LE ROI CHARLES I A SIR F. COTTINGTON
Westminster, le 5 décembre 1629.
Très fidèle et bien-ainié Conseiller.
Par nos lettres du 19 du mois passé, envoyées par un exprès, nous vous avisions de supendre toute espèce de démarche sous forme d'audience publique pour tout ce qui concerne notre service à la Cour d'Espagne, jusqu'à nouvel ordre, et cela à la suite d'un renseignement qui nous était parvenu de Bruxelles touchant le sursis non motivé (comme nous avions lieu de le croire) du passage de don Carlos de Coloma que l'on avait promis de nous envoyer en conformité de votre mission en Espagne. Depuis lors, nous avons reçu une satisfaction suffisante par des lettres de l'Infante à Rubens qui nous donnent l'assurance que don Carlos sera à Dunkerque vers le ~ du présent mois pour y effectuer son passage. Nous avons été invités d'envoyer vers cette date les vaisseaux nécessaires pour le transporter ; ce que nous ne manquerons pas de faire. Comme par là, la cause du sursis de votre démarche vient à disparaître, nous croyons juste que l'effet cesse le plus tôt possible. C'est pourquoi nous avons ordonné que ce second courrier vous soit expédié avec ces lettres pour vous remettre dans l'état d'avant notre contr'ordre, et pour vous autoriser de suivre votre première commission, conformément à vos instructions, avec la seule réserve que vous ne fassiez plus usage de vos lettres de créance. Vous pouvez faire savoir que vous les possédez et en montrer la copie à qui vous croyez convenable de le faire, mais vous direz que ce qui vous empêche de les remettre c'est que nous sommes informés que don Carlos vient sans en apporter du Roi d'Espagne. On allègue comme raison de ceci que pendant que des princes sont en guerre entre eux, il n'est pas d'usage qu'ils échangent des lettres de créance ; mais la même raison existant pour nous comme pour le roi d'Espagne, la même règle doit servir pour tous les deux. Cependant, si vous trouvez que, par amour de la paix publique, ils ont passé par-dessus les formes ordinaires et ont envoyé des lettres de créance à don Carlos (comme Rubens dit que probablement ils ont fait après y avoir réfléchi), nous vous laissons juge de remettre les vôtres sans scrupule. En tout cas, vous pouvez montrer votre commission (qui vous sert de lettres patentes) et en faire tel usage qui puisse accélérer le mieux la conclusion du traité. La principale raison qu'il y a d'agir ainsi c'est qu'il faut bien employer le rtemps, et dans
i5 décembre 1629. cette intention nous usons de cette diligence en vous envoyant cette dépêche expresse qui, selon toute apparence, sera parvenue à Madrid avant Tarrivée de don Carlos ici et pourrait bien vous y trouver immédiatement après votre arrivée. Pour de plua amples détails, concernant votre négociation, nous vous renvoyons aux lettres du Vicomte Dorchester, un de nos principaux secrétaires. Donné sous notre seing à notre palais de Westminster, le ...
COMMENTAIRE
Le comte-duc d'Olivarez écrivit le i5 décembre 1629 à Sir Francis Cottington qui se trouvait encore à Lisbonne :
« Con este correo que viene de Inglaterra he recevido cartas de Rubens en que me dice que les ha movido alla adespacharle a V. S. » (Londres. Public Record Office. Foreign State Papers, Spain 68).
« Par le courrier, qui vient d'arriver d'Angleterre, j'ai reçu des lettres de Rubens qui m'annonce qu'il les a amenés à vous adresser une dépêche. »
C'est évidemment la dépêche ci-dessus dont il s'agit.
DCXLIX
i5 décembre 1629. PEIRESC A PIERRE DUPUY.
Je ne sçaurois maintenant escrire à M"" du Puy vostre frère comme j eusse désiré, me trouvant tout destraqué, mais ce sera par le premier. Cependant il trouvera icy mes trez humbles recommandations, et me fera, s'il luy plaict, la faveur d avoir soing de faire tenir le pacquet à M"^ Rubens promtement par quelque voye bien asseurée, s'il est possible, d'amy, de crainte que par la poste la voicture n en fust de trop grand prix, qui diminuast la grâce des desseins du Tripos dont je luy envoyé un duplicata, et ceux de lanneau de Tecla, et aultres bagatelles qui ne méritent pas d'estre payées si chèrement que la poste les feroit payer, si ce n'est qu'il peut aller soubs l'envelope de cet amy qu'il avait au faulxbourg S* Michel. Je luy recommande encores les aultres lettres pour les amys, et particulièrement celles de Lorraine, et le supplie et vous aussy d'excuser l'excez de mes importunitez.
Ph. Tamizey de Larroque, Lettres de Pcircsc aux frères Dupiiy, Tome II,
COMMENTAIRE, ï5 décembre J629.
Voir pour les commentaires la lettre de Rubens à Peiresc du 10 août