Mémoires de Villars, éd. de VogUé, t. V, p
savoir ce qui se dit en France. Au 16 novembre 1728 on nous rapporte que Télat du Congrès est « douteux » ; car on ne sait pas quelle réponse feront les puissances à la proposition qu'on leur fait d'une trêve de quatorze ans ; des courriers vont et viennent par toute TEurope : « On dit toujours les Espagnols fort éloignés d'y donner la main, ce qui fait, dit-on, qu on arme à force en Angleterre. D'autres disent que les puissances travaillent sous main à rendre la France neutre dans celte affaire, ensuite qu'elle laisse l'Empire, l'Espagne et l'Angleterre vuider leurs quei^elles communes et particulières par la voye des armes... Les politiques prétendent que l'année ouvrira par la guerre, que le roy d'Espagne attend le retour de ses gallions pour parler haut et qu'ensuite il fera voir beau jeu a ses voisins ^ » Le 26 novembre : « On parle de guerre plus affirmativement que jamais et ce de la part de l'Espagne dont on dit que les armements deviennent plus suspects de jour en jour- ». Passons maintenant en Angleterre et ouvrons de nouveau le Craftsman : pendant tout le mois de novembre, ce journal déclare qu'on n'a aucune nouvelle du Congrès; certaines feuilles parlent de paix, mais la Gazette de Londres, organe du gouvernement, n'en souffle pas. mot : quel est donc le jeu de l'Espagne? Le 7/18 décembre : « Nous apprenons que Leurs Excellences William Stanhope et Horace Walpole vont incessamment revenir à Londres; on affirme en effet de façon très positive que les négociations du Congrès ont rencontré de tels obstacles qu'on ne s'attend pas à les voir continuer pour le moment. C'est sans doute pourquoi nos fonds ont baissé considérablement cette semaine. » Nous voici bien près du ton de Peterborough. Reste-t-il quelque doute? Qu'on lise le compte rendu de la séance du Conseil d'État tenu à Paris le 28 novembre, tel que Villars nous le donne dans ses Mémoires ^ : « Le comte de Broglie et Chamorel raandoient