‹ Correspondance de Thomas Lindet pendant la constituante et la législativeChapitre 177 sur 217 · CCIII. — Au même. Evreux, 5/ décembre ijçi · texte numérisé non relu

CCIII. — Au même. Evreux, 5/ décembre ijçi

Mon frère, j'ai été fort émerveillé du discours de M. Louvet, qui nous a promis mille Scœvolas si nous trouvions quelque Porsenna (i).

Si le cri général est à la guerre, nous aurons la paix. Si l'opinion chancelle, on proposera des conditions de paix, voilà toujours mon avis.

La Chambre haute ou le Sénat, le recrutement de la caste noble dans la haute bourgeoisie, voilà les vieilles idées dont nous n'avons pu nous accommoder à TAssemblée constituante. Elles doivent se reproduire à Coblentz et y faire fortune.

Les colons de Paris doivent se désespérer du concordat. Il leur reste un intérêt commun avec le ministère : séparer les- colonies de la nation. On veut que ce pays

(i) Le discours de Louvet fut prononcé dans la séance du 25 décembre, au nom de la section des Lombards. Moniteur ^ réimpression, X, 727. Louvet dit dans ses mémoires (édit. Aulard, Paris, Jouaust, 1889, I, 29) que ce discours est son chef-d'œuvre, mais que le texte donné par le Moniteur est fautif, et que l'on ne doit s'en rapporter qu'à l'édition donnée par Baudouin, par ordre de l'Assemblée.

soit tellement gouverné que les fripons y puissent trouver la fortune sans compromettre leur cou. On fera usage de tous les moyens pour empêcher l'introduction d*un gouvernement sage, juste et humain. Je compte comme vous sur un veto relatif à cet objet.

M. de La Fayette n'a pas emporté le bâton de maréchal; il a reçu des applaudissements et des fêtes des Parisiens. Voilà des encouragements.

Vous feriez bien de revoir et de corriger nos décrets en matière de liquidation. Sans doute vous n'avez pas oublié à effectuer la vôtre.

Nos réfractaires font toujours le diable à quatre. Ils font menacer et déserter quelques curés pusillanimes ; je ne recrute pas assez pour remplacer.

Des décrets d'accusation sont promis pour étrennes au peuple, il en est grandement besoin.

Je serai, l'année prochaine comme celle-ci, mon frère, votre très honoré et très obéissant serviteur, f Lindet, évêque de l'Eure.

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