LORD PETERBOROUGH A TOWNE
[25 novembre.] JN'ov. the 14"'*.
Parsons Green -.
To Dr. Towne.
Sr. — Yourfriend Capt.Kingstone returning to Barbadoes, I take this occasion of assuring you of the satisfaction it was to me to be informed by him of yr. good health, and of thekind réception you met with from everybody there. If I were inclined to envy you anything which cld.glve you pleasure, it should be the enjoyment of that charming sun Avhich we so seldome see hère, and Avhich bas been more cruell this winter than usually by almost a continuall absence.
Mrs Robinson' going to write to you, very lamenting
(a) Churton CoUins, Voltaire, etc., in England, p. 278.
1. L'original ne porte pas d'indication d'année, mais nous croyons que la lettre est de 1728. Voir Appendice VII.
2. Dans la banlieue ouest de Londres, sur la rive gauche de la Tamise.
3. Anastasia Robinson, cantatrice très aimée du public, épousa secrètement Lord Peterborough en 1722 et renonça au théâtre deux ans après. Elle vivait avec ses sœurs à Parsons Green dans une maison voisine de la villa de Peterborough. Le mariage ne fut déclaré qu'en 1785. Lady Peterborough mourut en 1755.
she liad no news to tell y ou. Howcvcr ill-informed of tlie affairs ol" tliis world, and how tliey arc likc lo goe, you may be hssured you know as much as the Plenipotentiary at Soisson, perhaps as much as our ministers hère, and ail the discovcry Ihat we lookers on can make is that one week they doubt, and one week they hope. The cily of London foUow Iheir example, and Ihis hîippens at Exchange Alley to be the doubting week. It is as hard to account for our politicsas forMr Yoltaire's resolutions andconduct; the country and people of England are iu disgrâce at présent, and [he] bas taken bis leave of us, as of a foolisb people who belicvc in God and trust in ministers; and bc is gonc to Constantinople in order to believe in the Gospels, which he says it is impossible to doe living among the teachers of Christianity '.
Ile Avas migbtily pleascd Avith your translation of part of the book. We ail Avish you had leasure to doe the whole. Mr Pope approved it so much that he assurcd me he would look it over Avith the utmost care if you proceeded and ever intended to publish it-.
After repeated assurances from great men that a Avar wd. be avoided, and that Ave shld. bave peace in somc shape or other, it is noAv very probable they Avill find themselves mistaken. Lctters of mark are given to great
1. Cela rappelle un peu le mot que dans les Remarques ajoutées à la Ligue de 1728 (p. 170), Voltaire mettait dans la bouche de Sully : « Le Cardinal du Perron lexhortant un jour h quitter le Calvinisme, il lui répondit : Je me ferai Catholique quand vous aurez supprimé lEvangile ; car il est si contraire à lÉglisc Romaine que je ne peux pas croire que Fun et l'autre aient été inspirez par le même esprit. » Seulement ici Voltaire va plus loin que Sully, car il place l'Eglise Protestante sur la même ligne que l'Eglise Romaine.
2. Nous ne savons si Towne continua sa traduction, mais en tout cas on ne voit pas qu'elle ait jamais paru.
Dutch and English East India men to take the Ostend ships beyond the Cape of GoodHope, and the soldiers are in full expectation of imployment.
I wish Ave doe not repent the oportunities we hâve lost and the time we hâve given our enemies. I am, Sr., Your most affectionate humble sentant,
Peterborow.
Endorsed
Ld. Peterburrow.
TRADUCTION DE LA LETTRE Sq.
Au Docteur Towne.
Le 14 novembre.
Parsons Green, Monsieur,
Votre ami le capitaine Kingstone retournant à la Barbade, je saisis cette occasion de vous assui'er de la joie que j'ai eue à apprendre de lui que vous vous portiez bien et que tout le monde là-bas vous avait fait un très bon accueil. Si j'étais disposé à vous envier quoi que ce soit qui puisse vous donner du plaisir, ce serait de jouir de ce charmant soleil, que nous voyons si rarement ici, et qui cet hiver a été plus cruel que d'ordinaire en ne se montrant presque pas du tout.
Madame Robinson va vous écrire, très désolée de n'avoir aucune nouvelle à vous donner. Du reste si peu au courant que vous soyez des affaires de ce monde et de la tournure qu'elles semblent devoir prendre, vous pouvez être sûr d'en savoir autant que le plénipotentiaire à Soissons, peutêtre autant que nos ministres ici, et tout ce que nous pouvons découvrir nous autres, qui sommes sur le terrain, c'est qu'une semaine ils sont dans le doute et la semaine suivante se remettent à espérer. La cité de Londres suit leur exemple, et il se trouve que c'est en ce moment à la Bourse la semaine où l'on doute. Il est aussi difficile de rendre compte- de la politique de notre gouvernement que
l8o CORRESPONDANCE DE VOLTAIRE.
d'expliquer les décisions et la conduite de M. Voltaire; l'Angleterre et les Anglais sont en disgrâce auprès de lui, à l'heure qu'il est, et il a pris congé de nous, nous déclarant une sotte nation qui croit en Dieu et se fie à des ministres; et il est parti pour Constanlinople afin de croire à l'évangile, chose impossible, affîrme-t-il, quand on vit parmi ceux qui enseignent le christianisme.
Il a été tout à fait charmé de la traduction que vous avez faite d'une partie de son livre. Nous souhaitons tous que vous puissiez trouver le temps de l'achever. M. Pope l'a si fort approuvée qu'il m'a assuré qu'il l'examinerait avec le plus grand soin si vous continuiez à y travailler et songiez jamais à la publier.
Après des assurances répétées des gens haut placés que la guerre serait évitée et que nous aurions la paix d'une façon ou de l'autre, il est très probable maintenant qu'ils vont se trouver déçus. On donne des lettres de marque à de grands vaisseaux de guerre hollandais et anglais des Indes pour accompagner les bateaux d'Ostende jusqu'au delà du Cap de Bonne-Espérance, et les soldats s'attendent pleinement à voir du service.
Je souhaite que nous n'ayons pas à nous repentir des occasions que nous avons laissé passer et du temps que nous avons donné à nos ennemis. Je suis, Monsieur,
Votre très affectionné et très humble sei'viteur,
Peterborough.
Suscription :
Lord Peterborough,