‹ Correspondance de StendhalChapitre 88 sur 134 · G (2; A MADAME ROMAIN COLOMB A 1\MUS · texte numérisé non relu

G (2; A MADAME ROMAIN COLOMB A 1\MUS

Paris, le 9 juin 1839.

Mon adorable cousine,

Ne pouvant pas avoir de tête-à-tête avec vous, je pi-ends le parti de vous écrire. Je crains réellement que Colomb ne couve une maladie. Cette ligure rouge, le dégoût dont il se plaint, le ehangement de son humeur, sont des signes funestes.

Je pense que, par vanité, il veut tout faire à son bureau et aussi pour ne pas laisser prendre pied, comme on dit, à son lieutenant.

Comme les femmes, à Paris, peuvent tout, forcez-le à demander lui congé de huit jours pour se soigner. En voyant sa tête rouge, on le lui accordera.

Emmenez-le à Chantilly et faites-lui mettre cpiinze sangsues. Une semaine passée là, dans le sein du bonh(>ur domestique et des grands arbres, le remettra tout à fait dans son état ordinaire. Forcez-le à all(>r à Saint-Germain tous les dimanches par le chemin de fer.

Enfin, consolez-vous : si vous le perdez, je vous épouserai (3).

COTONET

(1) Voir l'articlo qiio Balzar écrivit sur /« r/mr/rrfrsr dans la Rniir Parisienne, p. 2/8.

(2) Original : Collection de M. C. Stryienski. Lettre... a^n'intMiti'-f par Colomb. Voir Soirées du Stendhal-club, p. 257.

(.1) Colomb a ajouté : « comme n<Mis ou sommes convenu-; Ions Irois. »

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