‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 196 sur 224 · D'Angivillbr a Soufflot · texte numérisé non relu

D'Angivillbr a Soufflot

Paris, 23 juin 1774.

Je viens de voir avec surprise, Monsieur, dans une lettre* des entrepreneurs des Gobelins, la crainte vraisemblablement trop vive dont ils me paraissent affectés, sur ce que je n'ordonne en ce moment en faveur de leurs ouvriers que les .six premiers mois 1772 de la gratiûcation de 10 sols et de 20 sols par semaine qui n'a été accordée aux dits ouvriers qu'à compter de 1770 et à raison de la cherté des vivres. Quelle que soit la vivacité peu mesurée avec laquelle plusieurs de ces ouvriers ont affecté de solliciter depuis un certain temps, je ne peux me persuader que ce corps entier se permette aucun écart; cependant, comme j'aime beaucoup mieux prévenir des délits que d'être dans le cas d'en punir, mon intention est qu'au reçu de cette lettre et pour tranquilliser les entrepreneurs vous vous rendiez dans les ateliers pour y annoncer aux ouvriers que je ne suis point satisfait des démarches qu'ils multiplient depuis quelque temps, que je n'approuve point qu'ils se déplacent de leurs ateliers pour des sollicitations dont le soin ne doit être confié qu'à leurs entrepreneurs

et à vous, qu'ils ne peuvent mériter mes bontés que par leur application et leur exactitude, et qu'autant j'aurai d'empressement à procurer leur bien-être, autant ils doivent compter sur ma sévérité vis-à-vis de tous ceux qui troubleraient Tordre de la manufacture ; enfin faites-leur considérer que la gratification dont il s'agit n'est qu'une grâce qu'ils ne peuvent conserver, tant que la cause en subsistera, que par une bonne conduite.

Vous connaissez assez l'esprit d'une pareille clasie d'hommes pour calculer ce qu'il faut mettre tout à la fois de modération et de fermeté dans la commission dont je vous -charge ; il pourra être bon de parler en même temps aux créanciers par qui les ouvriers se disent poursuivis, et de les tranquilliser sur la suite des paiements de ce qui est

acquis (1).

Archives Nationales, O1 2047.

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