Cottington, malicieusement et d'accord avec le parti espagnol,

différait son départ, afin de faire perdre au roi les occasions favorables qui

pourraient se présenter pour ses intérêts.

Les insuccès de la guerre de Flandre causent une insolence insupportable dans l'esprit du parti contraire à l'Espagne. Mais, à dire vrai, le roi en est douloureusement affecté, de même que le grand trésorier et Sir Cottington qui s'en attristent de tout cœur. La nouvelle récemment arrivée de la perte de Bois-le-Duc a occasionné des regrets publics chez les Catholiques qui sont innombrables dans le royaume et ont un grand zèle pour les intérêts de leurs corréligionnaires. Ils ne peuvent cacher leur tristesse et sont aussi attachés au roi d'Espagne que, s'ils étaient les sujets de Sa Majesté Catholique. Il faudra donc les réconforter en faisant courir le bruit que ces pertes irriteront le roi d'Espagne à tel point qu'il réunira toutes ses forces et celles de l'empereur pour se venger et que, puisque les affaires d'Italie vont s'arranger par voie de traité, le marquis de Spinola tombera bientôt avec toutes ses provisions et toutes ses forces sur la Flandre, que le duc de Jutland fera de même par ordre de l'empereur, que peut-être le roi Catholique en personne se rendra sur le théâtre de la guerre, comme dans le passé il l'a déjà fait dans des occasions de moindre importance et que, pour faciliter cette résolution, il faut prier Dieu d'accorder que la Reine dans ses prochaines couches mette au monde un fils. Ces espérances suffiraient pour calmer en ce moment les esprits.

Monsieur de Montagu se rend en France pour congratuler le roi de son heureux retour et pour obtenir en secret que la duchesse de Chevreuse reprenne son rang à la Cour. Il se peut que dans la même intention un gentilhomme du duc de Lorraine soit encore venu, qui à la grande surprise de tout le monde n'était pas porteur des lettres du marquis Ville ni au comte de Hollande ni à Gerbier, mais qui était adressé directement au comte Carlisle. N'ayant plus rien d'important à vous dire, je baise de nouveau les pieds de Votre Excellence et reste

Son très humble serviteur Pierre-Paul Rubens.

Londres, le 21 septembre 1627.

21 septembre 1629. COMMENTAIRE

Monsieur de Montagu. Walter Montagu, le second fils de Henri, comte de Manchester. Il fut employé par Charles I comme agent politique en Savoie et en France. Il se convertit au catholicisme et entra au service de Louis XIV qui le nomma abbé de Pontoise et membre du Conseil de la reine-régente Anne d'Autriche.

La duchesse de Chevreuse. Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse, née en 1600, épousa, en 1617, Charles d'Albert, duc de Luynes, connétable de France; en 1621, elle contracta un second mariage avec Claude de Lorraine, duc de Chevreuse. Elle se rendit célèbre par sa beauté, ses nombreux amours et son esprit d'intrigues. Elle se fit exiler par Louis XIII et fut exceptée du nombre des exilés que le roi rappela. Elle ne revint en France qu'après la mort du Cardinal de Richelieu.

Le marquis Ville. Charles, marquis de la Vieuville, surintendant des finances de France, né à Paris vers i582, tomba en disgrâce en 1626 et fut emprisonné au château d'Amboise. Il parvint à s'échapper de sa prison treize mois après et se retira dans les pays étrangers. Il lui fut permis de rentrer en France en 1626. Il s'engagea dans les intrigues contre le Cardinal de Richelieu et, en i63i, il rejoignit Gaston d'Orléans à Bruxelles. Il fut condamné à mort en i632. Après la mort du Richelieu, il rentra en France, fut nommé duc et pair et remis à la tête des finances. Il mourut à Paris, le 2 janvier i653.

Le comte de Hollande. Henry Rich, comte de Hollande, ancien ambassadeur d'Angleterre à Paris et à La Haye.

DCXXXIV

21 septembre 1629. RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ.

Excellentissimo signore :

Il signor Don Francisco Cotington mi ha fatto scrivere alla Serenissima Infanta par aver duoi passaporti del medesimo tenore par le due navi che lo hanno de levar a Lisboa per che çiascuna abbia il suo à parte, caso che venissero per fortuna a separarsi Tuna del altra;

et ha voluto si faccia particolar mentione délie mercantie di gran valore ai septembre 1629. che si cargaranno con permission di questo Re, sopra Tuna di quelle navi et parimente mi ha incargato il sudetto signor Cotinton di supplicar a V. Ex.* de sua parte di volerlo pigliar per bene e favorirlo di concedere a lui, per gracia particolare, che queste mercantie possino esser ben ricevute, distratte e vendute in quella piazza liberamente, senza molestia alcuna toccante le merci et le persone de mercanti che potria dargli il maistro de Campo Don Fernando de Tolledo e altro ministro di S. M., eccetto che saranno obligati 2l pagar los costumbres . del Rey, come faranno prontamente, et per esser piu sicuro che questi mercanti et le lor merci che lui ha presso à su cargo et s'obliga per cautionario et rispondente de dar a V. Ex/ buon conto et intiera sodisffattione di questo suo motivo a fargli venir seco, non riçevino alcun affronto ô danno, supplica V, Ex.* sia servita di far di maniera chè al suo arrivo a Lisboa trovi la un ordine de S. M. in buona forma che le sudette mercantie si possino vendere subito con essemtione de ogni altro cargo, difficulta ô molestia che di pagar los costumbres de S. M. et che inviando quest ordine a Lisboa si mandi subito dar noticia de quello a Juan Questel, mercante inglese, perô vezino di quella citta e catolico, con che V. Ex.* obligara infinitamente il signor Cotinton, che veramente mérita questa et ogni maggior gracia di quella per se et altri a sua requisitione, per che come V. Ex.* po videre nelle lettere qui giunte gli buoni officii che fa et è per fare mediante il suo valore buon zelo e privanza col suo Re sono tali che sene deve fare grandissimo conto, particolare in questa congiuntura ; ma non occorre dirne davantaggio a V. Ex.* che sarebbe far tosto alla sua prudenza et percio finisco con far gli humilissima riverenza.

Di vostra Excellenza humilissimo servitore

PlETRO PaUOLO RuBENS.

Di Londra il 21 di Settembre 1629.

Copie aux Archives de Simancas. Estado. Leg. 25 19, f. 34. Publié par Cruzada Villaamil, op. cit. p. 244, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. 304.

21 septembre 1629. TRADUCTION,

RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ

Excellence.

Sir Francis Cottington m'a fait écrire à la Sérénissime Infante pour obtenir

deux passe-ports de même teneur pour les deux navires qui doivent faire voile

pour Lisbonne, afin que chacun ait le sien à part, pour le cas où ils viendraient

à être séparés Tun de l'autre. Il a voulu qu'il soit fait une mention particulière

des marchandises de grande valeur que l'un des deux a embarquées avec

l'autorisation du roi. Il m'a encore chargé de demander à Votre Excellence,

comme une faveur spéciale, de permettre que ces marchandises soient bien

reçues, débarquées et vendues librement dans cette ville, sans aucune des

difficultés que pourrait susciter aux marchandises et aux marchands le Maître

de Camp don Ferdinand de Tolède ou un autre ministre du roi, sauf toutefois

qu'ils seront obligés de payer les impôts du roi, ce qu'ils feront immédiatement.

Pour être certain que ces négociants et leurs marchandises que Cottington a

embarqués, et pour lesquels il s'engage par caution et garantie de rendre bon

compte et entière satisfaction à Votre Excellence des motifs qui les lui ont fait

emporter, ne souffrent ni désagrément ni dommage, il prie Votre Excellence

qu'à son arrivée à Lisbonne il trouve un ordre de Sa Majesté en due forme,

permettant à ces négociants de vendre immédiatement les susdites marchandises

sans devoir payer aucun autre impôt que les douanes du roi, sans subir aucune

difficulté ou embarras. Il vous prie encore, en envoyant cet ordre à Lisbonne,

d'en donner avis à Jean Questel, négociant anglais, mais habitant de cette ville

et catholique. Votre Excellence obligera par là infiniment Sir Cottington, qui

réellement mérite cette faveur et de plus grandes encore pour lui-même et

pour ceux en faveur desquels il pourrait les solliciter. Votre Excellence pourra

voir par les lettres jointes à la présente quels bons services il nous a rendus

et comment par son talent, son zèle et l'affection que lui porte le roi il se

fait notre médiateur, toutes choses dont il faut tenir grandement compte dans

la présente occasion. Mais il me semble inutile d'en dire davantage là-dessus

à Votre Excellence qui saura tout arranger avec sa prudence habituelle. C'est

pourquoi je finis en vous présentant mes très humbles salutations.

De votre Excellence le très humble serviteur

Pierre-Paul Rubens.

Londres, le 21 septembre 1629.

DCXXXV

RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ. 21 septembre 1629.

Excellentissinio mio signore :

E tornato in questa Corte quel Ingles chiamato Furster et ha portato un altro papel del Cardenal de Richeliu al gran tesoriero, quasi del medessimo tenore corne il passato, del quai ho dato parte a V. Ex'' a su tempo, ecetto che oltre mille invettive contra Espana va rimostrando con che facilita si potrebbe in questa congiuntura di tanti prosperi successi de gli holandesi nella Flandria e la brava resistenza del Rey di Suecia in Alemania, dar un gran golpo giungendo le lor armi e forze la Francia et Inglaterra a questa monarchia, si stringe piu particolarmente a voler impedire la jornada del Cotinton in Espana, con tanta vehemenza che rinfacera al gran tesoriero esser lui che fomenta questo negocio corne amico intrinseco del Cotinton ; esclama poi esser obligato il Rey de Francia, come interessato per il matrimonio délia sua sorella, de rimostrar al Re de Inglaterra il torto che ha a lasciarsi scappar délie mani cosi belle occasioni di rimettere à spese d altri la sua sorella e nepoti, nelli lor Stati esser insofribrile a tutti gli suoi amici e vergognoso a lui che mentre il Rey de Francia arma con ogni sforzo contra Espana e tutta TEuropa, çerca secovar il giogo délia tirannide délia casa d'Austria, lui solo, sendo piu offeso et interessato dogni altro, stia oçioso : ansi con questa ambasciata importuna del Cotinton si voglia mettere a rischio d'esser di novo burlato e schernito da spagnoli, che la sua propria jornada in Espana, riuscita a tanto suo disavantaggio e scorno lo doverebbe rendire piu savio et accorto; et ancor che si sa de certo che questo trattato non havera alcun effetto, essendo gli spanoli risolutissimi di non dargli alcuna sodisffattione ne in parte ne in tutto toccante il Palatinato, de che dice esser certamente avisato da buonissima parte. Niente di manco esser questa Ambasciata di gran pergiudicio alla causa commune ponendo gran gelosia e diffidenza a tutti gli suoi amici et confederati, et che ben si scuopre quanta volunta S. M. abbia de compiaccer a spanoli, poiche manda loro una persona appassionata e quasi naturalizata per la longa demora in quelle parti, havendo al rêves

21 septembre 1629. fatto lagravio al Re de Francia de mandargli un huomo mal affetto et che cerca in quanto a se piu tosto de movere le difficulta che aggiustarle. Ma tutti questi sono discorsi che ogni giorno si sentono dal embaxator di Francia, non solo appresso il Rey ma in publico con tutti, conformandosi in tutto col contenu to del sudetto papel, ecçetto che ci e un punto al parer mio molto notabile toccante al Duque de Babiera, il quale ofiferisce et s obliga il Rey de Francia di far entrar in liga contra casa d'Austria, et di piu assicura di star in sua mano d'indur quel Duque a restituyre al Principe Palatino o per il manco alli suoi figlioli tutto quello che delli lor stati tiene in mano ; et che lui pô assicurar ancora il Re de Inglaterra che il duque de Baviera non fara giamai tal cosa a requisitione del Emperador o del Rey de Espana, sendo disgustatissimo del uno et inimiçissimo del altro e tutto risoluto de moverli Tarmi contra, come buon patriotto in favor délia affitissima Alemana, questo e il principal soggietto di quel longissimo discorso che occupa piu di duoi piegli di carta, et il embaxator de Francia tiene il medesimo langaggio, con tal sicurta et efficacia che si deve presupporre che habbia alcun fundamento, essendo la conclusione de tutti gli suoi discorsi il supplicar S. M. di voler piu tosto riçevere de mano del Duque de Baviera (che lo tiene quasi tutto) il Palatinato ad interçessione del Rey de Francia, che domandarlo in vano al Emperador et Rey de Espana, che non hanno volunta ne potere di compiaçerlo che per una picciol parte. Essendo questo papel presentato al Rey et havendolo ben considerato non disse altro si non : « spedicasi quanto prima il Cotinton vada subito il Cottinton » : ne penso che riportaran altra risposta poiche S. M. mi disse di bocca sua propria che non si era innovato cosa alcuna in questa paz con Francia, et per çio haveva giudichato esser necessario che restassi qui per esser testimonio délie sue attioni col Embaxator de Francia, et ch'io poteva assicurar con verita gli mei padroni délia sua sincerita poiche con un sforzo tanto stremo non havevano potuto indurlo a far qualque minimo punto di quanto volevano et per quanto gli hanno ofïerto a pregiudicio de Spana e contra la promessa contenuta nel papel, de che lo ringraçiai humilmente, dicendo que si questo Atto era finito ch'io sperava che ben presto si farebbe altro tanto e d'avantaggio per conto nostro, mi rispose. Piacera

al signor Idio : con che finisco e bacio gli piedi di verisimo cuore a 21 septembre 1629. V. Ex.* et humilmente mi raccomando nella sua bona gracia.

Di vostra Excellenza humillissimo servitore

PlETRO PaUOLO RuBENS.

Di Londra il 21 di Setembre 1629.

Copie aux Archives de Simancas. Estado. Leg. 2519, f. 33. Publié par Cruzada Villaamil, op. cit. p. 246, et par Ad. Rosenbei^g, op. cit. p. 3o5.

TRADUCTION

RUBENS AU COMTE-DUC D^OLIVAREZ

Excellence.

Dans cette Cour est revenu l'Anglais nommé Furster (Furston?); il a apporté un autre écrit du Cardinal de Richelieu, adressé au grand-trésorier et à peu près du même contenu que le précédent, dont j'ai fait part à Votre Excellence dans le temps, excepté que, outre mille injures adressées à l'Espagne, il cherche encore à prouver avec quelle facilité on pourrait, dans la présente occasion, au moment des brillants succès des Hollandais en Flandre et de la brave résistance du roi de Suède en Allemagne, frapper un grand coup à l'Espagne en joignant les forces et les armées de la France et de l'Angleterre. Il s'efforce plus particulièrement d'empêcher le voyage de Cottington en Espagne et cela avec tant d'insistance qu'il reproche au grand-trésorier d'avoir arrangé cette affaire avec Cottington, qui est son ami particulier. Il proclame en outre que le roi de France, par le mariage de sa sœur, est intéressé à remontrer au roi d'Angleterre qu'il a tort de laisser échapper cette belle occasion de rétablir au dépens d'autrui sa sœur (i) et ses neveux dans leurs États, Il est en effet, dit-il, insupportable à tous ses amis et honteux pour lui que, tandis que le roi de France s'arme de toutes ses forces contre l'Espagne et que toute l'Europe l'imite afin de secouer le joug de la tyrannie de la maison d'Autriche, lui seul, qui est le plus gravement lésé et le plus intéressé, reste inactif. Par cette ambassade inopportune de Cottington, il s'expose de nouveau à être dupé et berné par les Espagnols. Son propre voyage en Espagne qui ne lui a rapporté que des désavantages et des affronts aurait dû le rendre plus clairvoyant et plus prudent. D'ailleurs on sait avec certitude que cette

(1) La comtesse palatine.

21 septembre 1629. négociation n'aura aucun effet, puisque les Espagnols sont très résolus à ne lui accorder de satisfaction en tout ou en partie touchant le Palatinat, ce dont, dit-il, il est informé de bonne part. Il n'y a pas de doute que cette ambassade ne cause un grand préjudice à la caiise commune, puisqu'elle inspirera une grande jalousie et une grande méfiance à tous ses amis et alliés, elle démontrera combien Sa Majesté est disposée à complaire aux Espagnols, puisqu'il leur envoie un homme passionné pour eux et pour ainsi dire naturalisé en Espagne par suite de son long séjour dans leur pays, tandis que, au contraire, elle fait au roi de France l'injure d'envoyer un homme mal disposé envers lui et qui cherchera autant que cela dépend de lui de susciter des difficultés plutôt que de les aplanir. Mais ce sont là des raisons que tous les jours l'ambassadeur de France fait valoir, non seulement auprès du roi, mais en public, en présence de tout le monde, en se conformant entièrement au contenu de l'écrit. Celui-ci en diffère en un seul point qui, à mon avis, est fort important et concerne le duc de Bavière. Il y est dit en effet que le roi de France offre et s'engage à faire entrer ce duc dans la ligue contre la maison d'Autriche et, de plus, il assure qu'il ne tient qu'à lui de l'amener à rendre au prince palatin ou du moins à ses fils tout ce qu'il détient de leurs États. Richelieu prétend encore qu'il peut assurer au roi d'Angleterre que le duc de Bavière ne fera jamais pareille restitution à la demande de l'empereur ou du roi d'Espagne, vu qu'il est indigné contre l'un et grand ennemi de l'autre et entièrement résolu à prendre les armes contre lui, en sa qualité de bon patriote en faveur de l'Allemagne étroitement unie. Voilà le principal sujet de ce long discours qui occupe plus de deux feuilles de papier et l'ambassadeur de France tient le même langage avec tant d'assurance et d'énergie qu'il est a supposer qu'il a quelque fondement. La conclusion de tous ces discours est de supplier Sa Majesté de recevoir plutôt par l'intercession du roi de France le Palatinat des mains du duc de Bavière, qui le détient presqu'entièrement, que de le demander en vain à l'empereur et au roi d'Espagne qui n'ont la volonté et le pouvoir que de lui en rendre une minime partie. Lorsque cet écrit fut communiqué au roi et qu'il l'eut bien parcouru, il ne dit autre chose sinon : « que Cottington se dépêche, que Cottington s'en aille à l'instant. » Je ne crois pas qu'ils obtiendront une autre réponse, Sa Majesté m'ayant affirmé personnellement que rien ne sera changé dans le traité avec la France. C'est pourquoi il a cru nécessaire que je reste ici pour être témoin de ses rapports avec l'ambassadeur de France et pour pouvoir rassurer mes patrons sur sa sincérité, puisqu'avec cet effort suprême on n'a pas pu l'amener à faire quoique ce soit de ce qu'on voulait, et que, malgré les offres qu'on lui a faites, il n'a rien consenti au préjudice de l'Espagne et contre la promesse contenue

dans son écrit. Je lui en ai humblement rendu grâces et en disant que s'il 21 septembre 1629.

avait agi ainsi, j'espérais que bientôt il se ferait encore autre chose et davantage

en notre faveur. Il me répondit : k Plaise à Dieu. » Sur ce, je baise de tout

cœur les pieds de Votre Excellence et me recommande humblement dans ses

bonnes grâces.

De Votre Excellence le très humble serviteur

Pierre-Paul Rubens.

De Londres, le 21 septembre 1629,

DCXXXVI RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ. 21 septembre 1629.

Excellentissirno Sigfior :

Certo e che il Barozzi Agente de Savoya in questa corte sta continuamente fuori seguitando il Re nel suo progresse per sollecitar la sua risolucione sopra il papel gia avisato colle mie lettere de 24 d'Agosto, che fu visto nel consiglio Real il 16 d'Agosto, il quai Barrozzi vedendo che non gli sucedeva il negocio sotto il nome del Embajador Vaquen, per via del quale desiderava il Duque de Savoya di trattar questo col Re d'Inglaterra corne cosa stipulata dal propio suo embaxador, ha presentato finalmente una lettera, la quale haveva ritenuta per Tultimo sforzo, del istesso Duque de Savoya al Rey de Inglaterra, colla quale fa grandissima instanza usando di molti raggioni e persuasioni per indurre S. M. a far questa cautione per lui al Rey de Francia, che vendendo gli Susa (come ho scritto io repeto questo per che serva de duplicato caso il primo mio aviso non fosse capitato ancora) gli dara il passo libero insieme a gli suoi excerciti per ripassar in Lombardia per il Piemonte ogni hora e tante le volte che sarà necessario per soccorrer gli suoi amiçi e confederati; in somma appare per le raggioni che allega questo Duque in quella sua lettera, secondo Topinione de questo Re e tutti gli al tri che sono intravenuti nel consiglio, che gli ha voltato la casaca e si a devenuto del tutto frances, e credami V. Ex.*" che quando al arrivo del Marques e del Abad Scalia in Italia non

eptembre 1629. avcndo potuto qui ottcncr la sua intentione mutasse di novo de partito, non haverà giamai più credito appresso questo Rey, che resta molto scandalizato de questa liggerezza e disse al Barrozzi questo esser diretamente contrario aquello che il Duque suo Padrone gli aveva sempre consiglato per il passato et a la causa del viaggio del suo Embaxador Scaglia in Espafia, et che non poteva intendere questa novita è dà notare che nel medesimo tempo Tembajador de Francia e andato a far la medesima propositione et instanza al Re con instruccioni del Cardenal de Richeliu et e stato rimesso al gran Tesoriero e non riportarà niiglior risposta ch'el altro al manco peradesso.

Il 27 d'Agosto à mezza notte arrivo un servitore del Ambasciatore inglese da Pariggi per la posta, con querelle che gli francesi trattano seco molto scrupolosamente et si mostrano disgustati de cose de poco momento, pigliando à maie che le lettere del Re fossero scritte in lingua latina et che lui havesse parlato nella sua audienza publica in lengua inglese, et che havesse nominato il suo Re non come susa communmente, il Re délia Gran Bretagna, ma il serenissimo Re, senza alcuna adjectione del suo Regno, e per cio pare questo un titulo troppo générale che si po applicar a piu Regni, e sopra questa disputa si era in Francia prorogato il giorno délia ratificatione délia pace altri sei giorni. Gli francesi continuanno ancora di pigliar le navi d'inglesi con molto danno e vilipendio de tutta questa nacione che sene risente al estremo, e perçio questa Pace non pare ancora de tutto punto sicura e durabile per molto tempo si il Rey de Inglaterra potra in alcun modo conzertarsi con Espana.

Copie aux Archives de Simancas. Estado, Leg. aSig, f, 39. Publié par G. Cruzada Villaamil, op, cit. p. 262, et par Ad. Rosexberg, op. cit. p. 307.

TRADUCTION

RUBENS AU COxMTE-DUC D'OLIVAREZ.

Excellence.

Il est certain que Barozzi, agent de Savoie dans cette Cour, est continuellement en route, suivant le roi dans son voyage pour obtenir la décision de

s. M. sur récrit que je vous ai fait connaître dans ma lettre du 24 août et 21 septembre 1629.

qui fut présenté au conseil royal le 16 août. Ce Barozzi, voyant que l'affaire

ne réussit point sous le nom de l'ambassadeur Wake, par l'intermédiaire

duquel le duc de Savoie désirait la traiter avec le roi d'Angleterre comme

une chose signée par son propre ambassadeur, a présenté enfin une lettre

qu'il avait gardée devers lui à cause du dernier effort que le même duc de

Savoie désirait faire auprès du roi d'Angleterre. Par cette lettre, il fait les

plus vives instances et fait valoir une multitude de raisons et de moyens de

persuasion pour amener S. M. à se porter garant pour lui auprès du roi de

France que le duc en lui vendant la ville de Susa (comme je l'ai écrit et

comme je le répète pour que ceci serve de duplicatum dans le cas où mon

premier avis ne vous serait pas encore parvenu) lui donnera passage libre à

lui et à ses armées pour passer par le Piémont en Lombardie à toute heure et

autant de fois que cela sera nécessaire pour secourir ses amis et ses alliés. En

somme, il appert par les raisons qu'allègue le duc dans cette lettre et selon

l'opinion du roi d'Angleterre et de tous ceux qui étaient présents au conseil

que le duc a tourné casaque et est devenu entièrement partisan de la France.

V. E. peut m'en croire que si à l'arrivée en Italie du marquis Spinola et de

l'abbé Scaglia, qui n'a pas pu obtenir ici sa volonté, le duc a de nouveau

changé de parti, il n'aura plus jamais aucun crédit auprès du roi d'Angleterre

qui est fort scandalisé de cette versatilité et dit à Barozzi que cela est

entièrement contraire à ce que le duc, son maître, lui avait conseillé dans

le passé et aux motifs du voyage de son ambassadeur Scaglia en Espagne.

Le roi ajouta qu'il ne pouvait comprendre ce changement. Il est à noter que

dans le même temps l'ambassadeur de France est venu faire la même

proposition et les mêmes instances au roi sur Tordre du cardinal de Richelieu

et a été renvoyé au grand-trésorier dont il n'obtiendra pas une meilleure

réponse qu'auparavant, quant à présent du moins.

Le 27 août, à minuit, un serviteur de l'ambassadeur anglais de Paris est arrivé par la poste en apportant des plaintes contre les Français qui se montrent très susceptibles dans leurs rapports avec lui et irrités pour des choses de peu d'importance ; ils prennent de mauvaise part que les lettres du roi soient écrites en latin et que l'ambassadeur eût parlé anglais dans une audience publique et eût nommé son roi non, comme c'est l'habitude, le roi de la Grande Bretagne, mais le Roi Sérénissime, sans ajouter le nom du Royaume, ce qui paraît un titre trop général et peut s'appliquer à plus d'un royaume. Sur cette querelle, le jour de la ratification de la paix a été prorogé de nouveau par la France pour six jours. Les Français continuent encore à capturer les navires anglais au grand dommage et mépris de toute cette nation

21 septembre i62<). qui en est fort irritée et ainsi cette paix ne paraît pas encore entièrement certaine et ne durera pas longtemps si le roi d'Angleterre parvient de façon ou d'autre à s'entendre avec T Espagne.

COMMENTAIRE

Cette lettre, datée du 21 septembre 1629, relate des événements bien antérieurs à cette date : l'arrivée d'un serviteur de l'ambassadeur anglais de Paris le 27 août et les allées et venues de Barozzi qui quitta Londres le i5 septembre. En réalité, la lettre a donc été rédigée une semaine au moins avant la date qu'elle porte.

L'ambassadeur Vaqimi (Wake). Isaac Wake, né vers iSyS, secrétaire de Sir Dudley Carleton; plus tard, de 161 5 à 1618, avec le titre de Sir Isaak Wake, ambassadeur auprès du duc de Savoie et successivement ambassadeur du roi d'Angleterre auprès de l'électeur Palatin, du duc de Savoie, de la Suisse, de la république de Venise, du roi de France. Il mourut à Paris le 10 juin i632.

DCXXXVII 21 septembre 1629. RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ.

Exellentisstmo Signore :

Mi e caduto in mano casualmente un billietto di un cavagliero inglese che si chiama il comendator Don Guilhelmo Moisson che sindricçiava al agente di Savoya por domandar liçenza à quel Duque di poter mantener sotto il suo titolo quatro navi di guerra en el Puerto de Villafranca per andar in corso come lui diceva contra Turchi e mori d'Algieri, Tunesi e bescita ; ma considerando io il puesto tanto avantaggioso per infestar il golfo di Léon et impedir il passaggio da Barzelona a Genova mi parve bene de dar ne parte al signor Cotinton che non aveva inteso cosa alcuna di questa trazza, e la stimo de grandissima consideracione poiche queste 4 nave ben presto sacrescerebbono sino à 20 e potriano causar grandissimo disturbo a Espana, et mi promisse de darve parte al Re et impederlo in tutti modi.

V. Exc.^ intendera per altra via che Filippo Burlamachi porte in 21 septembre 1629. Ollanda (corne fara) gran quantita d'Artigliaria di ferro ; non lo deve pigliar per altro vieso che de una mera vendita per riscuotere le goze {lisez gioje) de S. ,M. che stano sino del tempo ch'il Ducca de Bucquingam fu in quelle parti impegniati per sessanta mille lire de sterlini in Amsterdam à particolari, e per che questa artigliaria se fa con tanto vantaggio per servicio del Re in questo paese che guadagna pin de duoi terzi vendendo al peso la detto artigliaria tanto caro che gli danno 3o lire de sterlini per quello che gli costa 9 solamente, non ha trovato miglior mezzo per il pagamento di questo impegno che la vendita délia artigliaria sudetta. Questo mi ha rifferito il signor Cotinton.

Copie aux Archives de Simancas. Estado. Leg. 25 19. f. 35. Publié par Ckuzada Villaamil, op. cit. p. 255, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. 3o8.

TRADUCTION

RUBENS AU COMTE-DUC D'OLIVAREZ

Excellence.

Le hasard a fait tomber entre mes mains un billet d'un Anglais qui s'appelle le commandeur Guillaume Moisson, qui s'est adressé à Tagent de Savoie pour demander au duc de ce pays l'autorisation de pouvoir équiper en son nom quatre navires de guerre dans le port de Villafranca pour aller en course, comme il dit, contre les Turcs et les Maures d'Alger, de Tunis et de Bougie, mais, considérant que ce point de la côte est fort avantageux pour infester le golfe de Lion et empêcher le passage de Barcelone à Gènes, il m'a semblé qu'il valait mieux ne pas en donner connaissance à Sir Cottington qui n'a rien entendu de ce projet. J'estime que cette affaire est de grande importance puisque ces quatre navires pourraient facilement s'accroître jusqu'au nombre de vingt et causer de grandes difficultés à l'Espagne et je me suis promis d'en donner connaissance au Roi et de m'efforcer de toute manière de l'empêcher.

Votre Excellence apprendra d'autre part que Philippe Burlamachi envoie en Hollande (ce qu'il fera) une grande quantité d'artillerie. Il ne faut voir là-dedans qu'une simple vente pour recouvrer les bijoux de S. M. qui sont engagés depuis le temps du duc Buckingham pour soixante mille livres sterling chez

21 septembre 1629. des particuliers d'Amsterdam et, comme la vente de cette artillerie se fait avec un si grand profit pour le roi qu'en la vendant au poids, il gagne plus des deux tiers, puisqu'on lui paie trente livres sterling ce qui lui en coûte seulement neuf, il n'a pas trouvé meilleur moyen pour se libérer de cet engagement que la vente de celte artillerie. Voilà ce que me rapporte sir Francis Cottington.

COMMENTAIRE

Philippe Burlamachi était un riche négociant de Londres, banquier de Charles I.

DCXXXVIII

28 octobre 1629. COPIA DE UNA JUXTA CELEBRADA EX EL APOSEXTO

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