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G79. (1) A MONSIEUR

Civita-Vecchia, le 29 septembre 1840.

Monsieur,

Je vous prie de mettre dans le paquet du ministère les deux lettres ci-jointes écrites par moi, et de faire parvenir à monsieur le consul do Barcelone, vous priant de mettre les frais à mon compte. Je pense que le bateau à vapeur se chargera de la lettre pour Barcelone.

Je recommande à votre obligeance les journaux si intéressants dans (illisible).

Agréez l'hommage de la considération la plus distinguée.

H. BEYLE

(I ) Collection H. Cordier. Voir Stendhal el ses amis. Noies d'un curieux, p. 106.

CORRESPONDANCE DE STENDHAL 2o i

A M. HONORÉ DE BALZAC A PARIS

Civita-Vecchia^ le 30 octobre 1810.

J'ai été bien surpris, hier soir, monsieur. Je pense que jamais personne ne fut traité ainsi dans une Revue (1) et par le meilleur juge de la matière. Vous avez e\i pitié d'un orphelin abandonné au milieu de la rue. Rien de plus facile, monsieur, que de vous écrire une lettre polie, comme nous savons faire vous et moi. Mais, comme votre procédé est unique, je veux vous imiter, et vous répondre par une lettre sincère. Recevez mes remerciements des conseils encore plus que des louanges.

J'ai relu la Revue hier soir, et oe malin j'ai réd'nt à quatre ou cinq pages (2) les cinquante-quatre premières pages que vous poussez dans le monde. Je dois vous avouer cependant que j'éprouvais la jouissance la plus vive en écrivant ces pages; je parlais de choses que j'adore et je n'avais jamais songé à Vart de faire un roman.

Je pensais n'être pas lu avant 1880 ; j'avais renvoyé à cette époque les jouissances de V imprimé. Quelque ravaudeur littéraire, me disaisje, fera la découverte des ouvrages dont vous exagérez si étrangement le mérite. Votre illusion va bien loin ; par exemple, Phèdre. Je vous avouerai que j'ai été scandalisé, moi qui suis cependant assez disposé pour l'auteur.

Puisque vous avez pris la peine de lire trois fois ce roman, je nourris le projet de vous faire bien des questions à la première rencontre sur le boulevard.

1° Est-il permis d'appeler Fabrice Jiotre héros ? 11 s'agissait de ne pas répéter si souvent le mot Fabrice ;

2' Faut-il supprimer l'épisode de f'^austa, qui est devenu bien long en le faisant ? Fabrice saisit l'occasion qui se présente de démontrer à la duchesse qu'il n'est pas susceptible d'amour.

Les cinquante-quatre premières pages me semblaient une introduc-

(1) Il s'agit de la Revue Parisienne du 25 septembre 1840, revue dont M. de Balzac était à peu près l'unique rédacteur, et dont il n'a paru que trois numéros. (R. C.)

(2) Corrections restées à l'état de projet. Cf. Brun. Marginalia. Revue Blanche du 15 octobre 1901. (A. P.)

tion gracieuse. J'avais trop de plaisir, j'en conviens, à parler de ces temps heureux de ma jeunesse. J'eus bien quelques remords en corrigeant les épreuves ; mais je songeais aux premiers demi-volumes si ennuyeux de Walter-Scott, et au préambule si long de la divine Princesse de Clèves.

J'ai fait quelques plans de romans, je ne saurais en disconvenir; mais faire un plan me glace. Plus ordinairement, je dicte vingt-cinq ou trente pages ; puis, lorsque le soir arrive, j'ai besoin d'une forte distraction ; le lendemain matin il faut que j'aie tout oublié. En lisant les trois ou quatre dernières pages du chapitre de la veille, le chapitre du jour me revient. Mon malheur ici, c'est que rien n'excite la pensée ; quelle distraction puis-je trouver au milieu des cinq mille marchands de Civita-Vecchia ? Il n'y a là de poétique que les douze cents forçats ! impossible d'en faire ma société. Les femmes n'ont qu'une seule pensée : celle de trouver le moyen de se faire donner un chapeau de France par leur mari.

J'abhore le style contourné, et je vous avouerai que bien des pages de la Chartreuse ont été imprimées sur la dictée originale. Je dirai comme les enfants : je n'y retournerai plus. Il y eut soixante ou soixante-dix dictées ; j'étais pressé par les idées ; j'égarai tout le morceau de la prison que je fus obligé de refaire ; mais que vous font ces détails ?

Je crois que depuis la destruction de la cour, en 1792, la part de la forme devient plus mince chaque jour. Si M. Villemain, que je cite comme le plus distingué des académiciens, traduisait la Chartreuse en français, il lui faudrait trois volumes pour exprimer ce que l'on a donné en deux. La plupart des fripons étant emphatiques et éloquents, on prendra bientôt en haine le ton déclamatoire. A dix-sept ans, j'ai failli me battre en duel pour la cime indéterminée des forêts (1) de Chateaubriand, qui comptait beaucoup d'admirateurs au sixième de dragons. Je n'ai jamais lu la Chaumière indienne ; je ne puis souffrir M. de Maistre (2) ; mon mépris pour la Harpe va jusqu'à la haine. Voilà sans doute pourquoi j'écris si mal : c'est par amour exagéré pour la logique.

Mon Homère ce sont les Mémoires du maréchal Gouvion-Saint- Cyr. Montesquieu et les Dialogues des ^/orts dr Féiidoii me sf'nii)l(M)t

(1) Atala, récit des chasseurs.

(2) Cf. Soui'enirs inédits de Dt'-léduzc. Reiiir Rétrospertiic, V juin 1880, p. 276 et siiiv. A. I'.

bien écrits; il n'y a pas quinze jours que j'ai pleuré en relisant Aristono'ùs ou VEsclave d'Alcine.

Excepté madame de Murdauff et ses compagnons, quelques romans de George Sand et des nouvelles écrites dans les journaux par M. Soulié, je n'ai rien lu de ce qu'on a imprimé depuis trente ans. Je lis souvent l'Arioste, dont j'aime les récits. La duchesse est copiée du Corrège (c'est-à-dire produit sur mon àme le même effet que le Corrège).

Je vois l'histoire future des lettres françaises dans l'histoire de la peinture. Nous en sommes aux élèves de Pierre de Cortone qui travaillait vite et outrait les expressions, comme madame Cottin, qui fait marcher les pierres de taille des îles Borromées.

En composant la Chartreuse, pour prendre le ton, je lisais cliaque matin deux ou trois pages du Code civil, afin d'être toujours naturel ; je ne veux pas, par des moyens factices, fasciner l'âme du lecteur. Ce pauvre lecteur laisse passer les mots ambitieux, par exemple, le ve?it qui déracine les vagues ; mais ils lui reviennent après l'instant de l'émotion. Je veux, au contraire, que, si le lecteur pense au Comte Mosca, il ne trouve rien à rabattre.

Je vais faire paraître au foyer de l'Opéra Rassi et Riscara, envoyés à Paris comme espions, après Waterloo, par Ranuce Ernest 1\'. Fabrice, revenant d'Amiens, remarquera leur regard italien et leur milanais serré, que ces observateurs ne croient compris par personne. ( 1 )

Tout le monde me dit qu'il faut annoncer les personnages, que la Chartreuse ressemble à des mémoires et que les personnages paraissent à mesure qu'on en a besoin. Le défaut dans lequel je suis tombé me semble fort excusable ; n'est-ce pas la vie de Fabrice qu'on écrit ? Impossible de faire disparaître entièrement le bon abbé Blanès ; mais je le réduirai. Je croyais qu'il fallait des personnages ne faisant rien, mais seulement touchant l'âme du lecteur et ôtant l'air romanesque.

Je vais vous sembler un monstre d'orgueil. Quoi ! dira votre sens intime, cet animal-là, non content de ce que j'ai fait pour lui, chose sans exemple dans ce siècle, veut encore être loué sur le style ! Mais il ne faut rien cacher à son médecin. Souvent je réfléchis un quart d'heure pour placer un adjectif avant ou après son substantif. Je cherche à raconter avec vérité et avec clarté ce qui se passe dans mon

(1) Voir Deux chapitres inédits de la Chartreuse de Parme. Soirées du Stendhal-club, pp. 101-120 (A. P.)

cœur. Je ne vois qu'une règle : être clair. Si je ne suis pas clair, tout mon monde est anéanti.

Je veux parler de ce qui se passe au fond de l'âme de Mosca, de la duchesse, de Clélia ; c'est un pays où ne pénètre guère le regard des enrichis, comme le latiniste, le directeur de la monnaie, M. le comte Roy, etc., etc., le regard des épiciers, des bons pères de famille, etc.

Si à l'obscurité de la chose, je joins les obscurités du style de M. Villemain, de madame Sand, etc. (supposé que j'eusse le rare privilège d'écrire comme ces coryphées du beau langage) ; si je joins à la difficulté du fonds les obscurités de ce style vanté, personne absolument ne comprendra la lutte de la duchesse contre Ernest IV.

Le style de M. de Chateaubriand et do M. Villemain me semble dire :

1° Beaucoup de petites choses agréables, mais inutiles à dire (comme le style d'Ausone, de Claudien, etc.).

2° Beaucoup de petites faussetés agréables à entendre.

A mesure que les demi-sots deviennent plus nombreux, la part de la forme diminue. Si la Chartreuse était traduite en français à la mode de madame Sand, son succès serait assuré, mais pour exprimer ce qui se trouve dans les deux volumes actuels, il lui en eût fallu trois ou quatre. Pesez cette excuse.

Le demi-sot tient par-dessus tout aux vers de Racine ; car il comprend ce que c'est qu'une ligne non finie. Mais tous les jours le vers devient une moindre partie du mérite de Racine. Le pui)lic, en se faisant plus nombreux, moins mouton, veut un plus grand lutnibre de petits faits vrais sur une passion, sur une situation de la vi«\

Combien Voltaire, Racine, etc., tous enfin, excepté Corneille, ne sont-ils pas obligés de faire des vers chapeaux pour la liine. Kh bien, ces vers occupent la place qui était due légitimement à de petits faits vrais.

Dans cinquante ans, M. Bignan ou les Bignan de la prose auront tant ennuyé, avec des productions élégantes et dépourvues de tout autre mérite, que les deini-sots seront en peine ; leur vanité voulant toujours qu'ils parlent de littérature et qu'ils fassent semblant de penser, que deviendront-ils quand ils ne pourront jtliis s'accrocher à la forme ? Ils finiront par faire leur dieu de Voltaire. Le même esprit ne dure que deux cents ans ; en 1978, Voltaire sera Voiture ; mais le Père Goriot sera toujours le Père Goriot. Peut-être les demi-sots seront-ils tellement peines (h; n'avoir plus leurs chères règles à admi-

rer qu'il est fort possible qu'ils se dégoûtent de la littérature et se fassent dévots. Tous les coquins politiques ayant un ton déclamatoire et éloquent, l'on en sera rassasié en 1880. Alors peut-être on lira la Chartreuse.

Je le répète, la part de la forme devient plus mince chaque jour. Voyez Hume. Supposez une histoire de France, de 1780 à 1840, écrite avec le bon sens de Hume ; on la lirait, fût-elle écrite en patois. La Chartreuse est écrite comme le Code civil ; je vais corriger le style, puisqu'il vous blesse ; mais je serai bien en peine. Je n'admire pas le style à la mode : il m'impatiente. Je vois des Claudien, des Sénéque, des Ausone. On me dit depuis un an qu'il faut quelquefois délasser le lecteur en décrivant le paysage, les habits... Ces choses m'ont tant ennuyé chez les autres. J'exagérerai.

Quant au succès contemporain auquel je n'aurais pas songé sans la Revue parisienne, il y a quinze ans que je me suis dit : « Je deviendrais candidat pour l'Académie si j'obtenais la main de mademoiselle Bertin qui me ferait louer trois fois la semaine ». Quand la société ne sera plus tachée d'enrichis grossiers, prisant avant tout la noblesse, justement parce qu'ils sont ignobles, elle cessera de fléchir le genou devant le journal de l'aristocratie. Avant 1793, la bonne compagnie était le vrai juge des livres. Maintenant elle rêve le retour de 93, elle a peur, elle ne saurait plus juger. Voyez le catalogue qu'un petit libraire, près Saint-Thomas d'Aquin, prête à la noblesse, sa voisine. C'est l'argument qui m'a le plus convaincu de l'impossibilité de plaire à ces peureux, hébétés par l'oisiveté.

Je n'ai point copié M. de Metternich que je n'ai pas vu depuis 1810, à Saint-Cloud, quand il portait un bracelet des cheveux de Caroline Murât (l),si belle alors. Je n'ai nullement regret à tout ce qui ne doit pas arriver; je suis fataliste et je me cache. Je songe que j'aurai peutêtre quelque succès vers 1860 ou 80 ; alors on parlera bien peu de M. de Metternicli, et encore moins du petit prince. Qui était premier ministre d'Angleterre du temps de Malherbe ? Si je n'ai pas le malheur de tomber sur Cromwell, je suis sûr de l'inconnu.

La mort nous fait changer de rôle avec ces gens-là ; ils peuvent tout sur nos corps pendant leur vie ; mais à l'instant de la mort, l'oubli les enveloppe à jamais. Qui parlera de M. de Villèle, de M. de Martignac, dans cent ans ? ^L d^> Talleyrand lui-même ne sera sauvé que par ses

(1) Cf. AlOert Sorcl. Eîîais de crili([ue et d'histoire. Metternich, p. 11. (A. P.)

Mémoires^ s'il en laisse de bons, tandis que le Roman Comique est aujourd'hui ee que le Père Goriot sera en 1980. C'est Searron qui fait ooiinaitre le nom*du Rothschild de son temps, M. de Montauron, qui fut aussi, moyennant cinquante louis, le protecteur de Corneille.

Vous avez bien senti, monsieur, avec le tact d'un homme qui a agi, que la Chartreuse ne pouvait pas s'attaquer à un grand Etat comme la France, l'Espagne, Vienne, à cause des détails d'administration. Restaient les petits princes d'Allemagne et d'Italie.

Mais les Allemands sont tellement à genoux devant un cordon, ils sont si bêtes ! J'ai passé plusieurs années chez eux, et j'ai oublié leur langue par mépris. Vous verrez bien que mes personnages ne pouvaient être Allemands. Si vous suivez cette idée, vous trouverez que j'ai été conduit par la main à une dynastie éteinte, à un Farnèse, le moins obscur de ces éteints, à cause des généraux, ses grands-pères.

Je prends un personnage, de moi bien connu ; je lui laisse les habitudes qu'il a contractées dans l'art d'aller tous les matins à la chasse du bonheui' ; ensuite je lui donne plus d'esprit. — Je n'ai jamais vu madame de Belgiojoso. Uassi était Allemand ; je lui ai parlé deux cents fois. J'ai appris le prince pendant mes séjours à Saint-Cloud, en 1810 et 1811.

Ouf! j'espère que vous aurez lu cette épîtrc en deux fois. Vous dites, monsieur, que vous ne savez pas l'anglais ; vous avez à Paris le style bourgeois de Walter-Scott, dans la prose pesante de M. Delécluze, rédacteur des Débals. La prose de Walter Scott est inélégante et surtout prétentieuse. On voit un nain qui ne veut pas perdre un(> ligiu' de sa taille.

Cet article étonnant, tel ((ue jamais écrivain Jie le re^ut d'un autre, je l'ai lu, j'ose maintenant vous l'avouer, en éclatant de rire. Toutes les fois que j'arrivais à une louange un peu forte, et j'en rencontrais à chaque pas, je voyais la mine que feraient mes amis en le lisant.

J'écris si mal quand j'écris à un homme d'esprit, mes idées sont réveillées si rapidement, que je prends le parti de faire transcrire ma lettre.

A MADAME JULES GAULTHIER A SAINT-DENIS

Civita-Vecchia, le 9 noi'embre 1840.

Aimable amie.

L'animal est capricieux ; c'est là son moindre défaut. Racontez-moi

des anecdotes comme celles de madame Les moindres petites

choses de Paris et de vous m'intéresseront.

Je vous écris à bord d'un bateau à vapeur uniquement pour vous demander de vos nouvelles et de celles de madame votre sœur. Comment se comporte la clavicule offensée ?

Le nouveau mari Mont.... est -il jaloux de sa femme ?

Je suis tout occupé d'une fouille énorme qui va commencer à six milles de Civita-Vecchia, sur la côte du midi, le 25 novembre.

Civita-Vecchia^ le 30 novembre 1840.

Je vais vous avouer un ridicule bien amer ; je suis inquiet de ne pas recevoir de vos nouvelles depuis deux ou trois mois.

La présence du duc de Bordeaux à Rome me retient ici ; s'il allait honorer ce pays de sa présence, les commis me jetteraient la pierre bêtement, comme À leur ordinaire. Quand même je serai ici, puis-je le manger comme une huître ? Enfin, je n'ai encore été que deux fois à Rome ; depuis le 10 août, cent dix jours.

On dit que l'excellent Saint-Père a la gangrène à la jambe, comme feu Louis XIV. On aurait bien de la peine à trouver un homme aussi bon, aussi inoffensif. 11 aime l'histoire naturelle ; il y a huit jours, on lui fait cadeau d'un poisson de trois pieds de long, fort singulier. Il fait appeler un homme de mérite, le professeur Metana, le Guvier de ce pays. « Préparez ce poisson avec votre adresse ordinaire, je vais

VOUS donner cent écus (rinq cent trente-cinq francs). — Sainteté, trente écus suffisent ».

Le poisson est transporté dans la salle de dissection de rUnivcrsité. Metana donne rendez-vous à tous les élèves de son coui's pour le lendemain à dix heures. Le lendemain à dix heures, il trouve son second, (|ui, par envie, avait coupé le poisson en quatre : impossible d'en tirer pai'ti. — Metana fait quelques reproches bien doux : c'est un philosophe de soixante-trois ans. Le second s'avance vers lui, le couteau de dissection à la main, et, devant tous les élèves, le menace de le traiter comme le poisson singulier. Jamais Metana n'a pu faire gronder ce second, qui a répondu qwo le professeur Metana était un athée, chose fausse.

Si nous avons le malheur de perdre Capellari, la faction génoise, composée de sept cardinaux riches et dont deux ou trois ont un peu du savoir-faire de M. Talleyrand, disposera de ce poste ; mais ces messieurs ont eu peur du caractère de Léon XII ; on nommera un homme faible, de soixante-douze ans, le cardinal Pedicini, par exemple.

Le meilleur choix serait le cardinal Ugolini. La mort du cardinal de Gregorio, fils naturel de Carlos Tercero, est une grande perte ; c'était le seul qui eût du crédit sur l'excellent actuel. On hait le cardinal Tosti, ministre des finances, c'est le Prina de ce pays-ci.

J'ai à me louer de tout le monde ; je suis content, si ce n'est heureux. Je regrette vivement mes deux amies de quatorze ans (1), ces deux charmantes Espagnoles.

Civila-Vecchia, le 5 décembre 1840.

Cher ami,

J'envdie quatre paquets de pierres antiques à Kol (3). Elles ont été trouvées à C^rvctri, ville grecque, antérieur»^ aux Romains, ]<> 28

(1) Voir la lettre du 10 aoi'it 1840 à Mlle Gn/nian y Palafox.

(2) Original : Collertjdn de M. C Stryienski. J-ottre mutilée par Colomb qui l'a rattarhcc à relie du 20 Mai qui lui était adressée.

(3) Colomb.

août. Si le cœur vous en dit, ouvrez le paquet et choisissez pour vous d'abord.

Pourriez-vous les porter toutes chez Milady, n^ 57, faubourg Saint- Honoré et lui dire : « Il n'ose vous envoyer, mais choisissez ». La moins appréciée des antiquaires, mais la plus belle selon moi, c'est la rouge ; les plus estimées sont étrusques et horriblement laides. J'en ai gardé une pour moi ; vous la verrez à mon cachet dans huit jours. Un forçat me fait le manche. Si elle vous plaît, parlez. Serez-vous assez bon pour aller au 57 ? (1)

Au verso de la lettre :

Les paquets de pierres adressés :

A Madame Ancelot, 15, rue Joubert ;

M. Forgues, avocat, 54, rue Neuve des Mathurins.

^L Guinot, no 5, rue d'Alger, au 8®.

Madame Victor de Tracy, n^ 38, rue d'Anjou Saint-Honoré.

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