‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 120 sur 162 · C'est notre lettre · texte numérisé non relu

C'est notre lettre

[*Des laquais. — Note de l'cd. de 172G].

2. Recueil des piî-ces du régiment de la Calotte, Paris, J. Colombat, 772C (= 172C). A la page 2G7 commence le « Brevet pour aggreger le Sr A** de V*** dans le régiment de la Calotte >■ ; notre citation est à la page 2G8. La pièce se termine ainsi : « Fait l'an de l'ère calotière — Sept-mille sept-cens vingt-six. — De notre Ramadan le dix. » Ce qui signifie probalilement le 10 mars.

répondit : « On vous Fa faite ' ». Le cardinal l'emportait sur la maîtresse.

La lettre de Maurepas qui transmet à Hérault Tordre de Son Altesse Sérénissime est du 5 février 1726. Cela nous permet de dater à peu près les différents épisodes de la querelle. Si Ton admet qu'il s'est écoulé quelques jours avant que les plaintes de Mme de Prie aboutissent au billet de Maurepas, on conclura que la scène des coups de bâton a dû prendre place vers le'3i janvier ou le i*^"" février. Trois jours auparavant {Vernet et Marais s'accordent sur cet intervalle de temps) les deux adversaires avaient failli en venir aux mains dans la loge de Mlle Lecouvreur. Suivant Mai'ais la première escarmouche s'était engagée à l'Opéra deux jours avant l'épisode de la Comédie-Française. C'est donc dans la dernière semaine de janvier que se succèdent ces incidents variés -, dont le premier résultat fut de mettre à néant toutes les espérances ambitieuses du « pauvre Voltaire ' ».

Il s'y trompa un instant. Très conscient do l'indignité qu'il avait subie, il eut l'illusion qu'à Versailles et à Paris on ressentirait comme lui cette indignité. Il parut croire que, si on ne punissait pas le batteur, du moins rien ne serait changé dans la situation du battu. Il découvrit bientôt que les choses étaient changées du tout au tout. Dans sa lettre du i5 février déjà citée Marais écrit : « Le pauvre battu se montre le plus qu'il peut à la cour, à la ville, mais personne ne le plaint, et ceux qu'il croyait ses amis lui ont tourné le dos ». Après avoir traité comme d'égal avec la plus haute société de France, il était dur de se voir ainsi fermer toutes les portes. On conçoit que Voltaire en fut bouleversé.

Parmi les gens qui lui tournèrent ainsi le dos, il ne faut sans doute pas compter les Dernières qui le logeaient.

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