AU COMTE SÉBASTIANI, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Trieste, 31 Mars 1831.
Monsieur le Comte,
J'ai reçu le 16 mars dernier la lettre par laquelle votre Excellence me fait connaître que S. M. (1) a jugé utile au bien de son service de me nommer consul à Civita-Vecchia. Votre Excellence veut bien ajouter que, dans le cas où une occasion favorable se présenterait, elle voudrait bien faire valoir mes anciens ser\àces auprès de S. M.
J'ai 14 ans et 7 mois de ser\'ice, non compris les campagnes, et toujours à l'étranger. J'ai été intendant à Sagan et à Bruns^^"ik. J'ai vu et administré les étrangers à Milan, Berlin, Moskou, etc. J'ai fait avoir à l'armée de Moskou en retraite, la seule distribution de pain qui, je crois, lui ait été faite. M. le comte Daru, alors ministre secrétaire d'Etat, daigna me remercier au nom du général en chef.
La chute de Trieste à Civita-Vecchia est sensible.
J'ai remis le service du consulat de Trieste à M. Levasseur le 30 mars dernier.
La voie de mer était la plus facile pour me rendre de Trieste à Ancône, que nous savions devoir ne pas tenir, et, de là, à Civita-Vecchia. J'ai préféré la voie de terre, pensant que peut-être à Ci^'^ta-Vecchia je trouverais un chiffre que je n'avais pas à Trieste. Je suis autorisé à croire qu'à la poste on prônait extrait des lettres par moi érrites on reçues. Les autorités ont été sensibles à un compliment mérité que
(1) Sa Majesté (Louis-Philippe).
je leur adressais à la fin de la dépêche qui transmettait à Votre Exceller ce seize états de commerce annuels et trimestriels.
J'aurai l'honneur d'adresser im rapport à Votre Excellence, aussitôt mon arrivée à Florence.
Je suis, etc. H. BEYLE.