CXV. — Au même, Paris le i8 juillet
Mon frère,vous avez vu le nouveau décret relatif aux acquisitions des municipalités (i) ; elles perdent la préférence sur les particuliers, et elles ne jouiront des avantages proposés que jusqu'à la mi-septembre. Toutes les pensions sont supprimées. On les paiera jusqu'à la concurrence de 600 livres jusqu'à leur rétablissement. Usera plus aisé de les créer que de les réduire. Un nouveau décret vous étonnera, c'est celui de l'abolition du retrait lignager (2). Je crois qu'il n'était pas très urgent de rendre
(i) Il s'agit du décret du p juillet ijçfb (art. j}, concernant l'alicnation de tous les domaines nationaux.
(2) Décret du 19 juillet 1790.
CONSTITUANTE (20 JUILLET 1790) 20g
ce décret. S'il en résulte quelques avantages, il en résultera des murmures. Tous nos concitoyens repartent successivement. Ils sont contents des Parisiens : tous les jours, illuminations; chaque district donne des dîners aux gardes nationales des provinces logées dans leur arrondissement. Aujourd'hui, nouvelle fête et revue de la garde parisienne au Champ de Mars, à laquelle le roi doit assister. Hier au soir, nomination du Comité pour l'affaire d'Avignon. M. Maury l'appelle un Comité de confiscation. Je vous envoie la souscription des procès verbaux.
... La position de mon frère est ce qui m'inquiète le plus, et l'inquiétude sur votre santé.
PS, — On a fait beaucoup de bruit de la dénonciation de M. Guignard jadis de Saint-Priest, au Châtelet. L'évasion du principal acteur, des prisons de l'abbaye de Saint-Germain, donne lieu de croire que le ministre sera tranquille aussi bien que M. de Maillebois. (Papiers R. Lindet.)