‹ Correspondance de Thomas Lindet pendant la constituante et la législativeChapitre 99 sur 217 · CVI. — A. R. Lindet Le /" juillet I · texte numérisé non relu

CVI. — A. R. Lindet Le /" juillet I

[Il avertit son frère que M. le curé de Drucourt lui a écrit une lettre démentant ou expliquant tous les faits allégués par la deuxième municipalité. C'est une affaire inconciliable.

Les événements arrivés à Tabago, Tincendie de la ville, rembarquement des troupes, etc., montent les têtes.]

On va tenter tous les menus moyens pour y disposer les esprits (à la guerre); je souhaite bien sincèrement la paix à ceux qui veulent être libres, et je plaindrais peu ceux qui veulent la guerre, si le fatal néo-cerbère devenait un jour le prix de leur courage. On enverra trois cents hommes, et de quoi armer trois cents citoyens de Tabago, avec quelques approvisionnements. Il n'y aura pas de quoi effrayer les Anglais. Saint-Domingue renvoie deux cents hommes de recrues, mauvais sujets, il faudra en renvoyer de meilleurs.

La cour des Aides, n'ayant rien de mieux à faire, a lâché cent décrets relatife à l'incendie des barrières du 13 juillet ; elle a fait arrêter quinze particuliers. Je ne sais comment cette cour veut figurer à la fête du 14. Quelques commissaires du Comité des rapports, escortés d'un aide

igô CORRESPONDANXE DE THOMAS LINDET

de camp et d'une escouade de garde nationale, se sont transportés au greffe de cette cour, et feront incessamment le rappport de leur expédition.

On s'efiForce de semer la terreur et la défiance pour la journée du 14 juillet. Il n'y a rien de plus extravagant que ce qui se débite. Le fait est que beaucoup de députés voudraient bien ne pas figurer à cette fête, et demandent des congés. Tous les jours il y a quelque motion saugrenue relative à ces émigrants.

Le célèbre Maury a voulu rassurer les imaginations des Parisiens. Il a déclaré qu'il n'y avait rien à craindre, car, a-t-il dit, il est vraisemblable que M. d'Orléans et moi nous y assisterons.

Après cette première incartade, il a voulu prouver qu'on ne pouvait pas arrêter la procédure commencée par la cour des Aides, et renvoyée à l'élection ; il a eu beau employer l'art de s'égarer, comme lui disait un honorable membre : il n'a entraîné personne à sa suite...

Le livre des rétractations commence à se charger de souscripteurs de Nîmes, d'Uzès. Un abbé député vient de nous donner cette fête, au grand mécontentement de tous les noirs en épée ou en culotte, qui ont fait l'impossible pour l'empêcher de parler. (Papiers R. Lindet.)

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