CERTIFICAT DÉLIVRÉ PAR RUBENS A GUILLAUME PANNEELS
A tous et à chacun de ceux qui verront ou entendront les présentes lettres, les bourgmestres et échevins de la ville d'Anvers, salut. Nous faisons savoir et certifions par la présente qu'au jour inscrit au bas de la présente a comparu devant nous personnellement Thomme illustre Monsieur Pierre- Paul Rubens, noble serviteur de Son Altesse Sérénissime et secrétaire du Conseil privé de Sa Majesté Catholique, notre Seigneur très clément. Et ayant
prêté solennellement serment entre nos mains, il a, à l'instance et à la requête l'juin i63o de l'honorable jeune homme Guillaume Panneels, âgé de trente ans, déclare, révélé et affirmé que le même Guillaume Panneels a pendant cinq ans et demi appfis son art chez lui déclarant, et qu'il a terminé dûment et honnêtement son apprentissage et que, comme il s'appliquait assidûment à son art, il y a fait des progrès considérables; en outre, comme ledit déclarant Ta affirmé que, s'étant naguère rendu en Espagne et ayant dû traiter les affaires publiques de Sa Majesté Catholique en Angleterre, il a donné à garder audit Guillaume Panneels sa maison d'Anvers et tout ce qu'elle renfermait, ce dernier s'est acquitté de cette charge avec la plus grande fidélité et a rendu un compte parfait de sa gestion, à l'entière satisfaction du déclarant, lorsque celui-ci est retourné dans sa patrie. En même temps s'est également présenté en personne devant nous Corneille van der Geest, homme très honorable, négociant très probe et amateur très zélé d'antiquités, qui a attesté sous serment qu'il a bien connu le susdit Guillaume Panneels et que par la grande intimité qu'il a entretenue et entretient encore tous les jours avec Monsieur Pierre-Paul Rubens, il peut attester la vérité de tout ce que ce dernier a déclaré. Comme, d'un autre côté, Guillaume Panneels nous a exposé qu'il a résolu de voyager en différents pays, nous prions instamment et requérons tous et chacun des seigneurs, des juges justiciers, des officiers et de tous autres que la chose pourra concerner et auxquels ces lettres parviendront, que chaque fois que ledit Panneels en appellerait à leur autorité ou juridiction, ou habiterait leur territoire, ils daignent lui accorder toute faveur montrée aux jeunes gens probes et honnêtes, pouvant eux, de leur côté, attendre de notre part des services pareils ou* plus grands envers eux-mêmes et les leurs, sans fraude. En foi de quoi, etc. Le premier juin i63o,
COMMENTAIRE
Guillaume Panneels est le peintre-graveur anversois bien connu. Il naquit à Anvers en 1600. En 1 627-1 628, il fut reçu maître dans la Corporation de St. Luc ; il s'est fait inscrire dans les registres de la Gilde avec la mention : « peintre chez Rubens, » constatant ainsi qu'il était l'apprenti du grand maître. On voit par le certificat ci-dessus à quel degré il jouissait de la confiance de Rubens. En quittant Anvers, Panneels alla s'établir à Cologne d'où il date une de ses eaux-fortes en i63o ; en i63o et en i63i, il se trouve à Francfort sur le Main ; en i63i, à Bade et à Mayence, où il est attaché au service du prince-évêque ; en i632, à Strasbourg. Après cette dernière date, nous ne trouvons plus trace de lui. Panneels eut une grande vénération pour son maître
V juin i63o. et il a rhabitude de signer ses eaux-fortes de son nom suivi du qualificatif : « jadis élève du célèbre peintre Pierre-Paul Rubens. » En changeant quelque peu l'inscription des planches, un éditeur postérieur peu délicat, François van den Wyngaerde, a profité de cette habitude pour mettre sous le nom de Rubens la plus grande partie des eaux- fort es de son élève.
DCLXXIIl i8jumi63o. RUBENS AU SECRÉTAIRE LORD DORCHESTER.
Mo7isïeur.
Auparavant de la réception de vostre dernière du 27 de May selon vostre style, (i) je navois aucune cognoiscance de ce saufconduit quoii desiroit pour Mons"^ Rustorf pouvant estre que V. Ex^ en fît seulement mention en ses lettres s'adressantes à Mons"* L'Audiençier pour le moins je ne me puis imaginer la cause du manquement de ceste dépêche, car jay trouvé la Sér™^ Infante fort voluntaire et Mons'^ L'Audiençier trèsbien disposé à la faire promptement, et je la baillay incontinent à vostre Courier avecq la lettre du Seig^ don Carlos à Mons"" Bruneau. Le terme du Passeport est de six moys, le quel on pourra tousjours renoveller, aultant de foix qu'il vous plaira mais touchant sa demeure en Allemagne durant la Diète S. A. nen faict aucunement mencion ne dépendant délie mais cela se négociara au lieu mesme, à l'instance de la lettre du Seig^ don Carlos Coloma, par laddres de Monsieur Bruneau avecq le Ducq de Tursis. Cependant, son Passage (2) sera très asseuré en vertu du Passeport de S. A. Les nouvelles que vostre Courrier nous porta de bouche de Theureux accouchement de la Reyne d'un Prince de Galles, furent receues de la Sérénis"^^ Infante avecq. tout le contentement et joye quelle pourroit monstrer en semblables occasions des Roys ses plus proches parens et alliez. Et quant à moy, je confesse que la passion extrême que jay d'estre et de paroi.^:tre très zélant serviteur de S. Ma** de la Grande Bretagne, meust transporté a quelque excès, se la disposicion
(i) En marge : qui me fust livrée le 14 de Juing selon nostre stile. C2) En marge : allant ou venant.
extérieure de TEstat présent me Teust aucunement permis. J'espère que isjuimôso.
le retour du Secrétaire de Mons^ Cotinton aurat avansé Tafifaire d'un
grand pas le quel on dit estre arrivé le 28 ou 29 de May (i) à Londres.
Nous attendons icy par momens une dépesche d'Espaigne, la quelle ne
marche pas si viste comme est de coustume pour ce que la porte un
Cavaglier de qualité laccusant lordinaire (arrivé avanthier) destre party
avant luy. Je ne manqueray aussi tost que je me trouveray chez moy
en Anvers davoir soin de vostre Tableau, en conformité de sa mesure
prenant à ma charge de faire servir V. Ex. exactement, et avecq désir
d'avoir plusieurs occasions pour monstrer mon zèle et devocion envers
son service. Je demeure à jamais
De Vostre Excellence,
très humble e très obéissant Serviteur,
PlETRO PaUOLO RuBENS.
De Brusselles, Je 18 de Guing de l'An i63o.
Au dos : Bruxelles iSJuny i63o. Mons^ Rubens à Monseig^ le viscomte de Dorchester.
Londres. Public Record Office. Foreign State Papers. Flanders 56. Publié par Noël Sainsbury, op. cit. p. 269, Ibid Traduction anglaise, p. 149, et par Ad. Rosenberg, op. cit. p. 3i3.
COMMENTAIRE
Le duc de Tursis. Carlos Doria. Le secrétaire Dorchester écrit à Sir Isaac Wake à Turin, le i5 avril i63o : « Don Carlos Doria est envoyé avec une commission et des instructions comme ambassadeur à Gênes par le roi d'Espagne. C'est un homme que le roi Charles I a bien connu en Espagne (en 1623) sous le nom de duc de Tursis. » (Noël Sainsbury, op. cit. p. 149.)
Arthur Hopton, Sir Arthur Hopton, secrétaire de Sir Francis Cottington en Espagne, plus tard, de i63i à i635 et de i638 à 1644, ambassadeur en Espagne.
Le tableau de Lord Dorchester. Le tableau dont il s'agit ne devait pas être exécuté par Rubens; celui-ci n'agissait que comme intermédiaire, ce qui résulte de sa promesse de « jfaire servir » exactement Son Excellence et du texte de la lettre écrite par Balthasar Gerbier à Lord Dorchester, le 22 juillet i63i, dans laquelle il dit : « Monsieur Rubens m'a donné les noms de ceux qui, dans cette contrée, sont dignes de peindre les tableaux que votre Excellence désire, »
(!) En marge : stilo veteri.
DCLXXIV .5juini63o. BALTHASAR MORETUS A JEAN VAN VUCHT.
En Anveres a 25 de Junio i63o.
. . . . Hebbe ontfanghen U.L. aeng^enamen van 28®'' voorleden met den ingeslotenen aen S'^ Petro Paullo Rubens, den welcken eerst van daghe hebbe konnen leveren, mits de voorleden daghen tôt Brussel is geweest : doet U.L. ende mijn heer Ferez de Baron seer grueten (aen den welcken U.L. mijne gruetenisse sal believen te doen) ende bidt geexcuseert te wesen van dat hij met dezen ordinario U.L brieven niet en beantwoordt, mits hem vindende seer geoccupeert, nu thuys komende van syne reyse. Hebbe hem gerecommandeert U.L. begeerte ; maer en vinde niet geraeden hem van den prijs iet te kennen te gheven. Want alsoo hem dickmaels voor mij hebbe geemployert, en hebbe noot te vooren accordt gemaeckt van den prijs, maer naer het voleynden hem gecontenteert volgens syne begheerte. Oock wete wel dat voor 200 oft 25o gl. niet vêle van hem en wordt gedaen, ten waere U.L- van hem begeerde eenighe materie van een oft twee personagien. Alsoo sal U.L. believen te bedencken, ende sal hem niet spreken vanden prys al eer ontfanghen hebbe naerder advis.
Archives du Musée Plantin-Moretus. Copie de lettres i625-i635, p. i38.
BALTHASAR MORETUS A JEAN VAN VUCHT.
Anvers, le aS juin i63o.
. . . . J'ai reçu votre aimable lettre du 28 du mois dernier avec la lettre incluse à M'^ Pierre- Paul Rubens, que j'ai seulement pu remettre aujourd'hui, puisque les jours précédents il a été à Bruxelles. Il vous salue ainsi que M. Perez de Baron (que je vous prie de saluer également de ma part) ; il vous prie de l'excuser s'il ne répond pas à vos lettres par ce courrier, puisqu'il
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se trouve fort occupé en revenant de voyage. Je lui ai fait connaître votre 25 juin i63o.
désir, mais je n'ai pas trouvé à propos de lui faire parler du prix. En effet,
je l'ai souvent employé, mais je n'ai jamais fait d'accord avec lui; après
l'achèvement du travail, je lui ai payé, selon son désir. Je sais cependant que
pour 200 ou pour 25o florins il ne fait pas grand'chose, à moins que vous ne
désiriez de lui une composition avec une ou deux figures. Réfléchissez-y, je ne
lui parlerai pas du prix avant d'avoir reçu plus ample avis.
DCLXXV BALTHASAR MORETUS A BALTHASAR CORDERIUS. 5 juillet i63o.
Dnus Rubenius hue redijt : Arma Régis, quae Titulum
exornent, ipsi parergo aliquo illustrandacommisi. Promisit se intra paucos dies curaturum, incisio deinde mihi curae.
Antverpiae, in officina plantiniana, 5 Quintil. i63o.
Archives du Musée Plantin-Moretus. Copie de lettres latines i628-i633, p. 106.
BALTHASAR MORETUS A BALTHASAR CORDERIUS.
Monsieur Rubens est revenu ici d'Angleterre. Je Tai chargé
d'entourer de quelqu'ornement les armoiries du roi pour en orner le titre. Il a promis de terminer ce travail en peu de jours. J'aurai soin de le faire graver ensuite.
Anvers, Ofiicine plantinienne, le 5 juillet i63o.
COMMENTAIRE
Il s'agit de la vignette destinée à orner la Catena patrum Grœcorum in S. Joannem de Balthasar Corderius. Voir plus haut p. 258.
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DCLXXVl 7 juillet i63o. BALTHASAR MORETUS A LOUIS-JOSEPH D'HUVETTER.
R^' et Clar"^ Domine.
Gratias R.V. ago, quod R^' admodum Dni Pantini, patri olim meo mihique amicissimi, imaginem bénigne offerat, at vereor ut pictor isthic non eamdem formam imitetur, quae caeteris in aula mea imaginibus respondeat, quae pleraeque sunt a D. Rubenij aevi nostri Appellis manu. Itaque gratias mihi R. V. fecerit, si suum prototypum transmittere haud gravetur, remittendum a me, ubi aliam ex eo effigiem Rubenius expresserit.
Librum pro côncesso prototype, quem voles, reponam. Vale R"^^ et Clar""® Dne, et si vicissim inservire hic possim manda.
Antverpiae, in officina Plantiniana, 7 Julij i63o.
Archives du Musée Plantin-Moretus. Copie de lettres latines 1628- 1633, p. 108.
TRADUCTION
BALTHASAR MORETUS A LOUIS-JOSEPH D'HUVETTER.
Révérend et illustre Seigneur.
Je vous remercie d'avoir bien voulu m'offrir le portrait de Monsieur Pantin, un grand anii de mon père et de moi-même. Mais je crains que le peintre là-bas ne le copie pas de façon à correspondre aux tableaux qui ornent mon salon et qui sont pour la plupart de la main de TApelle de notre siècle, Monsieur Rubens. Vous me feriez donc plaisir si vous vouliez m'envoyér votre tableau original, je vous le renverrais lorsque Rubens aurait fait d'après lui un autre portrait.
Je vous ferai parvenir le livre que vous désirez en échange de votre peinture. Je vous salue, révérend et honoré Seigneur, et je vous prie de disposer de moi si je pouvais vous rendre quelque service
Anvers, de TOfficine plantinienne, le 7 juillet i63o.
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COMMENTA IRE. 7 juillet i63o.
Balthasar Moretus fit orner le salon.de rimprimerie plantinienne d'une série de portraits placés au-dessus de la boiserie et représentant les hommes distingués qui avaient travaillé pour la maison ou qui s'étaient distingués comme protecteurs des belles lettres. Comme il le dit dans la lettre qui précède, la plupart de ces peintures étaient de la main de Rubens. D'après les .comptes de la maison plantinienne, elles étaient divisées en deux séries : la première comprenait Christophe Plantin, Jean Moretus, Juste Lipse, Platon, Sénèque, le pape Léon X, Laurent de Médicis, Pic de la Mirandole, Alphonse, roi d'Arragon. Ces neuf portraits coûtèrent chacun 14 florins 8 sous et furent payés entre 1614 et 1618, très probablement en 1616. La seconde série comprenait Pierre Pantin, Arias Montanus, Abraham Ortelius, Jacques Moretus, grand-père de Balthasar, Jeanne Rivière, femme de Plantin, belle-mère de Jean I et grand-mère maternelle de Balthasar Moretus, Martine Plantin, mère de Balthasar Moretus et Adrienne Gras, femme de Jacques Moretus. Ces sept portraits sont portés à un compte d'avoir du peintre, qui court de 1617 jusqu'au 12 avril i636, et où ils sont inscrits d'un seul trait avec les autres articles copiés d'une minute que nous ne possédons plus. Le seul, dont nous sachions avec certitude à quelle date environ il fut fait, est le portrait de Pantin, dont Moretus demanda le modèle original le 7 juillet i63o; cet original se trouvait égaré dans la maison de Rubens le 21 septembre i632 : il avait été retrouvé et copié le 29 juillet i633. Les autres sont faits à un moment qu'il serait difficile de déterminer, d'autant plus que la manière, dont ils sont traités, ne permet pas de leur assigner une date même approximative. La seule indication, que nous puissions utiliser dans cette recherche, c'est qu'ils sont inscrits dans le compte après le tableau de St. Just fait en i63o ou i63i, ce qui permet la supposition qu'ils lui sont postérieurs et ont été exécutés vers la même époque que le portrait de Pantinus, c'est-à-dire vers i633. Comme Pantinus est nommé le premier dans la série, il est probable qu'il a précédé les autres, ce qui confirme l'hypothèse, (Voir encore le commentaire de la lettre du 7 janvier i623.)
DCLXXVII
13 juillet i63o. BALTHASAR MORETUS A JEAN VAN VUCHT.
En Ambereres a i3 de Julio i63o.
Aen myn heer de Baron mijne gruetenisse ; aen den
welcken, alsoock aen U.L hadde beloeft myn heer Rubens te schrijven.
Archives du Musée Plantin-Moretus. Copie de lettres i625-i635, p. 145.
TRADUCTION
BALTHASAR MORETUS A JEAN VAN VUCHT.
Anvers, le i3 juillet i63o.
Veuillez saluer de ma part Monsieur de Baron, Monsieur
Rubens avait promis de lui écrire ainsi qu'à vous-même.
COMMENTAIRE
Il s'agit, dans la lettre que Rubens avait promis d'écrire à Jean van Vucht et à Louis Ferez, d'un tableau que ce dernier avait l'intention de commander à ce peintre. Voyez à ce même sujet les lettres de Moretus à van Vucht du l3 août, du 3i août et du 22 octobre i63o.
DCLXXVIII GODEFROID WENDELINUS A GASPAR GEVARTIUS. ai juiUet i63o.
Clarissime Vir.
Evocatione fiscal! satis repentina rapior Bruxellam, biduum illic triduumve haesurus. Quod ego condixi Rubenio nostro differendum erit in reditum meum quo me utrique vestrum sistam.
Sternum devotus
Praefestine 21 Julii i63o. G. Wendelinus.
Carpentras. Bibliothèque et Musée Inguimbert. G. Wendelinus à Gevartius.
TRADUCTION, GODEFROID WENDELINUS A GASPAR GEVARTIUS.
Monsieur.
Appelé à Bruxelles assez subitement pour une affaire fiscale, je pars de suite. Je resterai dans cette ville deux ou trois jours. Je dois donc différer de remplir ma promesse envers notre cher Rubens jusqu'à mon retour. Alors, je m'arrêterai auprès de vous et de lui.
Votre dévoué
A la hâte, le 21 juillet i63o. G. Wendelinus.
DCLXXIX BALTHASAR MORETUS A BALTHASAR CORDERIUS. aaoûti63o.
R^' in Christo Pater,
Duernionibus Catenae folium P. Hermanni Hugonis Jungo. Illa hodie absolvitur praeter praefationes, quas omitto, donec de Titulo Régis R. V, significet : cujus Arma nuptiali parergo aevi nostri Appelles
2aoûti63o. Rubenius illustravit, quae in aes jam incidenda, in frontispicio apponentur....
Antverpiae, in ofificinà plantinianâ, postrid. Kal. Aug. i63o.
Archives du Musée Plantin-Moretus. Minutes de lettres latines. Registre 1628i633, p. 116.
TRADUCTION, BALTHASAR MORETUS A BALTHASAR CORDERIUS.
Révérend Père.
Je vous envoie, en même temps qu'une feuille du père Herman Hugo, les doubles feuilles de la Catena. Celle-ci est achevée aujourd'hui à l'exception des préfaces, dont je remets l'impression jusqu'à ce que vous me renseigniez sur le titre du roi. L'Appelles de notre siècle, Rubens, a orné les armoiries du souverain d'une allégorie du mariage; je les ferai graver pour les imprimer sur le titre....
Anvers, de l'Officine plantinienne, le 2 août i63o.
COMMENTAIRE
La Catena^ dont il s'agit, est le livre Catena Patrum Grœconmi in Sanctum Joannem par Balthasar Corderius. Le livre du père Herman Hugo, dont Balthasar Moretus envoie une feuille est très probablement VObsidio Bredana, dont il publia une première édition latine en 1626, une édition espagnole en 1627, une seconde édition latine en 1629 ^^ ^^^ édition française en i63i.
DCLXXX
REQUÊTE DE RUBENS AUX MAGISTRATS DE LA VILLE saoùtiôso. D^ANVERS, DEMANDANT EXEMPTION DES ACCISES, CONTRIBUTIONS ET AUTRES CHARGES.
Aen fnynen Eerweerde Heeren Borgenieesteren, Schepenen ende Raedt der stadt van Antwerpen.
Verthoont reverentelijck Petro Paulo Rubens, Secretaris van den secreten Rade van Sijne Majesteyt etc., hoe dat hij bij U. E. over de twintich jaeren in vrye ende paisible possessie is gestelt van te genieten vrydomme van aile imposten, accijsen, wachten, contributien ende aile andere gemeyne ende borgelijcke lasten ende qualiteyt, als wesende doen ter tyt alleenlyck domesticque ordinaer van Haere Doorluchtichste Hoocheden, welcken vrijdomme al ist saecke dat' nu ter tyt niet en behoorden worden vermindert maer vermeerdert, als hebbende hy suppliant tsedert totte voors. qualiteyt noch geacquireert ende vercregen te syn Edelman van den huyse van Haere Hoocheyt met particulière permissie van niettegenstaende sijn residentie binnen dese stadt te genieten sulckdanigen vrydom als syn genietende deghene die resideren by Haeren Doorluchtichsten persoon, ende daerenboven by Syne Conincklycke Majesteyt noch synde vergunt Entretienement van viertich croonen ter maent, als oock den staet van Secretaris van den Secreten Raede van den welcken hy oock heeft possessie genomen ende gedaen den eedt daertoe staende, hier toe gevueght dat syn reysen soo naer Spaingnien als Engelant door expresse ordre van Syne Majesteyt eenich faveur behoorden te meriteren; soo ist nochtans ter contrarien dat hem in syn oude ende paisible possessie van vrydomme by eenige obstacle ende beleth wort gedaen. Bidt daeromme dat U. E. gelieve te ordonneren allen deghenen die het selve soude mogen aengaen dat sy den voors. suppliant laeten genieten aile sijne voors. vrydommen ende exemptien, in conformiteyt van de ordonnantie van Hare Doorluchtigste Hoocheyt hier annex. Dwelck doende &c.
8aoùti63o. Décisions des Magistrats.
Op de requeste van Pietro Paulo Rubens, Secretaris van den Secreten Rade van Syne Majesteyt &c% hebben mynen Heeren Borgemeesteren ende Schepenen met advis van de Trésoriers ende Rentmeestere geordonneert ende ordonneren mits desen allen denghenen die het selve sal aengaen dat sy den suppliant laeten genietén synen ouden vrydomme ende exemptie van allen accysen, wachten, contributien ende allen andere gemeyne ende borgelycke lasten deser stadt, behoudelyck alleenlyck dat hy suppliant gehouden sal sijn mede te betaelen de acht stuyvers onlancx op elcke tonne witte poortersbieren gestelt. Actum in Collegio 8 Augusti i63o. C. Gevarts.
Geordonneert den collecteurs van de vier gulden op elcke ame wyns Joncker Pietro Pauolo Rubens, Secretaris van den Secreten Raede van Syne Majesteyt &c*, te laten passeren ende volgen de wijnen voor hem ende syne familie vry van de voors. vier guldens. Actum in Collegio den 8 Augusti i63o.
Archives de la ville d'Anvers. Communiqué par l'archiviste M. F.-Jos. van den Bran DEN.
TRADUCTION