‹ Correspondance de StendhalChapitre 75 sur 134 · I (1) AU BARON DE MARESTE · texte numérisé non relu

I (1) AU BARON DE MARESTE

[Paris], dimanche soir [23 octobre 1837].

Je suis ravi de ce que vous m'envoyez, c'est excellent, il y a autant de pensées que de lignes. Je l'insère tel quel.

Donnez-moi bien vite Marseille et Nîmes (2). Le Musée de Marseille n'est-il pas dans l'église d'un couvent situé près des belles allées de Meillan ? J'aurais besoin de Marseille et Nîmes d'ici cinq ou six jours. Me voilà faisant des vœux pour la pluie. Ce soir, il y a le thé chez le docteur Dalmas (27, Luxembourg).

Il est question d'un dîner pour demain au Rocher. Sharpe part lundi à minuit. Vous serait-il plus commode de dicter vos excellents musées, à mon discret et excellent copiste (3) ? Il irait chez vous à vos heures. Jamais il ne parle. Une fois la glace rompue et l'ennui de dicter à un inconnu, vous pourriez dicter vos Mémoires qui vous feront un nom dans cent ans. Vous les légueriez au fils de M. Monfrey, ou au libraire qui imprimera l'Almanach Royal en 1878.

(1) Collection de M. P.- A. Cheramy.

(2) Pour les Mémoires d'un Touriste.

(3) M. Bonnaire.

202 COHHESPONDANCE HE STENDHAL

AL NOiilL UOMU IL SIGXOH CONTE CLM, PALAZZO CINl,

PLvzzA 1)1 i»ii:tra, ROMA

[Paris], 8, Cauniartin, 28 novembre 1837.

Cher et aimable Comte, j'ai remis votre affaire à M. Colomb, monsieur fort entendu. Votre lettre est charmante. Ecrivez-moi, je vous prie, beaucoup de détails. \'()us vous en acquittez à ravir. Mille amitiés à Don Fi., Annibal, D. Michel, mes respects à l'aimalile Comtesse. Songez à décamper si monsieur choléra revient (1).

(I) Ce mot écrit sur une bande de papier aicoin patinait iiiic IcUit. i\nr vdici, de Humain Colomb au Comte Cini :

Paris, le 'JM iKivi'inlirv 18:};.

Monsieur le Comte,

M. Beyle, consul de F'rance à Civita-Vecchia, m"a confié la procuration que vous lui avez adressée à l'effet de :

1° Obtenir une expédition authentique du testament de feu Mme Canfora, déposé et ouvert dans le mois d'avril dernier, en l'étude de M"" Morisseau, notaire à Paris, rue Richelieu, n» 60.

2" Rechercher si Mme Canfora n'aurait i)as fait de dispositions postérieures au testament ci-dessus.

.Je viens de déposer la |)rocuration au ministère des Affaires étrangères, pour faire légaliser la signature du charpé d'affaires de France à Rome ; sous deux jours cette formalité sera remplie. Il faudra alors remettre la procuration à un interprète assermenté pour la faire traduire en français et lui donner le caractère d'authenticité ni'cessaire. Après ces préliminaires, je me présenterai à M- Morisseau. notaire, pour obtenir une expéditiim du testament et j'examinerai s'il réunit les conditions légales.

Quant à ce qui concerne la recherche d'un testament qui aurait pu être fait ultérieurement, le meilleur moyen serait, selon moi, d'insérer, dans trois journaux accrédités, un avis à cet éjjard. Mais puisque vous répupnez, monsieur le Comte, à l'emploi de ce mode, j'écrirai une lettre circulaire à MM. les notaires de Paris et de la Banlieue. Si donc le testament (|ue vous avez intérêt à trouver a été déposé chez l'un de MM. les notaires du département de la Seine, j'espère le découvrir. Si au contraire ce testament était dans l'élude de (pielque notaire hors du département de la Seine, le moyen que j'emploie pour le trouver serait insuffisant.

Enfin, monsieur le Comte, vous jugerez si dans le cas où mes démarches n'amèneraient aucun résultat, il ne vous conviendrait |)as d'user d'un moyen de publicité dont l'étendue ()ourrait être plus favorable à mes recherches, celui des journaux. Je pourrais choisir certains journaux d'affaires fort rt'pandus parmi les gens ipii s'occupent spécialement d'affaires et qui très prohabN-ment ne vont pas à Rome. .le vous prie d'être persuadé que je ne négligerai rien de ce qui pourrait servir vos intérêts.

J'ai l'honneur d'être avec la plus haute considération,

Monsieur le Comte, Votre très humble et très obéissant serviteur,

R. COLOMB

Chef du bureau de la complabilàé aux messageries royales, rue Notre- Dame- des- Victoires à Paris.

A MAD.AaME JULES GAULTHIER, A SALNT-DENIS.

Paris, le 20 décembre 1837.

Il ne faut pas montrer du bonbon à un enfant, et puis lui dire : Tu n'en auras pas. Quand je suis auprès de cette dame dont vous me parlez, ma chère Jules, je pense au bonbon, et je ne trouve rien à dire sur autre chose.

Quoique j'écrive indignement, je me permettrai de me plaindre de votre écriture. Je n'ai pu comprendre ce dont Madame de Tascher a de l'inquiétude.

J'ai un ami à Pise, je lui écrirai dès que je pourrai me rapeler son nom.

C'est un grand et beau niais, parfaitement honnête et très noble, qui vit magnifiquement d'un emploi superbe de quinze cents francs.

Avertissez-moi quand vous viendrez rue Duphot ; j'y ai passé cinq ou six fois : toujours : « Ces dames sont en campagne. »

Lisez dans le Journal du Commerce des 16, 17, 18 et 19 de ce mois, une réfutation allemande de Constantine, traduite par M. 0... Cela est sublime, digne de lord Byron. Mille amitiés.

GHAPPUY.

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