livre que celui de Mademoiselle ' vous ait procuré de l'argent
Gomment est reçue V Histoire de l Académie française par mon ancien préfet '?
1. Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII (1627-1698.) Depuis longtemps on cherchait à Paris à donner au public les Mémoires de Mademoiselle. Ou commença une première édition en 1718 et l'imprimeur en était au second tome quand le lieutenant de police Machault fit main basse sur le tout. « On a même pris des mesures du côté de la Hollande, écrivait le chevalier d'Argenson à sa tante, la marquise de Balleroy : précaution bien inutile, comme on voit, quand on a lu ces mémoires: ils n'ont aucunement le même danger que ceux du cardinal de Retz. » E. de Barthélémy, t. II, p. 8, i5 janv. 17 19; cf. t. I, p. 840. On fît une nouvelle tentative en 1721, suivie d'un nouvel échec : « 26 septembre. Il est arrivé malheur aux Mémoires de Mlle de Montpensier : Son Altesse Royale a fait arrêter l'impression et brûler ce qu'il y avait de commencé; nous ne l'aurons que par la Hollande. » Ihid., t. II, p. 358. Ou s'agit-il ici encore de l'édition de 1718 que l'on brûlait définitivement après l'avoir tenue sous séquestre pendant deux ans et demi? Quoi qu'il en soit, on finit par se relâcher de cette rigueur. Au commencement de 1729, le libraire Le Breton publiait à Paris une édition de ces Mémoires en 6 volumes in-12; il y en a déjà un compte rendu dans la Bibliothèque raisonnes des om>rages des savants de l'Europe de janvier-mars 1729, p. 875. Le volume n'a ni préface ni privilège, mais il est probable qu'il y eut une permission tacite. Sans Voltaii*e nous ne saurions pas que Thieriot avait pris une part quelconque à cette édition. Il avait sans doute procuré le manuscrit, peut-être le fournit-il également à Jean- Frédéric Bernard, qui vers la même époque donna à Amsterdam une autre édition des Mémoires.
2. Pierre-Joseph Thoulier, abbé d'Olivet (1682-1768), avait enseigné chez les Jésuites de Reims et de Dijon, puis au Collège Louis-le-Grand, où il fut le préfet de Voltaire. Depuis 1728 il était de l'Académie française. Son Histoire de l'Académie françoise où il reprenait et continuait Pellisson parut en 1729. Chacun des deux volumes porte un extrait de la délibération du 25 avril 1729 par laquelle l'Académie cédait son privilège à Jean-Baptiste Coignard, son imprimeur attitré. Mais
l86 CORRESPONDANCE DE VOLTAIRE,
Wliat did you hint about il buggeronc abbate ' P Pray in what did that true Avoman use you likc la Rabodanges ' ? What news concerning you P Write me ail and often : I bave nothing to say to you from thc place wherc I am. MalalFaire does not know me : I am hère upon Ihe footing of an English traveller.
il est possible que Tabbé d'Olivet ait commencé rimpression de son livre dès la lin de 1728 (le privilège à l'Académie est du i3 février 1728). C'est ce qu'on peut peut-être conclure d'une phrase assez énigmatique de Marais, où il s'agit de Vllistoire de l'Académie : « A Paris ce 27 déc. 1728. Je n'ai point vu l'abbé d'Olivet, il sera éditeur perpétuel; je sais qiCil a été en Normandie avec les Matignon, et c'est là où il a apparemment arrangé cette édition. » Journal, t. III, p. ogS.