CHARLES XII
prennent Voltaire. Son livre est fait, et il ne s'agit plus que de le perfectionner. 11 est si bien fait que, comme nous l'apprend la lettre 66 du i*^"" avril \ M. de Maisons en a en mains le manuscrit : on sait que Voltaire soumettait tous ses ouvrages au jeune président et recevait ses avis avec la plus entière déférence. Gomme on lui demande précisément à cette date de retourner le manuscrit au plus tôt et, en attendant, d'envoyer ses remarques, c'est donc qu'il a le Charles XII depuis quelques temps déjà. Mais depuis janvier au moins Voltaire n'écrit plus qu'a Thieriot ; le manuscrit a dû parvenir à Maisons dès 1728, et a probablement été envoyé d'Angleterre. Rien de surprenant à cela. Voltaire nous apprend lui-même que « cette histoire fut principalement composée en Angleterre, à la campagne, avec M. Fabrice, chambellan de George I", électeur de Hanovre, roi d'Angleterre, qui avait résidé sept ans auprès de Charles XII, après la journée de Pultava-. » Ailleurs il nous a même donné une date précise. C'est dans une revision qu'il fit de son livre, postérieurement à 1738. Emu par certaines attaques, il se préoccupe de citer ses autorités. Au récit de l'entrevue de Marlborough avec Charles XII il ajoute cette phrase : « Ces particularités m'ont été confirmées par Mme la duchesse de Marlborough, sa veuve, encore vivante ». Et une note nous informe que « l'auteur écrivait en 1727 ^ «.
Il est donc certain que Voltaire rentrait à Paris avec un Charles XII sinon prêt pour l'impression, du moins fort avancé. Et voilà sans le moindre doute un des ouvrages « nouveaux » avec lesquels dès janvier i^ji*^ il alléchait Thieriot. En avril on croirait qu'il songe déjà à le publier. Il veut que le libraire qui fera marché pour le privilège donne à Thieriot un « pot-de-vin » de cent écus*. Le Mer-