CXIII. — A R. Lindet. Le i^ juillet
Mon frère, je retarderai mon voyage à Bemay. Je sentais que je ne pouvais pas arriver assez tôt ; j'ai craint ce que j'aurais éprouvé. La situation de mon frère m'obligera à ne pas différer longtemps ; je compte partir dans le courant ou sur la fin de la semaine prochaine...
J'ai vu plusieurs de nos concitoyens qui m'annoncèrent la perte que votre lettre meconfirma]dimanche. Puissé-je, en arrivant à Bernay, vous trouver tous moins malheureux et moins affligés!
On ne parle plus de guerre : il eût été trop imprudent d'en parler en présence des députés des provinces. On s'est aperçu que les premiers bruits n'avaient pas été bien accueillis. J'aurais de la peine à quitter, dans un moment où je croirais avoir besoin de grossir de mon suffrage les voix négatives. Je crois que, si le danger n'est pas écarté entièrement, du moins, il l'est pour quelque temps. (Papiers R. Lindet.)