‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 108 sur 162 · FALKENER A VOLTAIRE · texte numérisé non relu

FALKENER A VOLTAIRE

[^Décembre?] 1728.

...Je suis ici comme vous m'y avez laissé, ni plus gai, ni plus triste, ni plus riche, ni plus pauvre, jouissant

(a) Lettres phUosopîiir/ucs, Ed. Lanson, t. II, p. 19a.

LETTRES. l8l

(l'une santé parfaite, aïant tout ce qui rend la vie agréable, sans amour', sans avarice, sans ambition et sans envie, et tant que tout cela durera, je m'apellerai hardiment un liomme très heureux' —

1. Sur ce point tout au moins, Falkener changea plus tard d'opinion. En 17471 à l'âge de soixante-trois ans, il épousa une jeune femme, fille naturelle du général Chai-les Churchill.

2. Voltaire continue : « Il y a beaucoup dhommes aussi heureux que lui ». Il s'agit de démontrer que la condition humaine n'est pas si misérable. Ce fragment de lettre est en effet, inséré dans la VP des Remarr/ lies su?' Pascal qui ^is^vurent, comme on sait, en 1784, jointes aux Lettres Philosophiques, a En lisant cette réflexion [de Pascal], dit Voltaire, je reçois une lettre d'un de mes amis c{ui demeure dans un pays fort éloigné. » En 1789, il ajoute en note : « Il a depuis été Ambassadeur, et est devenu un homme très considérable. Sa lettre est de 1728. Elle existe en original. » Rien n'empêche de croire que Voltaire nous a donné la vraie date de la lettre de Falkener. La phrase Je suis ici comme vous m'y avez laissé indique que c'est la première lettre que Falkener lui ait adressée après son départ d'Angleterre : et les dernières lettres de 1728 que nous ayons sont en effet datées de W'^andsworth. Voltaire avait pu lui envoyer son adresse en France, ce qui nous semble le plus probable à l'égard d'un ami d'Angleterre en qui il avait pleine confiance, ou il avait reçu sa lettre par l'intermédiaire des frères Cavalier : c'est ainsi qu'au début d'avril i7i9 lui revint une lettre de Fleury envoyée à Londres, et c'est probablement ainsi que l'atteignit vers janvier 1729 un mot de Richelieu se plaignant de son silence. Pays fort éloigné surprend un peu. Nous adoptons l'explication de M. Lanson. Ces mots ont dû « être mis dans l'édition de 1784 pour dépister la curiosité : à moins qu'il n'y ait là une petite inadvertance de Voltaire. Au moment où Voltaire fit imprimer sa remarque, Falkener était sans doute à Constantinople... Il y fut certainement en 1733 ou 1734 (XXXIII, 4ii : lettre à M. de Moncrif non datée, mais qui est bien de la fin de 1783 ou du début de 1784). Voltaire a pu dans une correction de la dernière heure introduire une allusion à la résidence actuelle de Falkener, sans faire attention qu'il y avait contradiction entre les expressions ^a} s fort éloigné et vous m'y avez laissé. » Lettres philos., t. II, p. 280, n. i5. Une autre explication est possible : comme on l'a vu par la lettre de Peterborough à Towne, Voltaire avait

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LETTRE Gi.

VOLTAIRE A THIERIOT "

[Février?] 1729.

Gratissima nobis fuit epistola tua, amice carissime : but again and again do not babble out you bave any correspondance Avitb me ; our privatc intercourse will be tbe more friendly thc more it is kept secret. I write to nobody in the world. The Duke of Richelieu' is angry at me for having left off scribbling to him. Should he know I write to you he Avould not pardon me, and Avould bave reason to complain ; but I am sensible I owe to a friend more than to a duke. You are the only man upon earth wilh whom 1 converse by letters : and Avhen I am in Paris you Avill be tbe only onc Avhom I shall see. Since you love confidences 1 Avill tell you 1 hope to be thére about tbe fifteenth of March. I had, Iavo years ago, snatcbed from y our court a short leave to comc to Paris for threc montbs-. If I am smokcd out this bout, I Avill plead that former leave for my excuse, though it is perhaps good for nothing. When you see me you shall see and hear ihings

(a) Picccs inrd., 1820, p. ifjô. — Molnnd, l. iSi.

annoncé qu'il partait pour Constantinople. Si Ton admet qu'il a écrit sa remarque à la fin de 1728, il peut feindre, en la rédigeant, qu'il est en effet en Turquie, pays lointain. Cf. p. 3io, n. 84.

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