‹ Correspondance de Thomas Lindet pendant la constituante et la législativeChapitre 76 sur 217 · LXXVI. — Ail même. Le 4 mai · texte numérisé non relu

LXXVI. — Ail même. Le 4 mai

Mon frère, point de juges d'assises : les tribunaux seront sédentaires, les juges seront élus pour un temps déterminé, ils pourront être réélus sans intervalle (i). Une observation curieuse, c'est qu'une partie de la salle, qui opinait pour l'inamovibilité des juges, opina ensuite contre la faculté d'être réélus. 11 existe tels députés qui peuvent se laver les mains, à plus juste titre que le goiLverneur de la Judée, et attester, avec vérité, qu'il n'y a pas un décret contre lequel ils n'aient voté.

Enfin paraît cette déclaration d'une partie de l'Assemblée nationale, sur le décret rendu le 13 avril 1790 concernant la religion, et la litanie des 304 saints personnages qui, sous l'étendard de la religion, se rallient autour des anciens principes, voulant mourir pour ou par le pouvoir exécutif, et vivre par les biens du clergé et

(i) La séance du 4 mai fut employée à examiner cette question : Quelle sera la durée des fonctiona des juges et le terme des élections } Moniteur^ réimpression, IV, 282.

les pensions sur le Trésor royal. On s'attendait à quelque acte plus vigoureux. On dit : « N'est-ce (^ue cela? » Ils ont eu m^me l'air d'être étonnés d'avoir tant travaillé pour une mine qui produit si peu d'effet. Cette pièce va courir le monde ; elle n'empêchera pas le débit des assignats. Le décret concernant la religion, contre lequel protestent ces messieurs, est inséré dans la déclaration ; c'est une suffisante réfutation. On débite cet ouvrage sous le cri : Déclaration des membres de V Assemblée nationale protestant contre le décret en faveur de la religion catholique (i).

Le chapitre d'Évreux avait eu la précaution d'envoyer à celui de Paris la procuration pour protester ; et deux chanoines de Paris députés, signent, tant pour eux que pour le chapitre de Paris, et ceux qui avaient eu le même zèle que le chapitre d'Évreux : je m'étonne que celui de Lisieux ne figure pas dans cette légende. Je crains que quelques brouillons d'évêques ne fabriquent quelques tristes jérémiades, sur le dépouillement auquel on réduit le clergé, et que beaucoup de curés ne croient faire une belle œuvre, et bien méritoire, en donnant au diable rAssemblée nationale et ceux qui suivront ces décrets.

[Il excuse, en terminant, les Comités de ne pouvoir répondre aux mémoires des paroisses : i** par les difficultés de résoudre ces affaires; 2^ par ce fait qu'en attendant, les aiTaires se concilieront, ou que l'un des partis deviendra absolument prédominant.] (Papiers R. Lindet.)

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