‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 219 sur 224 · D'Angiviller a Soufflot · texte numérisé non relu

D'Angiviller a Soufflot

Du 26 août 1778.

Puisque j'ai lieu, Monsieur, d'être satisfait des travaux du sieur Quémiset dont les nouveaux procédés de teinture ont

30 septembre suivant. L'ancienne brasserie est alors démolie et ne forme plus qu'un terrain dont Soufflot a toujours regardé l'acquisition comme très convenable : « J'avais, dit-il, donné pouvoir de l'acheter pour mon compte, lorsqu'il fut vendu il y a quelques années avec les bâtiments qui existaient alors ; mon dessein était de le garder jusqu'à ce que le Roi me pût rembourser, parce que je crois avantageux de le joindre aux Gobelins. » Le 25 novembre, d'Angiviller invite Soufflot à traiter sous main cette affaire (A. N. O1 2048). Mais le propriétaire se montre sans doute trop exigeant, car le projet centralisateur de l'administration n'aboutit pas, sur ce point comme sur tant d'autres. La réunion de la Savonnerie aux Gobelins n'eut lieu qu'en 1827. — A noter cependant, deux ans après, la réunion de la manufacture de Sèvres à l'administration des Bâtiments du Roi. Soufflot en félicite le nouveau directeur de la manufacture, le comte d'Angiviller, le 28 mai 1780 : « Monsieur, j'aurai pu vous faire, il y a environ quinze jours, le compliment que j'ai l'honneur de vous faire aujourd'hui et qui est très sincère sur la réunion de la manufacture de Sèvres à votre administration ; mais jusqu'à ce que les choses soient terminées, il peut y avoir des variantes que la prudence doit faire craindre. Je n'ai appris qu'hier au soir que tout était dit, et profite avec empressement du départ de M. le marquis de Bellecizes qui va à Versailles pour n'être pas des derniers à vous féliciter sur un événement qui doit vous être fort agréable, quoiqu'il soit très naturel : de tout temps j'avais été étonné que, dans le principe, cette manufacture n'eût pas été jointe aux deux autres ; elle ne peut qu'y gagner puisque vous avez tous les bons artistes à votre disposition. Je crois que M. Bachelier, avec qui j'en ai souvent causé, peut vous donner bien des éclaircissements utiles sur les remèdes à apporter aux abus, et sur le bien à y faire : il y est depuis l'origine. » (Arch. Nat. O1 1554). Le comité des finances du 16 août 1783 décidera que les Bâtiments verseront tous les ans 80.000 livres dans la caisse (étrangère aux constructions) de la manufacture de porcelaine de Sèvres, qui, jusqu'alors, avait reçu ce secours annuel du Domaine ; et l'entretien des bâtiments de cette manufacture, que le Domaine avait fait construire par ses architectes, sera mis aissi à la charge des Bâtiments.

pour la plus grande partie eu des avantages sensibles sur les anciens, j'ai conçu la nécessité d'attacher à la manufacture des Gobelins un chimiste habile, soit pour diriger par ses connaissantes en chimie les nouveaux essais de teinture qui pourront s'y faire par le sieur Quëmiset, soit pour constater tout de suite par les opérations convenables la solidité des couleurs données par les procédés nouvellement inventés, soit enfin pour s'occuper particulièrement des divers objets qui peuvent tendre à perfectionner cette partie du travail de la manufacture. 11 m'a paru que c'est par un établissement semblable qr.e la manufacture de la porcelaine de Sèvres a pris tout-àcoup, en ce qui concerne la bonté de ses ouvrages, un degré de perfection inconnu pendant longtemps ; j'ai donc proposé cet arrangement au Roi qui Ta agréé, et a nommé pour être attaché à la manufacture des Gobelins en qualité de Chimiste M. Cornet, jeune chimiste de la plus grande espérance, élève et coopérateur actuel de M. de la Sonne, dernièrement reçu de l'Académie Royale des Sciences. Il faudra pendant votre séjour à Versailles prendre jour avec lui pour, après votre retour à Paris, le conduire à la manufacture et l'y faire reconnaître en cette qualité ; je ne doute point que ses talents pour la chimie ne hâtent beaucoup le progrès de la teinture dans cette manufacture (1).

(1) Avant Neilson les couleurs des soies et des laines composant les tissus étaient sujettes à de promptes altérations. Neilson, dès 1756, s'occupait de découvrir une nouvelle méthode de teinture ; en 1769, il obtint que l'atelier des teintures fût reconstitué et dirigé par les trois entrepreneurs ; de 1773 à 1784, il resta seul directeur des teintures; sous lui, l'habile teinturier Quémiset parvint à « déterminer d'une manière constante les procédés par lesquels on peut parvenir, à coup sûr et sans tâtonnement, à teindre la laine et la soie de toutes les couleurs composées et les tons rompus qui s'emploient dans les tapisseries. » Lui et Neilson avaient donc fait l'analyse très nette des couleurs composées.

Dans un mémoire du 3 juin 1783, Neilson déclarera qu'il est « le pre- « mier qui ait déposé au magasin du Roi les procédés de plus de mille

J'ai arrêté au surplus le règlement que vous m'avez proposé de- faire relativement aux devoirs de tous ceux qui sont employés dans la teinturerie des Gobelins. Je le joins ici, afin que vous l'envoyiez à M. Belle pour le lire aux teinturiers et en maintenir l'exécution (I).

Archives Nationales, O1 1133.

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