I. Voir p. 194, n. i
a. Il se peut qu'il y ait en effet deux ans qu'il ait fait les premières démarches pour obtenir cette permission, mais la lettre de Maurepas qui la lui envoie est datée du 29 juin 1727.
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which Avill please you, recommended to you by the grâces of novelty and by your friendship to me ' : but, my dear Tiriot,the kind pleasure I expect from our next interview is too much embittered by hearing of your bad health.
Sur l'article de votre santé, je ne puis vous parler trop intelligiblement; j'ai éprouvé bien des malheurs ; je sais par une triste expérience que la maladie est le pire de tous. Avoir la fièvre ou la petite vérole en passant, ce n'est rien ; mais être accablé de langueur des années entières, voir tous ses goûts s'anéantir, avoir encore assez de vie pour souhaiter d'en jouir et trop peu de force pour le faire, devenir inutile et insupportable à soi-même, mourir en détail, voilà ce que j'ai souffert et ce qui m'a été plus cruel que toutes les autres épreuves. Si vous êtes dans cet état de langueur, vous ne trouverez dans la médecine aucun remède; j'y en ai cherché en vain, je n'en ai trouvé que dans la nature. Si je vis encore après tout ce que j'ai soufTert, et après les chagrins qui ont empoisonné le peu de sang qui restait à ma triste machine, je le dois uniquement à l'exercice et au régime. L'air où je suis ne vaut rien"; j'y ai été très mal; j'y suis arrivé très faible. Je suis né d'ailleurs de parents malsains et morts
1. Il s'agit certainement du Charles XI/, probablement de Brutus et jieut-ètre aussi des Lettres Philosophiques. Voir Appendice IX.
2. Cf. lettre 56, du 7 août 1728 : « I want a warmer climate for my health, which grows worse and worse in England. » Mais rhiver n'est peut-être pas beaucoup plus chaud en Normandie qu'à Londres, Il se plaindra plus tard quon n'y connaisse pas le printemps (Moland, 1. 2i3).
l84 CORRESPONDANCE DE VOLTAIRE.
jeunes; vous savez par dessus tout cela les peines d'esprit qui me rendent la vie si cruelle: mais, grâce au régime et à l'exercice, j'existe, et c'est beaucoup pour moi. Vous donc qui êtes né de parents robustes, et qui avez naturellement une forte constitution, si vous embrassez le même genre de vie que moi, vous êtes sûr de vivre longtemps et sainement. Croyez-moi, il n'y a de bonheur dans ce monde, pour notre corps, que d'avoir ses cinq sens en bon état, et, pour notre âme, que d'avoir un ami : tout le reste n'est que chimères. J'ai peur que l'homme chez qui vous demeurez' n'ait appris de feu M. le duc d'Orléans à aimer trop la bonne chère : si les hommes ne vivaient que comme les pauvres, on n'aurait pas besoin de médecins. Je vous ai vu manger beaucoup et aimer à boire du vin longtemps sur le soir, en chantant de mauvais couplets des chansonniers modernes : vous n'avez jamais été malade que par cette raison. Encore un coup, mon ami, il n'y a que la diète qui puisse vous rendre de la santé et de la vigueur. Vous trouverez le sermon bien long, mais comme c'est pour le bien de votre corps, il faut bien que vous l'excusiez : et mundum victum, non déficiente crumena'. Horace ne dit pas lautam victum. A l'égard de la emmena, je suis bien charmé qu'un aussi mauvais
1. M. de Noce (voir p. i88, n. 2). Nous voyons dans la lettre que Voltaire lui écrivit le i5 août 1728 que déjà à cette date Thieriot n'habite plus chez Mme de Beruières. Nous saurons tout à l'heure pourquoi,
2. Horace, Épitres, I, 4» •' • el mundus victus non déficiente crumina.
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