Marigny a Soufflot
Du 31 juillet 1766.
J'ai pris, Monsieur, les renseignements nécessaires au sujet de la demande ci-jointe des entrepreneurs de la manufacture des Gobelins et autres faisant usage des eaux de la rivière de ce nom (1), à l'effet de lui procurer une plus grande abondance d'eau par le rétablissement de la décharge des étangs de Pré- ^clos et de Villarois par l'arcade de Bue dans cette rivière; le moyen qu'on me propose n'est pas susceptible d'être mis à ■exécution parce que le trop plein de l'étang de Trappes, quand
(1) La Bièvre.
il est en superficie, ne s'écoule point dans les étangs de Préclos et de Viliarois qui ont été abandonnés vers la fin du règne de Louis XIV, mais dans ceux de Trou Salé et de l'ancien Saclay (1) ; il en coûterait plus de 60.000 1. pour remettre les premiers en état, et ils seraient de peu de secours à la manufacture parce que l'eau qu'ils contiendraient se consommerait des deux tiers avant que d'arriver aux Gobelins.
Il est d'ailleurs très rare que l'étang de Trappes soit en superficie : il ne l'a été que deux fois depuis vingt-quatre ans ; alors, lorsque ceux de Trou Salé et de Saclay sont pleins, la superficie passe effectivement par l'aqueduc de Saclay à la porte de fer à l'entrée du grand aqueduc de Bue, et de là dans la rivière des Gobelins. On pourrait, si le cas était moins rare, faciliter cet écoulement par un canal qui ne serait pas un objet de dépense considérable ; mais il est à présumer que les causes qui font élever l'étang de Trappes contribuent aussi à augmenter le volume de la rivière des Gobelins, en sorte que cet ouvrage ne serait pas même alors de grande utilité.
A l'égard de l'étang de Saint-Hubert, il n'est pareillement en superficie que dans les grandes crues d'eau, et il s'écoule dans l'étang de Trappes par le lit de rivière sans qu'il s'en perde rien.
Je ne vois en conséquence aucune possibilité de procurer par cette voie à la manufacture des Gobelins l'avantage d'une plus grande quantité d'eau ; si Ton m'en présente quelque autre plus praticable, je prends trop d'intérêt au succès de cette manufacture pour ne pas en procurer l'exécution.
Archives Nationales, O1 2046.
(1) Pour alimenter les bassins et jets d'eau de Versailles on avait songé, sous Louis XIV, à recueillir les eaux des? plaines environnantes, et on avait fait couvrir cette vaste étendue d'un réseau de rigoles qui toutes aboutissaient à l'étang artificiel de Trappes et aux deux étangs de Saclay formés en 1685.