‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 197 sur 224 · Soufflot a d'Angivîller · texte numérisé non relu

Soufflot a d'Angivîller

Le 21 janvier 1775.

Monsieur, j'ai l'honneur de vous envoyer l'état des tentures <îe tapisseries et autres effets existant dans le magasin de la manufacture royale des Gobelins. Je pense, Monsieur, que si on avait fait des recherches dans vos bureaux, vous ne m'auriez pas taxé de négligence à cet égard, et qu'on y aurait trouvé des états donnés annuellement, à moins qu'ils n'aient été égarés dans les changements d'administration. Tl y en a eu même de très détaillés pour les différents prix et rabais auxquels le feu Roi avait approuvé que l'on vendît pour faire

(1) A noter la différence du Ion de celte lettre avec celles de Marigny; cassante et autoritaire, elle applique le système du despotisme éclairé.

<les fonds qui servissent à secourir efficacement les entrepreneurs, mais qui n'y ont pas toujours été employés. Je les ai aidés lorsque je le pouvais et que le Roi ne me devait pas six années et plus de gages ; j'ai empêché plusieurs fois la chute de la manufacture en leur prêtant des sommes très considérables et pendant longtemps ; je suis à présent, Monsieur, dans l'impossibilité de faire la même chose, ayant moi-même contracté des dettes, parce que, depuis bien des années, il m'est du par les bâtiments plus de soixante mille livres, et que, malgré les paiements que j'ai reçus en papiers qui perdaient plus de moitié et en rentes viagères, il m'en est dû encore plus de cinquante que je dois à peu près et dont je paie les intérêts.

Dans cette position, ne pouvant plus rien faire, malgré ma bonne volonté, pour la perfection et le maintien de la manufacture, j'ai l'honneur de vous adresser, Monsieur, une lettre que je viens de recevoir de M. Audran, dans laquelle il me marque l'impossibilité où il aurait été aujourd'hui de payer ses ouvriers sans le secours de son confrère, et celle où il sera de les payer samedi, si vous n'avez pas la bonté de lui en donner.

Archives Nationales, O1 2047.

Page 1