CCVIII. — Au même. Évreux, le 77 février
Mon frère, voilà donc le décret relatif aux biens des émigrés sanctionné (i). Le roi aime les Parisiens et veut
(i) Le 12 février 1792, le roi avait sanctionné le décret du 9, portant « que les biens des émigrés sont mis sous la main de la nation et sous la surveillance des corps administratifs ».
demeurer avec eux. Quel style M. Manuel emploie en écrivant aux rois (i)I Le département de l'Eure vient de placarder un arrêté contre les prêtres rebelles. A l'en croire, tout est perdu, la guerre civile et extérieure est assurée; il parle de soufre, de bitume, d'explosion, de forces souterraines ; il n'y a point de force comprimante, le terrain est trop faible pour contenir les éruptions ; il parle de massacres, etc. Je crains VeSet de ce. beau préambule, qui peut devenir le signal d'une horrible persécution contre les réfractaires, et nous faire passer pour les plus intolérants des hommes. J*ai eu intention» je ne sais si je l'ai exécutée, de vous prier de me faire passer le bref de Rome, s*il en parait, et aussitôt qu'il en paraîtra.
Je fais faire quelques prêtres; ma pépinière est
bientôt épuisée, je ne pourrai pas fournir à toutes les demandes. Nous serons bientôt forcés d'ordonner de bons citoyens pères de famille, si nos séminaires ne se remplissent pas. Si vous décrétez qu'il n'y aura qu'un séminaire par métropole, vous ferez aussi bien de décréter la suppression entière; TefiFet sera à peu près le même. Nous avons beaucoup de curés paralysés ; beaucoup sont morts ; plusieurs, qui avaient été laissés dans leur bénéfice, se font chasser ; il ne se fait point de réunions (de paroisses) ; il sera impossible de pourvoir à tout ; il y a environ moitié de paroisses superflues dans quelques districts du département.