‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 141 sur 162 · Moland · texte numérisé non relu

Moland

tous les frais '. » Il est intéressant de voir comment un auteur du xvni" siècle se tirait d'affaire en pareil cas.

Voltaire se fournit d'abord de papier chez Coulange, marchand papetier à Paris, puis il choisit comme imprimeur Louis Sevestre, demeurant au pont Saint-Michel. On commence l'impression le -25 juillet- : le 20 août, en moins d'un mois ^ elle est terminée. Voilà l'édition tout entière à la disposition de l'auteur : comment va-t-il en disposer? Cinq jours après — le 25 — il a déjà ari'angé une petite combinaison avec Noël Pissot. Il lui donne un « mandement » pour Sevestre. c'est-à-dire un ordre pour se faire délivrer I 000 exemplaires de Mariamne. Moyennant quoi Pissot signe un billet à Voltaire : il se reconnaît son débiteur pour la somme de i 25o francs, ce qui mettait l'exemplaire à vingt-cinq sous. Comme chaque volume se vendait trente sous, Pissot devait faire sur ses i 000 exemplaires un bénéfice de aSo francs. Quant à Voltaire, pour être au clair en ce qui concerne son gain, il faudrait savoir ce que lui coûtaient le papier et l'impression '*. Du reste Sevestre avait pu imprimer plus de i 000 exemplaires et Voltaire avait la faculté, pendant six ans, de faire tirer autant d'éditions qu'il le voudrait. Mais c'était bien des tracas, et il préféra faire marché avec un libraire à qui il passerait son privilège. Il s'adressa à la veuve Ribou. Nous lisons dans le Registre VI de la Chambre syndicale des Libraires de Paris le transfert suivant : « Du 8^ janvier 1726. Je cède a madame Ribou le privilège de six années obtenu par moy pour la Tragédie de Mariamne. Fait a Paris le 12'^decem-

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