‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 125 sur 162 · Jbicl., f · texte numérisé non relu

Jbicl., f

U. Ibid., f» i3o V".

5. Enclavé dans Thôtel de la Monnaie se trouve encore, selon M. de Rochegude {Promenades dans toutes les mes de Paris, 6' arrondissement, p. /|8), le bâtiment qui s'appelait au xyiii" siècle le petit hôtel Conti et qui est tout ce qui subsiste aujourd'hui de l'ancien hôtel de Nevers. Est-ce là qu'était descendu en i'j2C> le baron de Sainl-Flor? Y logcait-on alors en garni? Ou y avait-il dans le faubourg Saint-Germain un second « petit hôtel Conti » plus plébéien?

Marais l'apprenait à Bouhier le 1 avril '. Dès la veille J. Vernet, très bien infoiuné, avait raconté toute Taffaire à Turrettini : « Le battu rentra tout furieux à Thôtel de SuUi et n'eut pas la prudence de cacher son aventure. Depuis il s'est tenu caché pour apprendre, dit-on, à faire des armes. Après quoi il a cherché son ennemi et a eu l'impi'udence de le faire demander jusques chez le cardinal de Rohan à Versailles. On s'est apei'çu que c'était lui et S. Emin. piquée a demandé à M. le Duc une lettre de cachet pour le faire arrêter. L'ordre est donne et n'est point exécuté, par la sage retraite du coupable en campagne oîi l'on n'ira point le poursuivre. On ne sait s'il prendra le parti de passer en Angleterre, ou de se cacher jusqu'à ce que son affront soit oublié-. » Battu, bafoué, menacé de la Bastille par surcroît, on comprend que la faible santé de Voltaire n'ait pas tenu coup. De sa retraite il adresse à Mme de Bernièi'es une lettre presque désespérée : « J'ai été à l'extrémité ; je n'attends que ma convalescence pour abandonner à jamais ce pays-ci. Souvenez-vous de l'amitié tendre que vous avez eue pour moi; au nom de cette amitié, informez-moi par un mot de voti'e main de ce qui se passe, ou parlez à l'homme que je vous envoie, en qui vous pouvez prendre une entière confiance ". » Mme de Bernières dut le rassurer, lui faire comprendre que la police n'était pas à ses trousses et qu'on ne demandait vraisemblablement pas mieux que d'oublier la lettre de cachet, à condition que lui-même n'en fît pas souvenir les autorités. Voilà qui était bien pour le présent. Mais ce n'était pas une solution. Voltaire dut ronger son frein pendant quelques jours de plus. Le i j avril Marais écrit : « On ci'oit que Voltaire n'a pas été si loin, et qu'il est autour de Paris, dans quelque maison de campagne* ». La vérité c'est que Voltaire, ce jour-là, devait déjà être de

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