Soufflot a d'Angiviller
Paris, le 26 décembre 1776.
Monsieur, j'ai été ce matin pour avoir l'honneur de vous voir et vous rendre compte de la visite que S. A. Madame la
« rapport à ses talents que relativement à son âge et à sa conduite et à « ses incommodités d'obtenir une marque de bonté de M. le Directeur « général : il s'est toujours distingué, et il a en effet formé de bons « élèves. Il a une pension de 200 livres comme plusieurs autres aux- « quels il est supérieur, et je crois que M. le Directeur général pourrait « lui accorder 150 livres ou 200 livres de gratification sur le rôle sans « que cela tirât à conséquence. » (A. N. O1 1554).
(1) A la mort de Jacques Neilson, en 1788, Rançon, son contremaître, est commis pour suivre les travaux et veiller aux intérêts du Roi jusqu'à nouvel ordre. — La tapisserie du Massacre des Mamelucks, d'après Horace Vernet, fut exécutée par un des plus habiles tapissiers de la manufacture, M. Louis Rançon ; après l'exposition de Londres, en 1852, cette pièce fut offerte à la reine d'Angleterre comme une des meilleures productions de notre manufacture nationale. (Guiffrey, Histoire de la Tapisserie, 1886, p. 462.)
(2) Beaucoup d'orfèvres demandaient à être admis à la manufacture, car « les règlements de la communauté des orfèvres de Paris étaient si
Duchesse de Chartres a faite aux Gobelins ; elle m'a paru très satisfaite de tout ce qu'elle y a vu pendant près de deux heures qu'elle y est restée ; elle est pleine de bonté et d'affabilité ; elle était avec Madame la Princesse de Lamballe et quelques dames. Je lui ai exprimé vos regrets d'avoir été obligé de vous rendre à Versailles ; elle m'a chargé de vous dire combien elle était sensible aux ordres que vous aviez donnés, et que j'ai, Monsieur, exécutés de mon mieux. Elle a eu la bo*nté de laisser douze louis pour les ouvriers ; on a remis après les fêtes à les leur distribuer, afin qu'ils ne les mangeassent ces jours-ci.
Archives Nationales, O1 1554.
« rigoureux, que tout homme né hors de Paris ou parvenu à un certain « âge sans avoir été reçu apprenti chez un maître, fût-il un Germain père, « n'avait que la voie du privilège de la manufacture, pour être reçu « maître » ; aussi les Gobelins étaient-ils remplis d'orfèvres gagnant maîtrise, qui occupaient beaucoup de logements, forçant ainsi nombre d'ouvriers en tapisserie à loger dehors à leurs frais, ou à ceux du Roi lorsqu'ils avaient mérité cette grâce par leur ancienneté. Soufflot avait proposé d'astreindre chaque gagnant maîtrise en orfèvrerie, maître et compagnon, à une rétribution annuelle de 36 livres applicables au payement des logements des ouvriers les plus méritants qui se trouvaient logés hors de la manufacture ; mais le Directeur général n'y avait pas consenti : « J'ai fait savoir votre décision aux entrepreneurs et aux ouvriers, lui écrit Soufflot, afin qu'il n'en fût plus question, et qu'ils ne comptassent sur vos bontés que dans d'autres occasions, ainsi que vous le leur faites espérer. » (A. N. O1 2048).
— Cf. un dossier du 27 juin 1777, contenant les réponses de Soufflot à un très important mémoire du corps des orfèvres joailliers, tireurs et batteurs d'or, contre l'abus qui se commet dans l'exercice du privilège accordé à la manufacture royale des Gobelins : l'abus signalé est que les orfèvres des Gobelins y gagnent la maîtrise sans remplir les conditions de la corporation. Soufflot prend la défense des ouvriers des Gobelins. Dans sa réponse, le comte d'Angiviller promet de prendre diverses mesures de précaution. (A. N. O1 2048).