INTRODUCTION. XVII
Elle restera toujours très incomplète. Les lettres à Bolingbroke ne sont pas les seules qui se soient perdues. Bien d'autres qui seraient précieuses pour nous ont dû dispai'aître assez vite. Quelques-unes se cachent encore dans des collections privées '. En ajoutant à Moland tout ce qu'il a ignoré ou tout ce qui s'est publié après lui, je n'ai pu en rassembler que cinquante. Sur ces cinquante il n'y en a qu'une d'inédite, mais plusieurs, comme on le vex'ra, avaient été publiées d'une façon assez incomplète. J'ai cru devoir insérer, à son rang chronologique, la dédicace de la Henriade : c'est une lettre, et non des moins intéressantes, adressée à la reine Caroline. Il a semblé qu'il y avait intérêt également à redonner d'après le Daily Post de Londi^es les pièces d'une cuineuse polémique qui s'engagea entre Voltaire et le libraire Pi'evost. A côté des lettres de Voltaire, j'ai placé celles que Voltaire avait reçues : malheureusement pour cette époque nous n'en avons que quatre, deux courts billets et deux fragments de quelques lignes. Suivant l'exemple de Moland, j'ai recueilli en outre un certain nombre de lettres « échangées entre personnes tierces... et qui sont très utiles à l'intelligence de sa propre correspondance ». Ces lettres sont au nombre de dix-huit : Moland en avait déjà publié sept, mais il les a éparpillées dans son vaste recueil. Rassemblées pourtant et insérées à leur place dans la correspondance, elles prennent une valeur nouvelle : nous comprenons mieux par exemple les jours difficiles qui précédèrent le départ pour l'Angleterre. Du reste nous ne prétendons pas qu'un éditeur général de la Correspondance ait le devoir de se montrer aussi accueillant. Une édition limitée comme la nôtre a ses privilèges.