‹ Correspondance de StendhalChapitre 51 sur 134 · MARTINI · texte numérisé non relu

MARTINI

On joue toujours à la gatta cieca, en Navarre, la reine va être obligée de se jeter dans les bras du parti Mina.

On vous aura appris que M™^ Letitia [Bonaparte] est morte le 5 septembre, on ne dit rien encore de son testament. Elle aurait dû donner la propriété aux enfants les plus jeunes de Jérôme et de Lucien, et ne laisser à ces fous que la simple jouissance. Du reste quel beau caractère ! Où est la reine, en Europe, dont le moral se soit élevé à cette hauteur ? Rien de nouveau sur la Caisse d'Escompte. L'embarras de changer en pièces d'or les verghe [lingots] d'or avant le 15 octobre ne doit pas être mince. Je suis comme mon ami de Naples, je vois tout cela bien en noir. Je voudrais que cet ami eût une terre de 30.000 écus en Suisse, ou du moins en Toscane, vers Lucques, pour avoir du pain en cas de tourmente. Les Jacobins furieux mettraient un impôt terrible sur les cent plus riches des villes et couperaient la tête aux 8 ou 10 plus riches pour amener la confiscation. Quod Deus avertat.

Mille compliments à M™^ la Comtesse. J'espère qu'elle aura été contente de la fête de Pie di Grotta. Tolède vis-à-vis les Fiorentini est comme les rues Vivienne, Richelieu et St-Honoré à Paris. Je recommande à M™^ Julia la tête de Scipion en bronze aux Studj, le Jeune Berger apprenant à jouer de la flûte du Cabinet secret, et le tableau derrière le maitre-autel à San Martino.

Jusques à quand jouera-t-on D. Giovanni de Mozart à San-Carlo ? Vers le 15 octobre je pourrai aller passer 8 jours à Naples uniquement pour revoir Don Giovanni et M"^ Angélique. Ne lui dites pas cela. Mais demandez au prince Tori jusques à quand on donnera D.Giovanni. Mes lettres de Paris du 27 août ne disent rien.

J'espère que les enfants se portent bien.

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