La Cour était à Versailles
2. La lettre est datée « samedi » : il ne peut s'agir que du samedi 9 ou du samedi 16 avril. Il est probable que Voltaire aura attendu d'avoir la permission du ministre avant de s'installer ouvertement dans Paris; il lui faut de plus quelque temps pour trouver un logement : le <c enfin je suis votre voisin )) montre que cela ne s'est pas fait du premier coup. Finalement il écrit à Mrs Clayton à la date du 18 avril : « I am just now arrived at Paris ».
3. Il y avait plusieurs rues de ce nom dans Paris, mais il s'agit ici de la rue Traversière-Saint-Honoré, aujourd'hui rue Molière.
4. C'est la fontaine Richelieu, une des quinze fontaines nouvelles ordonnées par l'arrêt du conseil du 22 avril 1671. Elle est marquée sur le Plan des fontaines de la ville et des faubourgs de Paris levé par l'abbé Delagrive pour servir au IV° tome du Traité de la Police, 17^0, et au premier abord il semble qu'elle soit à la place exacte qu'occupe aujourd'hui la
portes. La maison est ù un conseiller-clerc nommé M. de Mayenville', homme qui ne se soucie pas des dehors apparemment. Si vous voulez nous causerons. Je vous embrasse. J'ai quelque chose à vous dire.
Samedi matin.
fontaine Molière. Mais Vitu nous apprend qu'en réalité l'ancienne fontaine était à 9 mètres en avant de la fontaine actuelle : on a démoli vers i83o la maison au flanc nord de laquelle la fontaine Ricbelieu était adossée. [La maison mortuaire de Molière, 1880, p. 7 et 33o.)
I. En 1729 il n'y avait pas à la Grand'Chambre de conseiller clerc nommé de Mayenville, mais parmi les conseillers lais il y avait depuis 1691 un Le Bègue de Majainville, qui demeurait rue des Bons-Enfans. Je relève encore un Le Bègue de Majainville, conseiller à la troisième chambre des Enquêtes depuis 1726. qui demeurait rue d'Enfer, Porte Saint-Michel, et un abbé Louis Lebegue de Magenville, chanoine et grand chantre de Sainl-Honoré, demeurant cloître Saint-Honoré. Ces trois personnages ont bien l'air d'appartenir à la même famille : c'est sans doute du premier qu'il s'agit ici. Où était sa maison? Quand Voltaire dit « à gauche du côté de la fontaine », il veut probablement dire à gauche quand on vient de la rue Saint- Honoré et qu'on va du côté de la fontaine. La maison de M. de Mayenville ou Majainville était donc presque en face de la fontaine. Faut-il l'identifier avec celle où en 174^ vinrent se loger Voltaire et Mme du Châtelet? « Voltaire logea au 25, rue Traversière (démoli), à l'angle nord-est de la petite rue de Clos- Georgot, qui allait de la rue Traversière à la rue Sainte-Anne (emplacement du 21). Cette petite rue de 1610 a disparu en 1876. La maison où logeait Voltaire appartenait à M. de Pongerville et elle avait été louée au marquis du Châtelet. Voltaire y avait installé un théâtre et y logeait l'acteur Lekain. » Marquis de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Parisy P"" arrondissement, p. loô. Quoi qu'il en soit, en 1729, Voltaire ne resta pas longtemps dans la maison de la rue Traversière, car dès le 3o juin nous le trouvons installé rue de la Clef, faubourg Saint-Marcel, chez le sieur Bellier : voir p. 289.
VOLTAIRE A MRS GLAYTON".
Paris, 18"' April n. s. 1729.
MadamS
Tho I am out of London the favours y"" Ladiship lias honoured me Avith, are not, nor will ever be out of my memory. Fil remember as long as I live that the most respectable lady who waits and is a friend of the most truly great queen in the world bas Youchsafed to protect me and receive me with kindness while I was at London. I am just now arrived at Paris and I pay my respects to y" court before I see our own. I wish for the honour of Versailles and for the improvement of virtue and letters Ave could bave lierc some ladyes like you. \ ou see my AA'ishes are unbounded ; so is the respect and the gratitude I am Avith, Madam,
Y"' most humble obed. servant.
Voltaire .
Suscription :
Angleterre. To the honourable Mistriss Clayton, S -James ^, London.
[a] Brit. Mus. add. 20 io5, f 48, k p. in-i°. — Bengesco, Lettres et
1. Charlotte Dyve, femme de William Clayton qui devint en 1735 baron Sundon, nommée eu 1714 femme de la chambre de Caroline d'Anspach, princesse de Galles; elle eut sur elle une grande influence qu'elle conserva quand la princesse de Galles devint reine en 1727. Lady Sundon mourut en 1742.