‹ Correspondance de Thomas Lindet pendant la constituante et la législativeChapitre 105 sur 217 · CXIV. — A R. Lindet. Paris, le 16 juillet l · texte numérisé non relu

CXIV. — A R. Lindet. Paris, le 16 juillet l

Mon frère, la fête du 14 juillet s'est passée sans accident. Les terreurs de Paris et des provinces sont dissipées ; chacun s'en retourne fort content.

La nation est ce qu'elle a toujours été, et la Cour sera ce qu'elle voudra, quand elle aura la faculté de vouloir : voilà le résultat de mes réflexions sur la confédération .

Trois jours d'illuminations célèbrent ce grand jour. Cependant il existe un grand nombre de personnes qui expriment assez hautement leur mécontentement. Le roi

(i) Toutes les lettres qui vont suivre pendant le mois de juillet sont adressées à R. Lindet et font partie de ses papiers personnels, conservés par sa famille.

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est sorti de la coulisse pour paraître sur le théâtre et en est sorti par la même porte : on eût désiré qu'il eût été à Tautel prêter son serment. C'est la faute de l'Assemblée nationale, qui elle-même n'a pas fait cette démarche. Je ne vous écris point plus de détails sur cette cérémonie, parce que j'ai eu beaucoup de noirs, et qu'une agitation continuelle depuis quelques jours ne me permet pas de m'assujettir à écrire. Je vais sortir au plus vite, car je ne puis rester chez moi. Le mouvement engourdit un sentiment pénible.

J'ai vu plusieurs de nos concitoyens. Plusieurs sont venus pendant nos séances, et j'ai été privé du plaisir de les voir.

Je voudrais et ne voudrais point aller à Bernay ; cependant, j'irai. Je ne puis prendre d'engagement pour le jour de mon départ : les impressions fortes deviennent terribles pour moi. Ménagez votre santé ; je ne suis pas sans inquiétude depuis les renseignements qu'on me donne sur votre état et sur votre régime. (Papiers R. Lindet.)

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