‹ Correspondance de Rubens et documents épistolaires concernant sa vie et ses œuvresChapitre 76 sur 104 · RAPPORT AU ROI SUR UNE RÉUNION DU CONSEIL D'ÉTAT TENUE A MADRID · texte numérisé non relu

RAPPORT AU ROI SUR UNE RÉUNION DU CONSEIL D'ÉTAT TENUE A MADRID

LE 23 MAI i63i.

Sire.

Henri Taylor dans ses lettres du 12, 16 et 18 mars de cette année et Pierre-Paul Rubens dans les siennes du 10 et du 18 du même mois adressées au Comte-duc d'Olivarez et écrites après le départ de l'Angleterre de Don Carlos Coloma donnent quelques nouvelles sur les projets des Hollandais contre la villede Hulst. Taylor en avait rendu compte à Madame Tlnfante et ses lettres parlaient d'envoyer ses députés au roi d'Angleterre, et de l'espoir que nourrissait le Cardinal de Richelieu qu'il aiderait les Anglais à reconquérir le Palatinat ce que ces derniers ne rejetaient pas ; elles parlaient encore de la restitution des sucres dont les Anglais s'étaient emparés et insistaient sur la nécessité que l'ambassadeur nommé arrive là-bas le plus tôt possible, pour que de son autorité et de son énergie il pousse et appuie les affaires entamées. Rubens dans ses lettres parle de différentes matières se rapportant au service de V. M. en Flandre, que V. M. a appris à connaître par de précédentes dépêches de lui et d'autres.

Le Conseil où se trouvaient réunis le marquis de Gelves, le marquis de Leganès, le marquis de Flores, don Gonzalez de Cordoue et le comte de Puebla est d'avis :

Que l'on remercie Henri Taylor des soins et de l'attention qu'il montre dans ses messages et lui ordonne de se conduire d'après les instructions que lui a laissées don Carlos Coloma et d'après les ordres de Madame l'Infante en ayant soin de se conserver en bonne intelligence avec la cour d'Angleterre et de pénétrer le plus possible ce qui s'y traite dans les différentes matières, notamment dans celles de la pêcherie qui est une affaire si importante et dans ce qui a été résolu touchant la restitution des sucres, en s'efforçant de conserver et d'améliorer les stipulations du traité de la Paix. Qu'on lui recommande d'avertir V. M. et Madame l'Infante de ce qu'il pourrait entendre des secours que le roi d'Angleterre pourrait donner au roi de Suède, en faisant le nécessaire pour qu'il refuse ou diff'ère.

Le Conseil estime qu'il est hautement désirable que l'ambassadeur nommé auprès de la Cour d'Angleterre parte incontinent, autrement Juan de Necolalde pourrait susciter des difficultés à cause du peu de temps qui lui est laissé, comme nous l'avons déjà entendu, pour terminer ce qu'il a à faire en Flandre.

a3 mai lôSi. En effet il faut faire avancer les négociations entamées à ce sujet et ne pas laisser tomber celles qui sont commencées par don Carlos Coloma. A cet effet il faut un homme du rang, de Tintelligence et de l'autorité d'un ambassadeur.

Que Ton avise Rubens de la réception de ses lettres et qu'on le remercie de ce qu'il a écrit et lui accorde les justes satisfactions qu'il réclame.

Page 1