PAR PHILIPPE IV
Philippe, par la grâce de Dieu, Roy de Castille, de Léon, d'Arragon, des Deux-Siciles, de Hierusalem, de Portugal, de Navarre, de Grenade, de Tolède, de Valence, de Galice, de Maillorques, de Sévillé, de Sardaine, de Cordue, de Corhèque, de Murcie, de Jaen, des Algarbes, de Algezire, de Gibraltar, des îles de Canaries, des Indes tant Orientales que Occidentales, des isles de terre ferme de la mer Océane, archiduc d'Autriche, duc de Bourgogne, de Lothier, de Brabant, de Limbourg et de Luxembourg, de Gueldre et de Milan, comte d'Habsbourg, de Flandres, d'Artois, de Bourgogne, de Thirol, Palatyn et d'Haynau, de
Hollande, de Zélande, de Namur et de Zutphen, prince de Zwave, aoaoûtiôsx. marquis du Saint-Empire de Rome, Seigneur de Foize, de Salins, de Malines, des cités, villes et pays d'Utrecht, d'Over-Yssel et de Groeninghe, dominateur en Asie et Africque, — à tous ceux qui ces présentes verront, salut. . Sçavoir faisons que pour la bonne relation que fait nous a esté de notre cher et féal Paul Rubens, secrétaire de nostre conseil privé es Pays-Bas, et des bons et aggréables services qu'il nous a rendus en différentes occasions, tant en nosditz Pays-Bas, en ceste nostre court, qu'en Angleterre où il a esté envoyé de nostre part pour affaires concernans grandement nostre service et le bien public, s'estant en tout honorablement et utilement acquitté de son debvoir, à nostre entière satisfaction, et avecq particulier tesmoignage de son zèle, dextérité et souffisance : pour ces causes, et tout ce que dessus considéré, mesmes afin de le stimuler davantage et luy donner occasion par quelque marque d'honneur de s'esvertuer de- plus en plus en nostre service, nous, désifans favorablement le traicter, décorer et eslever, avons à l'advis et favorable intercession de nostre très-chère et très-amée bonne tante Madame Isabel-Clara Eugenia, par la grâce de Dieu Infante d'Espagne, etc., ledict Paul Rubens fait et créé, faisons et créons Chevalier par les présentes, voulans et entendans que doresnavant il soit tenu et réputé pour tel en tous ses actes et besoignes, et jouissance des droicts, libériez et franchises dont jouyssent et ont accoustumé de jouyr tous autres chevaliers par touttes nos terres et seigneuries, signament en nos Pays-Bas, tout ainsy et en la mesme forme et manière comme s'il eust esté faictet créé Chevalier de nostre propre main; mandons et commandons à tous nos lieutenans et gouverneurs, mareschaux, et autres nos justiciers, officiers et subjects, à qui ce peult toucher en quelque manière que ce soit, que le dict Paul Rubens ils souffrent et laissent dudict titre de Chevalier, et de tout le contenu en ces dittes patentes, plainement et paisiblement jouyr et user, sans luy faire, mettre ou donner, ni souffrir estre faict, mis ou donné aucun trouble, destourbier ou empeschement, au contraire, car ainsy nous plaist-il, pour ce qu'au préalable ces dittes présentes soient présentées à Don Juan de Castille nostre secrétaire du registre des Mercedes, afin d'en estre tenu note et mémoire es livres de sa. charge. En tesmoignage de quoy nous avons signé ces présentes de. nostre ipain et à icelles faict mettre nostre grand scel. Donné en nostre
sïoaoûti63i. ville de Madrid, royaume de Castille, le vingtiçme jour du mois d'aoust de Tan de grâce mil six cent trente et un, et de nos règnes le onzième.
Philippe.
Publié par A. van Hasselt, Histoire de P. P. Rubens, 1840, p. i5o, Smit et VAN Grimbergen, Historische Levensbeschrijving van P. P. Rubens, 1840, p. 45i, Reiffenberg, Bulletin de V Académie, i" série, t. XI, p. 11.
DCCXV
aaaoûti63i. GERBIER AU LORD TRÉSORIER WESTON.
Monsieur,
Monsieur Rubens m'a souvent entretenu sur le refus que les Hollandois font de traictter par l'entremise de Sa Ma** m'a dict que TAbé d'Escaglîa estoit party de Madrid avec pouvoir de traitter avec les Hollandois, mais toutesfois que cela devoit estre par l'entremise de Sa Ma**.
Que maintenant l'on pourroit bien entrer, en pourparler, mais que l'Abé ayant les ordres l'on ne les pouroit révoquer ; Toutesfois le dict S"^ Rubens croit qu'il sera nécessaire d'en avoir d'autres ; Car les Hollandois obstinément et malitieusement ne veulent pas traitter par la voye de S' Ma** en quoy (s'il est vray) ils font cognoistre leur ingratitude et comme peu ils ont envie d'obliger le Roy de Bohême.
Bruxelles ce 12 d'Aoust i63i. Stilo Anglesi.