‹ Correspondance de Rubens et documents épistolaires concernant sa vie et ses œuvresChapitre 5 sur 104 · PEIRESC A PIERRE DUPUY · texte numérisé non relu

PEIRESC A PIERRE DUPUY

3 février 1629.

Quant au s^ de Vris peinctre, je vous remercie par un million de foys des caresses et bons offices que vous luy avez rendus et que vous ne cessez de luy rendre, mesmes de Tadvis qu'il vous a pieu me donner que j ay esté infiniment aise d'apprendre, non sans beaucoup de regret que le pauvre homme se laisse ainsin emporter, comme font quelquefoys les poètes en ladmiration de leurs ouvrages, et de leurs heureuses

3 février 1629. rencontrcs de rimes, ou autres cadances, quasi inopinées. II faut qu'il ayt bien changé d'humeur, car il estoit merveilleusement humble en ce pais icy, et d'une conversation doulce et complaisante, quasi comme celle de M"^ Rubens au reste homme de grande probité et syncérité, et grandement timoré, de sorte que j'aurois peine à me persuader qu'il se laissast porter à des suppositions. Il m'escript qu'on avoit trouvé sa manière si approchante de celle de Antoine More, disciple de Titian, qui vivoit il y a 70 ans qu'on avoit rev^ocqué en doubte si le portraict de son frère n'estoit point de cette main là. Mais il m'allègue en tesmoings deux peintres bien galants hommes que j'ay veus icy, qui le cognoissent luy et son frère utérin qui est représenté en ce portraict. Bien veux-je croire qu'il l'a si longuement pené, et tant à son aise, son frère luy prestant le collet qu'il n'en feroit pas si aisément un pareil, et de faict il me dict que selon le payement on faict plus ou moings de travail, et que pour estre payé à la douzaine il ne seroit pas raisonable d'y apporter tant d'art et tant de soing. M*^ Rubens me parle de luy en une de ses lettres (i), et me dit qu'il a veu de ses portraicts si exactement ressemblants, et de si bonne manière, qu'il le louoit grandement, ce qui me faict croire qu'il avoit possible veu la personne mesmes de son frère utérin qui est représentée en ce portraict ; tant y a que j'en sçauray la vérité, car j'en feray escrire ces deux peintres qu'il m'allègue. Et quand cette pièce ne seroit pas de luy, tousjours seray-je bien aise d'avoir de sa main le portraict de M. Saulmaise (2) et quelqu'autre comme il m'a promis, et me contenterois bien de la bonté de la manière qu'il avoit autres foys icy, à plus forte raison s'il l'a bonifiée comme il dict. Aydez-moy envers M^ de Saulmaise pour luy faire donner le temps, et prester le collet. Et s'il faict M. Grotius, je le prieray de m'en faire une coppie, car celuy que j'ay ressemble si peu à mon gré que j'avois peine de le recognoistre quand je le receus.

Ph. Tamizey de Larroque. Lettres de Peiresc aux frères Dupuy, T. II, pp. i5-i6.

(1 Cette lettre ne nous a malheureusement pas été conservée.

21 Bénigne de Saumaise, le savant français bien connu, né en i5S8, mort en i653.

RUBENS A PIERRE DUPUY. aS févriei 1629

Dans la vente de la collection du bibliophile Jacob (Paris, 1840), on vendit une lettre de Rubens à Pierre Dupuy, datée du 25 février 1629. Il appert de la lettre que Peiresc écrivit à Pierre Dupuy le 2 mars 1629 que Rubens avait écrit une lettre de Madrid à Pierre Dupuy avant celle du 25 février 1629. Voici ce passage :

« J'avois oublié par mesgarde de vous accuser la réception de la lettre de

M*" Rubens (i), si vous n'en avez trouvé aulcune mention dans les miennes comme

je pensois avoir faict ; il ne m'escripvoit quasi que la mesme chose que ce que vous m'en touchiez de la vostre, qui fut la cause possible que je négligeay de la vous envoyer ; seulement il disoit qu'il n'y trouvoit aulçun curieux de faire des recueils d'antiquitez et que le Roy aymoit fort la peinture et le venoit souvent voir travailler au logement qu'il luy avoit faict donner dans le palais, où il avoit faict un sien portraict à cheval dont il estoit demeuré bien satisfaict. Et qu'il s'en venoit à ce moys de mars avec la Royne de Hongrie et faisoit estât de me venir voir en passant et mes bagatelles. » (2)

DLXXII RUBENS A PIERRE DUPUY. 22 avril 1629.

Molto Illus^^' sig. mio oss'^^

Ho ricevuto sei giorni sono con quest* ultimo ordinario la sua gratissima del V de febraro sotto coperta del sig^ Ambasciator di fiandra la quale mi mariviglio in che parte possa esserse trattenuta tanto tempo, mi rallegro d'intender la sua salute e quella del suo sig. fratello si come ancora che II sig^ Peiresco si porta bene et si ricorda de me che veramente merito per la mia devotione verso S. sig'^ desser mantenuto vivo nella sua memoria, tanto piu che me ha costretto quasi per forza espugnando la mia ingenuita a dargli per oggietto un mio ritratto che spero avéra ricevuto poiche il mandai per via sicura qualq. tempo inanci la mia partenza di Fiandra. lo non so se Tiniquita délia staggion corrente mi permitterà de conseguir il mio voto de poterlo vedere e servire come il desîdero con tutto il cuore ma bisognarà consigliarsi colle occasioni che forse mi divertiranno altrove e potria esser che

(i) La lettre du 2 décembre 1628 écrite par Rubens à Peiresc.

(2] Ph. Tamizey de Larroque, Lettres de Peiresc aux frères Dupuy, Tome (I. p 35.

22 avril 1629. prima io venisse a Pariggi a correggere di passaggio il mal termine

usato colle sig"^ vostre laltra volta contra mia volunta. Ringracio

V. S. per quella Heroica inscrittione devictis Rupellanis laquale

mostrai al S^ conde d'Olivares et gli parve bellissima come e in

effettQ. Ben potra il medesimo Au tore essercitar il suo stilo a far un

altra di maggior lustro di quanto la Gloria délie vittorie esterne

eccede quella délie intestine e saranno a proposito per sua maies**

Christian"* le parolle usate da Caio Giulio Caesare nel suo Triumfo

Pontico veni, vidi, vici. Habbiamo veduti qui gli Articuli di quel

concerto tanto infami per la Corona di Spagna (bisogna confessar il

vero) che si dubita se quei ministri habbiano con maggior vituperio

amministrato la guerra o trattato la Face, et se sia maggior il danno

o rinfamia. Del sig'^ Ducca di Savoya non posso dir altro si non che

contra Spagnioli si porta sempre valorosa*^ e resta sotto facil*® al armi

di Francia che non io so se si deve attribuire a qualq. occulta proprieta

del suo Genio overo alla fatal nostra socordia si come ancora si perse

la flotta délia nova Spagna con tanto stupore degli medesimi vincitori

che si maravigliono ansi vergognano d'haverla preso con piu sorte che

valore non avendo perso un huomo solo in una si notabil fattione si

dice che il General con tutti gli ofificiali si trahe preso da Siviglia per

fargli il suo processo con ogni rigore ma colla lor pena non si risarcira

il danno sed statuet exemplum in posterum. Questa flotta del Peru (i)

e molto ricca perche oltra loro et argento ordinario ha portato il

donativo straordinario di quel Regno. E vero il proverbio vulgare che

gli disordoni fanno gli ordini et sero sapiunt Phriges. Qui si mettono

buonissimi ordini da per tutto sendo punti sino al vivo et pare che si

vogliono resurghare del suo laetargo. La Caracca ancora col Galion de

Goa che si temeva fossero capitati in mano d'Ollandesi sono arrivati

final^® a salvamento che serve de qualque refrigerio nelle calamita urgenti.

E non occorrendome altro di suo servicio mi racomando humil*® nella

sua buona gracia si come in quella del S' suo fratello et ad ambidue

bacio de vero cuore le mani.

Di Vostra S' molto 111.

Servitor devotissimo

PlETRO PaUOLO RuBENS.

(i) En marge : la quale giunse ultimamente a Seviglia, sotto la condotta del General Rasbare.

Supplice V. S. sia servita di 22 avril 1629.

conservarmi nella buona gracia del

S^ Abbate di S^° Ambrosio et assicurarlo

délia mia servitù si corne

ancora al Gentil"'^ mons^ de la Motte

mio sig*"®

De Madrit II 22 d'Aprile 1629.

Lettre originale clans la collection de M. Alfred Huth, Bolney house, Londres.

Vendue par MM. Sotheby et Hodge en avril 1875; offerte en vente dans le Catalogue of books, manuscripts and autographs of letters on sale by J. Rodd Gentlemans Magazine, July i838.

TRADUCTION

RUBENS A PIERRE DUPUY

Monsieur.

J'ai reçu, il y a six jours par le dernier courrier, votre aimable lettre du 5 février, sous le couvert de Monsieur T Ambassadeur de Flandre ; je ne m'explique pas comment elle me soit arrivée avec un retard si considérable. Je me réjouis d'apprendre que vous êtes en bonne santé ainsi que votre frère et que Monsieur Peiresc se porte bien et se souvient de moi. Il est vrai que, par l'affection que je lui porte, je mérite de vivre dans sa mémoire d'autant plus qu'il a pour ainsi dire fait violence à ma modestie en me faisant donner comme gage de notre amitié mon portrait peint par moi. J'espère qu'il l'aura bien reçu vu que je le lui ai envoyé par une voie sûre peu de temps avant mon départ de la Flandre. Je ne sais si la rigueur de la présentç saison me permettra de satisfaire mon désir de lui rendre visite en Provence, comme je souhaite de tout cœur de pouvoir le faire, mais il faudra me conformer aux circonstances qui peut-être me feront prendre une autre direction et il pourrait se faire que j'aille d'abord à Paris pour réparer la façon peu aimable dont, bien contre mon gré,, je vous ai quitté la dernière fois.

Je vous remercie pour cette inscription héroïque devidis Rupella^tis. Je l'ai montré au duc d'Olivarez et elle lui a paru très belle comme elle l'est en effet. Le même auteur pourra bien exercer son talent sur un sujet de plus grand éclat le jour où la gloire des victoires sur l'ennemi du dehors surpassera

22 avril i62q. celle des victoires intestines et que Sa Majesté très chrétienne pourra s'approprier

le mot de Jules César lors de son triomphe du Pont : Veni, Vidi, Vici.

Nous avons vu ici les articles de ce traité si infâme pour la Couronne

d'Espagne (il faut bien dire la vérité) qu'il est permis de douter si ces ministres

se sont conduits plus honteusement en dirigeant la guerre ou en traitant de la

paix. Du duc de Savoie, je ne puis dire autre chose sinon qu'il se comporte

toujours valeureusement contre l'Espagne et qu'il se laisse battre facilement

par la France. Je ne sais sll faut attribuer ce phénomène à quelque propriété

.occulte de son caractère ou bien à notre fatale indolence. Ainsi encore s'est

perdue la flotte de la Nouvelle Espagne, au grand étonnement des vainqueurs

eux-mêmes qui s'étonnaient et se sentaient honteux de l'avoir prise avec plus

de bonheur que de valeur et sans avoir perdu un seul homme dans une action

aussi importante. On dit que le général et tous les officiers ont été conduits à

Séville où on fera leur procès avec sévérité, mais leur punition ne réparera pas

le mal, elle servira d'exemple à l'avenir. La flotte du Pérou (i) est fort riche

parce que, outre l'or et l'argent qu'elle apporte ordinairement, elle est chargée

d'un cadeau extraordinaire de ce royaume. Il est vrai le proverbe qui dit que

le désordre engendre l'ordre et que les Grecs deviennent sages sur le tard.

Ici on songe à mettre bon ordre aux affaires maintenant que l'on se sent piqué

au vif et il paraît que l'on veut se réveiller de sa léthargie. La caraque et

le galion de Goa que l'on craignait être tombés entre les mains des Hollandais

sont enfin arrivés à bon port, ce qui met quelque baume sur la blessure cruelle.

N'ayant rien d'autre à votre service, je me recommande humblement dans vos

bonnes grâces et dans celles de votre frère et vous baise les mains à tous

deux.

Votre très humble serviteur

Pierre-Paul Rubens.

Je vous prie de me rappeler au bon souvenir de Monsieur l'abbé de St.-Ambroise et de l'assurer de mon dévouement; faites de même pour le charmant Monsieur de la Motte.

De Madrid, le 22 avril 1629.

COMMENTAIRE

Le traité si infâme pour la Couronne d'Espagne. Au commencement de mars 1629, l'armée française avait pénétré dans la Savoie pour appuyer les prétentions

(i) En marge : qui arriva dernièrement à Séville sous la direction du Général Rasbare.

du duc de Nevers sur le duché de Mantoue et sur le Montferrat. Le roi avait 22 avril 1629.

rejoint ses troupes. Le 6 mars, un léger combat fut livré à Suze où le duc

de Savoie, qui essaya d'arrêter le passage, fut battu ; l'armée française mit

le siège devant la. citadelle de cette ville. Le 11 mars, les articles de paix

furent arrêtés entre le roi de France et le duc de Savoie. Ce dernier promit

de livrer passage à l'armée française qui se rendait au Montferrat et de ravitailler

la citadelle de Cazal; il remit la citadelle de Suze au roi de France. Celui-ci de

son côté promit de faire accorder par le duc de Mantoue toutes les prétentions

soulevées par le duc de Savoie sur le Montferrat et s'engagea à défendre le

duc contre quiconque s'opposerait à l'exécution du présent traité. Par le même

traité, Gonsalve de Cordoue, qui commandait les troupes espagnoles dans le

Milanais, s'engagea à lever le siège de Cazal et à ne rien entreprendre qui pût

troubler le duc de Nevers dans la possession des duchés de Mantoue et du

Montferrat. Ces articles de paix, tout en faveur de la France, furent ratifiés

par le roi d'Espagne à Madrid, le 3 mai 1629.

DLXXIII . PHILIPPE IV A L'INFANTE ISABELLE. 27 avril 1629.

Serenissima Seiiora.

La plâtica de pazes con Inglaterra que se ha yntroduzido como V. A. save, he juzgado por conviniente se continue, y assi he resuelto vaya a Inglaterra Pedro Pablo Rubens, con la instrucion que, con ôrden mia, le ha dado el conde duque y mostrarâ a V. A. Y porque en ella se dize que siga la que V. A le diere, solo se me offreze que adbertir que en caso que no haya aparencia de acomodarse las cosas con Olandeses por el camino que agora se trata (y no de otra suerte), ordenarâ V. A. a Rubens que en buena ocasion diga al gran thesorero don Ricardo Weston que alguna vez havia oydo referir acâ que para ajustar la paz, que puede tener mas largo discurso que parescia en Inglaterra, que erâ bien huviesse suspension de armas ; que siendo assi, por mi parte no habria dificultad en assentarla con aquel rey y con Olandeses, ni en procurar que el emperador haga la misma suspension con el de Dinamarca. Y viniendo en ella podrâ V. A. effectuar la suspension,

27 avril 1629. acordando que para la paz embie después el rey de Inglaterra persona en la conformidad que se apunta en la instrucion de Rubens. Y por si se encamina la dicha suspension, se embia a V. A. poder para aceptarla y concluirla; y por tenerle ya V. A. para hazerla con Olandeses, no va con estension en quanto a ellos. Y ajustândose esta suspension de armas, el concierto con Olandeses ha de ser en todo en la conformidad que tengo escrito a V. A., con la entrada en el principio délia que tiene ajustada Queseler : pero pudiéndose conseguir la suspension con Olandeses por el dicho Queseler, solo ha de tratar Rubens de la suspension con Inglaterra y oficios que se harân con el emperador para que la haga con el rey de Dinamarca, sin mezclar en la materia a Olandeses. Tambien se ordena, en la instrucion de Rubens, trate con Mos. de Subisa sobre lo que ha propuesto de tomar puesto en Francia ; y segun lo que negociare, siendo en conformidad de lo que se le ordena por la instrucion, harâ V. A. que se provea luego el dinero que se ha de dar, que con puntualidad y toda brevedad se remitirâ a V. A. la cantidad que fuere. Nuestro Senor guarde à V. A. como deseo.

Buen sobrino de Vuestra Alteza Yo EL Rey.

D. Ju° De Billela.

De Madrid, a 27 de abril 1629.

Original aux Archives du royaume à Bruxelles. Publié par Gachard, op. cit. p. 292.

TRADUCTION, PHILIPPE IV A L'INFANTE ISABELLE

Sérénissime Dame.

J'ai jugé convenable que les pourparlers de paix entamés avec l'Angleterre, comme Votre Altesse le sait, se continuent. En conséquence, j'ai résolu que Pierre-Paul Rubens se rende dans ce pays avec l'instruction que, de mon ordre, le comte-duc lui a donnée et qu'il montrera à Votre Altesse. Comme il y est dit qu'il aura à suivre celle que Votre Altesse lui donnera, la seule chose que j'ai à vous recommander est, au cas qu'il n'y ait apparence de

s'arranger avec les Hollandais de la façon qu'on y travaille à cette heure (et 27 avril 1629. non autrement), d'ordonner à Rubens que, profitant d'une occasion favorable, il fasse entendre au grand trésorier Lord Richard Weston qu'il a quelquefois ouï rapporter ici que, pour la conclusion de la paix, laquelle peut exiger plus de temps qu'on ne le suppose en Angleterre, il serait bien de faire une suspension d'armes; que, pour ma part, je ne ferais nulle difficulté d'y consentir avec le roi Charles et avec les Hollandais, ni de tâcher d'obtenir de l'empereur qu'il en usât de même avec le roi de Danemark. Si l'on tombe d'accord sur la suspension d'armes. Votre Altesse pourra l'effectuer, en stipulant que pour la paix le roi d'Angleterre enverra quelqu'un en conformité de ce qui est énoncé en l'instruction de Rubens. Dans l'hypothèse que je viens de dire, un pouvoir est envoyé à Votre Altesse à l'effet d'accepter et de conclure ladite suspension; il n'y est pas parlé des Hollandais, puisque Votre Altesse a déjà un pouvoir pour traiter avec eux. Cette suspension d'armes se faisant, l'accommodement avec les Hollandais doit être en tout conforme à ce que j'ai écrit à Votre Altesse dès le commencement de la négociation de Kesseler (i). Mais, si la suspension d'armes avec les Hollandais peut se conclure par ledit Kesseler, Rubens se bornera à traiter d'une telle suspension avec l'Angleterre et des démarches à faire auprès de l'Empereur pour qu'il en conclue une semblable avec le roi de Danemark, sans mêler à cela les Hollandais.

Il est ordonné aussi à Rubens, dans son instruction, de traiter avec M. de Soubise sur la proposition que celui-ci a faite de prendre position en France. Selon ce qu'il négociera d'accord avec son instruction. Votre Altesse fera fournir l'argent qui se devra donner ; et ce qu'elle aura avancé lui sera remis ponctuellement et avec toute diligence,

Notre-Seigneur garde Votre Altesse comme je le désire !

Bon neveu de Votre Altesse, De Madrid, le 27 avril 1629. Moi le Roi.

COMMENTAIRE

Soubise, avec lequel Rubens reçut ordre de traiter, est le gentilhomme français. Benjamin de Rohan, seigneur de Soubise, dont nous avons déjà parlé au Tome HI, pp. 343, SgS.

(ij Jean de Kesseler, chevalier, seigneur de Marquette, conseiller au conseil des finances, avait été, en 1627, 1628, 1629, employé par Tlnfante Isabelle à des négociations avec Gérard van Borckel, ancien bourgmestre de Rotterdam, délégué des états généraux des Provinces-Unies, où, sous prétexte d'échange des prisonniers faits de part et d'autre, il se traitait aussi de la conclusion d'une trêve. (Gachard, op. cit. p. ii5).

27 avril 1629. Rubens quitta Madrid le 29 avril 1629. Deux jours avant son départ, le

roi le nomma Secrétaire de son Conseil privé dans les Pays-Bas avec droit de réversion sur son fils aîné. La patente lui fut délivrée à Bruxelles et porte la même date que la lettre du roi à sa tante qui lui annonce la nomination.

Par une seconde lettre, le roi informa T Infante qu'à Madrid Rubens n'avait pas reçu l'argent nécessaire pour le voyage et la pria de lui faire remettre les fonds voulus pour le défrayer de son retour d'Espagne et dans les Pays-Bas et des dépenses qu'il aurait à faire ultérieurement au service du roi. (i)

Rubens passa par la France aussi rapidement qu'il l'avait traversée l'année précédente. Le 10 mai, il était à Paris, le 11 mai au soir, il en partit; dans la matinée du i3, il arriva à Bruxelles et fut reçu par l'Infante à laquelle il remit les lettres du roi qui suivent.

DLXXIV

27 avril 1629. PHILIPPE IV A UINFANTE ISABELLE.

Madame ma bonne tante.

Les services et bonnes parties de Pierre-Paul Rubens me font prier V. A. de faire dépêcher à son proffit patente de Toffice de secrétaire de mon conseil privé par delà, à condition de ne le desservir et qu ayant son filz aisné leage et souffisance pour exercer ledict estât, et s'en déportant ledict Rubens, luy en serons données lettres patentes de commission, afin de par efïect le desservir et en estre mis en possession.

Je prie Dieu, madame ma bonne tante, conserver V. A. en parfaicte santé, à longues années.

De Madrid, le 27^ d avril 1629, M^ Leg^ v^

Vostre bon nepveu,

Philippe.

J. O. De Brito.

Archives de Simancas, Secretarias provinciales, reg. n° 2025, fol. 146 v°. Publié par Gachard, op. cit. p. 293.

(i) Gachard, op. cit. p. ii6.

DLXXV

PATENTES DE SECRÉTAIRE DU CONSEIL PRIVE 27 avril 1629.

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