CLXXIV. -^ Au même. Le i*^ juillet I^9I
Je vous envoie une lettre de M. de Bouille, lue hier à l'Assemblée.
Des lettres laissées et comme oubliées dans les appartements de la reine, contenaient des injures contre M. de La Fayette. Le roi, après son arrestation, dit des injures de M. de La Fayette. M. de Bouille dit des injures de M. de La Fayette. Voilà bien des injures, pour qu'il ne soit pas l'ami de tous ces gens-là. M. de La Fayette est gardien du roi. Si le gardien est encore infidèle, nous aurons la guerre. Si le roi est bien gardé, nous ne Taurons pas.
(i) De son c6té, Buschey des Noës écrivait, au sujet de ses démarches, le ^o juin, à la Société des Amis de la Constitution à Bernay pour obtenir leur affiliation à la Société des Jacobins de Paris. 11 leur rendait compte <\\i\\ avait assisté aux Jacobins à la discussion soulevée sur le point de savoir si Ton continuerait à Louis XVI Tcxercice de la royauté... Il pense que la majorité des députés est d'avis qu'il faut rendre à Louis XVI sa fonction, mais avec un conseil.
Sur la lettre de Bouille datée du 26, menaçant la France si elle ôte un cheveu de la tète du roi et désobéit au manifeste qui va lui être adressé, Buschey écrit : « On répond déjà qu'on ne veut tondre ni Louis XVI ni Marie-Antoinette, mais que nulle puissance, autre que la volonté souveraine du peuple, n*a le droit de porter des lois dans le territoire français ; qu'une forêt de baïonnettes* constitutionnelles défendra nos frontières et qu'on pendra le traître Bouille si on l'attrape... Nous venons d'indiquer, par un scrutin préparatoire, des gouverneurs à l'enfant présomptif héritier de la couronne ; ma liste était courte : Bernardin de Saint-Pierre la formait. » (Arch. Bernay.)
Est-ce bien M. de Bouille qui écrit ces folies?
M. de Conti avait promis sa réponse à M. Duveyrier; le style en doit changer.
Notre Comité de constitution n'imagina rien de mieux que d'assembler une nouvelle confédération pour le 4 août, de terminer la Constitution pour ce jour, et de nous mettre en état de partir er^ septembre. Les têtes du Comité étaient mal constituées en enfantant ce projet qui n'a pas été proposé.
Il est malheureux qu'une si grande aventure vienne ouvrir pour ainsi dire une nouvelle carrière à une Assemblée excédée d'ennui, épuisée de fatigues, rebutée par les combats toujours renaissants. Nous aurons bien de la peine à soutenir assez longtemps l'énergie qui a reparu au moment de la commotion. (Papiers R. Lindet.)