‹ Correspondance de Voltaire, 1726-1729Chapitre 147 sur 162 · BRUTUS · texte numérisé non relu

BRUTUS

lionne des papiers que doit lui remettre Tarnbassadeur de Suède*. Un peu plus tard, invité à festoyer, il répond à Thieriot qu'il n'arrivera que sur la fin de Torgie, w lui deuxième avec ce fou de Charles XII- ». Puis nous n'entendons plus parler du roi de Suède pendant longtemps : mais c'est simplement que la correspondance de la fin de 1729 et de toute l'année 17'jo, telle que nous l'avons, se réduit à presque inen. La lettre de M. de Villelongue du 17 mars l'j'io nous montre bien à quoi Voltaire s'occupait alors. Soudainement le So janvier 173 1 il écrit à Cideville : « Je voudrais faire imprimer à Rouen une Histoire de Charles XII, roi de Suède, de ma façon. C'est mon ouvrage favori, et celui pour qui je me sens des entrailles de père ^. » A-t-il donc attendu jusqu'à ce moment pour se mettre en quête d'un imprimeur? Nullement, et il y avait même à Paris une édition fort avancée : mais il lui est arrivé malheur. Le gouvernement qui avait donné une « approbation au sceau » s'est tout à coup ravisé et, sans crier gare, a fait saisir les deux mille six cents exemplaires de l'ouvrage. On voit que ceci nous reporte assez loin en arrière : les imprimeurs d'autrefois ne se pressaient pas beaucoup plus que ceux d'aujourd'hui : on peut avancer que Voltaire passa tout l'hiver de 1730-1731 et probablement une partie de l'automne de 1730 à faire imprimer son premier volume.

Il y aurait déjà là de quoi occuper l'activité de bien des gens. Mais il est rare que Voltaire n'ait pas plusieurs projets en tête. Et de fait il avait sur le chantier non seulement un ouvrage d'histoire, mais une tragédie; c'est Briitus commencé en Angleterre dès 1728. « Vous savez, écrit-il à Bolingbroke en 1731, que la tragédie de Bnitus est née en Angleterre. Vous vous souvenez que, lorsque j'étais retiré à Wandsworth, chez mon ami M. Falkener, ce digne et vertueux citoyen, je m'occupai chez lui à

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