C. (1) AU BARON DE MA RESTE A PARIS
Roine^ le 'l'i Diars 1835.
Votre .M. de M... part deiiiain pour .Xajties, et jieiil-étr(> pour Constantinople, par le bateau napolitain. II est forti aimable (^t n'a pas manqué d'acheter beaucoup d'antiquités, comme font tous les gens riches. Ces'"messieurs partent toujours de ce principe irréfragable : avoir de Targent pour acheter des statues, c'est une raison pour s'y connaître.
Je m'occupe beaucoup des t»nnbeaux de Tarquinies, à trois lieues de mon trou. Nous creusons dans ce Père-JAieliaise; cpiand on trouve un tombeau intact (ce qui arrive une fois sur cent), on jouit, ])endant
(1) Original : Collection de M. P.- A. Cherainy.
une heure, de la vue du grand homme mort, revêtu de tous ses ornements, une couronne d'or sur le crâne ; les feuilles de laurier en or sont bien plus légères que du papier. Bientôt tout tombe en poussière très humide, presque en boue, et l'on est réduit à pêcher, avec une épingle, les feuilles de laurier dans cette boue. Cela a trois mille ans au moins, et rejette vivement la pensée au temps où les poésies d'Homère étaient dans l'état de notre Bible.
Les arts sont f.... ! bis f.... ! Le seul Tanerani fait de petites jolies choses, sans énergie. La Médée de ^L Lemoine est bien. — J'ai beaucoup vu M. Gudin-Marine qui part à la fin du mois.
Mille tendresses à [M^L Delécluze, Lolot, Barrai, madame Ancelot et le bon Tourangin. Mille tendresses à Fiori. Je serais le dernier des hommes si je ne pensais pas à lui]. (1)
CHOMONT.
AU BARON DE MARESTE A PARIS
Civita-Vecchia, 1er açril [1835].
M. Gudin (Marines) vous parlera de nos admirables découvertes en Art Etrusque et en grec. Remarquez bien ce point.
M. Colomb (35 Godot do Mauroy) que vous connaissez peut-être, a la bonté d'acheter pour moi, chez Baudry, plusieurs romans de Walter-Scott annoncés à cinq francs, un de mes amis, M. Féburier, les obtient pour 4 fr. 50. Pourriez-vous envoyer parla poste audit Colomb un mot qu'il montrera audit Baudry ? A la vue de ces sacrés caractères, le Baudry lâchera chaque volume à 4 fr. 50.
Je viens d'assister à la plus admirable découverte : un sarcophage
quadrilatère, huit pieds de long, quatre scènes d'un fait tragique à
nous inconnu et apparemment célèbre parmi les
y^ y^ Etrusques, fort bien sculptées sur les quatre
\y^ faces. C'est le plus bel échantillon de l'art étrusque. Cela est contemporain d'Homère, peut-être antérieur, tît vaut deux millt> écus. Le gouvernement le ferait estimer
(1) CdIoihI) a ajouté, à cette Icttn'. diMix parawrapbes riui appartiiMinent à celle du l"-- Avril 1835.
(2) Collection de M. P.-A. Cheramy.
trois cents et payerait Dieu sait quand ? De là, nécessité du secret. M. Marzi a deux mille arpents, sur lesquels il a acheté le droit de fouille. Il cède son droit moyennant le tiers des produits. Cette mine est vierge ; on n'a commencé à l'exploiter qu'en 1823. Mille compliments.
Cher de CUTENDRE.
A ROMAIN COLOMB A PARIS
Rome, le 9 avril 1835. — Temps infâme.
Mon chef ici paraît fort content de Dominique (1). Le premier secrétaire pense que ledit chef me donnera une lettre très favorable. 11 trouve que Dominique n'a qu'un seul péché à se reprocher : le peu de résidence. Comme il a vu deux fois Civita-Vecchia, il est tout disposé à excuser ce péché. Le premier secrétaire m'a dit : Mais que peut-on vous reprocher ? Je n'ai pas fait la confidence des choses curieuses : je les ignore.
Une conversation de deux heures avec l'ambassade, moins le patron, a été on ne peut plus rassurante. Le patron est malade ; ainsi je ne pourrai lui demander la lettre que vers le 15 avril. Satisfera-t-elle Monseigneur, la regardera-t-il comme bastante, pour paralyser les effets de l'idée qu'ont les commis que je me suis moqué d'eux ?
De plus, il se trouvait là un bon et aimable attaché, qui a passé quinze jours à Gibraltar et qui m'a juré que ledit Gibraltar vaut cent Civita-Vecchia. Donc, si l'on ne peut pas avoir Two Thousand (2) à Lutèce, je demande Gibraltar, qu'on t'offrait à demi il y a trois mois et que je refusai alors.
Peut-être les commis désirent-ils Civita-Vecchia pour quelque poitrinaire de leurs amis. Le castor poursuivi et serré de trop près, se coupe la queue d'un coup de dent, et les chasseurs, ayant leur objet, le laissent tranquille.
Mais avant tout deux mille quatre cents francs à Lutèce. A l'ambassade, on m'a dit : Dominique a-t-il volé ? A-t-il assassiné ? A-t-il
(1) Reyle lui-même.
(2) Deux mille.
non résidé ? — Nous répondrons non aux deux premières accusations et l'on excusera la troisième.
Qu'est-ce que mon chef d'ici devrait écrire pour Dominique, à ton avis ?
M. C... n'est point à Marseille, mais j'ai des lettres aujourd'hui ; on y a peur du choléra qui est à Padoue et à Bergame.