‹ Correspondance de Thomas Lindet pendant la constituante et la législativeChapitre 113 sur 217 · CXXII. — Aux officiers municipaux de Bernay · texte numérisé non relu

CXXII. — Aux officiers municipaux de Bernay

Paris^ le 17 septembre 1790.

J'ai l'honneur de vous adresser la réponse du Comité des finances à la pétition des aubergistes. Elle leur donne l'espoir bien fondé que les abus dont ils se plaignent seront réformés par le nouveau mode d'imposition; il n'est pas encore possible d'annoncer quelles seront les dispositions adoptées par l'Assemblée nationale. En attendant, l'impôt doit être perçu, parce qu'il serait impossible d'entretenir le mouvement de la chose publi-

que, si Ton cessait plus longtemps de verser les impositions dans la Caisse nationale. On ne peut pas se dissimuler que c'est à la suspension du recouvrement des contributions, qu'on doit attribuer le renchérissement de l'argent, et la baisse des effets avec lesquels le trésor royal à toujours dû payer. Lorsque l'argent arrivera plus abondamment dans ce grand réservoir où tout le monde puise, toutes les transactions deviendront plus faciles et les échanges moins dispendieux. Je ne doute pas que les citoyens de votre ville, aubergistes et cafetiers, ne se prêtent de bon cœur à payer les impositions, sur l'ancien pied, jusqu'au moment de la réforme. Je suis persuadé qu'ils se prêteront à acquitter sous des délais raisonnables leur vieux dû. Quant aux plaintes qu'ils ont à faire contre les employés, elles iront grossir l'orage qui se forme contre la gent financière.

Votre mémoire sur les droits de la vente du poisson a été renvoyé aux régisseurs généraux pour y faire réponse par écrit. J'espère qu'après la discussion ainsi établie, il y aura lieu à juger injuste une imposition confirmée provisoirement, et à révoquer cette confirmation. (Arch. Bernay.)

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