‹ Correspondance de Thomas Lindet pendant la constituante et la législativeChapitre 124 sur 217 · CXXXIX. — A R, Lindet. Le /•' décembre · texte numérisé non relu

CXXXIX. — A R, Lindet. Le /•' décembre

Mon frère, vous plaignez sans doute ces bons prélats qui, huit jours après avoir signé, imprimé, publié, distribué, envoyé leur Ey'ùosition (2), par laquelle ils déclarent qu'ils ne peuvent, ne doivent ni ne veulent se soumettre à la constitution civile du clergé, vont jurer solennellement de s'y soumettre, car il ne faut pas croire que ces bons apôtres veuillent être martyrs ou confesseurs et perdre leurs 20 ou 30.000 livres. Les distinctions jésuitiques ne seront pas de mise en la circonstance.

Le roi, dit-on, veut venir au secours de nos prélats. On croit qu'il viendra à l'Assemblée annoncer la sanction du

(i) Th. Lindet avait envoyé cette lettre datée du 27, à son frère, en le priant de la remettre à la municipalité. Il lui écrivait en même temps une lettre personnelle d*oîi j'extrais les lignes suivantes : « Je ne comprends pas l'obstination du clergé lorsqu'il voit sa déroute complète. Le système de la cour a changé, la noblesse regarde la cause du clergé comme désespérée. Le clergé lui-même emporte le même jugement : il veut mourir avec fracas; il espère seulement favoriser la noblesse, à la résurrection de laquelle il y a tant de croyants et tant d'incrédules. » (Papiers R. Lindet.)

(2) Exposition des principes sur la constitution du clergé , par les iviques députés à l'Assemblée nationale, S. 1. n. d. (jo octobre 1790), in-8. Bibl. nat., Ld*, 3090.

décret qui leur ordonne de jurer; il les encouragera à le faire, il lèvera leur scrupule, et ils feront par obéissance au roi, par zèle pour sa personne, ce qu'ils ne veulent pas faire pour la patrie, et ce qu'ils disent que la religion leur défend.

Je vais bien ; j'ai comparu hier à l'Assemblée; j'ai dîné chez de mes amis hier et avant-hier... (Papiers R. Lindet.)

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