Longchamp et Wagnière, Mémoires sur Voltaire, II, p. i8g
2. La Henriade, A Londres, chez Hierome Bold Truth, à la Vérité,
jouée (i8 novembre), elle n'était pas encore imprimée quoique approuvée (Tapprobation est du •). décembre 1718, le privilège du i;) janvier 17 19) que déjà le Régent en témoignait sa satisfaction à Tauteur. Le jo décembre 1718 un des correspondants de la marquise de Balleroy lui écrit : « M. le Régent a donné une médaille à M. Arouet en récompense de sa belle tragédie ôi^Œdipe^ ». C'est évidemment à cette médaille que Voltaire l'ait allusion dans les Lettres sur O^dipe qui sont imprimées après cette tragédie dans l'édition de 1719 : « Ne croyez pas, Monsieur, que je compte parmi les preuves de mon innocence le présent dont M. le Régent a daigné m'honorer; cette bonté pourrait n'être qu'une marque de sa clémence... Une preuve plus sûre de mon innocence, c'est qu'il a daigné dire que je n'étais point coupable, et qu'il a reconnu la calomnie lorsque le temps a permis qu'il pût la découvrir. Je ne regarde point non plus cette grâce que monseigneur le duc d'Orléans m'a laite com.me une récompense de mon travail, qui ne méritait tout au plus que son indulgence; il a moins voulu me récompenser que m'engager à mériter sa protection -. » Sous tous ces dehors de modestie on sent percer la satisfaction de Voltaire. Et, quoi qu'il en dise, il est tout disposé à considérer le présent de la médaille comme une sorte d'amende honorable de la part du gouvernement.
D'ailleurs il entend bien ne pas être en reste. Ce n'est pas assez d'avoir fait une bonne tragédie. L'auteur d'Œrfipe veut. être encore l'auteur de la Henriade. Vers l'automne de 1720 il fait copier les neuf chants de son poème et Thieriot est chargé de porter le précieux paquet au duc d'Oi'léans^. Le Régent dut être vivement intéressé. Nous croyons que c'est à ce moment que doit se placer la gratification de mille écus, et probablement le mot de Voltaire