‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 128 sur 162 · Moland, t. XXXIII, 1. 43 et · texte numérisé non relu

Moland, t. XXXIII, 1. 43 et

si souvent cité : « Monseigneur, je trouverais fort bon si Sa Majesté voulait désormais se charger de ma nourriture; mais je supplie Voti'e Altesse de ne plus se charger de mon logement'. » La gratification ne fait pas doute : mais qu'on la porte à i 000 écus, avec Baculard, ou seulement à 100 louis avec la Harpe, elle ne pouvait suffire à assurer la « nourriture » du poète. Il paraît probable qu'il fut dès lors question d'une pension aussi, ce qui s'accorderait très bien avec la date donnée par Voltaire en i^So. Et peutêtre la promesse ne fut-elle suivie d'effet que le jour où il fut très clair pour le Régent que ce jeune étourdi d'Arouet était en passe de devenir le premier poète épique du royaume. Libre à lui du reste de considéî'er que cette fois encore on offrait comme une réparation à l'ancien prisonnier de la Bastille. Nous prenons la liberté de penser que, s'il n'eût pas l'ait Œdipe ei Henri /F au sortir de sa pi'ison, le gouvernement se fût probablement fort peu soucié de le dédommager de ses onze mois de captivité.

Que la pension de 2 000 livres ait été accordée à l'automne de 1720 ou au début de 1722, il est sûr que la nouvelle n'en vint au public qu'à cette dernière date et il est probable que c'est seulement alors qu'on commença à la payer. Le père de Voltaire venait de mourir et il est possible qu'il n'y ait pas là coïncidence toute fortuite. Le Mercure a bien l'air de laisser entendre qu'on a choisi, pour récompenser le poète, le moment où il ne peut jdIus compter pour vivre sur les secours paternels. 11 n'y a rien là de très surprenant. Le gouvernement de l'ancien régime avait de ces sollicitudes. Marie Leczinska ne donnerat-elle pas plus tard i 5oo livres de pension au même Voltaire pour l'aider « à soutenir les dépenses qu'il fait à la suite de la cour » ?

Il est certain qu'en 1722 une pension de 2000 livres venait à point. Il ne faut du reste pas s'y tromper. Son père ne l'avait nullement déshérité, ni n'avait même très

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