CCVII. — Au même. Évreux^ le 14 février
Mon frère, mon conseil vous a écrit pour une misérable histoire au Val-David, dont vous n'auriez pas été étourdi, si j'eusse été ici. Ce curé est un imbécile, et la querelle qu'il a eue avec quelques femmes ne mérite pas plus d'attention que celle de quelques poissardes.
Une députation de la nation qui irait incognito à
Coblentz ferait merveille. Vos décrets seraient sanc-
(i) Robert Lindet, qui faisait partie du Comité de législation de la Législative, s^opposa énergiquementi en effet, à ce que la nation se chargeât des pensions de la liste civile. Il réussit à empêcher le dépôt d'un rapport favorable à cette proposition. Sur le r61e de haute probité joué par R. Lindet dans cette circonstance, on peut consulter la discussion qui eut lieu à la Convention le i*^ octobre 1792. Moniteur^ réimp., XI V, 97 et 745.
tiennes, et celui qui met dans les mains de la nation les biens des émigrés n'aura pas sa sanction, sans ce préliminaire que semblent promettre les piques. Cette expédition semble n'exiger ni temps ni magasins, ce qui est fort heureux en guerre.
Les oratoriens et les doctrinaires ont seuls empêché la destruction de toutes les congrégations qui sont le repaire de rîgnorance et du fanatisme. On vous propose d'excepter les filles dévouées aux hôpitaux et service des pauvres des paroisses. Il est plus difficile de dire comment les remplacer que de prouver que ces institutions ne valent rien.
Le ministre qui a l'audace de proposer un d'Estaingf peut-il choisir des citoyens qui méritent la confiance de la nation? La maison du roi est donc organisée et composée de gens qui vous feront tel serment que vous aviserez bon?
Sauverez-vous les patriotes d'Avignon de l'oppression ministérielle?
On commence à parler d'un nouveau bref du pape.
Ce doit être un des signaux de l'aristocratie ; sitôt qu'il en paraîtra, envoyez-le moî, je vous prie.
J'ai vu Vernon, où les patriotes sont les maîtres, mais le patriotisme y est modéré, quoique les têtes paraissent susceptibles d'inflammation.
Le club d'Évreux s'exalte contre les prêtres non assermentés.