‹ Correspondance de StendhalChapitre 98 sur 134 · A MADAME VIRGINIE ANGELOT, A PARIS · texte numérisé non relu

A MADAME VIRGINIE ANGELOT, A PARIS

Civita-Vecchia, le i^'^ septembre 1840.

Permettez, Madame, que je vous présente M. Ubaldino Peruzzi, jeune Florentin qui va passer quelques années à Paris. Le Dante fait un bel éloge de son grand-père, et pour ne pas déchoir, il s'est donné une brillante éducation ; il parle le français de façon à sentir toutes les grâces de votre conversation.

Savez-vous, madame, qu'un journal de Naples, vers septembre 1839, offrait aux dilettanti de cette grande ville une description de

(1) Fille de Lucien Bonapnrte. [irinre de Canino.

VOS mercredis ? Il y avait plusieurs fragments de votre conversation et même un superbe bon mot de mademoiselle votre fille. Je me recommande au souvenir de la belle recluse, et compte lui faire la cour à mon retour à Paris, vers 1845.

Je vous écris d'une petite maison de campagne, à une lieue de Civita-Vecchia, où je ne possède que de gros papier officiel. A propos d'officiel, j'oubliais de vous dire que M. Ubaldino Peruzzi est neveu du ministre de Toscane à Paris. Et moi je serais plus heureux qu'un ministre si je paraissais aux mercredis. — Je présente mes petits compliments aux anciens du lieu qui se souviennent encore de moi.

H. BEYLE

P. S. — Cet effroyable papier de cuisine me fait rougir. Qut^l papier à mettre sous les yeux de la dixième Muse ! 0 Apollon !

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