Horace, Odes, III, i
2. On peut se faire une idée de ces critiques par ce que dira un peu plus tard Marais qui n'est point dévot et qui a assez de sens : « Je viens de voir le poëme d'Arouet imprimé à La Haye en 1728. Il est intitulé La Ilenriade, de M. Arouetde Voltaire, donnée au puplic par lui-même, et non pas en mieux. Il a mis
leur plaira de Dieu un tyran; je ne le regarderai pas moins comme aussi bon et aussi sage que ces messieurs sont sots et méchants.
Je me flatte que vous êtes pour le présent avec votre frère. Je ne crois pas que vous suiviez le commerce comme lui ; mais si vous le pouviez faire, j'en serais fort aise; car il vaut mieux être maître d'une boutique que dépendant dans une grande maison. Instruisez-moi un peu de l'état de vos affaires, et écrivez-moi, je vous en prie, plus souvent que je ne vous écris. Je vis dans une retraite dont je n'ai rien à vous mander, au lieuque vous êtes dans Paris 011 vous voyez tous les jours des folies nouvelles qui peuvent encore réjouir votre pauvre ami, assez malheureux pour n'en plus faire.
au ']'' chant une théologie affreuse et brûlable. Il amène aux pieds de Dieu toutes les nations pour être jugées :
La Mort est à ses pieds, elle amène à la fois
Le Turc et l'Indien, le Juif et le Chinois.
Le dervis étonné, d'une vue inquiète,
A la droite de Dieu cherche en vain son prophète.
Dieu ne les jiunit point d'avoir fermé leurs yeux
Aux clartés que lui-même il plaça si loin d'eux;
Il ne les juge point, tel qu'un injuste maître.
Sur les chrétiennes lois qu'ils n'ont pas pu connaître,
Sur le zèle emporté de leurs saintes fureurs.
Mais sur la simple loi qui parle à tous les cœurs.
La Nature ici-bas, sa fille et notre mère,
Nous instruit eu son nom, etc.
En un autre endroit, Saint Louis dit de Dieu :
Il ne sait point punir des moments de faiblesse.
Des plaisirs mensong-ers, pleins de trouble et d'ennui,
Par des tourments afl'reux, éternels comme lui.
Vous verrez que ce fou-lii dira que ce chant est un songe et qu'en songe on peut être athée, spinoziste, naturaliste et tout ce qu'il vous plaira, sans aucune conséquence. Nous n'envierons pas à l'Angleterre ce déserteur de notre patrie. » (T. III, p. 582, 16 nov. 1728.)
Je voudrais bien savoir oii est madame de Dernières, et ce que fait le chevalier anglais des Alleurs : mais surtout parlez-moi de vous, à qui je m'intéresserai toute ma vie avec toute la tendresse d'un homme qui ne trouve rien au monde de si doux que de vous aimer.